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Pambazuka News 82: La communauté scientifique africaine face au cauchemar du Zimbabwe
Le journal électronique qui fait autorité est une plateforme de la justice sociale en Afrique.
Pambazuka news (Ed. française) ISSN 1753-6847
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CONTENU: 1. Chroniques, 2. Commentaires & analyses, 3. Résumé de l'Édition Anglaise, 4. Carte postale pan-africaine, 5. Courrier, 6. Arts & livres, 7. Zimbabwe, 8. Moniteur de l'Union Africaine, 9. Femmes & genre, 10. Droits humains, 11. Réfugiés & migration forcée, 12. Mouvements sociaux, 13. Elections & gouvernance, 14. Développement, 15. Santé & VIH/SIDA, 16. Éducation, 17. Racisme & xénophobie, 18. Environnement, 19. Média & liberté d'expression, 20. Plaidoyers & campagnes, 21. Conflits & urgences, 22. Internet & technologie
Sommaire de cette édition
CHRONIQUE : Mamdani, Mugabe et la communauté scientifique africaine face au cauchemar du Zimbabwe.
COMMENTAIRES & ANALYSES : La crise financière et ses enjeux pour l’Afrique.
RESUME DE L’ÉDITION ANGLAISE : Le Zimbabwe au bord du précipice.
CARTE POSTALE PAN-AFRICAINE : Conflits ethniques et religieux au Nigeria : L’impunité est le principal problème.
COURRIER : En cette fin d’année.
ARTS & LIVRES : Afrique : L’IFAN célèbre ses 70 ans d’existence.
ZIMBABWE : Ban pessimiste sur une amélioration rapide de la situation.
MONITEUR DE L’UNION AFRICAINE : Le Burundi restera en Somalie.
FEMMES & GENRE : Afrique : Le professeur Djénaba Traoré prochaine coordinatrice du ROCARE.
DROITS HUMAINS : Global : 8 ans de prison pour l’ex-vice consul de Tunisie à Strasbourg.
REFUGIES & MIGRATION FORCEE : Mauritanie : Retour prévu de 15 000 réfugiés au Sénégal d’ici juin 2009.
ELECTIONS & GOUVERNANCE : Afrique : Wangari Maathai entre espoirs et déceptions.
DEVELOPPEMENT : Afrique : Ces Etats qui accaparent les terres agricoles.
SANTE & VIH/SIDA : Afrique : Des tests prometteurs contre le sida.
EDUCATION : Global : Favoriser l’accès à l’éducation sexuelle pour les enfants, contre le sida.
RACISME & XENOPHOBIE : Afrique du Sud : La page mal tournée des violences xénophobes.
ENVIRONNEMENT : Maroc : Dispositif de lutte contre les criquets venant de Mauritanie.
MEDIA & LIBERTE D’EXPRESSION : Guinée : Vers la création du premier groupe de presse privé.
PLAIDOYERS & CAMAPAGNES : Les droits des femmes et l’égalité de genre dans le financement du développement.
CONFLITS & URGENCES : Cameroun : 800 soldats de la paix pour le Darfour.
INTERNET & TECHNOLOGIE : Afrique : Démarrage d’un projet 12 000 km de câble sous-marin.
PROCHAIN NUMERO LE 7 JANVIER 2009
En raison des vacances de fin d’année, Pambazuka News marque une pause. Notre prochaine édition sera diffusée le 7 novembre 2009. Nous vous remercions d’être un des 500 000 lecteurs qui lisent chaque semaine nos éditions en français, anglais et portugais.
Bonne et heureuse année 2009.
Chroniques
Mamdani, Mugabe et la communauté scientifique africaine face au cauchemar du Zimbabwe
2008-12-19
Horace Campbell
http://www.pambazuka.org/fr/category/features/52948
Au cours de ces dernières semaines, Pambazuka News a publié deux articles sur le Zimbabwe qui ont entraîné cette réaction fort polémiste mais très argumentée de la part d’Horace Campbell. Ce dernier réagit à l’appel lancé par des chercheurs du CODESRIA pour s’opposer à toute intervention militaire au Zimbabwe (1), mais aussi l’analyse faite par Mahmood Mamdani intitulé «Leçons du Zimbabwe».
Il a été fort indiqué qu’à l’occasion du 60e anniversaire de la Déclaration universelle des Droits de l'homme, un groupe de 200 chercheurs aient profité de l’occasion offerte par le 12e Congrès du CODESRIA pour exprimer leur préoccupation devant les menaces d'intervention militaire au Zimbabwe (1). Ces intellectuels ont souligné les effets néfastes d’une telle éventualité, en notant que «les interventions militaires aggravent les crises politiques et socio-économiques, ainsi que les divergences internes, avec des implications nuisibles et destructives au niveau régional. Nous reconnaissons que les menaces d'intervention militaire viennent de puissances impérialistes, mais aussi de leurs acolytes africains ».
Ces chercheurs ont manifesté leur opposition à l’appel lancé, pour la destitution de Robert Mugabe, par le Secrétaire d'État américain et par le Premier ministre britannique, Gordon Brown. L’archevêque Desmond Tutu de l'Afrique du Sud et le Premier ministre du Kenya, Raila Odinga avaient auparavant lancé ce même appel pour une destitution de Robert Mugabe par la force des armes.
En tant qu’intellectuel on se joint, partout dans le monde, au peuple africain, et on se réjouit de la vigilance des collègues contre l'intervention militaire étrangère. Je salue aussi leur préoccupation pour la situation épouvantable au Zimbabwe. Mais il est important que le gouvernement Mugabe et le porte-parole de la ZANU-PF ne tiennent pas compte de la déclaration faite par les chercheurs comme une approbation de l'effroyable tragédie qui a frappé les Zimbabwéens pauvres et exploités. Après tout, ces chercheurs CODESRIA ont désigné ce qui se passe au Zimbabwe comme étant "un cauchemar".
Cette déclaration a été faite dans la même semaine où le président Mugabe a dénoncé une préparation, par les impérialistes, d’une invasion militaire, soulignant que l'épidémie de choléra qui frappe le Zimbabwe était une manifestation de la guerre biologique. Le ministre de l'Information zimbabwéen est allé plus loin, prétendant, dans une déclaration faite au journal Herald, que "l'épidémie de choléra au Zimbabwe est une sérieuse arme biologique et chimique, un génocide contre le peuple du Zimbabwe perpétré par les Britanniques", ou encore que "le choléra est une attaque raciste terroriste planifiée contre le Zimbabwe, menée par les non repentants de l’ancienne puissance coloniale qui s'est assurée l'appui des Américains et des alliés occidentaux afin d’envahir le pays."
Cette déclaration faite par le Dr Sikhanyiso Ndlovu a été une insulte à l'intelligence humaine, dans la mesure où le choléra est une infection intestinale aiguë due à de mauvaises conditions d’hygiène. La clé de la prévention de cette maladie est simple : l'eau potable. C'est en raison de la nature simple du traitement que la réponse du gouvernement zimbabwéen à la mort de plus de 1000 personnes paraît insouciante. La guerre biologique est une question trop grave pour être utilisée à s’amuser à crier au loup. Une figure mondiale est en train de quitter la scène internationale avec le souvenir de ce type d’invocation en Irak.
Bien qu’on soit prêt à s'opposer à toute forme d'intervention militaire extérieure de la part des impérialistes, il est important que les chercheurs progressistes concernés s'opposent à l'anti-impérialisme primaire des leaders politiques du Zimbabwe sous Mugabe. Notre préoccupation repose sur une égalité de préoccupation chez ces collègues par rapport à la violence sexuelle, à la répression des dirigeants syndicaux, à la destruction aveugle de vies humaines par le gouvernement Mugabe et à la répression brutale des citoyens ordinaires. Au moment même où cette déclaration était signée, les défenseurs des Droits de l'homme demandaient au gouvernement zimbabwéen de se prononcer sur l'endroit où pouvait se trouver Jestina Mukoko, directeur du Zimbabwe Peace Project (ZPP). Ce dernier n'est que l'une des personnes les plus connues parmi 20 militants des Droits de l'homme qui ont disparu au cours des six dernières semaines. L'enfant de Jestina, âgé de 15 ans, a vu sa mère se faire enlever de leur domicile
Nous devons élever nos voix contre de tels enlèvements, tout en nous opposant à tout plan ourdi par l'impérialisme pour une invasion militaire du Zimbabwe.
Mais une question qui est venue immédiatement à l'esprit après la lecture de la déclaration du CODESRIA est de savoir si nos collègues sont devenus aveugles devant les souffrances des populations dans leur lutte contre les plus récentes et les plus complexes manifestations de l'impérialisme en Afrique.
I - Mugabe et l'exploitation des sentiments anti-racistes et anti impérialistes
Le gouvernement du Zimbabwe, qui est très conscient des sentiments anti-impérialistes et anti-racistes chez les peuples opprimés, a déployé des propagandistes à l’intérieur comme à l'extérieur du Zimbabwe, en vue de lier tous les problèmes du pays aux sanctions internationales décidées par l'Union européenne et les États-Unis. Les anti-impérialistes aux États-Unis citent la Loi sur la reconstruction et le développement au Zimbabwe - adoptés par le Congrès américain en 2001 - comme étant une des sources des malheurs économiques qui frappent les pauvres dans ce pays.
Même si les chercheurs, lors du Congrès du CODESRIA, ne se sont pas lancés dans le même genre de louange pour Mugabe que les auteurs du numéro spécial de «Black Scholar», il n'y a pas assez d’éléments qui montrent qu'il y ait eu, de leur part, assez d'attention portée aux violations flagrante des droits élémentaires. Si ce débat s’est posé au congrès du CODESRIA il n'a pas été reflété dans la déclaration.
Il faut noter que l'un des principaux acteurs du régime zimbabwéen, John Bredenkamp, a une longue expérience dans la manipulation de la question des sanctions et a aidé à l'enrichissement de ceux qui étaient au pouvoir en Rhodésie, comme il le fait maintenant au Zimbabwe. Bredenkamp a tracé sa voie pour faire fortune en brisant les sanctions pour le régime d’Ian Smith. Impliqué dans la politique de pillage économique de l'Afrique australe, il est l'un des principaux éléments de la ZANU-PF. Ses activités le lient aussi aux responsables politiques et financiers d’Afrique du Sud qui sont l’objet d’investigation de la part du Serious Fraud Office (SFO), pour ce qui est des 100 millions de livres en pots-de-vin versés pour assurer la vente d'armes au gouvernement sud-africain.
Il faut en appeler aux membres du réseau du CODESRIA pour qu’ils révèlent les résultats des travaux sur John Bredenkamp, Muller Conrad Rautenbach (alias Billy Rautenbach) et recommander l'arrestation et l'inculpation de ceux qui sont impliqués dans les pillages au Zimbabwe et en Afrique australe. Aussi bien Bredenkamp que Billy Rautenbach (des colons blancs) ont joué un rôle principal dans les pillages en République démocratique du Congo ont et mis en place des relations d'affaires à long terme avec les dirigeants de la ZANU-PF.
John Bredenkamp avait mûri dans l'art de la manipulation alors qu’il était allié à Ian Smith. Il excelle dans ce double jeu aux côtés de l'impérialisme et des nationalistes africains, avec les dirigeants de la ZANU-PF. Don expertise a été aussi mis au service des accumulateurs au sein de l'ANC. Au lieu d’aller donc à une simplification excessive à propos des menaces impérialistes sur le Zimbabwe, ceux qui militent pour la démilitarisation de l'Afrique doivent se battre pour que soient révélés les deals sur les armes qui ont lié le trafiquant zimbabwéen John Bredenkamp et Fana Hlongwane.
Le fabricant d'armes britannique BAe a travaillé avec Bredenkamp et Hlongwane en Afrique, de même qu’avec des éléments corrompus au Moyen-Orient. Des appels ont été lancés pour que BAe soit poursuivis aux États-Unis dans le cadre du Foreign Corrupt Practices Act (FCPA). Une telle enquête aurait des conséquences potentiellement sismiques pour les entrepreneurs et les fabricants d'armes et serait un autre moyen de s'opposer au militarisme de l’Occident en Afrique.
II - Rejeter les problèmes du Zimbabwe sur la Loi ZIDERA
Le gouvernement de Mugabe lie l'ensemble de ses problèmes économiques à l’offensive lancée par les États-Unis et la Grande-Bretagne. Pour le régime de Mugabe, cette guerre économique se manifestent surtout à travers les sanctions directes prises à l'encontre de ses lieutenants, dans le cadre de la Loi sur la reconstruction économique et démocratique au Zimbabwe et le redressement économique Loi (ZIDERA), qui a été adoptée par l'administration Bush en 2001.
