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Pambazuka News 69: Violences contre les femmes dans les conflits armés
Le journal électronique qui fait autorité est une plateforme de la justice sociale en Afrique.
Pambazuka news (Ed. française) ISSN 1753-6847
Pambazuka News, le journal électronique qui fait autorité est une plateforme de la justice sociale en Afrique. Il fournit des commentaires et des analyses approfondies sur la politique, les sujets d’actualité, le développement, les droits humains, les réfugiés, les questions de genre et la culture en Afrique.
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CONTENU: 1. Sommaire de cette édition, 2. Chroniques, 3. Commentaires & analyses, 4. Arts & livres, 5. Zimbabwe, 6. Moniteur de l'Union Africaine, 7. Droits humains, 8. Réfugiés & migration forcée, 9. Elections & gouvernance, 10. Développement, 11. Santé & VIH/SIDA, 12. Éducation, 13. Environnement, 14. Média & liberté d'expression, 15. Plaidoyers & campagnes, 16. Nouvelles de la diaspora, 17. Conflits & urgences, 18. Internet & technologie
Sommaire de cette édition
CHRONIQUE : Violences contre les femmes dans les conflits armés : Quel rôle pour les soldats de maintien de la paix
COMMENTAIRES ET ANALYSES : Aide publique : L’illusion d’un développement pour l’Afrique.
ARTS & LIVRES : Sénégal : Projet d’opéra sur la fondation de l’empire du Mali.
ZIMBABWE : L’opposition aura la majorité des ministères.
MONITEUR DE L’UNION AFRICAINE : L’UA va demander un sursis à l’ONU pour el-Béchir.
DROITS HUMAINS : Centrafrique : Bangui dénonce les ONG de défende des Droits de l’homme.
REFUGIES ET MIGRATION FORCEE : Afrique : Les parents responsables de l’émigration de leurs enfants.
ELECTIONS & GOUVERNANCE : Angola : Contexte économique difficile pour des élections.
CORRUPTION : Burundi : L’Etat met fin aux abus dans l’enregistrement des naissances.
DEVELOPPEMENT : Afrique : Le Nigeria redevient premier producteur de pétrole du continent.
SANTE ET VIH/SIDA : Afrique : Un nouveau vaccin contre la méningite introduit en 2009.
EDUCATION : Burundi : Flambée des prix des fournitures scolaires.
ENVIRONNEMENT : Global : L’Europe et le Ghana s’engagent contre le trafic illégal de bois.
PLAIDOYERS & CAMPAGNES : Global : Déclaration d’Abidjan relative à la Déclaration de Paris sur l’efficacité de l’aide.
NOUVELLES DE LA DIASPORA : Global : Obama domine Mc Cain à travers le monde.
CONFLITS ET URGENCES : Afrique : 3 millions d’enfants en danger de mort dans la Corne de l’Afrique.
INTERNET ET TECHNOLOGIES : Afrique du Sud : Lancement d’un site contre la pédopornographie.
Sommaire de cette édition
Dans ce numéro
2008-09-12
http://www.pambazuka.org/fr/category/highlights/50492
CHRONIQUE : Violences contre les femmes dans les conflits armés : Quel rôle pour les soldats de maintien de la paix
COMMENTAIRES ET ANALYSES : Aide publique : L’illusion d’un développement pour l’Afrique.
ARTS & LIVRES : Sénégal : Projet d’opéra sur la fondation de l’empire du Mali.
ZIMBABWE : L’opposition aura la majorité des ministères.
MONITEUR DE L’UNION AFRICAINE : L’UA va demander un sursis à l’ONU pour el-Béchir.
DROITS HUMAINS : Centrafrique : Bangui dénonce les ONG de défende des Droits de l’homme.
REFUGIES ET MIGRATION FORCEE : Afrique : Les parents responsables de l’émigration de leurs enfants.
ELECTIONS & GOUVERNANCE : Angola : Contexte économique difficile pour des élections.
CORRUPTION : Burundi : L’Etat met fin aux abus dans l’enregistrement des naissances.
DEVELOPPEMENT : Afrique : Le Nigeria redevient premier producteur de pétrole du continent.
SANTE ET VIH/SIDA : Afrique : Un nouveau vaccin contre la méningite introduit en 2009.
EDUCATION : Burundi : Flambée des prix des fournitures scolaires.
ENVIRONNEMENT : Global : L’Europe et le Ghana s’engagent contre le trafic illégal de bois.
PLAIDOYERS & CAMPAGNES : Global : Déclaration d’Abidjan relative à la Déclaration de Paris sur l’efficacité de l’aide.
NOUVELLES DE LA DIASPORA : Global : Obama domine Mc Cain à travers le monde.
CONFLITS ET URGENCES : Afrique : 3 millions d’enfants en danger de mort dans la Corne de l’Afrique.
INTERNET ET TECHNOLOGIES : Afrique du Sud : Lancement d’un site contre la pédopornographie.
Chroniques
Violences contre les femmes dans les conflits armés : Quel rôle pour les soldats de maintien de la paix ?
2008-09-12
Stephen Lewis
http://www.pambazuka.org/fr/category/features/50487
Si la violence sexuelle n'est pas prise en compte au cours d'un conflit, elle hantera l'après-guerre et la paix apparente ne sera qu'une mauvaise plaisanterie aux yeux de la moitié de la population. J’étais au Libéria récemment, où j'ai pu rencontrer de nombreuses personnalités : la présidente Ellen Johnson-Sirleaf, des hauts fonctionnaires du ministère de la Santé, la ministre de la Femme et du Développement, des cadres de la Fondation Clinton, le consultant qui a rédigé la législation qui servira à la Cour spéciale destinée à juger les crimes sexuels, ainsi qu'un représentant de l'UNICEF et de nombreux membres du personnel de cette institution. Malheureusement, je n'ai pas eu l'occasion de rencontrer la Mission des Nations Unies au Libéria, dont les forces de maintien de la paix ont inévitablement été évoquées lors de chaque conversation.
Le cadre dans lequel ces conversations ont eu lieu, est résumé par les mots de l'envoyée adjointe de l'ONU pour l'État de Droit au Libéria, lorsqu'elle a déclaré, le 20 mai dernier : « On ne peut pas s'attendre à ce que les futurs leaders du Libéria, les docteurs, les infirmières, les ingénieurs libériens puissent être élevés au sein d'une population de violeurs et de femmes en colère, souillées, terrifiées, troublées, souffrant de dépression et de honte.
Elle se référait à l'augmentation de la violence sexuelle qui frappe le pays en ce moment, et qui inquiète tant la population. Les statistiques ont de quoi faire peur : une enquête récente menée par l'UNICEF montre que plus de la moitié des cas de viols signalés concerne des attaques violentes sur des jeunes filles âgées de 10 à 14 ans. D'après la conseillère pour les femmes de l'UNICEF, ces chiffres sont sans doute en augmentation, et l'on craint que cela ne soit bientôt suivi d'une augmentation du taux de jeunes femmes séropositives au Libéria.