Il est pourtant clair, au regard des centaines de millions de dollars d'investissements effectués par les Britanniques, Chinois, Malais, Sud-africains et autres capitalistes, dans l'économie du Zimbabwe, depuis 2003, que les problèmes de ce pays n'ont pas été causés par une guerre économique. Allant même à l’encontre de la pression du gouvernement britannique, Anglo-American a indiqué, en 2008, sa volonté d'investir un montant additionnel de 400 millions de dollars pour continuer à contrôler les mines de platine au Zimbabwe.
Ce qui, par contre, a été le plus remarquable, reste la manière dont la dictature au Zimbabwe a violé les droits des travailleurs dans le secteur minier, en vue de faciliter et d'accueillir le capital étranger dans les secteurs du diamant et des mines. Des villages entiers ont été dévastés afin de faciliter l’accueil des investisseurs dans le secteur du diamant.
Si les militants des Droits de l'homme et les universitaires se penchent sur les liens entre les partisans de la ZANU-PF et les trafiquants d’armes que sont John Bredenkamp et Fana Hlongwane, avec toutes les ramifications dans le capital international, ils verraient qu'il est tout à fait simplificateur de faire valoir que ZIDERA est au cœur des problèmes du Zimbabwe.
Bredenkamp a été formé durant la période d’Ian Smith pour parer les sanctions et les combattre avec l'aide de l'apartheid en Afrique du Sud. Aujourd’hui, Bredenkamp est un allié de l'ANC, de la ZANU-PF et des fabricants d'armes impérialiste britanniques tels que BAe ; tous en même temps. Il est donc important, pour les chercheurs africains, de joindre à l'appel le président de la Commission sur le trafic des armes en Afrique du Sud (South Africa for Arms Deal Judicial Commission), en vue de porter à l'attention du grand public les tractations des individus tels que Fana Hlongwane.
Les chercheurs, tout en alertant le monde contre l'invasion militaire étrangère, doivent s’intéresser à la conduite de l'armée zimbabwéenne, en particulier ceux qui recommandent à Mugabe de rester au niveau du pouvoir suprême. Il est dans l'intérêt de tous les chercheurs intéressés, de comprendre les conditions d'exploitation des ouvriers et travailleurs miniers au Zimbabwe.
Ce qui n'était pas prévu dans ce débat a été de voir le professeur Mahmood Mamdani, d'utiliser ses connaissances universitaires pour évoquer le simulacre d’argument de la ZANU-PF selon lequel les sanctions économiques ont aggravé la crise économique au Zimbabwe. (2)
III - Existe-t-il une révolution démocratique en cours au Zimbabwe?
Dès le début Mamdani (décrit lui-même comme une victime de l'expulsion forcée), assimile l’expulsion forcée des Asiatiques d’Ouganda à l'expropriation des fermiers blancs au Zimbabwe. Ainsi il compare Robert Mugabe à l’ex-président ougandais Idi Amin. Mamdani explique la popularité de la guerre économique menée par ce dernier contre les Asiatiques utilise le terme «popularité» pour caractériser le leadership de la Zanu-PF.
Peu de monde doute de la «popularité» de Robert Mugabe au Zimbabwe et dans d'autres parties de l'Afrique dans la période de la lutte anti-coloniale, mais dans le cours des quinze dernières années il a transformé les victoires de son peuple en un cauchemar sans fin fait de meurtres, d’homicides, de déplacements forcés et d'oppression brutale.
Idi Amin reste populaire en Afrique de l'Ouest tout comme Robert Mugabe l’est, ainsi que dans d'autres parties du monde où il n'y a pas une pleine compréhension de la tragédie qui se passe au Zimbabwe. Idi Amin, comme Robert Mugabe, est populaire en dehors de leur propre pays pour de mauvaises raisons.
Mahmood Mamdani, en tant qu’Ougandais, est très conscient de l’appui que le gouvernement britannique a apporté à la dictature d'Idi Amin en utilisant les médias britanniques pour insulter les Africains en général, lui-même en particulier. Ce dernier a été utile comme outil de propagande pour l'impérialisme. Mahmood Mamdani, en tant qu’intellectuel qui a beaucoup écrit sur l'Ouganda et la politique fasciste, est conscient du rôle que Bob Astles joué comme un agent des États-Unis et l'impérialisme britannique en Afrique de l'Est. Bob Astles (allié et confident d'Idi Amin à partir de 1966-1979) avait été impliqué dans les scandales du pillage de l’or au Congo dans les années 60 et a survécu avec Amin, en tant que conseiller attitré, jusqu'à son départ pour la Grande-Bretagne quand il est devenu clair que l’invasion de l’Ouganda par l’armée tanzanienne allait entraîner la chute du régime.
Mahmood Mamdani est retourné en Ouganda en 1979, dans le sillage des forces militaires et politiques tanzaniennes. Il s’agit là d’une situation qui a convaincu Mamdani de la nécessité d’une intervention régionale africaine pour débarrasser l'Afrique de la manipulation de la Grande-Bretagne et de la brutale politique de génocide d'Idi Amin.
A l’opposé de ses recherches sur la dictature ougandaise, Mamdani s’investit moins dans la recherche pour tirer des «leçons du Zimbabwe ». Il soutient que "dans le domaine social et économique - et même politique -, ce fut une révolution démocratique, avec un lourd prix à payer. Cette ligne de la «révolution démocratique» issue de la conception newtonienne de la hiérarchie des concepts, a été intériorisée par certains qui se disent eux-mêmes marxistes. Au cours de la période soviétique, ce discours a été utilisé par de soi-disant révolutionnaires tels que Mengistu, le boucher de l'Éthiopie. Est-ce donc un hasard si Mengistu a trouvé refuge au Zimbabwe ?
Dans le cadre de cette "étape révolutionnaire démocratique», les capitalistes africains devaient accumuler pour aller à une maturation du capitalisme. Walter Rodney a réfuté cette théorie des étapes dans son livre «How Europe Underdeveloped Africa”. Dans cette étude, Rodney établit qu'il y avait un lien entre le développement du capitalisme en Europe et les formes de pillage et de génocide en Afrique. Le capitalisme en Afrique a été implanté dans une forme très différente dans l'ensemble du continent et ceux qui l’ont soutenu ont utilisé la formulation de la « révolution démocratique » en vue de promouvoir des capitalistes noirs. Cela n'est nulle part plus évident qu'en Afrique du Sud où le parti communiste, en tant que composantes d’une alliance tripartite, a utilisé cette formulation elle-même pour garder le silence face à la plus intense et la plus rapide accumulation faite par une nouvelle classe capitaliste dans l'histoire récente.
Dans son diagnostic du «lourd prix à payer» pour cette révolution démocratique au Zimbabwe, Mamdani a noté l'impact sur : (a) «l'état de droit, (b) les ouvriers agricoles, (c) les pauvres des zones urbaines et d) la production alimentaire.
Ce qui a été le plus contradictoire dans l'argumentaire de Mamdani est que tout en reconnaissant l'impact des politiques du gouvernement Mugabe sur les pauvres des zones urbaines et sur les travailleurs agricoles, c’est qu’il consacre une grande partie de son analyse à critiquer le manque d'appui des donateurs au peuple du Zimbabwe. Avant l'ère du néo-libéralisme et du pseudo humanisme des soit disant structures internationales non gouvernementales, ces bailleurs de fonds seraient appelés impérialistes et on aurait eu à appeler le gouvernement du Zimbabwe à utiliser ses ressources pour fournir l'eau potable, l'assainissement et les soins de santé pour son peuple.
Robert Mugabe et la ZANU-PF ont mis en place une politique néo-libérale sélective pour enrichir une des plus fortes classes capitalistes en Afrique, tout en dépendant des organismes impérialistes internationaux pour la fourniture de services sociaux au peuple. Mamdani néglige le fait que le Zimbabwe Stock Exchange a affiché ses gains les plus rentables sous le régime de Mugabe.
IV - Mamdani fait une erreur
Dans le débat pour savoir si le Zimbabwe est dans un processus de révolution "démocratique", Mamdani se trompe sur différents domaines. Pour un universitaire qui a écrit sur le génocide, il est curieux de le voir ignorer la relation étroite entre les dirigeants des Interahamwe et les militaires zimbabwéens en RD Congo. L’armée de Mugabe a formé ceux qui ont commis le génocide au Rwanda à se battre aux côtés de Laurent Kabila.
Il est tout simplement erroné d'utiliser des formules tribales pour décrire la forte division de classe au Zimbabwe. C'est ici que la cohérence de la langue des bailleurs de fonds colle à celle des divisions ethniques au Zimbabwe. En décrivant la manipulation de Mugabe, Mahmood Mamdani note : « Très tôt la bureaucratie coloniale avait traduit la mosaïque ethnique du pays dans une carte administrative, de manière à permettre moins de coopération et davantage de compétition entre les différents groupes ethniques et les régions, en veillant, entre autres choses, à ce que la main-d'œuvre pour les mines, les entreprises et les services ne soit pas recrutée dans les zones où on avait besoin des paysans dans les grandes exploitations ou plantations.»
«Ces régions, comme on a pu s’en rendre compte, ont été principalement celles de l’ethnie Shona et de ce fait, sans surprise, on a vu que lorsque le mouvement syndical s’est développé en Rhodésie, ses dirigeants étaient pour la plupart des Ndebele, avec peu de liens avec les leaders shona de la paysannerie impliquée dans le mouvement de libération (Mugabe appartient à la majorité shona).»
Quelle est cette langue de la majorité Shona ? N'est-ce pas le vieux discours tribal de l'anthropologie coloniale?
Les critiques de Mahmood Mamdani ne parviennent pas à dissimuler la réalité que son soutien a été présentée comme un élément de la lutte intellectuelle anti-impérialiste pour soutenir le régime de Mugabe. Malgré les atrocités, les assassinats et les enlèvements de militants de base, Mamdani réussit à utiliser le terme "popularité" en parlant de l'actuel pouvoir au Zimbabwe. Nulle part il n’a fait prendre note du fait que ce gouvernement «populaire» a confisqué pendant plus d’un mois les résultats de l'élection en mars 2008.
Mamdani soutient qu’il y a eu une révolution démocratique payée au prix fort. En effet, au prix de la démocratie elle-même, dans sa plus simple expression, le droit de vote.
En écrivant pour apporter un soutien indirect à Robert Mugabe et à la ZANU-PF, comme on le voit dans un certain nombre de livres sur le Zimbabwe, Mamdani a été excessivement tributaire des travaux de l'Institut agraire pour les études africaines au Zimbabwe. Les documents de cet Institut ont été entièrement dédiés à la gloire de la "réforme agraire" au Zimbabwe. Les auteurs de ces documents favorables à Mugabe sont les mêmes que ceux qui prétendent que les horreurs de l'opération Murambatsvina (une opération pour rassembler des centaines de milliers de citoyens) ont été exagérés par les médias occidentaux. Ni Mamdani ni les penseurs de CODESRIA n’ont exprimé leur indignation par rapport à la répression et au déplacement forcé, dans ce cadre, de 750 000 personnes des zones urbaines en 2005.
Si un gouvernement blanc avait été l’auteur d’un tel fait, il y aurait un concert d’indignation. Les travaux scientifiques en cours sur les déplacements des ouvriers agricoles zimbabwéens menés par Amanda Hammar aideront les futures recherches qui seront axées sur la réinsertion des Zimbabwéens dispersés à travers l'Afrique australe. Ceux-ci ont d’ailleurs souffert des attaques xénophobes contre les migrants pauvres en Afrique du Sud.
En utilisant les résultats de l'Institut agraire, Mahmood Mamdani a pris soin de couvrir ses affirmations en notant : "Ce que la réforme agraire a signifié ou peu signifier pour l'économie du Zimbabwe est encore vivement discuté."
Ce qui n'est pas en cause, c’est que les politiques du gouvernement Mugabe ont détruit le secteur agricole au Zimbabwe. Dans notre examen de la procédure rapide de saisie des terre, dans le livre « Reclaiming Zimbabwe: The Exhaustion of the Patriarchal Model of Liberation”, nous avons exposé le fait que l'examen de la réforme foncière ne peut être séparé de la question de l'eau, des semences, des engrais et, surtout, de la main-d'oeuvre agricole utilisée.
C'est sur la question des travailleurs qu'on aurait pu s'attendre voir Mamdani s’appuyer sur les constats faits par Brian Raftopoulos Sachikonye et Lloyd. Il n'est pas trop tard pour lui recommander deux livres qui feront la lumière sur la relation entre la terre et du travail : Striking Back : The Labour Movement and the Post Colonial State in Zimbabwe, 1980-2000 (édité par Brian Raftopoulos; Sachikonye Lloyd, Weaver presse Harare, Zimbabwe 2001 et M. Lloyd Sachikonye) et The Situation of Commercial Farm Workers after Land Reform in Zimbabwe, A Report for the Farm Community Trust of Zimbabwe (Harare, Zimbabwe, Mars 2003)
V - Idi Amin et de Bob Astles, Robert Mugabe et John Berdenkamp.
Les qualifications portées par Mahmood Mamdani sur les résultat contestés de la "réforme agraire" ne doivent pas dérouter les chercheurs qui travaillent sur ce que pourrait apporter une réforme agraire démocratique dans la nouvelle Afrique australe, quand on assiste à une sérieuse décolonisation au lieu d’une africanisation de l'exploitation.
L’analyse de Mamdani ne peut pas cacher le fait qu'il existe une classe capitaliste qui profite de la misère et de l'exploitation des populations du Zimbabwe. La division actuelle dans ce pays, qui est présentée sous des dehors ethniques, ne peut pas cacher l'opulence et les disparités entre ceux qui ont le pouvoir et l'exploitation de millions de personnes, dont des centaines meurent de choléra.
Les milliards de dollars exportés par les dirigeants au pouvoir, sous la direction de la Banque centrale du Zimbabwe, ne seront révélés que lorsque les universitaires en général, et les chercheurs africains en particulier, viendront en soutien à l’initiative menée par l'ONU pour établir les avoirs volés. Les dictateurs africains, du Soudan à la Guinée équatoriale, et les pillards, du Nigeria à l'Angola voire au Kenya, voudraient plutôt que les universitaires africains se taisent sur le rapatriement des richesses volées.
On s'oppose à toutes les sanctions contre le Zimbabwe (y compris ZIDERA), parce que les sanctions ne sont pas efficaces quand il y a des entrepreneurs expérimentés tels que John Bredenkamp et Billy Rautenbach au service de la ZANU-PF. Ce qui est plus important, c’est d’arriver à une analyse complète de l'évasion fiscae opérée par Gideon Gono de la Banque centrale du Zimbabwe. En tant qu’universitaires, disposant de l'espace et des ressources nécessaires pour faire de la recherche, il est de notre devoir collectif, dans le contexte d'une administration Obama, d'appeler le ministère de la Justice des États-Unis à lancer des poursuite contre les éléments de la société britannique BAe qui ont été impliqués dans la corruption et la fraude en Afrique australe.
En outre, les chercheurs africains et les progressistes doivent faire pression sur l’administration Obama pour utiliser les ressources du ministère du Trésor et du Bureau du contrôle des avoirs étrangers pour démocratiser l'information sur les milliards de dollars volés à l'Afrique, et dans ce cas à l'Afrique australe.
Comme dans le cas d'Idi Amin Dada, l'impérialisme est très sélectif dans la révélation des informations sur le vol et l’évasion fiscale perpétrée par le régime de Mugabe. Le mois dernier, le Département du Trésor des Etats-Unis et le Bureau du contrôle des avoirs étrangers avait infligé de nouvelles sanctions à John Bredenkamp, un des acteurs de la classe capitaliste au pouvoir au Zimbabwe. Il est nécessaire de continuer à mener une action concertée de recherches et de révélations sur le rôle d'éléments tels que Bredenkamp et leur alliances avec les membres du gouvernement sud africain qui profitent de la misère et de l'exploitation des populations du Zimbabwe. Est-ce un hasard si les forces liées à Bredenkamp ont appuyé la "diplomatie discrète" de Thabo Mbeki ?
Les pays de l'Union européenne sont également impliqués dans le pillage du Zimbabwe. Les Européens conscients et les chercheurs africains doivent faire pression sur les forces démocratiques en Belgique pour qu’un appel soit lancé à la Banque centrale belge, en vue de communiquer les sommes exportées par Gideon Gono au nom de Robert Mugabe et de la dictature.
Le système bancaire international s'appuie maintenant sur un réseau administré par la Société mondiale de télécommunications interbancaires (SWIFT), basé à La Hulpe, dans la périphérie de Bruxelles. SWIFT relie 7 800 institutions financières dans 205 pays, y compris les banques du Zimbabwe, et traite chaque jour 6 000 milliards de dollars de valeurs en transactions. Bien que détenues par les banques, SWIFT tombe sous le contrôle des banques centrales et, en particulier, le contrôle de la banque centrale belge.
Au lieu de spéculer pour savoir si le régime de Mugabe exporte 9 à 15 milliards de dollars chaque année, la dénonciation du chef de la Banque centrale du Zimbabwe est bien plus importante que les pourparlers pour destituer Mugabe par la force. Le blocage des paiements internationaux est beaucoup plus efficace et plus rapide que d’agir sur le commerce ou d'autres sanctions. La stratégie peut également être inversée dès que les objectifs sont atteints, sans dommages permanents à l'économie ou à l’infrastructure économique.
VI - Les universitaires engagés doivent être outrés de voir ce qui se passe au Zimbabwe
Des gens sont tués et brutalisés au Zimbabwe. L'homophobie et les tests de virginité reflètent les formes les plus extrêmes du patriarcat et de la masculinité déformés. Les femmes qui portent le poids de cette oppression ont appelé à la solidarité internationale. Sous la direction du groupe, Women of Zimbabwe Arise (WOZA), ces braves combattantes ont mis à l’index ceux qui utilisent des discours sophistiqués post-modernistes et anti-impérialistes pour soutenir Robert Mugabe. Les travailleurs du Zimbabwe sont agressés tous les jours et c'est la tâche des chercheurs africains de défendre leurs droits, qu’ils soient organisés ou non syndiqués.
Malheureusement pour Mamdani, cet article en soutien à Mugabe est sorti au moment où des informations ont paru sur la situation d’urgence qui règne dans le domaine de la santé, avec la mort de plus de 1000 personnes atteintes de choléra. Déjà, les porte-parole de la dictature de Mugabe ont commencé à utiliser ses écrits pour donner une légitimité à leur rhétorique anti-impérialiste.
Mahmood Mamdani s'est opposé à l'expulsion des Asiatiques de l'Ouganda, au motif qu'elle s’était faite sur une base raciste. Il a reconnu qu’après la destitution d'Idi Amin l’élite capitaliste asiatique est retournée en Ouganda. Afin de veiller à ce que l'impérialisme et les colons blancs ne soient encore les bénéficiaires de ce bourbier du cauchemar dans lequel se trouve le Zimbabwe, il est nécessaire d'explorer de nouvelles techniques agricoles enracinées dans le savoir des travailleurs pour mettre en place des coopératives et briser la domination des nouveaux capitalistes noirs.
Ce fut un droit démocratique du peuple zimbabwéen de récupérer les terres saisies par les colonialistes britanniques. Cependant, les universitaires progressistes doivent s'opposer à l'exploitation, qu’il soit le fait de Noirs ou de Blancs. A ce niveau, on soutient les ouvriers agricoles zimbabwéens et on s'oppose à la fois aux colons capitaliste du Zimbabwe et à leurs alliés africains qui cherchent à perpétuer l'exploitation des travailleurs, des paysans pauvres et des commerçants.
L'impérialisme occidental comprend la délicatesse de l'équilibre des forces au Zimbabwe. C'est pour cette raison que l'Occident presse les éléments néo-libéraux du MDC à se joindre à un gouvernement d'unité nationale avec le même groupe qui a tué plus de 20 000 Zimbabwéens et expulsé plus de 750 000 citoyens de leur lieu de résidence.
Les récentes études sur la situation au Zimbabwe, comme indiqué dans le Bulletin de l'Association des universitaires africains, sous la direction de Timothy Scarnecchia et de Wendy Urban-Mead, offrent des indicateurs pour ceux qui veulent mettre en lumière les liens entre les partisans de la ZANU-PF et les immenses souffrances de la population de Zimbabwe. (ACAS Bulletin 80 : Numéro spécial sur le Zimbabwe 2)
Mamdani a raison d'attirer l'attention sur l'influence des néo-libéraux comme Eddie Cross sur le MDC, mais le néo-libéralisme est mort et les gouvernements d'Europe occidentale et des États-Unis sont occupés à nationaliser les banques sans aucun contrôle démocratique et sans aucune transparence.
Les Zimbabwéens qui militent pour le changement doivent s'opposer à la tendance néo-libérale au sein du MDC, pour veiller à ce que les souffrances des travailleurs ne se perpétuent après le départ de Robert Mugabe.
Il n'y a rien de révolutionnaire ou de démocratique sur ce qui se passe au Zimbabwe, sous la direction de Robert Mugabe et de la ZANU-PF. Les chercheurs africains et les forces progressistes doivent utiliser toutes leurs ressources pour appuyer les producteurs qui cherchent de nouvelles formes de politique émancipatrice face à la crise capitaliste mondiale. Les Africains, comme tous les hommes qui vivent décemment dans toutes les régions de la planète, veulent vivre dans la dignité et le respect de leurs droits fondamentaux.
NOTES
1) ) Les menaces d’une intervention militaire au Zimbabwe
http://www.pambazuka.org/fr/category/action/52680
2 - Lessons of Zimbabwe (http://www.pambazuka.org/en/category/features/52407)
* Horace G. Campbell est professeur d’Etudes africaines-américaines et de Science politique à l’Université de Syracuse, à Syracuse (New York). Né à Montego Bay, en Jamaïque, il a été impliqué depuis plus de quarante ans dans les luttes de liberation en Afrique et de manière générale dans les combats pour la paix et la justice (Dans sa version originale, en anglais, ce texte est disponible à travers ce lien : http://www.pambazuka.org/en/category/features/52845
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Commentaires & analyses
La crise financière et ses enjeux pour l’Afrique
2008-12-19
Maurice Fahé
http://www.pambazuka.org/fr/category/comment/52946
Le capitalisme financier, tout le monde le sait, est en crise. Dans les pays capitalistes dominants, le dogme néo-libéral qui s’abat sur le monde depuis les années 80 est brutalement remis en cause. Les Etats interviennent massivement, nationalisent des banques en faillite, en renflouent d’autres et garantissent les dépôts de certaines autres. La régulation, mot tabou jusque-là pour les conservateurs et leurs amis libéraux qui dominent le monde, a brutalement refait surface. L’Etat est de retour, si tant est-il que malgré la messe néo-libérale, il ait disparu dans les Etats impérialiste.
«Capitalism is dead» ! Mais puisque toutes ces interventions étatiques, impensables il y a seulement quelques mois, ne semblent pas avoir réussi à réduire la tempête qui s’est emparée des bourses, les pays capitalistes dominants ont décidé d’organiser une nouvelle conférence financière à l’image de celle de juillet 1944, pour, disent-ils, réformer le système financier international. Celui issu de Bretton Woods, est pourtant en faillite depuis que Nixon a décidé unilatéralement, en 1971, de mettre fin à la convertibilité du dollar en or.
Peu importe. Tant que la nouvelle classe dirigeante, une poignée d’individus s’enrichit en jouant la vie de millions et de millions de travailleurs à la bourse, que les profits de l’aristocratie financière continuent d’augmenter et que les Etats petits et faibles d’Afrique, d’Amérique Latine et d’Asie sont impunément pillés, la nécessité de cette réforme ne semblait pas s’imposer.
Qu’est-ce qui explique cette crise, quelles sont les nouvelles orientations possibles de l’impérialisme capitaliste et quels en sont les enjeux, pour le monde en général et pour le continent africain en particulier ?
Avant la crise
Avant de donner mes vues sur la crise actuelle, il apparaît de la plus haute importance, premièrement de faire une mise au point, deuxièmement de rappeler les moments qui ont jalonné l’évolution du capitalisme depuis la seconde guerre mondiale. Cette mise au point et ce rappel sont, me semble-t-il, nécessaires voire indispensables pour bien comprendre la crise actuelle et ses enjeux.
D’abord, il me parait important de dénoncer la tentative idéologique d’occultation de la décadence du capitalisme qui se cache derrière la distinction économie réelle-économie financière. Il n’y a pas, s’agissant du capitalisme, de cloison entre l’économie réelle et la finance. Le capitalisme actuel est le résultat de la fusion du capital commercial et du capital industriel. Le résultat de cette fusion, c’est le capitalisme financier. La crise actuelle est donc bien la crise du capitalisme financier.
Ensuite le bouleversement actuel trouve ses origines dans les politiques mises en œuvre depuis la seconde guerre mondiale et plus particulièrement depuis 1971.
En effet, les accords de Bretton Woods, en instituant, en juillet 1944, la libre convertibilité du dollar en or, consacrent le dollar monnaie internationale. Cette évolution n’était cependant que la conséquence de la montée en puissance des Etats-Unis qui deviennent de fait la première puissance capitaliste mondiale, une position qu’ils raffermissent en assurant l’ensemble des tâches de reconstruction du capitalisme agonisant, tâches économiques mais aussi politiques et militaires.
La période qui commence à partir de 1945 est ensuite marquée par un processus de concentration économique et le développement progressif des firmes transnationales. La logique de l’accumulation est, comme le souligne Amir Amin (1), celle de la concentration et de la centralisation croissantes du capital. Un tel développement exige un accompagnement financier.
En 1958 est créé le marché des eurodollars. Dès 1950, les Etats Unis qui ont, seuls, reconstruit l’économie capitaliste détruite par la guerre 1939-1945, ont commencé à décliner. Quelques éléments, certes insuffisants, permettent à le démontrer.