La ministre de la Femme m'a communiqué les données pour mars 2008 : la majorité des cas de viols dénoncés ce mois-là concernait des fillettes de moins de 12 ans, voire même de moins de 5 ans. Elle m'a également raconté des cas de viols collectifs tellement insensés et dépravés qu'ils m'ont rappelé certaines pièces dans un musée de l'Holocauste. Une étude complémentaire sur les 15 comtés du pays a montré que les jeunes des deux sexes sont tous convaincus que les filles sont le groupe le plus exposé au Libéria et, bien que cela puisse paraître incroyable, que les adolescentes n'étaient nulle part et jamais en sécurité.
Bien entendu, la présidente Johnson-Sirleaf est abasourdie par la force de la violence sexuelle. Pour elle, la légitimité de son mandat tient très concrètement à sa capacité à confronter et à gagner la guerre menée contre les femmes. Mais comment en sommes-nous arrrivés là ? La MINUL est en place depuis 2003 et comte un important contingent de femmes-soldat de la paix : il existe un bureau pour le Conseiller pour la Femme, et un Conseiller pour le VIH/Sida ; la question de la Femme fait partie de son mandat ; l'envoyée de l'ONU et son adjointe sont toutes des femmes et la résolution de 2003 qui a permis la constitution de la MINUL incorpore la Résolution 1325 du Conseil de sécurité qui - vous serez d'accord avec moi - est censée garantir la participation des femmes dans le processus de maintien de la paix, et, plus important encore, doit garantir la protection et la sécurité des femmes de violences sexuelles et de violations des droits humains.
Manifestement, tout cela n'a pas fonctionné au Libéria, où la situation ne fait qu'empirer pour les femmes et les filles. À quel moment avons-nous fait fausse route ?
À mon avis, et de l'avis de l'organisation à laquelle j'appartiens (AIDS-Free World), les forces de maintien de la paix et leur commandement doivent prendre en compte beaucoup plus sérieusement la lutte contre les violences sexuelles. Il est tout simplement impossible de continuer d'arguer que ce qui prime sur tout autre impératif humain est le maintien à distance des forces armées. C'est faux. Vous pouvez faire réussir à obtenir un semblant de paix, mais pour les femmes dans le pays, le conflit continue de la manière la plus atroce et douloureuse possible.
Dans le cas du Libéria, le problème n'est pas un mandat problématique : comme je le disais, la Résolution 1325 fait partie intégrante des obligations du maintien de la paix. Quiconque sera d'accord sur l'idée que lorsqu'un soldat de maintien de la paix sur le terrain apprend que l'on a commis un acte de violence sexuelle, où qu'il/elle a des raisons de penser que de tels actes ont été ou vont être commis, il/elle a l'obligation d'intervenir ou, pour utiliser l'expression consacrée, la responsabilité de protéger.
Permettez-moi d'être encore plus clair. Les soldats de maintien de la paix ne sont pas des observateurs passifs de la famille humaine. Ces soldats vont dans un pays, ils découvrent son architecture sociale, ils observent au jour le jour l'évolution des forces politiques en présence. Ils finissent par reconnaître les faiblesses, les extrêmes, les anomalies. Très souvent, ils savent à quel moment un conflit est sur le point d'éclater. Ils peuvent deviner le moment où des hommes peuvent perdre le contrôle. Ils sentent le pouls de la culture. Lorsque tout éclate, ils sont là pour témoigner. Ce que je veux dire, c'est que lorsque les agressions sexuelles deviennent endémiques, les forces de maintien de la paix s'en étonnent rarement. Dans certains cas, ce sont les seuls à avoir anticipé les horreurs à venir.
Ce type de savoir entraîne une obligation morale. Ce type d'intuition entraîne une responsabilité. Il ne suffit pas d'arrêter les échanges de tirs lorsque les viols se poursuivent sans discontinuer. La seule armistice qui vaille la peine restaure la paix pour toute la population, hommes et femmes. On ne peut se satisfaire d'une trêve ou de la signature d'un traité de paix trempé dans le sang de femmes violentées.
La sagesse populaire voudrait que ce soit le travail du Conseil de sécurité de décider de la politique à suivre, et aux forces de maintien de la paix de mettre en œuvre cette politique. Mais ce serait trop simple. Le Département des Opérations de Maintien de la Paix, et ses contingents militaires dans les différents pays, devraient crier sur tous les toits lorsqu'ils ont l'impression que leur rôle est restreint d'une manière ou d'une autre. Si vous avez besoin de plus de soldats, réclamez-en davantage. Si vous avez besoin de plus de formations, demandez-les. Si vous avez besoin d'un contingent de policiers plus important, exigez-les. Si, sur le terrain, vous êtes le témoin d'une explosion d'agressions sexuelles, il faut, après votre intervention, noter les noms des soldats et des témoins et réclamer de la Cour pénale internationale qu'elle effectue des enquêtes et des mises en examen. Si les États membres de l'ONU refusent de coopérer, alors il faut organiser des conférences de presse pour dire au monde comment des femmes sont sacrifiées sur l'autel d'une radinerie myope, ou, pour être peut-être plus précis, sur l'autel d'un sexisme pavlovien.
Ce que je dis n'est pas une plaisanterie ; je suis tout à fait sérieux. Les Nations unies ne peuvent pas autoriser la poursuite de ces terribles violences contre les femmes en se réfugiant derrière les ambiguïtés d'un mandat. Permettez-moi de rappeler que c'est justement ce qu'a fait le Département des Opérations de Maintien de la Paix entre janvier et avril 1994, dans sa lutte tordue avec le Commandant des forces de l'ONU, le général Romeo Dallaire, autour des règles d'engagement. Après ça, 800 000 Rwandais sont morts et la guerre a commencé au Congo.
Nous estimons aujourd'hui que 5,4 millions de personnes sont mortes en RDC depuis la fin du génocide au Rwanda. Ce conflit était finalement censé se terminer en janvier dernier à l'occasion d'un accord de paix. Dans une certaine mesure, les combats ont cessé. Mais comme toujours, comme au Libéria, la guerre n'est jamais terminée pour les femmes.
Dans le cas de la RDC, le rôle des forces de maintien de la paix ne saurait être plus clair. Les termes de la Résolution du Conseil de sécurité du 21 décembre 2007, qui étend le mandat de la mission de la MONUC, la mission de l'ONU au Congo, ne peuvent absolument pas prêter à confusion : le paragraphe 18 exige de la MONUC, compte tenu de l’ampleur et de la gravité des violences sexuelles, commises en particulier par des éléments armés, en République démocratique du Congo, d’entreprendre un examen approfondi des mesures qu’elle prend pour prévenir les violences sexuelles et y faire face et d’élaborer, en coopération étroite avec l’équipe de pays des Nations Unies et d’autres partenaires, une stratégie globale, à l’échelle de la mission, visant à renforcer ses capacités de prévention, de protection et d’intervention dans le domaine des violences sexuelles, notamment en dispensant une formation aux forces de sécurité congolaises, conformément au mandat qui est le sien, et de rendre compte régulièrement, y compris au besoin dans une annexe distincte, des actions menées à cet égard, en présentant notamment des données concrètes et des analyses des tendances.
Il me semble que ceci montre bien que le Conseil de sécurité était parfaitement conscient que les choses n'allaient plus du tout dans le domaine des violences sexuelles, et que le Conseil donnait clairement un ordre à la MONUC de reprendre les choses en main. De ce point de vue, il est intéressant de voir que le Conseil de sécurité est allé encore plus loin : la clause finale de la résolution exige du Secrétaire général lui-même de faire un rapport sur les questions mentionnées dans le Paragraphe 18.