La part de valeur ajoutée manufacturière mondiale des Etats Unis est passée de 56,7% en 1948 à 24,3% en 1975 et 21,7% en 1979. De même, leur part dans le commerce mondial passe de 16,7% en 1950 à 11,8% en 1981. Si l’on considère que la croissance de la productivité constitue l’une des mesures de la compétitivité des économies, on notera alors qu’elle a été de +9% par an au Japon, +6% par an en RFA et seulement de +2,5% par an aux Etats Unis sur toute la période 1960-1980. En outre, la pénétration des trusts capitalistes européens et japonais s’est considérablement accrue sur le marché américain.
En 1960, les firmes américaines investissaient à l’étranger 4,6 fois plus à l’étranger que les firmes étrangères n’investissaient aux Etats Unis. En 1982, ce rapport était tombé à 2,2. A partir de 1960, la balance des paiements américaine est déficitaire. La compétitivité de l’économie américaine a donc baissé par rapport aux économies européenne et japonaise d’où une aggravation du déficit de la balance commerciale américaine. Ce déficit a pour conséquence d’affaiblir encore plus le dollar.
A la fin des années 60, les grandes banques centrales du Japon et d’Europe regorgent de dollars que les Etats-Unis ont multiplié pour financer leur déficit. Mais la récession économique américaine entraîne la dépréciation du dollar. La préférence pour l’or dont le cours flambe au détriment du dollar accélère le processus de perte de valeur du dollar, perte de valeur à laquelle la Réserve fédérale américaine tente de mettre fin sans succès.
En 1971, en raison de l’effet conjugué de l’affaiblissement du dollar et de la baisse du taux de profit, le président Nixon décide unilatéralement de mettre fin à la convertibilité du dollar en or, rompant du même coup les accords de Bretton Woods. Il s’ensuit la libéralisation automatique des taux de change et la création concomitante d’un marché de couverture des fluctuations des changes qui est en même temps un marché de spéculation.
En 1973 et 1979, la hausse du prix du pétrole entraîne l’apparition d’une énorme masse financière, les pétrodollars dont le recyclage transforme les circuits financiers mondiaux.
A la fin des années 70 et au début des années 80, pour financer les déficits publics, les Etats capitalistes dominants réforment les systèmes bancaires et monétaires. Il en résulte une seconde libéralisation après celle de 1971, celle des taux d’intérêt à long terme. Pour se couvrir contre les variations de taux d’intérêt, sont alors créés, au cours des années 80, des marchés de produits dérivés (Subprimes, LTCM (2), CDS (3), CD0 (4), ABCP (5), LB0 (6), ARS (7), etc.). Fait extrêmement important, ces produits sont transformes en titres qui sont vendus sur le marche.
A partir du milieu des années 90, la double vague de libéralisation conduit à la globalisation des marchés monétaires et financiers, et à l’émergence de la finance globale avec des acteurs globaux qui agissent sur l’ensemble des marchés. Cette évolution se traduit par la prééminence aux Etats-Unis des fonds de retraite à cotisations définies qui l’emportent finalement sur les fonds à prestations définies. Après avoir été développée aux Etats-Unis et en Angleterre, la titrisation des produits dérivés se répand dans les autres économies capitalistes d’occident.
La crise du capitalisme financier ou la crise financière
Les transformations que nous venons de décrire, la concentration et la centralisation du capital, ne sont sans doute pas une chose nouvelle. Elles renvoient au développement du capitalisme monopoliste que décrivaient déjà Hilferding, Hobson et Lénine. Ce qui est nouveau, c’est la part de plus en plus démesurée prise par le capital spéculatif qui souligne le caractère parasitaire et pourri du cours néo-libéral du capitalisme impérialiste et met en évidence sa décadence.
S’agissant de la crise proprement dite, tout commence avec la crise des «subprimes», c’est-à-dire des prêts à taux variable, réservés à une clientèle de particuliers peu solvable (ménages et étudiants américains). Certes, avant il y a eu l’effondrement de LTCM en 1998, la crise Internet en 2001, le scandale de Enron, la crise financière en Asie, etc., mais ces différentes crises qui furent partielles, peuvent être aujourd’hui considérées comme des signaux.
Bien que les prêts «subprimes» ne soient pas exclusivement réservés au marché immobilier, c’est dans ce secteur qu’a pris naissance la crise avec la hausse des taux d’intérêt à la fin de l’année 2006 et l’effondrement du marché immobilier en août 2007 aux Etats-Unis. En effet, les ménages ne pouvant plus payer, les défauts de paiement se sont multipliés. Ce qui a eu pour conséquence d’entraîner une dévalorisation des créances immobilières qui avaient été entre temps titrisées (8). Ces titrisations ayant pris des formes complexes, à côté de bonnes créances, sont apparues de moins bonnes créances, appelées créances «toxiques» (9) dont la toxicité s’est répandue au-delà des subprimes.
Les conséquences
La premières conséquences, c’est la chute vertigineuse de la valeur de ces titres en bourse et la faillite des banques qui les détiennent. La deuxième conséquence, c’est la propagation des effets de la crise et notamment la perte de confiance des différents acteurs du système. Ce faisant, les banques ne se prêtent plus d’argent, tout comme elles n’en prêtent plus aux entreprises et aux particuliers. Or, le capital argent est indispensable au fonctionnement du système. L’économie capitaliste fonctionne grâce au crédit : crédit à la consommation, crédit à l’investissement, etc. La troisième conséquence, c’est la baisse de la demande globale qui a pour effet, la baisse de l’activité économique et par conséquent, les faillites, les fermetures d’entreprises, la baisse du pouvoir d’achat et le chômage.
Il faut souligner que pour éviter que les marchés ne s’effondrent davantage, les économistes et les classes dominantes tiennent un discours qui ne rend pas compte de l’ampleur et de la gravité de la crise. Dans le fond, ce qui est en jeu c’est le mode de production capitaliste aujourd’hui. La logique du système a été basée sur le pillage et la surexploitation de la classe ouvrière, des classes laborieuses et l’accumulation de profit gigantesque entre les mains d’une poignée de gens, ceux que Samir Amin appelle les nouvelles classes dirigeantes.
En réalité, comme le soulignait déjà Trotski, les forces productives ont cessé de croître. Les nouvelles classes dirigeantes sont sans rapport avec la bourgeoisie industrieuse de la révolution industrielle. Nous sommes véritablement à l’époque de la révolution prolétarienne. La question, désormais, est celle de la direction politique. En Afrique, nous sommes pour l’essentiel à l’étape de la révolution démocratique. Il va de soi que pour nous, la lutte pour la démocratie révolutionnaire se confond avec la lutte contre la domination et l’oppression impérialiste.
Ce qui est frappant, c’est le fait que les injections massives de liquidités des banques centrales sur les marchés monétaires ne semblent avoir aucun effet dans la résolution de la crise. On a même pu observer une accélération de la crise avec la faillite de Lehman Brothers, un des membres éminent de l’oligopole bancaire mondial. On a assisté dès lors à un changement dans les moyens de lutte. Ce changement est marqué par l’adoption du plan Paulson qui envisage de racheter les créances toxiques aux banques pour un montant de 850 milliards de dollars. En Europe la même démarche est adoptée. Elle vise à racheter les actions des plus grandes banques et/ou pour l’Etat, à accorder sa garantie aux crédits interbancaires pour restaurer la confiance. Depuis la réunion des cinq plus grandes banques américaines, il est question de consacrer les fonds publics non pas au rachat des actifs toxiques, mais bien au contraire à prendre des participations dans le capital des banques.
Que va-t-il se passer ? Est-ce la fin du capitalisme ? Comment répondre à ces questions?
D’un point de vue stratégique plusieurs évolutions sont possibles.
Il serait sans doute intéressant de parcourir les différentes possibilités d’évolution du système afin de prospecter ce qui pourrait se passer dans chaque cas. Mais une telle perspective demanderait certainement plus de place et de temps. Aussi, malgré l’intérêt d’un examen de toutes les possibilités possibles d’évolution du système, je n’évoquerai ici, rapidement, que l’hypothèse qui me semble la plus probable, celle de la reconduction du capitalisme avec quelques aménagements, tellement les aménagements en cours semblent y conduire. Dans cette, on pourrait assister à un vaste mouvement de nationalisation des banques, à l’apurement des actifs toxiques et à la récapitalisation par des fonds publics avec appels aux marchés financiers.
Cette évolution aurait pour conséquence des tensions sur les taux d’intérêt à long terme. Cette évolution entraînerait par ailleurs un taux de croissance négatif ou nul et une aggravation du chômage. Une fois l’apurement des actifs toxiques réalisé, on assisterait alors à la reprivatisation des banques. Cette évolution se dessine déjà, puisque nous semblons évoluer vers la régulation des agences de cotation, la réforme des règles comptables dans le sens de leur assouplissement, la réforme des « hedges funds » dans le sens d’une meilleure transparence et la révision des règles des « stock options », des bonus, des parachutes dorés, etc.
Il reste que cette évolution n’est pas sans conséquence. Elle aurait toutes les chances de conduire à la formation d’une nouvelle bulle d’actifs, ceci en raison de l’énormité des liquidités qui sont entrain d’être déversées sur les marchés monétaires et de l’évolution des taux d’intérêt qui sont actuellement tirés vers le bas par les Banques centrales. Dans cette perspective, il est fort probable qu’une nouvelle crise systémique surviendra au moment de l’éclatement de cette nouvelle bulle, avec des effets encore graves et plus lourds que ceux de l’actuelle crise.
Quels seraient les enjeux d’une telle évolution pour l’Afrique?
Les enjeux pour t’Afrique
Le basculement des pays capitalistes arriérés, notamment ceux d’Afrique, dans la crise de la dette, au début des années 1980, a été provoqué en partie par l’augmentation unilatérale des taux d’intérêt décidée par les Etats-Unis et la hausse du dollar. Cette évolution a eu pour conséquence, on le sait, d’entraîner une augmentation de 310 % des versements annuels d’intérêt sur la dette, hormis les paiements au titre du remboursement du capital, puisque ceux-ci sont passés de 19 milliards en 1978 à 59 milliards de dollars en 1982.
La charge des intérêts ou de financement de la dette avait ainsi cru deux fois plus vite que la dette. Dans le même temps, la chute des recettes d’exportation bloquées par une politique mondiale des prix des produits de base, qui sont tombés en 1982 à leur niveau le plus bas depuis la deuxième guerre mondiale, aggravait leur situation. Le FMI et la Banque mondiale, au service des gouvernements des pays capitalistes dominants, ont alors imposé des réformes néolibérales qui ont entraîné des dévastations économiques, politiques et sociales incommensurable.
La crise actuelle aura de toute évidence des conséquences spécifiques sur les pays sous-développés et notamment ceux d’Afrique. En effet, il va de soi que la dépression économique dans les pays capitalistes dominants et dans les pays capitalistes secondaires dits pays émergents, aura des conséquences dramatiques pour l’Afrique.
La première de ces conséquences, c’est la raréfaction du crédit. Au moment où les taux d’intérêt baissent dans les pays capitalistes dominants, on assiste à un phénomène contraire en Afrique. Les taux d’intérêt ont plutôt tendance à augmenter parce que les banques privées des pays capitalistes dominants rechignent à accorder des prêts et durcissent en même temps les conditions de prêts. Les taux d’intérêts et les primes de risque grimpent par conséquent.
Une telle évolution si elle se confirme et se maintient aura des conséquences incalculables pour l’Afrique qui a besoin d’importants flux de capitaux pour financer son développement. De plus, cela entraînerait l’accroissement des difficultés de remboursement de la dette extérieure et l’accumulation d’arriérés. Deuxièmement, une dépression économique aurait pour conséquence directe une contraction de la demande mondiale de production primaire et par conséquent une réduction de la demande de matières premières et une baisse de revenus d’exportation. Et puisque toute la stratégie économique des ces trente dernières années est fondée sur la croissance tirée par les exportations, la chute des exportations induirait automatiquement une récession économique en Afrique avec ses conséquences sur l’activité économique, l’emploi, la santé, l’éducation et les infrastructures. Et comme les populations africaines sont déjà gravement affectées par les politiques d’ajustement structurel, la crise alimentaire et par les effets du changement climatique, les conséquences de l’extension de la crise actuelle seraient incommensurables.
Enfin, l’Afrique est déjà au centre de la lutte acharnée que se livrent les Etats capitalistes dominants et secondaires pour la conquête des marchés, le contrôle des sources de matières premières, mais aussi pour la défense des zones d’influence et places sur le marché mondial.