Bien entendu, je ne peux prétendre savoir exactement ce qui traversait l'esprit des membres du Conseil de sécurité, mais voici ce que je sais : le Dr. Denis Mukwege, qui dirige l'Hôpital Panzi pour les victimes de viols et de violences sexuelles, dans la ville de Bukavu, dans l'est du pays, m'a dit, lors d'une rencontre il y a trois semaines à la Nouvelle-Orléans, que bien que l'afflux de femmes violées a peu à peu diminué depuis l'accord de janvier, le nombre de victimes demeure effroyable. Le personnel de l'UNICEF sur le terrain s'accorde à dire que la situation reste cauchemardesque pour les femmes, qui vivent dans la peur d'être violées, torturées, mutilées et infectées par le VIH. Qui pouvait s'attendre à autre chose, alors qu'un nombre incalculable de femmes victimes de diaboliques violences sexuelles n'étaient ni à la table de négociation en janvier dernier, ni signataires de l'accord, en violation directe avec la Résolution 1325 ? Qui peut encore feindre d'être surpris par les rapports des ONG congolaises sur le terrain, qui affirment que pendant la période de soi-disant maintien de la paix dans le pays, les femmes ont encore trop peur de quitter leur domicile ?
Lorsque le sous-secrétaire général John Holmes disait que le Congo était le pire pays au monde pour les femmes, il avait raison. Lorsqu'à son retour du Congo, la célèbre auteur des « Monologues du vagin », Eve Ensler, a écrit qu'elle revenait de l'enfer, elle avait raison. Lorsque la co-directrice de mon organisation, AIDS-Free World, Paula Donovan, s'est rendue sur place en novembre et a dit que la guerre menée contre les femmes était peut-être la plus sauvage démonstration de misogynie jamais mise en œuvre dans une région en conflit, elle avait raison.
Les femmes en RDC sont actuellement les victimes de choses terribles, inouïes. Je veux simplement insister sur le fait que la MONUC a déjà, dans le cadre de son mandat, tout ce qu'il faut pour mettre fin au règne de la terreur. La MONUC peut également avoir les moyens, si elle le souhaite, de mettre fin au règne de la terreur. Si la MONUC pense manquer de quelque chose pour protéger les femmes au Congo, que ce soit du personnel, des policiers, du matériel, de la formation, du temps, des dirigeants, ou des ressources, il faut les réclamer. Et si ces demandes ne sont pas entendues, il lui appartient d'informer le monde que la folie meurtrière est à l'œuvre, et qu'elle ne connaît pas de limite.
Normalement, dans ce genre de situation difficile, les gens se tournent vers le Secrétaire général des Nations unies pour lui demander de l'aide. Mais comment lui faire confiance ?
Il faut féliciter le Secrétaire général de son engagement pour la Birmanie ou contre l'augmentation du prix des denrées alimentaires, mais peut-on retrouver la même fiévreuse agitation lorsqu'il s'agit de la violence sexuelle ? Le Secrétaire général devrait insister sur l'invocation de la Responsabilité de protéger au Congo, mais il ne le fait pas. Il ne va pas instinctivement chercher à défendre et protéger les droits des femmes. Après tout, ce Secrétaire général a accordé une immunité à l'ancien Haut Commissaire pour les Réfugiés, au moment où une plainte pour harcèlement sexuel a été déposée contre lui dans une cour de New York. Je me souviens qu'au moment de sa nomination, le Secrétaire général avait avoué à un groupe d'ONG qu'il ne connaissait pratiquement rien à la problématique du genre. Un an plus tard, les connaissances qu'il a acquises dans ce domaine semblent ne pas avoir changé d'un iota.
Non. Si nous voulons changer les choses, avec ou sans l'aide du Secrétaire général, les forces de maintien de la paix doivent être au cœur de la transformation. Ce serait formidable. La Résolution 1325 serait finalement tirée des poubelles du Conseil de sécurité et les femmes, libérées de la peur, pourraient prendre en main leur destin collectif. Vous pouvez être sûrs qu'il n'y aurait aucune hésitation.
Si tous les soldats de maintien de la paix étaient des femmes, et les hommes dans un pays étaient victimes de violences sexuelles, croyez-vous que les femmes se contenteraient d'observer les atrocités les bras croisés? Évidemment non. En plus, elles n'auraient même pas besoin d'une Résolution des Nations unies pour leur dire ce qu'il faut faire.
* Stephen Lewis est co-directeur de AIDS-Free World (Un monde sans Sida)
* Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka.org ou commentez en ligne sur www.pambazuka.org
Commentaires & analyses
Aide publique : L’illusion d’un développement pour l’Afrique.
2008-09-12
Samir Abi
http://www.pambazuka.org/fr/category/comment/50489
L’aide n’a pas du tout contribué à réduire la pauvreté et les inégalités sociales en Afrique. Après plus de trois décennies d’octroi de l’aide publique au développement (APD), la misère s’est accrue sur le continent. Par contre, on s’aperçoit que l’aide profite dans sa forme actuelle à quelques dirigeants africains qui s’enrichissent en la détournant dans les banques suisses et autres paradis fiscaux. L’aide profite surtout aux donateurs et à leurs diplomaties qui s’en servent pour imposer des politiques économiques inefficaces et inappropriées à l’Afrique. L’échec des politiques d’ajustements structurels axées sur la réduction des dépenses publiques et les privatisations imposées par les institutions de Breton Wood en est un exemple patent.
A vrai dire, l’attribution de l’aide est marquée par beaucoup d’injustice et d’incohérences. Normalement, elle doit surtout aller aux pays et zones qui en ont le plus besoin. Mais en dépit de ce principe, la France, par exemple, a pendant longtemps accordé plus d’aide à la Côte d’ivoire qu’au Niger, pays que le Pnud classe pourtant comme le plus pauvre d’Afrique francophone. C’est pour corriger ces insuffisances que pays bénéficiaires et donateurs de l’APD ont conclu, en mars 2005, la Déclaration de Paris sur l’efficacité de l’aide, qui doit réformer les modalités d’acheminement et de gestion de l’aide afin d’augmenter son efficacité, notamment en matière de réduction de la pauvreté, des inégalités et de consolidation de la croissance.
Cependant, sur le terrain, on déplore plus que jamais l’irrespect des engagements. Très peu de pays riches ont pu honorer leur engagement à consacrer 0,7% de leur PNB à l’APD, conformément Consensus de Monterrey en 2002.
Bien que nous soyons foncièrement contre l’octroi de l’aide à ATTAC, nous estimons qu’il est important de revoir cette politique d’assistance pour donner à l’Afrique les vraies armes dont elle a besoin pour amorcer son développement. La première chose que nous demandons est l’annulation totale de la dette de l’Afrique. Car, tant qu’on nous accordera l’aide et qu’on continuera de payer le fardeau de la dette, aucun développement réel ne sera possible.