Les plans d’ajustement ont permis de déconstruire les Etats pour permettre le pillage des économies nationales. Cette situation va s’aggraver en raison de la crise. La bataille pour la conquête et le contrôle des sources de matières premières, la défense des zones d’influence qui fait déjà rage en Afrique va de toute évidence s’accentuer avec la crise du capitalisme financier, ce qui aurait pour conséquence une quasi-recolonisation de l’Afrique
La construction de AFRICOM (le commandement américain en Afrique), tout comme la réactivation de la 4e flotte en Amérique Latine par les stratèges du Pentagone répond à ce besoin. N’est-il pas vrai qu’il n’a jamais existé dans l’histoire du capitalisme, de période d’harmonie et de non violence comme le soulignent Duménil et Levy ? De la crise actuelle va émerger une nouvelle disposition des forces et un nouveau rapport de force au niveau mondial. L’enjeu pour l’Afrique c’est de résister ensemble ou disparaître ? Il ne s’agit bien sûr pas de disparition physique, mais de disparition en tant qu’ensemble économique et social distinct ayant des intérêts propres et capable de les faire valoir.
L’enjeu pour l’Afrique se décline en deux mots : révolution ou dégénérescence
Pour moi, le choix est simple. Il faut refuser la dégénérescence capitaliste. Je vois dans l’immédiat une série de décisions à prendre:
1° Reprendre le contrôle des leviers économiques et financiers pour construire des économies nationales orientées vers la satisfaction des besoins et aspirations des peuples africains. Il faut pour cela et immédiatement: . Constituer un front pour le non paiement de la dette extérieure due aux pays capitalistes dominants.
Si les pays capitalistes dominants, on le voit, sont capables d’annuler plus de 1 000 milliards de dollars de dettes douteuses, pourquoi n’annuleraient-ils pas la dette des pays sous- développés?
- Pour les pays africains membres de la zone Franc, dénoncer le traité monétaire avec la France, rapatrier les recettes des changes placées sur les comptes d’opérations, battre monnaie ;
- Pour les autres, retirer leurs réserves des changes des banques des pays capitalistes dominants et mettre un terme à l’achat des bons du Trésor des Etats-Unis;
- Décréter un contrôle strict sur les mouvements de capitaux et sur les opérations de change afin d’éviter la fuite des capitaux des pays arriérés vers les pays capitalistes dominants;
- Créer ou renforcer une banque du Sud (10) qui aurait pour objectif de financer les projets publics orientés vers la satisfaction des droits humains fondamentaux ;
- Créer des cartels de pays producteurs de matières premières pour en stabiliser les prix ;
- Créer un fonds commun Sud-Sud pour pallier les effets sociaux de la crise ;
- Renforcer l’intégration Sud-Sud et réduire le taux d’intégration au marché capitaliste mondial afin de renforcer un développement tourné vers la satisfaction des besoins des populations.
Telles sont les quelques propositions qu’il me semble indispensable de faire pour que s’offre le débat.
1 - Samir Amin, Les nouvelles classes dominantes et la fin de la civilisation bourgeoise: La ploutocratie, nouvelle classe dirigeante du capitalisme sénile
2 - Credit Defaukt Swaps, fond de couverture servant à se protéger contre un risque de non-paiement
3 - C’est un fond de couverture et d’investissement, il fait partie des hedges funds
4 - Un CDO regroupe en général des titres issus de 120 à 250 actifs (asset-backed security (ABS), CDO (on parle alors de CD02), ou tout simplement des obligations) différents pour un montant compris entre 1 et 2 milliards de dollar.
5 - Asset Backet Commercial Paper : Ce sont des titres de créances négociables émis par les banques ou des entreprises sur le marché financier pour une courte durée (2 à 270 jours). Ils ne sont garantis et sont basés sur la confiance.
6 - Leveraged Debt Buy Out est une opération de rachat d’entreprises financée par des dettes.
7 - Auction Rate Securities, Ce sont des titres qui représntent des crédits octroyés à des municipalités, des universités.
(8) Le premier instrument de titrisation appelé le Mortgage Backed Security, ou MBS, comportait un important risque de défaut de paiement que n’aiment pas les gros investisseurs comme les compagnies d’assurance et les caisses de retraite. Pour essayer d’éliminer ces deux risques, d’autres instruments ont été crées. Il s’agit du Collateralized Mortgage Obligation, ou CMO, et le Collateralized Debt Obligation ou CDO. Le “Collateralized Mortgage Obligation” (CMO) consiste à prendre un portefeuille de titres de créances hypothécaires, de le scinder en plusieurs tranches, certaines étant liées au remboursement du principal, on parle dans ce cas de Principal Only (PO), d’autres uniquement aux versements des intérêts, on parle alors de Interest Only d’autres encore aux risques de défaut du portefeuille.
9 - Le Collateralized Debt Obligation (CDO) est un mécanisme astucieux qui permet de répartir le risque de défaut d’un portefeuille de créances obligataires en quatre tranches. La première, baptisée “Equity” représente généralement 3% de l’encours et supporte les premières pertes du portefeuille. Très risquée, elle n’est pas notée par les agences de rating. La seconde tranche, la “mezzanine”, représente 7% de l’encours et possède un rating BBB. La tranche senior (20%) affiche un rating AA tandis que la tranche super-senior est notée AAA. Outre les CDO classiques, les banques d’affaires ont développé de nombreux autres CDO notamment le “CDO squared”, c’est-à-dire un CDO constitué par l’investissement dans d’autres CDO. Le CDO cube est un CDO qui investit dans des “CDO Squared”. On retrouve aussi sur les marches les CDS (credit default swap) et CPDO (Constant Proportion Debt Obligation) qui n’investit que dans des indices de CDO. Il s’agit essentiellement de créances comportant d’importants risques de paiement
10 - Une banque du Sud a été créée par 7 pays d’Amérique latine (Argentine, Bolivie, Brésil, Equateur, Paraguay, Uruguay, Venezuela) en décembre 2007. Une autre banque du Sud, appelée banque de l’ALBA, a été lancée en 2008 par Cuba, le Venezuela, la Bolivie, le Nicaragua, le Honduras et la petite île de Dominique (voir Eric Toussaint, Banque du Sud et nouvelle crise internationale, CADTM-Syllepse, 2008.).
* Maurice Fahé est économiste, Vice-Président de Convergence pour une autre Côte d’Ivoire et du Forum National sur la Dette et la Pauvreté - Ce texte a été présenté à l'occasion du Forum social africain à Niamey, du 23 au 25 novembre 2008.
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Résumé de l'Édition Anglaise
Le Zimbabwe au bord du précipice
2008-12-20
Marie Ndlovu
http://www.pambazuka.org/en/category/features/52784
Avec l’échec manifeste de l’accord de partage du pouvoir, le Zimbabwe est au bord de l'effondrement, écrit Marie Ndlovu. L'auteur fait valoir que face à élite enracinée dans la kleptocratie, la vie devient de plus en plus difficile pour la population. Une situation aggravée par une large culture de l'égoïsme qui mine le développement de toute forme d'action collective efficace. En l'absence d'une autorité technocratique de transition parrainée à l'échelle internationale, pour remplacer la ZANU-PF dès que possible, le Zimbabwe peut encore être évoqué dans les mêmes termes qu’on parle de la Somalie et de l'est de la RD Congo, soutient-elle.
Carte postale pan-africaine
Conflits ethniques et religieux au Nigeria: l'impunité est le principal problème
2008-12-20
Dr Tajudeen Abdul-Raheem
http://www.pambazuka.org/fr/category/panafrican/52950
Jos, capitale de la Middle Belt, dans l’État du Plateau, est à nouveau sous les feux de l'actualité. Mais, cette fois, pour de mauvaises et tragiques raisons. Suite à des allégations d'irrégularités électorales portées contre le PDP au pouvoir dans l'Etat, dans le cadre d’élections locales, les partisans de l’opposition et du gouvernement se sont opposés.
Très vite les mots enflammés ont dégénéré : jets de pierres, tirs de la police, incendie criminel, meurtres ont conduit à de lourdes pertes en vies humaines et à des dégradations de biens. La police s’est retrouvée dépassée, de même que la Brigade de l'armée nigériane basée dans la ville conduisant à l’envoi de troupes par avion à partir de l'Etat de Kaduna voisin, pour contenir les émeutes. Le gouverneur de l'État aurait ainsi donné une «tirer pour tuer» afin de la police.
Tout tragique qu’il est, le chaos qui a frappé Jos est familier aux habitants de cette belle métropole multiculturelle ainsi qu’aux autres Nigérians. La violence est en effet une chose régulière au Nigeria et malheureusement dans de nombreux pays africains. Mais comment se fait-il que les conflits politiques puissent dégénérer en violences ethniques et religieuses quand, en théorie,les partis politiques ont des partisans à travers tout le pays?
Plusieurs raisons peuvent être avancées.
La première est la manière dont les partis politiques sont organisés (ou plus exactement, désorganisés) au Nigeria. Ils sont souvent le fait d'un regroupement de notables/ barons d’une ethnie, alliés à des groupes de malfaiteurs pour imposer leur volonté au niveau local et au niveau de l’Etat. Ces groupes se retrouvent au niveau central pour partager le butin. Comme ils n'ont pas de politique autre que leurs poches, l'appartenance ethnique et religieuse ou le régionalisme deviennent facilement pour eux des moyens pour embrigader les pauvres populations.
Deuxièmement, la culture politique qui veut que le gagnant rafle tout donne une grande importance au fait de «gagner», car il n'y a pas de rapport pour les perdants.
Troisièmement, l'absence de toute source de contrôle sur les deniers publics et les ressources signifie que le gouverneur ou le président du gouvernement local a une emprise directe sur la «répartition» au niveau de son Etat ou des collectivités locales et peut faire tout ce qu'il ou elle veut, en toute impunité.
Quatrièmement, puisque les citoyens nigérians ont, en réalité, tous les droits (indépendamment de ce que dit la Constitution), il est important d'avoir "son homme ou sa femme" au sommet. S’ils sont tous des escrocs, il est important d’avoir le sien.
Cinquièmement, le Nigeria est en théorie une République fédérale, mais dans la pratique il l’est seulement sur le plan politique. Au plan financier ce pays est très centralisée avec l'énorme manne des ressources pétrolières gérée depuis le Centre. La plupart des Etats ne prennent même pas la peine de collecter des ressources au niveau local, préférant attendre les «allocations» qui viennent d'Abuja.
Cette anomalie a favorisé tout parti installé au niveau du pouvoir central. Depuis 1999, le Parti démocratique du peuple, PDP, au pouvoir (également connu sous le nom de Personnes trompant le peuple - PEOPLE DECIEVING PEOPLE) a transformé le Nigeria en un quasi-Etat à parti unique. Non pas parce que les électeurs en ont décidé ainsi, mais parce que ce parti a le pouvoir de changer la réalité des faits en déclarant ses candidats vainqueurs quels que soient les suffrages exprimés. Ses responsables ne se donnent plus la peine de bourrer les urnes, le trucage se faisant à l’annonce des résultats à travers le micro de la Commission électorale qui a le monopole juridique de l'annonce des résultats.
Les gouvernements locaux demeurent un enjeu de combat pour les groupes de pouvoir et d’intérêts. Il s’agit généralement petits espaces où les protagonistes se connaissent les uns les autres et vivent souvent ensemble dans une misère inexplicable provoquée par une élite politique irresponsable.
Mais pourquoi ces questions en arrivent à dégénérer dans une guerre entre musulmans et chrétiens et mener à des dérives ethniques xénophobes ? Ce problème découle essentiellement de l'ethnicisation de la citoyenneté qui pousse à se regarder entre Nigérians comme des «indigènes» ou des colons, «l’indigénéité» étant définie dans une perception ancestrale. Les formulaires officiels avaient une place pour la «tribu», mais maintenant, de manière plus subtile, il est indiqué «État de résidence» et « État d'origine». L'on se réfère d’un côté à l'endroit où vous vivez (résidence) et de l'autre au lieu où vos ancêtres peuvent être originaires, même si vous n'y avez jamais mis les pieds.
Les Nigérians se sont joint hypocritement à d'autres Africains en se félicitant de la victoire d’Obama, alors que celui-ci ne serait pas en mesure de se présenter pour une élection locale en tant que conseiller. Ni à Jos ni n'importe où au Nigeria et dans la plupart des pays d’Afrique.
Mais au-delà de tout ce qui précède, il y a la culture de l'impunité. Si on ne met pas fin à l'impunité de l'État et de citoyens ordinaires, les Nigérians vont continuer à s’entretuer et porter atteinte à notre humanité collective. Même les chiens et les chats ne peuvent être tués en Europe ou en Amérique de la même manière que des vies humaines sont massacrées chaque jour.
«Toujours en avant, jamais en arrière» Kwame Nkrumah (1909 - 1972)
* Dr Tajudeen Abdul-Raheem est Secrétaire Général du Mouvement Panafricain, (Kampala, Ouganda ) et co-directeur de Justice Africa.