Il convient de souligner que les termes de l’aide doivent être renégociés de manière équitable et transparente pour que cette dernière ne serve pas uniquement les intérêts des puissances occidentales et leurs alliés africains, mais contribue au contraire à l’amélioration des conditions de vies de la majorité des populations africaines qui vivent en dessous du seuil de pauvreté. Jusqu’alors, la Déclaration de Paris donne plein pouvoir aux donateurs de se contrôler eux-mêmes alors qu’il n’en est pas le cas pour les bénéficiaires qui sont contrôlés par la Banque Mondiale.
Les donateurs doivent respecter leur engagement de consacrer 0,7% de leur PNB à l’APD. Et puis, il est temps qu’on instaure des structures indépendantes de contrôle de l’aide et que la répartition de celle-ci se fasse suivant un mécanisme qui garantisse réellement son accès à ceux qui en ont le plus besoin. .
Normalement, la société civile devrait bien jouer ce rôle, mais cette dernière est très fragile en Afrique et se contente bien souvent de travailler dans les lignes que lui fixent les bailleurs de fonds occidentaux. Ce manque d’indépendance, couplé à la recherche d’intérêts propres par certaines organisations de la société civile (OSC) qui se sont mêmes enrichies en détournant les fonds qui leur ont été alloués dans le cadre des programmes de l’aide, fait qu’actuellement très peu d’OSC sont en mesure de s’impliquer efficacement dans le contrôle de la gestion de l’aide. Des OSC sérieuses et efficaces sont indispensables pour demander des comptes aux gouvernements bénéficiaires et aux donateurs, en vue d’opérer un véritable changement sociopolitique et économique.
Cependant, pour avoir du poids dans le cadre du suivi et du contrôle de la gestion de l’aide au développement, il urge de renforcer les capacités de ces OSC et de leur donner plus de pouvoir. D’ores et déjà, elles doivent savoir que dans l’exercice de leur mission, les dirigeants africains et leurs appuis occidentaux qui profitent royalement de l’aide ne leur rendront pas la tâche facile et se préparer en conséquence. En analysant sérieusement tous les contours de l’aide au développement, on se rend compte qu’elle n’est qu’une parodie d’assistance dont l’Afrique pourrait bien se passer si elle s’organise efficacement.
Plusieurs pistes peuvent être envisagées. Pour pouvoir investir, il faut de l’épargne. Et jusque-là, l’épargne est difficile à trouver en Afrique malgré la richesse du sous-sol du continent. Le vrai problème, c’est que les ressources de l’Afrique ne sont pas vendues à leurs vraies valeurs mais à des prix sous-évalués fixés par des places boursières internationales. Dès que les ressources du continent seront commercialisées à leurs vrais prix, on pourra engranger des fonds pour financer le développement de nos pays. Cette perspective nécessite une réelle volonté de la part des hommes politiques africains, qui doivent apprendre à dire Non à tout ce qui ne va pas dans l’intérêt de leur pays.
D’un autre côté, comme les donateurs n’arrivent pas à honorer leur engagement de consacrer 0,7% de leur PNB à l’APD, nous proposons qu’on puisse prélever 0,25% sur les transactions financières dans le monde pour financer le développement. En outre, que l’argent détourné par les responsables africains et placé dans les banques suisses et autres paradis fiscaux constitue une source de financement du développement. Lorsque le président Mobutu mourait en 1997, on avait retrouvé sur son compte personnel en suisse 8 milliards de dollars ; ce qui correspondaient au montant de la dette extérieure de son pays à l’époque. A ce jour, cet argent dort toujours dans les comptes suisses. Le jour où les paradis fiscaux décideront de rétrocéder les fonds volés à l’Afrique, ils l’aideraient valablement à amorcer son développement.
* Samir Abi est secrétaire général de la section togolaise de l’Association pour la taxation des transactions financières et pour l’aide aux citoyens – Ce texte est tiré d’un entretien avec le journaliste togolais Etonam Akakpo-Ahiany
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Médias, Crises Politiques et Mutations Démocratiques en Afrique
2008-09-12
Moustapha Samb
http://www.pambazuka.org/fr/category/comment/50488
Le niveau d’évolution social et politique d’un pays, ainsi que la valeur démocratique d’un Etat se jugent souvent à travers le nombre et la diversité de ses journaux et médias d’information. De ce point de vue, parce que supports d’expression et vecteurs d’échange d’opinions, les médias constituent des indicateurs fiables de la santé démocratique d’un pays, en ce qu’ils reflètent les divers courants de pensées et d’opinions des citoyens de ce pays. Au Sénégal, la presse a longtemps été considérée comme un des éléments déterminants de l’évolution démocratique. Et si ce pays a vécu une alternance démocratique paisible en 2000, le nouveau pouvoir, sous la direction d’Abdoulaye Wade, a toujours clamé que cette conquête n’aurait pas été possible sans le travail d’information opéré par les médias. Seulement, on a vu, au cours de ces dernières années, les rapports entre presse et pouvoir se détériorer au Sénégal. On a même atteint un niveau d’hostilité tel qu’à la virulence des écrits de journalistes des cerces du pouvoir répondent par des violences physiques. Une telle évolution peut étonner.
Le Sénégal, avec sa vingtaine de journaux à périodicités et tendances diverses, a longtemps bénéficié, auprès de nombre d’observateurs, de l’image bien flatteuse de pays démocratique. Mais ce foisonnement de titres qui caractérise si bien la presse sénégalaise aujourd’hui, si spectaculaire soit-il, suffit-il, cependant, à accréditer l’existence d’une réelle vie démocratique ? Quel reflet les médias donnent-ils de cette diversité d’opinion si caractéristique de la démocratie ? Autrement dit, sous quelles formes les médias d’Etat, les journaux indépendants et les autres supports d’information, rendent-ils compte des divers courants de pensée politiques, des différents projets de société spécifiques aux diverses couches sociales ?
Est-ce que finalement les médias ont joué un rôle important dans la participation du plus grand nombre aux différents processus de prise de décision en matière politique, dans les grands choix économiques et de société et ce, dans l’intérêt national. Les médias ont-ils joué un rôle moteur dans l’accélération des grandes mutations sociales et dans la véritable prise de conscience des citoyens ? Si oui, comment et dans quelles circonstances? Il faut enfin signaler que le paysage médiatique sénégalais présente quelques médias en ligne. Une quinzaine de radios se partagent les ondes FM, tandis qu’une douzaine de quotidiens et une demi-douzaine d’hebdomadaires sont visibles dans les kiosques.
Cette apparente luxuriance ne saurait cacher le profond marasme sous-jacent. Les éditeurs de presse qui accompagnent la naissance des journaux et de radios vivent souvent dans la précarité. Nombre d’entre eux périclitent après seulement quelques mois d’existence, victimes des charges liées à l’impression, aux reportages et à la masse salariale. Victimes aussi d’une vision à court terme, les organes de presse qui se créent sont bien souvent dirigés par des hommes d’affaires dont l’unique objectif (aux antipodes de ceux des professionnels de l’information et de la communication) consiste surtout à produire des bénéfices dès que possible. Cette situation est d’autant plus préoccupante que le marché publicitaire reste relativement étroit et que le nombre de lecteurs tarde à décoller, à cause d’un fort taux d’analphabétisme et d’une conjoncture économique morose.
Cette réflexion nous invite, d’une part, à jeter un coup d’œil sur l’évolution de la presse au Sénégal de 1945 à nos jours en passant par la période cruciale des indépendances et d’autre part à jeter un regard critique sur les rapports entre médias, crises politiques et mutations démocratiques, avec surtout l’avènement du médium Internet qui est venu s’incruster dans les pratiques professionnelles en les modifiant considérablement.
La Presse sénégalaise de 1945 à 1960
Quelques chiffres sont évocateurs à cet égard : ainsi, entre 1945 et 1960, 259 journaux ont été créés au Sénégal. Aujourd’hui, avec certes moins de titres, la presse écrite donne la mesure d’un dynamisme relativement inédit en Afrique noire francophone. Par ailleurs, ce pays possède un autre atout : celui de pouvoir présenter une typologie particulièrement différenciée de ses divers journaux. Selon la périodicité, on y trouve aussi bien des quotidiens, des hebdomadaires, que des mensuels, des trimestriels et autres périodiques. Selon la spécialisation du contenu, on y trouve des publications d’information générale, des magazines culturels, des journaux satiriques, mais aussi des journaux confessionnels, des journaux d’opinion, etc. Outre ces divers organes de presse écrite, la radiodiffusion, depuis 1939 et la télévision, depuis 1974, élargissent de manière significative l’éventail des médias, diversifiant le système d’information nationale.
Comme on peut le constater, ce foisonnement assez remarquable des médias créé, au Sénégal, les conditions d’une expression pluraliste. Mais c’est, incontestablement, la presse politique qui symbolise, au mieux, la tradition démocratique dans ce pays, à travers une de ses dimensions essentielles : la reconnaissance précoce du droit à l’opposition politique. Annie Bart nous rapporte la manière dont la démocratie sénégalaise était en avance sur le reste de l’Afrique. Avec elle, on note : « Le Sénégal, donc, en dépit de ses difficultés économiques, constitue à tous égards une expérience démocratique bien intéressante à suivre de près. Il faut partir de l’idée que la démocratie sénégalaise n’est pas un mythe africain au masque de néocolonialisme ».
Cette photographie volontairement panoramique de l’espace informationnel sénégalais n’est nullement exhaustive. Elle nous sert de simple prétexte pour identifier les caractéristiques marquantes du système des médias : d’une part, on note une distribution assez significative des diverses sensibilités qui structurent l’opinion politique au Sénégal. A côté des médias d’Etat, les Sénégalais disposent également d’une presse d’opinion (politique et professionnelle) au dynamisme remarquable. D’autre part et malgré les vicissitudes de l’histoire politique nationale, l’opposition a longtemps conservé ses propres organes d’expression, confirmant ainsi la bonne santé de la tradition démocratique au Sénégal.
Mais, ce pluralisme d’expression apparent s’accompagne-t-il d’un accès véritablement démocratique des populations aux médias ? Autrement dit, les différents médias jouent-ils réellement le jeu démocratique, en facilitant au plus grand nombre l’accès aux centres d’expression et de prise de décision ? Autorise-t-il à dire qu’il y a réellement démocratie au Sénégal ? Ces journaux ont incontestablement eu à jouer un rôle très important dans l’accélération du processus qui a débouché sur l’indépendance. Cependant, une fois cette dernière acquise, les nouvelles autorités, au lieu de créer les conditions d’une plus grande liberté, tentent plutôt de les contrôler et d’en faire des caisses de résonance. Toute velléité de contestation était réprimée dans la clandestinité. Cette situation nous amène à aborder les médias au lendemain des indépendances.
Les Médias au lendemain des indépendances
L’analyse du mode de fonctionnement des médias au Sénégal met en relief un ensemble d’obstacles qui entravent tout accès démocratique à ces médias. La période post-indépendance reste significative à cet égard. En ce qui concerne les médias d’Etat, les obstacles sont suffisamment connus, car liés à leur nature même d’institutions de diffusion de l’information et à leur mode de fonctionnement caractérisé par :
- Une verticalité dans la circulation de l’information et son corollaire, une limitation subséquente de toute expression autre que l’opinion officielle. Ce qui, on s’en doute, se traduit, au niveau du contenu diffusé, par une certaine monotonie caractéristique du discours institutionnel et contradictoire avec cette diversité propre à la démocratie.
- Une sous représentation du public dans l’élaboration et la gestion des politiques d’information : en effet, hormis quelques études sectorielles, aucun sondage d’écoute n’a réussi à cerner, de manière significative, les goûts, besoins et attentes du public des médias au Sénégal, prévenant ainsi la mise en œuvre de politiques d’informations extraverties.
- Une certaine lenteur dans le renouvellement du personnel de conception et de diffusion de l’information, caractérise les médias d’Etat, avec comme conséquence, une certaine routine professionnelle qui semble se pérenniser comme méthode de collecte, de traitement et de diffusion de l’information.
Autant de facteurs confinent les médias d’Etat dans un rôle d’organes officiels de l’Etat, fonctionnant en conformité stricte avec les exigences d’une information officielle et gouvernementale. A cette situation s’ajoute le cadre juridique anachronique dans lequel évolue le journaliste sénégalais, dont la démarche quotidienne reste parsemée d’un ensemble d’embûches difficiles à contourner.
Il reste, cependant, que ces divers freins ne sont pas, loin s’en faut, exclusifs aux seuls médias d’Etat. En effet, certains journaux recèlent également, tant dans leur mode de fonctionnement que dans leurs rapports au public, un ensemble de tares, représentant autant d’entraves à tout processus de démocratisation de l’information.
En somme, si le pluralisme d’opinion a été une caractéristique dominante de la société politique sénégalaise, la démocratie que ce pluralisme sous-tend ne se reflète pas toujours dans le mode de fonctionnement des médias au Sénégal. Tout se passe comme si, c’est moins l’idée de pluralisme d’opinion qui est en cause, que la volonté politique de traduire celle-ci dans les faits : promouvoir une véritable démocratisation de la communication au Sénégal en rapprochant les médias de leur principal utilisateur et bénéficiaire, autrement dit, le public. Car démocratiser les médias, ne revient-il pas, avant tout, à œuvrer à l’instauration d’une véritable communication entre les organismes émetteurs et le public récepteur, en octroyant à celui-ci la possibilité de réagir à son tour sur l’émetteur ?
L’explication qu’on peut d’abord tenter est qu’au lendemain des indépendances, l’information était considérée comme la condition première du développement. Les fonctions éducative et sociale semblaient légitimer une fonction politique qui s’identifiait avec la voix du gouvernement. Ce que l’Etat considère comme une information éducative est souvent perçue comme une propagande politique. Ainsi, nous rappelle Tudesq André Jean, le discours sur le développement s’est-il peu à peu transformé en discours de propagande. La relation entre média et développement a été affirmée plus que démontrée pendant trente ans ; elle devint peu à peu un mythe associé à l’intégration nationale ; le concept de développement a surtout été, dans les faits, une justification du développement de l’Etat en Afrique noire au nom de l’intégration nationale ; ce qui accentua la centralisation de l’information et des médias.
Si le renforcement de l’Etat, le régime du parti unique, le contrôle étroit de l’information se sont généralisés au lendemain des indépendances, la justification avancée était la nécessité du développement considéré comme un préalable à la démocratisation, développement économique et social promis et toujours attendu.