Courrier
En cette fin d’année
2008-12-19
Jacques Depelchin
http://www.pambazuka.org/fr/category/letters/52947
Pour celles et ceux qui, envers et contre tout
Luttent dans un temps immortel que
Vivent les immortelles pulsions de l’humanité
Libérée des amarres séculaires visiblement
Et invisiblement ancrées dans l’esclavage
Dans une abolition avortée par la colonisation
Sous les couleurs de la civilisation
Préparant, le savions-nous,
Une triomphante globalisation
En cette fin d’année à la recherche
Immortelle de la liberté de l’humanité
Encourageons les courageuses et courageux
Prêts à savater les affameurs de la liberté
Enracinés dans leur mentalité
Haïti n’existe pas,
Vive Saint Domingue
Aristide n’existe pas,
Vive Papa Doc
Lumumba n’existe pas,
Vive le Gouverneur de la Colonie
République Démocratique du Congo n’existe pas
Vive la tutelle de l’ONU,
Préparant, le savons-nous,
Sous les couleurs humanitaristes,
La fin de l’humanité
En cette fin d’année
Souvenons-nous avec force de celles et de ceux
Qui rappellent,
L’existence de Haïti
Vivent
L’existence d’Aristide
Chantent
L’existence des Africains libres
De tous les fantômes du Congo
Refusant librement d’avaler
Les couleuvres de la globalisation
Refusant le suicide de l’humanité
En cette fin d’année
Disons aux kidnappeurs de Lovinsky Pierre-Antoine
De le rendre à Michelle, à Stephane, à Olivier
Aux kidnappeurs de Haïti libre
De rendre la liberté à Aristide de circuler
Sans entrave dans toutes les Afrique,
Qu’il soit bienvenu partout sans être
Soumis à des règles de Résidence Surveillée
En cette fin d’année
Disons aux kidnappeurs déguisés de la RD Congo
De rendre le pays à celles et à ceux qui ont maintenu
La fidélité aux idées de Lumumba
Que cette fin d’année soit le début de la réalisation
de la fin de toutes les fins de calvaires
séculaires promises, toujours remises
Nous commençons à le savoir :
esclavagisme, colonialisme, apartheid,
Nous le voyons, renouvelés, modernisés
Post-modernisés dans la globalisation
Cette fin d’année grâce à la geste et aux gestes
Des Pierre-Antoine Lovinsky,
Michelle, Stéphane, Olivier, de Haïti.
Des Africains de partout
Des plus connus aux moins connus,
inspirent, aspirent, expirent,
Avec une fidélité patiente et persistante,
L’émancipation complète et totale
De la soumission à un système né
D’un double génocide qui,
Acte de naissance oblige,
Ne peut que se reproduire
Par des séquences génocidaires
En cette fin d’année,
Saluons les articulations multiples
Qui disent et font que ce système
Soit enterré une fois pour toutes
Sans sursis.
* Jacques Depelchin est directeur de Alliance International Ota Benga pour la paix en RD Congo
* * Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka.org ou commentez en ligne sur www.pambazuka.org
Arts & livres
Afrique : L'IFAN célèbre ses 70 ans d'existence
2008-12-18
http://tinyurl.com/5fngw4
Le 70e anniversaire de l'Institut fondamental d'Afrique noire (IFAN) Cheikh Anta Diop sera célébré du 15 au 20 décembre à travers une série d'activités. L’objectif de cette célébration est de faire l’état des lieux, des tendances et des dynamiques d’intégration de la période coloniale à nos jours. Les organisateurs veulent identifier les tendances positives des processus d’intégration africaine à travers les études réalisées par l’IFAN Cheikh Anta Diop au cours de ses 70 ans d’existence. L’objectif est également de procéder à l’examen critique des actions entreprises en vue de l’intégration africaine ainsi que de présenter et faire mieux connaître les personnalités ayant marqué la vie de l’institution..
Global : Un film sur 40 ans de justice en France
2008-12-20
http://www.labandepassante.org/index_lbp.php
Alors même que nous sommes pris en otage par une crise financière d’une rare violence et que le dialogue social semble inexistant, Thomas Lacoste choisit de se saisir du quarantième anniversaire du Syndicat de la magistrature pour revenir sur l'enjeu majeur que constitue l’idée de justice et sur le lien étroit qui lie l’histoire politique, sociale et judiciaire française. Ce film-frontières entre entretiens réflexifs, fictions, littératures, œuvres picturales et créations sonores s’articule autour de onze chapitres, dont l’immigration choisie.
Visionnez le fil sur http://www.labandepassante.org/index_lbp.php
Guinée : Les Amazones, "gendarmettes" musiciennes
2008-12-18
http://tinyurl.com/65q7yz
A peine entré sur scène, le lieutenant Sylla fait le salut militaire, entame un chant suraigu puis chaloupe parmi ses consoeurs vêtues de kaki, "gendarmettes" guinéennes bardées de saxophones et guitares électriques, qui forment l'orchestre des Amazones de Guinée, né il y a 47 ans. Mais ces femmes apparemment épanouies à la batterie ou au saxo font "passer le message le plus important", de l'avis de l'officier Sylla : "Tout ce que l'homme fait, la femme peut le faire aussi !"
Zimbabwe
Ban pessimiste sur une amélioration rapide de la situation
2008-12-18
http://tinyurl.com/5npdvu
Le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, s'est montré pessimiste sur une amélioration rapide de la situation politique et humanitaire au Zimbabwe, lors d'un exposé devant le Conseil de sécurité fait le 15 décembre. « Malgré les efforts des Nations Unies, je suis arrivé malheureusement à la conclusion que ni le gouvernement ni le médiateur ne souhaitent un rôle politique des Nations Unies, et il y a un espace limité pour mes bons offices. Cela restreint clairement notre capacité à aider à trouver des remèdes immédiats à cette crise », a estimé le Secrétaire général.
Le choléra a fait près de 1.000 morts selon l'ONU
2008-12-18
http://tinyurl.com/3qmtrk
Le choléra a fait près de 1.000 morts et continue de se propager au Zimbabwe, un pays frappé par une crise humanitaire, économique et politique sans précédent, selon un bilan établi par l'ONU, dont le Conseil de sécurité se réunissait le 14 décembre au grand dam de Harare. Face à cette situation catastrophique, le Conseil de sécurité pourraient mettre à l'ordre du jour le Zimbabwe sous la pression les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, qui ont réclamé la semaine dernière la démission du président Robert Mugabe.
Moniteur de l'Union Africaine
Le Burundi restera en Somalie
Moniteur de l'UA: Résumé Hebdomadaire 161, 2008
2008-12-18
http://www.aumonitor.org
Le ministre burundais de la défense, le lieutenent-général Germain Niyoyankana, a annoncé que son pays allait maintenir son contingent au sein de la force de paix de l’Union africaine en Somalie (AMISON). Le Burundi aussi envisage d’envoyer deux autres bataillons en Somalie. Avant cette annonce, le chef de l’Etat burundais, Pierre Nkurunziza, avait reçu en audience le représentant spécial de l’Union africaine (UA) en Somalie qui lui faisait part des défis actuels auxquels fait face la Somalie. Le diplomate a profité de cette visite pour appeler la communauté internationale à fournir plus de moyens logistiques et financiers aux troupes de l’AMISON afin de les permettre de mieux s’acquitter de leur mission. Par ailleurs, le président de la Commission de l’UA a indiqué que le renvoi du Premier ministre somalien était contraire aux attentes de la communauté internationale qui attendait la mise en application de l’accord de partage du pouvoir en Somalie et que c’était un autre revers aux efforts de conclusion d’un accord politique au pays.
Les économistes africains se réunissent du 15 au 18 décembre au Cameroun pour examiner les différentes politiques monétaires déjà en application au sein des blocs économiques régionaux du continent avant de proposer une feuille de route que le continent africain doit suivre pour l’adoption d’une monnaie unique considérée comme une étape cruciale vers l’intégration du continent. Des autorités et experts des 53 Etats pays membres de l’UA ont participé à une rencontre dans la capitale lésothane, en prélude à la réunion extraordinaire des ministres en charge de la femme et du genre, pour partager les meilleures pratiques et des idées sur l’élaboration de la politique de l’UA en matière de genre. L’assemblée générale du Conseil Economique, Social et Culturel (ECOSOCC) de l’UA invite toutes les organisations de la société civile africaine et les organisations non-gouvernementales à participer à l’élection de 130 représentants des organisations de la société civile à l’assemblée générale de l’ECOSOCC. Pour finir, « réagissant aux récentes accusations selon lesquelles la Tanzanie traînait les pieds dans la réalisation de l’intégration de l’Afrique de l’est », le vice-président de la Tanzanie a réaffirmé que son pays était toujours ferme aux discussions visant à réaliser l’intégration de la région.
Femmes & genre
Afrique : Le Professeur Djénéba Traoré prochaine Coordinatrice Régionale du ROCARE
2008-12-20
http://www.ernwaca.org/web/spip.php?article186
A la suite de la démission de Mr. Pierre Thizier Seya du poste de Coordinateur Régional du ROCARE, le Conseil d’administration a désigné le Professeur Djénéba Traoré pour un mandant de 3 ans renouvelable, débutant le 1er avril 2009. L’intérim du poste sera assuré par Mireille Massouka jusqu’à l’entrée en fonction de la nouvelle Coordinatrice Régionale. Actuellement Professeur à la Faculté des Lettres, Langues, Arts et Sciences Humaines (FLASH) de l'Université de Bamako, le Pr. Djénéba Traoré a occupé plusieurs fonctions.
Kenya : Campagne renouvelée pour la protection des droits fonciers des femmes
2008-12-19
http://tinyurl.com/4jlr4k
La pression s'accentue pour inclure dans la nouvelle constitution du Kenya une Politique agraire nationale qui garantit un accès équitable de l'homme et de la femme à la terre. L'avant-projet de cette politique agraire, qui n'attend actuellement que l'approbation du gouvernement, souligne "de grandes disparités aussi bien en matière de détention de terre ainsi qu'une discrimination dans la succession, le transfert de la terre et l'exclusion des femmes des processus de pise de décisions relatives à la terre". Dans ce pays d’Afrique de l’est, la terre est une question très épineuse. Pour la majorité des Kényans, la terre est la principale source de vie et de richesse matérielle, et présente une importance culturelle.
Maroc : Le blues des célibataires
2008-12-18
http://tinyurl.com/5rnbef
Au Maroc, les femmes célibataires sont de plus en plus nombreuses, surtout dans la classe moyenne. Un nombre croissant de jeunes femmes, autonomes sur le plan financier, refusent de se plier au diktat de la norme sociale. Elles le vivent douloureusement. "Le mariage à tout prix, non ! Et habiter seule, même si j’en ai les moyens, c’est impensable. Ma mère le prendrait mal (…). À 31 ans, célibataire, j’ai l’impression d’être une extraterrestre", confie Leila, jeune femme exigeante, qui travaille dans l’audit…
Rd Congo : Marche contre les violences sexuelles comme arme de guerre
2008-12-18
http://tinyurl.com/5whnzx
Sous le thème «Stop à la violence sexuelle faite aux femmes et aux enfants, utilisées comme arme de guerre», une marche nationale des femmes congolaises a été organisée le 16 septembre. Elle a eu lieu sous la conduite du ministère du Genre, Famille et Enfant. Selon les manifestantes, le viol massif de femmes au Congo est utilisé comme une arme de guerre pour briser les consciences. Sans compter qu’il est un moyen de propagation du VIH/SIDA. Les mouvement rebelles que sont le CNDP, FDLR et LRA ont été visées dans cette dénonciation.
Droits humains
Global : Huit ans de prison pour l'ex-vice consul de Tunisie à Strasbourg
2008-12-18
http://tinyurl.com/5gldqe
L'ex-vice-consul de Tunisie à Strasbourg, jugé par défaut devant les assises du Bas-Rhin, a été condamné le 15 décembre à huit ans de réclusion criminelle pour complicité dans les actes de torture ou de barbarie commis dans son pays contre une compatriote en 1996. Il a été sanctionné non pas pour avoir lui-même torturé une mère de cinq enfants qui l'accusait, mais pour avoir donné des ordres à ses hommes dans un commissariat en Tunisie.
Guinée Bissau : Le présumé cerveau du coup d’Etat interrogé à Dakar
2008-12-19
http://tinyurl.com/4vg2ll
Le sergent N`Tchami Ialá, présumé auteur principal de la tentative de coup d’Etat contre le Président João Bernardo Vieira, le 23 novembre dernier, serait actuellement interrogé par la police sénégalaise à Dakar. Le présumé cerveau de l’attaque et certains de ses complices ont tous été arrêtés, mais le porte-parole du ministère de l’Administration Interne bissau-guinéen, le colonel Armando Nhaga n’a ni infirmé ni confirmé l’information faisant état d’enquête du sergent N’tchami Ialà au Sénégal.