Même si les gouvernements des nouveaux Etats souhaitaient, au nom de l’intégration nationale, contrôler l’information, la fermeture aux nouvelles venues de l’extérieur n’est plus possible dans les grandes villes surtout. La radio a toujours ignoré les frontières et de nombreuses radios internationales diffusaient des émissions à destination de l’Afrique, parfois même en des langues africaines. La presse écrite était aussi présente, demandée soit par les populations d’origine européenne (anglais, Français, Portugais) soit par les cadres africains. La presse occidentale, même si certains titres étaient interdits, a toujours eu un public africain limité certes mais influent. Elle a contribué au contournement des médias nationaux.
A l’heure du bilan on peut se demander quel a été le résultat de ce monopole de l’information pendant trois décennies. A la veille des indépendances déjà, il avait existé une presse contestataire et revendicatrice, nationaliste, mais il s’agissait de lutte contre le système colonial en utilisant les outils et les concepts même des colonisateurs. Dans l’illusion des indépendances obtenues, les Etats au nom du développement national affirmé comme priorité et du consensus nécessaire pour le réaliser ont pendant près de trente ans dirigé l’information ; une situation de crise, plus que de développement, a réveillé les esprits qui ne se laissent plus bercer par les discours officiels se réclamant de la démocratie ou de la révolution. Le changement que représente l’apparition d’une presse indépendante est lié à la crise qui sévit en Afrique. La crise de la presse est à la fois une conséquence de la crise générale et un miroir grossissant de celle-ci. Elle se traduit dans une crise de légitimité : le soutien univoque qu’elle donnait aux dirigeants en place l’entraîne dans la remise en question de ceux-ci ; dans une crise d’identité : la presse gouvernementale perd un rôle de porte-parole et de guide de la nation quand les gouvernants qu’elle appui perdent le consensus de la population ; crise d’efficacité enfin, puisque cette presse n’a pu maintenir le prestige des gouvernants qui la dirigeaient.
La Presse indépendante brise le monopole
Plusieurs facteurs ont contribué à la remise en cause du monopartisme, ce qui contribua à une certaine libéralisation de la presse écrite ; celle-ci amplifiant à son tour la contestation des régimes en place. Il y a des facteurs extérieurs, comme l’exemple de l’effondrement des régimes communistes de l’Europe de l’Est ; il fut très sensible dans des pays se réclamant du socialisme comme au Bénin, au Congo, à Madagascar, mais se manifeste aussi ailleurs, notamment dans les pays où la télévision déjà bien implantée montra à de larges populations la chute du mur de Berlin. L’intervention des institutions internationales comme la Banque Mondiale ou le FMI qui, devant l’ampleur de la crise financière et économique de nombreux Etats africains, donnèrent, sinon imposèrent des conditions d’assainissement à aussi joué ; une plus grande liberté d’information pour la presse écrite, dont le public était plus limité, semblait moins dangereuse aux gouvernants.
Ces facteurs externes ne doivent pas cependant cacher les causes internes, couvant depuis plusieurs années, que l’aggravation de la crise économique et sociale fit émerger. Le favoritisme, le clientélisme et la corruption sont moins supportables quand la pénurie s’accroît. Plusieurs chefs d’Etat, soucieux de jeter du lest et de détourner de leur personne le mécontentement populaire, incitent eux-mêmes leurs journaux à dénoncer des scandales. C’est en Afrique Francophone où les Etats plus centralisés exerçaient le monopole le plus complet de l’information, que le mouvement fut le plus sensible.
Au Sénégal, on peut citer « le Politicien » dont nous avons vu la naissance en 1977 et surtout dans les années quatre-vingt plusieurs journaux privés dont Sud Magazine et Sud Hebdo en 1986 et 1987. Cette nouvelle presse contribua à l’élargissement du gouvernement conformément au sacerdoce stratégique d’ouverture et de consensus du président Diouf.
On peut donc dire que jusqu’au milieu des années 80, la presse sénégalaise était exclusivement dominée par les médias de service public (le Soleil et les autres médias audiovisuels d’Etat). Ces derniers ont monopolisé l’information d’une manière telle que les partis d’opposition, le citoyen ou l’homme de la rue sentait exclu du débat politique national. Cette frustration perceptible à tous les niveaux devait servir de terrain de prédilection à une presse dite indépendante (Sud quotidien, Wal Fadjri) qui est venue offrir à l’opinion, un moyen d’accéder à l’espace public grâce, désormais, à l’existence d’un cadre d’expression pluriel dont le mérite revient avant tout aux précurseurs de la presse indépendante.
L’alternance aura été le mot le plus usité au Sénégal dans le courant de l’année 2000. Elle fut non pas celle d’une prospérité économique particulière pour le Sénégal, mais d’une certaine prospérité démocratique. Cela, du fait de l’alternance à la tête de l’Etat. C’est ainsi que dans la soirée du 19 mars 2000, les Sénégalais se sont retrouvés avec un nouveau président non socialiste, élu à la suite d’élections libres et transparentes. Ce fut donc l’alternance d’abord annoncée par la presse nationale avant d’être confirmée de manière officielle quelques semaines plus tard par le juge constitutionnel.
Les médias sénégalais, à travers leurs diverses actions notamment la couverture de la campagne électorale, de manière professionnelle, et la publication des résultats du scrutin au fur et à mesure que les bureaux de vote terminaient leurs décomptes des voix ont contribué à la transparence de l’élection et au changement de pouvoir. Tous les médias, dopés par le téléphone portable, ont participé à cette alternance, chacun suivant ses spécificités et ses contraintes. Au sein de cette presse nationale, on distingue la presse dite indépendante d’une part, englobant des journaux tels que Walfadjri, Sud quotidien ainsi que des radios telles que Walf FM , Sud FM , et d’autre part, la presse proche du pouvoir encore appelée Presse d’Etat.
Dans ce dernier lot figure le quotidien le Soleil, la RTS qui est la Radio Télévision Sénégalaise. Par presse indépendante, il est fait référence aux médiats (pour la plupart appartenant à des personnes privées) ne dépendant pas de l’Etat. L’accent est mis là sur l’absence de tutelle de ces entreprises vis-à-vis de l’Etat, contrairement aux médias appartenant en partie ou entièrement à l’Etat et dépositaires du service public. Quand bien même la presse privée dispose d’une concession de service public d’après le cahier de charges des radios privées. Il faut noter que le caractère privé du média ne suffit pas à garantir son indépendance vis-à-vis de l’Etat, d’autant plus que certains titres se montrent proches du régime en place dans la pratique.
La presse a été couverte de lauriers au lendemain de ce scrutin au Sénégal, du fait du rôle primordial que les journalistes ont joué durant les élections. Certes le rôle de la presse a été d’une grande importance, mais le contexte dans lequel se sont tenues ces élections est pour beaucoup dans l’issue du scrutin. Un contexte marqué par la morosité économique, une pauvreté à grande échelle de la population et l’effritement de l’électorat du Parti Socialiste au pouvoir.
Avant 1994, date de la création de la première radio privée, le Sénégal connaissait le pluralisme médiatique mais il se limitait seulement à la presse écrite. Pendant que dans d’autres pays africains, notamment francophones, les journaux privés n’étaient pas encore autorisés à exister, le Sénégal faisait exception avec le foisonnement de titres indépendants des gouvernants. Toutefois, il faut souligner l’audience assez limitée de ces journaux à cause du taux élevé d’analphabétisme et du fait que la majeure partie du lectorat se trouve confinée en zone urbaine. A cela s’ajoute la faiblesse du pouvoir d’achat qui s’explique par la pauvreté et la faiblesse des revenus. Résultat, un seul exemplaire d’un journal peut être lu par plusieurs personnes dans la même maison et parfois dans le même quartier.
De même, si les fondateurs des journaux indépendants voulaient leur donner une audience nationale, il faut bien se rendre à l’évidence des difficultés que ces journaux rencontrent encore aujourd’hui pour être présents sur toute l’étendue du territoire national notamment dans les régions périphériques à cause des difficultés de transport. La presse régionale n’étant pas développée, les régions périphériques attendent toujours que les journaux leur parviennent de Dakar. Toutes ces raisons font que la presse écrite connaît forcément une audience limitée, comparée à l’ascension fulgurante de la radio qui s’est accentuée au moment de la libéralisation des ondes à partir de 1994. Mais en dépit de toutes ces difficultés, on note paradoxalement un essor sans précédent de cette presse, surtout après la seconde moitié des années 90. Le mouvement s’est accentué surtout au lendemain de l’alternance.
Au total, on peut dire que le Soleil n’est plus le seul quotidien sénégalais. Plusieurs quotidiens se disputent le faible pouvoir d’achat des zones urbaines passablement mieux loties que les zones rurales elles-mêmes, affectées par un fort taux d’analphabétisme et une dégradation rapide de leur niveau de vie par suite d’une crise agricole persistante et pernicieuse. Résultat, un mouvement s’opère en défaveur de la régionalisation qui postule une distribution plus performante des pôles d’équilibre à l’intérieur du pays.
Cette presse, surtout celle indépendante (Sud quotidien, Wal Fadjri, Témoin), a été à l’origine de révélations des maux qui secouent le pays. Des journalistes ont été au cœur des luttes contre l’intolérance, l’arbitraire et l’injustice. Ils ont fait sauter les verrous du silence, en dénonçant l’Etat et toutes les crises qui émanent de son échec. Ces journalistes incarnent une presse indépendante. Elle se caractérise par son non conformisme et son non alignement sur le parti au pouvoir. Son style audacieux et direct démontre qu’irrémédiablement les mécanismes régulateurs de l’Etat n’avaient pas été opérationnels même dans le paysage médiatique. Le modèle qu’il avait mis en place dans la vaste course de développement s’est vu dans ce nouveau contexte dépassé.
Les médias d’Etat chargés de cette tâche, au lieu d’analyser la dynamique politique et sociale sont devenus progressivement un facteur de blocage et d’inertie. Monopolisés par l’Etat, ils feront finalement figure aux yeux des populations concernées, d’instrument du conservatisme social et par voie de conséquence de propagande d’une hégémonie politique aujourd’hui rejetée. A l’image de l’Etat, leur promoteur, les médias ont été restreints dans leurs capacités de redistribution d’où leur contestation par la société désormais branchée sur une autre presse.
La liberté démocratique est intimement liée à celle de l’information. Il y a donc difficulté, pour le pouvoir sénégalais, de concilier les exigences d’un discours démocratique avec la nécessité de centraliser l’action de l’Etat. D’un côté, un idéal de liberté et de démocratie, de l’autre un Etat très centralisé. La remise en cause de l’information en tant que modèle de développement trouve sa source dans cette contradiction. L’expérience, rappelle Sean Mac Bride, prouve que «tout endoctrinement, fut-ce celui de l’Etat n’est jamais sans faille et qu’un monologue tout permanent ne réussit pas à oblitérer l’esprit critique et à abolir toute liberté de jugement ».
Pour finir nous allons aborder notre avant dernier chapitre dont la problématique tourne autour des rapports entre médias, crises politiques et mutations démocratiques au Sénégal.
Les Médias au cœur des mutations démocratiques
La soumission des médias d’Etat au système politique permet des pratiques de diffusion et/ou de rétention d’information faisant partie du mode de gouvernement. La presse dite indépendante introduit des « bruits » dans un tel système de contrôle. Il reste que le monde de la presse doit se comporter comme acteur dans cette mouvance démocratique. En cela il est salutaire de constater qu’à la fin de 1990, s’est constituée la Société des Editeurs de Presse, grâce aux relations entre Sud-Hebdo (Sénégal), le Messager (Cameroun), Haské (Niger) et la Gazette du Golfe (Bénin), auxquels se joignirent Jamana et Cauris du Mali. Il s’agissait d’entreprises de presse écrite privées indépendantes, non liées à un parti politique : l’objectif était de favoriser la liberté de la presse et de développer le pluralisme.
Déjà, en 1986, avait été créée à Dakar l’Union des Journalistes de l’Afrique de l’Ouest, parlant aussi de liberté de la presse et d’éthique professionnelle ; même si elle comprenait des associations de journalistes de pays dans lesquels la presse était à l’époque sous le contrôle gouvernemental comme le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Mali, le Niger ou le Togo, à côté d’associations de pays accordant plus de liberté comme le Nigeria, le Sénégal.
Ces deux associations (La Société des Editeurs de Presse et l’UJAO) collaborèrent avec l’Institut Panos en janvier 1991 à un colloque à Paris sur « Presse Francophone d’Afrique, vers le pluralisme », qui correspond à la phase ascendante de la nouvelle presse. Si la pluralité de la presse et la possibilité d’expression et de diffusion d’opinions antagonistes est une condition au changement démocratique et à l’existence d’Etat de droit, cela ne suffit pas à libéraliser et à démocratiser la vie publique.
D’autre part, la libéralisation de la presse commence par amplifier la situation de crise, la dénonciation des scandales, de la corruption, des incompétences et des erreurs. Elle ne déconsidère pas seulement les dirigeants en place, elle jette la suspicion sur toute autorité, même sur les nouvelles autorités issues d’élections régulières et rend leur tâche plus difficile. Actuellement, la presse est d’autant plus libre que la législation qui la concerne est réduite.
En dénonçant les scandales financiers, les détournements des deniers publics, le fonctionnement de certaines institutions, en produisant une information différente de celle de l’Etat, la presse dite indépendante dévoile le « mensonge » ou les masques de l’Etat. Elle cristallise l’attention sur les injustices sociales et répond à une demande sociale que les Médias d’Etat n’ont pas pu satisfaire. Non pas par l’incompétence de tel ou tel journaliste, mais à cause de la logique qui pousse ces journalistes à faire de la loyauté envers les institutions politiques la norme devant guider leur pratique professionnelle.
La classe dirigeante vérifie avec soin la manière dont de telles fonctions sont remplies et sanctionne tout écart de cette norme. En rendant ces journalistes « captifs » de l’Etat par un contrôle accentué, la classe dirigeante diminue par la même occasion leur marge de liberté dans le traitement de l’information, ce qui peut avoir pour conséquence soit la promotion de journalistes s’investissant dans de tels médias selon la logique du militantisme politique, ou la marginalisation d’une autre catégorie qui adoptera une attitude de retrait. Tout ceci diminue la crédibilité de la presse officielle et accentue des demandes sociales que la presse indépendante prend en charge.