Rwanda : Le 'cerveau' du génocide condamné à la prison à vie par le TPIR
2008-12-19
http://tinyurl.com/4mhlgf
Le colonel Théoneste Bagosora, présenté comme le 'cerveau' du génocide au Rwanda en 1994, a été condamné le 18 décembre à la prison à vie pour « génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre » par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) installé à Arusha, en Tanzanie Le colonel Bagosora, un Hutu de 67 ans, ex-directeur de cabinet au ministère de la Défense à l'époque du génocide, avait été présenté comme le "cerveau" des massacres par le parquet tout au long du procès débuté en 2002. Le génocide, perpétré en trois mois, a fait, selon l'ONU, environ 800.000 morts parmi la minorité tutsi et les Hutu modérés.
Sierra Leone : Un recours réussi renforce l'idée d’abolition de la peine de mort
2008-12-19
http://fr.allafrica.com/stories/200812190209.html
Un tribunal en Sierra Leone a annulé la condamnation de 11 hommes pour trahison. C'est le premier recours réussi contre une peine capitale dans ce pays, ouvrant ainsi la possibilité d'une éventuelle abolition de la peine de mort. Les charges –- prononcées contre 10 membres des anciens groupes armés de l’opposition, le Conseil révolutionnaire des forces armées (AFRC) et le Front uni révolutionnaire (RUF), et un civil -- étaient liées à une attaque armée organisée en janvier 2003 contre un dépôt d’armes, dans une apparente tentative pour renverser le gouvernement du président Kabbah.
Réfugiés & migration forcée
Mauritanie : Retour prévu de 15.000 réfugiés au Sénégal d'ici juin 2009
2008-12-18
http://tinyurl.com/5t2rhf
Quinze mille Mauritaniens réfugiés au Sénégal vont regagner leur pays d'ici le 30 juin 2009 et bénéficier d'habitats décents, a annoncé, le 13 décembre, le commissaire mauritanien aux Droits de l'homme, à l'Action humanitaire et aux Relations avec la société civile. Il a insisté sur la volonté de son pays à mettre fin à la situation des réfugiés et à améliorer leurs conditions de retour. Parmi ces améliorations, le commissaire a noté l'attribution de parcelles d'habitation pour chaque famille, la mise en oeuvre des programmes sociaux de base (eau, école, centres de santé, etc.), le financement des activités génératrices de revenu et la remise des actes d'état-civil.
Mouvements sociaux
Côte d’Ivoire : Pourquoi les prisons sont attaquées
2008-12-18
http://tinyurl.com/5mwlzt
Séguéla, Man le 24 novembre, Bouaké et dans une moindre mesure Abidjan le 13 décembre. En moins de trois semaines, il y a eu du bruit dans toutes les prisons de ces quatre grandes villes de la Côte d’Ivoire. Si le cas d’Abidjan se décrit objectivement comme étant un mouvement d’humeur pour réclamer de meilleures conditions de détention, dans les trois autres localités citées, qui se trouvent être dans la zone sous contrôle des Forces nouvelles, la situation se présente sous une forme plus alarmante qu’elle ne l’a été jusque là. Elle révèle une autre face du profond malaise au sein des éléments de Guillaume Soro.
Burkina-Faso : Manifestation pour réclamer la réouverture du dossier Norbert Zongo
2008-12-18
http://www.afrik.com/article15918.html
Des centaines de manifestants sont descendus, samedi 13 décembre dans les rues de Bobo-Dioulasso), à l’appel de la section locale du Collectif des organisations démocratiques de masse et de partis politiques pour dire Non à l’impunité et réclamé la réouverture du dossier Norbert Zongo. Suite aux résultats d’une commission d’enquête internationale qui avait pointé un doigt certains éléments de la garde rapprochée du président Compaoré considérés comme des suspects sérieux, le dossier de Norbert Zongo transmis à la justice, avait été classé sans suite depuis 2005 pour insuffisance de preuves.
Elections & gouvernance
Afrique : Wangari Maathai entre espoirs et déceptions
2008-12-20
http://tinyurl.com/a96ctu
Fière des progrès réalisés en Afrique, mais sceptique à l’égard de la gouvernance, la Kenyane Wangari Maathai, prix Nobel de la paix 2004, estime que les dirigeants africains sont largement responsables des maux dont souffre le continent : au lieu de se plaindre, ils devraient contrôler l'exploitation des ressources et protéger leurs populations.
Côte d’Ivoire : L'inscription des Ivoiriens de la diaspora sur les listes électorales démarre en janvier
2008-12-19
http://tinyurl.com/45tz34
Les Ivoiriens de l'étranger pourront se faire identifier et s'inscrire sur les prochaines listes électorales à partir du début du mois de janvier, selon le président de la Commission électorale indépendante (CEI). Des commissions électorales indépendantes locales de l’étranger seront installées à cet effet. L’élection présidentielle prévue officiellement pour le 30 novembre a été reportée le lundi 10 novembre par le cadre permanent de concertation (CPC) à une date ultérieure qui doit être déterminée par la commission électorale indépendante (CEI).
Côte d’Ivoire : Le «village» de Félix Houphouët-Boigny se meurt
2008-12-18
http://tinyurl.com/5pwqsb
Vitres brisés, toits qui ont perdu toute étanchéité, des murs dégradés, des espaces uniquement verts de leurs herbes sauvages, entre autres signes d'un abandon qui ne dit pas son nom, pour une capitale politique et administrative d'un pays comme la Côte d'Ivoire, Yamoussoukro ne paie plus de mine. Village jadis destiné à devenir une ville futuriste, par la volonté de son Président de fils, Yamoussoukro semble aujourd'hui irrémédiablement condamné à connaître le sort des cités anciennes.
Côte d'Ivoire : Silence, ça fraude fort à Bouaké
2008-12-18
http://tinyurl.com/5gzmhh
Entamée le mardi 18 novembre dernier, l'opération d'enrôlement pour l'identification et le recensement électoral se poursuit à Bouaké. Et les responsables locaux du Rassemblement des Républicains sont aux anges. Près d'un mois après le début de l'opération, aucun fraudeur n'est véritablement épinglé alors que Bouaké est le centre d'expérimentation de graves fraudes sur l'identité, selon le journal pro-gouvernemental Notre Voie.
Guinée : Interrogation autour de l'état de santé de Lansana Conté
2008-12-19
http://tinyurl.com/4tvxkb
Les nouvelles venant de Conakry sont alarmantes sur l'état de santé du président Lansana Conté. Selon ses proches le vieux le président guinée serait entrain de vivre ses derniers moments. En Guinée se déroule actuellement à un scénario de fin règne où les rumeurs vont bon train sur les préparatifs de l’après-Conté. Trop de questions, trop de spéculations, trop de rumeurs, trop de désinformations ou manque d’informations caractérisent la situation.
Kenya : Le barreau met en garde contre une crise constitutionnelle
2008-12-19
http://tinyurl.com/4vyg74
Le Parlement kenyan a adopté le 16 décembre le projet d’amendement constitutionnel à l’origine de la dissolution de la Commission électorale du Kenya (ECK) et son remplacement par une Commission électorale indépendante intérimaire (IIEC). L’ordre des avocats du Kenya (LSK) a mis en garde contre une éventuelle crise constitutionnelle dans le pays après cette décision. Le projet d’amendement a également permis le renvoi du président de la Commision, ainsi que son équipe de 21 commissaires, pour la mauvaise gestion des élections générales contestées de l’année dernière.
Maroc : Accord de droit de vote aux étrangers pour les municipales
2008-12-19
http://tinyurl.com/4qzoda
Le gouvernement marocain est «en train d'étudier» la possibilité d'accorder le droit de vote aux élections municipales aux étrangers résidant au Maroc. La déclaration a été faite le 16 décembre par le chef de l'Exécutif, de Abbas el Fassi, à l'issue de la réunion de haut niveau maroco-espagnole tenue à Madrid. Ce droit de vote, s'il finit par être accordé aux étrangers, devrait concerner aussi la communauté espagnole résidant au Maroc, de même que d'autres communauté originaires des pays de l'Union européenne.
Mauritanie : Le FNDD refuse de participer aux Etats généraux sur la démocratie
2008-12-18
http://tinyurl.com/59rkoa
Le Front national pour la défense de la démocratie (FNDD), opposé au putsch du 6 août 2008 en Mauritanie, a réitéré le 14 décembre, par la voix de son président en exercice, son refus de participer aux états généraux sur la démocratie, prévus pour le 27 décembre. Pour celui-ci, toute participation à ces journées serait une « reconnaissance du coup d’Etat comme étant un fait accompli ». Il s’est dit confiant que les militaires au pouvoir sont « incapables de prendre des mesures sérieuses dans le sens du rétablissement de l’ordre constitutionnel ».
Sénégal : L'opposition va présenter une liste unique aux élections locales
2008-12-18
http://tinyurl.com/5rhe6q
L'opposition sénégalaise, réunie au sein du Front Siggil Sénégal, va présenter une liste unique aux prochaines élections locales. Les 19 partis concernés soulignent que leur initiative est ouverte à la Société civile, aux formations de l’opposition non-membres du Front et aux responsables locaux, qui pourraient être investis sur la liste. Les élections locales sont prévues en mars prochain.
Sénégal : Renforcement des forces anti-émeutes en vue des élections locales
2008-12-18
http://tinyurl.com/65le2
A quelque trois mois des élections locales de mars 2009, les pouvoirs publics prennent des mesures draconiennes, pour assurer la sécurité tant à l’intérieur du Sénégal qu’au niveau de ses frontières. A l’origine de cette décision du gouvernement, des notes des renseignements généraux de Dakar qui affirment que le premier trimestre de l’année qui s’annonce est potentiellement dangereux pour le pays.
Développement
Afrique : Ces Etats qui accaparent les terres agricoles
2008-12-18
http://tinyurl.com/5z8glr
L’insécurité alimentaire créée par la hausse des prix des denrées alimentaires provoque l’essor d’un phénomène en Afrique : l’acquisition d’exploitations agricoles par des étrangers. Gouvernements et firmes de certains pays achètent ou louent de vastes territoires agricoles pour assurer leurs propres besoins alimentaires. L’Egypte, selon la presse du pays des pharaons, s’apprêtait à cultiver du blé pour sa propre consommation sur des terres ougandaises. L’Ouganda avait accepté de mettre à sa disposition, près de 850 000 hectares de terres, soit 2,2 % de la superficie totale du pays. L’information, d’abord démentie par le ministre ougandais des Terres, a été confirmée. La nouvelle a provoqué un tollé fin août à Kampala.
Afrique : L’électricité, une nécessité vitale
2008-12-18
http://www.afrik.com/article15914.html
Un approvisionnement en électricité adéquat est essentiel pour que l’Afrique poursuive sa croissance économique, mais il reste insuffisant en Afrique. En dépit des politiques de bas tarifs des gouvernements africains, environ 550 millions de personnes, presque 75 % de la population de l’Afrique subsaharienne, n’ont toujours pas l’électricité. En Afrique de l’Est en 2004, moins de 3 % des populations rurales et 32 % des citadins étaient raccordés à leur réseau national. Selon la Banque mondiale, seuls la Côte d’Ivoire et le Zimbabwe bénéficiaient d’une couverture supérieure à 70 %.
Afrique : L'irrigation est la clé de la sécurité alimentaire
2008-12-18
http://tinyurl.com/6fwxy9
"La maîtrise de l'eau est un élément clé de la sécurité alimentaire", a déclaré le directeur général de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), Jacques Diouf, à l'ouverture de la conférence de haut niveau sur "L'eau pour l'agriculture et l'énergie en Afrique : les défis du changement climatique" qui se tient jusqu'au 17 décembre 2008 à Syrte (Libye). Au cours de leurs travaux, les ministres et hauts fonctionnaires de 53 pays africains doivent examiner un programme pour une "Révolution bleue" utilisant au mieux les ressources en eau inexploitées de l'Afrique.
Afrique : Lancement de la carte bancaire de l’UEMOA
2008-12-19
http://www.osiris.sn/article4106.html
Le lancement d’une carte bancaire pour l’espace de l’Union économique et monétaire ouest-africaine a eu lieu le 18 décembre, sous la présidence du vice-gouverneur de la Bceao. Cette carte GIM (groupement interbancaire monétique) est utilisable dans tous les guichets automatiques des banques et terminaux électroniques interconnectés. A ce jour, le réseau concerne 86 banques et établissements financiers et postaux des 8 pays membres de l’UEMOA.
Afrique : Réflexion autour d’une monnaie commune au continent
2008-12-19
http://www.afrik.com/article15936.html
Les experts réunis cette semaine, à Yaoundé, passent en revue les politiques monétaires déjà existantes au sein des différents blocs économiques régionaux du continent, afin de mettre en place une feuille de route que l’Afrique doit suivre pour l’adoption d’une monnaie unique. L’idée de la monnaie unique pour l’Afrique est très ancienne. L’Association des Banques centrales africaines (Abca) avait fixé, il y a six ans, une date pour la création de la Banque centrale africaine. Ladite banque devait à son tour introduire et mettre en circulation la monnaie unique en 2021.
Afrique : Des chercheurs proposent des pistes de rupture avec l'agriculture dépendante
2008-12-19
http://tinyurl.com/4frhma
Une quarantaine de chercheurs, de décideurs de la politique économique et des organisations de la société civile venant du Bénin, de la Côte d'Ivoire, de la Guinée, du Mali, de la Mauritanie, de la RDC, du Niger et du Burkina Faso s'est penchée, les 16 et 17 décembre 2008, sur un thème d'actualité : « Les politiques agricoles dans un contexte de hausse des prix des produits agricoles ». A l'initiative du Centre d'analyses des politiques économiques et sociales (CAPES), ils ont proposé des pistes de solutions pour venir à bout de la dépendance alimentaire de l'Afrique vis-à-vis du reste du monde
Cameroun : La crise financière abat le bois africain
2008-12-18
http://tinyurl.com/5cfxp6
Résiliation en cascade des commandes, effondrement des exportations, des dizaines de milliers d'emplois perdus en perspective… Depuis quelques mois, les effets de la crise financière internationale s'abattent sur le bois africain. Pour les professionnels camerounais du bois, les effets dévastateurs de la crise financière internationale ne datent pas d'hier. Ils ont commencé à se faire sentir dès le premier semestre 2008 par des annulations de commandes. En quelques mois, ils ont gangrené toute la filière bois.
Côte d'Ivoire: Feu vert du FMI et de la Banque mondiale pour réduire la dette extérieure
2008-12-19
http://news.abidjan.net/article/index.asp?n=313623
Les conseils d'administration du Fmi et la Banque mondiale viennent d'approuver, respectivement les 12 et 16 décembre derniers, le document préliminaire de réduction de la dette de la Côte d'Ivoire, dans le cadre de l'initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE). Le stock de la dette extérieure ivoirienne est évalué à 14 milliards de dollars, soit environ 7000 milliards de francs CFA. L’initiative PPTE évitera à la Côte d’Ivoire de consacrer, annuellement, environ 500 milliards de FCFA (1/4 de son budget) au paiement de la dette extérieure.
Namibie : De l'électricité à partir de broussailles
2008-12-19
http://tinyurl.com/47q6g4
En Namibie, les broussailles indésirables qui occupent une bonne partie des terres agricoles serviront désormais à alimenter de petites centrales électriques. Cette aubaine économique procurera un emploi à une partie des 50% de chômeurs. Les premières études montrent qu’un hectare de broussailles peut donner entre 0,5 Mw et 2,5 Mw d’électricité, équivalent à la consommation annuelle d’un ménage. L’objectif est de débroussailler 1,5 million d’hectares par an pour apporter un complément d’énergie important au réseau d’électricité national.
Santé & VIH/SIDA
Afrique : Des tests anti-SIDA prometteurs effectués
2008-12-18
http://tinyurl.com/67u6ew
Des essais prometteurs d’un médicament contre le SIDA ont été effectués en Afrique du Sud et en Côte d’Ivoire, a déclaré, à Paris, le Pr Jean-Claude Chermann, spécialiste français reconnu de virologie. "Nous avons obtenu 30% de non-progression du virus chez les autres catégories de populations. Ce pourcentage est passé à 50% lors de nos essais en Afrique. Il correspond d’ailleurs à celui que nous avons obtenu parmi les Afro-américains et les Haïtiens", a expliqué le spécialiste français.
Madagascar : Retour de la fièvre de la vallée du Rift
2008-12-18
http://tinyurl.com/67aru
Le cauchemar de la maladie de la fièvre de la vallée du Rift reprend à Madagascar. Depuis trois semaines, une dizaine de zébus sont tombés. La maladie dite fièvre de la vallée de Rift (FVR), attaquant le cheptel bovin, sévit à Fianarantsoa. Depuis le moment où une vache laitière dans la ferme des religieux à Imandry Fianarantsoa est tombée, la terreur a gagné les éleveurs dans certains quartiers de la ville, il y a trois semaines. Une mort en série de vaches a été constatée.
Madagascar : Un virus décelé chez les lémuriens donne de nouveaux indices sur l'évolution du VIH
2008-12-19
http://tinyurl.com/5232d6
Un lémurien de Madagascar, de la taille d'un écureuil, a donné aux scientifiques de nouvelles preuves sur les origines du VIH et ouvert de nouvelles pistes de recherche prometteuses. L’on s’accorde généralement à dire que les deux souches de VIH susceptibles d’être contractées par l’homme (VIH-1 et VIH-2) lui ont été transmises par des primates d’Afrique, et que ces primates étaient porteurs de la maladie depuis un million d’années, tout au plus. Mais la découverte d’un virus semblable au VIH dans le patrimoine génétique du petit microcèbe, un lémurien minuscule, que l’on ne trouve qu’à Madagascar, est venue bouleverser cette conviction.
Sénégal : 4% de Sénégalais connaissent leur statut sérologique
2008-12-18
http://tinyurl.com/6ersd7
Les agents du ministère de la Santé et de la Prévention en collaboration avec la Division Ist/Sida ont organisé dans leurs locaux une journée dépistage au Vih. Au total ce sont 255 personnes qui ont été dépistées, dont un cas positif signalé avant la publication des résultats définitifs.Le ministre de la Santé et de la Prévention, qui s’est fait dépister devant ses agents a déploré le faible taux de dépistage en Afrique et en particulier au Sénégal. Selon les statistiques de l’Onusida seuls 12% des hommes et 10% des femmes ont bénéficié de dépistage en Afrique Subsaharienne. Au Sénégal seuls 4% des populations connaissent leur statut sérologique a rappelé le ministre de la Santé et de la Prévention.
Éducation
Global : Favoriser l’accès à l'éducation sexuelle pour les enfants, contre le sida
2008-12-18
http://tinyurl.com/693snq
Les enfants d'Afrique subsaharienne souhaitent en savoir plus sur le sexe et les moyens de se protéger du VIH, mais en raison des tabous qui entourent la sexualité des enfants, ils sont parfois privés d'informations vitales, selon Save the Children Suède. Avec près de 1 800 nouveaux cas d'infection chaque jour chez les enfants de moins de 15 ans dans le monde, dont certains contractent la maladie en ayant des rapports sexuels, l'éducation sexuelle des enfants est vitale pour prévenir la propagation du VIH, selon le rapport de Save the Children, publié le 1er décembre.
Racisme & xénophobie
Afrique du Sud : la page mal tournée des violences xénophobes
2008-12-18
http://tinyurl.com/6z4zop
Avec la fermeture des camps de réfugiés qui ont abrité des milliers d’immigrants à la suite des violences xénophobes de mai 2008 en Afrique du Sud, le gouvernement demande aux victimes de se réinstaller dans les townships où elles se sont fait agresser ou de rentrer dans leur pays d’origine. Le gouvernement sud-africain vient de fermer l’ensemble des camps de réfugiés du pays. Depuis le 30 septembre, face au refus de nombreux réfugiés de quitter les lieux, l’eau et l’électricité étaient coupées, les ravitaillements alimentaires suspendus. Les tentes ont été démontées.
Global : Le racisme est un mutant
2008-12-20
http://tinyurl.com/8qgpba
Le racisme est un mutant. Nous n’avons pas fini de combattre ses manifestations traditionnelles – comme l’antisémitisme, le racisme anti-Noir, anti-Arabe… – que nous voyons déjà la haine prendre de l’ampleur sous d’autres formes. L’idée alarmante qui se répand, notamment depuis les attentats du 11 septembre 2001, sur l’existence de communautés potentiellement terroristes, « terroristogènes », montre à quel point l’amalgame entre certains actes et des facteurs de race, de culture ou de religion peut être dangereux.
Environnement
Maroc : Dispositif de lutte contre les criquets en provenance de Mauritanie
2008-12-18
http://tinyurl.com/4pnn4g
Un dispositif de lutte contre les criquets pèlerins en provenance de Mauritanie a été mis en place par les autorités marocaines. Le PCCLA (Poste de coordination central de lutte antiacridienne) regroupe, outre des représentants des ministères de l'Agriculture et de l'Intérieur, des membres de la gendarmerie et de l'armée. Ces mesures préventives ont été prises par le Maroc après l'apparition de criquets pèlerins dans le nord de la Mauritanie.
Média & liberté d'expression
Guinée : Vers la création du premier groupe de presse privé
2008-12-18
http://tinyurl.com/5chzcv
Proche du président Lansana Conté, la Franco guinéenne Chantal Coll annonce qu’elle va se lancer dans la création d’un grand groupe de presse privé en Guinée. Elle déclare a cet effet avoir obtenu l’agrément pour la radio qu’elle compte lancer au mois de février 2009 et a adressé une demande de création d’une télévision privée au ministre de la Communication. Si elle est acceptée, ce serait la première télévision privée dans l’histoire du pays. A ces médias, vont s’ajouter un magazine mensuel, également prévu en février 2009 ; et un site internet dont le lancement est prévu en janvier 2009.
Madagascar : Une chaîne de télévision privée fermée sur ordre de l’Etat
2008-12-19
http://tinyurl.com/4b838t
La chaîne de télévision privée Viva, propriété du maire d’Antananarivo, a été fermée sur ordre des autorités dans la nuit du 13 au 14 décembre 2008, pour avoir diffusé des propos jugés susceptibles de “troubler l’ordre et la sécurité publique”. La chaîne venait de diffuser un publireportage de l’ancien président de la République, Didier Ratsiraka, en exil à Paris depuis 2002.
Sénégal : Le syndicat des journaliste décrète l'arrêt de travail en cas de retard sur les salaires
2008-12-19
http://tinyurl.com/44qnpd
Le Syndicat national des professionnels de l'information et de la communication du Sénégal (SYNPICS) demande à tous les travailleurs "d'observer un arrêt systématique de travail à partir du 8 du mois si les salaires ne sont pas payés". Depuis plusieurs mois, les journalistes de différents organes de presse se plaignent de l’irrégularité dans le paiement de leurs salaires. Certains restent plusieurs mois sans recevoir leur salaire.
Gambie : Quatre ans après l'assassinat de Deyda Hydara, l’enquête piétine
2008-12-18
http://tinyurl.com/5kkfnc
Il y a quatre ans, le 16 décembre 2004, Deyda Hydara, cofondateur du quotidien privé "The Point", correspondant de l'Agence France-Presse (AFP) et de Reporters sans frontières en Gambie était assassiné. Jusqu’à présent l’enquête n’a pas abouti à l’arrestation de ses meurtriers. Hydara avait été tué par balles par des inconnus circulant dans un taxi, alors qu'il se trouvait au volant de sa voiture, dans la soirée du 16 décembre 2004, dans un quartier périphérique de Banjul.
Tunsie : Le journaliste Lotfi Hidouri libéré sans inculpation
2008-12-18
http://www.ifex.org/fr/content/view/full/99354
Le mercredi 10 décembre, Lotfi Hidouri, secrétaire de rédaction du journal Kalima et membre de l'OLPEC avait été arrêté à l'aéroport Tunis Carthage, alors qu'il s'apprêtait à embarquer pour le Liban où il devait prendre part au 3e Forum de la presse arabe à Beyrouth. Il devait été libéré plus tard dans la journée, sans aucune inculpation, alors que le délit d’infraction financière avait été avancé au moment de son interpellation. Il reste qu’Hidouri a finalement raté son vol pour Beyrouth.
Zimbabwe : Un troisième reporter enlevé en l'espace de 10 jours
2008-12-19
http://tinyurl.com/3o9rp7
Reporters sans frontières exprime sa profonde inquiétude après l'enlèvement, le 13 décembre 2008, de Shadreck Manyere, photojournaliste indépendant, et la tentative d'enlèvement dont a été victime, le même jour, Obrian Rwafa, journaliste de la chaîne publique Zimbabwe Broadcasting Corporation (ZBC). Ces événements interviennent seulement dix jours après le kidnapping de la journaliste et militante des droits de l'homme, Jestina Mukoko, toujours portée disparue.
Plaidoyers & campagnes
Les droits des femmes et l'égalité de genre dans le Financement du Développement
2008-12-20
http://www.pambazuka.org/fr/category/advocacy/52954
La Conférence internationale de suivi sur le financement du développement s’est tenue à Doha, au Qatar, 29 Novembre - 2 Décembre 2008. La rencontre devait permettre d'examiner la mise en œuvre du Consensus de Monterrey et du Sommet mondial de 2005, qui avaient consacré la decision des pays développés d’allouer 0,7% de leur PIB à l’aide publique au développement (APD). En prélude à cette rencontre dont la déclaration finale peut être consultée à cette adresse (http://tinyurl.com/a78svc), des associations et réseaux de femmes réunies à Doha, ont eu à signer ce mémorandum adressé à la conférence.
1. Nous, femmes provenant des organisations et réseaux pou

EDITORIAUX DE PAMBAZUKA NEWS 2004