A ce sujet, le constat fait par un journaliste montre que pour certains segments de la société, cette presse indépendante, au-delà de ses fonctions manifestes, a la fonction symbolique importante d’être le porte-parole des sans-voix : « quand nous écrivons sur un ton mesuré, les lecteurs viennent protester au journal. Nous réalisons alors nos plus mauvaises ventes ».
Le succès apparent de la presse dite indépendante provient de l’impossibilité des médias d’Etat de répondre à certaines informations politiques et économiques. Pour la classe dirigeante, ces médias ont été perçus comme un instrument de construction nationale. En fonction d’une telle conception, deux attitudes on été notées. En direction de la radio et ultérieurement de la télévision, une stratégie de contrôle accentué est mise en œuvre. La radio joue un rôle important dans le système d’information, elle s’adresse souvent en langues nationales à ses auditeurs dont la plupart ne comprennent pas le français, assure l’information quotidienne de masse dans un pays où l’analphabétisme et des raisons économiques font que la presse écrite est réservée aux élites urbaines instruites et relativement aisées.
La radio est surtout un instrument d’exercice ou de conquête du pouvoir. Le rôle qu’elle a joué dans le dénouement des crises politiques ayant jalonné la construction de l’Etat post colonial est important. Elle a joué en permanence le rôle d’instrument de diffusion de l’idéologie officielle, ce qui s’est traduit par exemple par une restriction importante de l’accès des partis d’opposition à cet espace d’expression malgré « l’ouverture » démocratique. Cette tutelle fait partie des mécanismes de reproduction de la classe dirigeante. C’est la raison pour laquelle des partis d’opposition ont eu à réclamer durant toute cette période un temps d’antenne à la radio et à la télévision.
Cette situation va faire face à l’implication des professionnels de l’information et de la communication qui vont poser la question fondamentale de l’obtention de fréquences radiophoniques. Ce qui, avec le temps et les multiples tracasseries, va déboucher sur une grande concession de la part des autorités, le feu vert pour la création de stations privées nationales radiophoniques avec un bouleversement complet du paysage médiatique, ce que RFI, la BBC et les stations internationales autorisées sur la bande FM ne pouvaient réaliser.
L’arrivée des radios privées consécutives à la libéralisation audiovisuelle intervenue au Sénégal en 1994, a entraîné un certain nombre de changements, surtout de la part des médias d’Etat. Le comportement des tenants du pouvoir, à la longue, a changé. La première conséquence a été notée dans le traitement de l’information. Ainsi, la radio nationale qui mettait beaucoup l’accent sur les discours et l’information officielle a dû corriger quelque peu sa façon de traiter l’information parce que le risque était grand de voir ses auditeurs s’en détourner au profit des radios privées qui venaient de naître, notamment Sud FM.
Le Sénégal avait devancé la plupart des pays francophones du continent africain en matière de pluralisme de la presse mais n’avait pas franchi le pas sur le plan de l’audiovisuel. La lenteur dans la confection du cahier des charges et l’attribution des fréquences a été avancée pour expliquer le retard dans la mise en œuvre du projet de création de radios privées, face à des pays comme le Mali ou le Burkina Faso qui avaient autorisé la création de radios privées.
Le lancement de Sud FM a sans doute aiguisé les appétits puisque suite à la naissance de cette radio d’autres demandes aussi sont arrivées sur la table du ministre de la communication et parmi lesquelles celle des responsables de Wal Fadjri. La radio Walf Fm a démarré ses émissions le premier décembre 1997. Et dès ses débuts elle a affiché ses ambitions. Celles d’être une radio de proximité et qui entend privilégier l’information générale en plus du divertissement.
Sur le plan politique, les radios ont joué un rôle non négligeable dans la consolidation de la démocratie et de l’Etat de droit. Tout a commencé lors des élections locales de novembre 1996. Sud FM était, en ce temps là, la seule radio privée à créer une page spéciale pour la couverture de ces élections avec le journal de la campagne. Les informations ayant trait à ces élections étaient diffusées après différents journaux parlés. C’était la première fois qu’une radio autre que celle de l’Etat rendait compte du déroulement d’une campagne électorale de la sorte. La campagne bénéficiait d’un traitement particulier à la radio.
Des débats politiques étaient animés dans ces radios amenant les populations à mieux comprendre le rôle qu’elles doivent ou peuvent jouer dans la marche des affaires de la nation. Ces débats ont également amené les populations à s’interroger et à poser des questions sur les actions ou les actes des dirigeants. Ces émissions à caractère politique étaient finalement des sortes de tribunes pour toute la classe politique. Ayant compris que ce genre de débat intéresse le public, les hommes politiques ont investi ces émissions pour faire passer leur message. La liberté d’expression s’est du coup renforcée au Sénégal, parce que depuis l’avènement des radios privées on entend toute sorte de critique et de prise de position sur les ondes. Même les discours et les messages du chef de l’Etat font l’objet de commentaires voire de critiques de la part de citoyens invités dans les radios pour la circonstance. Il faut noter qu’avant 1994, date de la naissance de Sud FM, Radio Sénégal ne donnait jamais l’occasion à ces citoyens de commenter les propos du chef de l’Etat.
En somme, les médias privés ont été les premiers à valoriser véritablement les langues nationales ce qui explique l’effervescence des populations qui interviennent en direct dans les émissions interactives. Cette attitude s’est traduite par l’émergence d’une nouvelle conscience citoyenne et cela, grâce aux radios privées qui ont été à l’origine d’une nouvelle pratique communicationnelle au Sénégal.
Conclusion
Après la naissance des radios commerciales, le Sénégal a connu une autre catégorie de radios. Il s’agit des radios communautaires. Depuis leur naissance, ces radios ont initié des émissions assez proches des préoccupations des populations cibles. Les radios communautaires se situent ainsi entre la radio d’Etat et les radios privées commerciales. Si pour les stations privées il existe une législation qui définit les conditions de fonctionnement, il n’en est pas pour autant pour les radios communautaires qui ont tout juste besoin de l’attribution de fréquences pour émettre. Compte tenu de leur caractère non commercial, elles ne sont pas autorisées à faire de la publicité et dans cette logique, le régime fiscal ne leur est pas appliqué. Toutefois les radios communautaires connaissent des difficultés qui sont liées à leur précarité financière et à leur retard technologique.
Est-il vrai maintenant que des usurpateurs de titres sont entrés par effraction dans ce petit monde de la radio communautaire sans en avoir le profil ? il s’agit de ces porteurs de projet qu’on aime railler et qu’on définit comme des « radios cherchant des communautés », parce que n’ayant pas émané d’une demande communautaire.
Les animateurs de ces radios n’ont pas toujours non plus une claire compréhension de leur mission. Plutôt que d’ancrer leur radio dans les réalités locales, ils s’égarent dans un culte du vedettariat qui les pousse à se sentir comme des rivaux des journalistes de radios commerciales. Pire, des radios obtiennent une licence de radio communautaire juste pour se voir appliquer le plus faible taux de redevance. Ensuite, elles se mettent à faire de la publicité commerciale au prétexte qu’elles ne peuvent pas vivre avec les seules recettes de la publicité institutionnelle. Une telle dérive aurait pu être évitée par un assouplissement des textes autorisant les radios communautaires à diffuser de la publicité commerciale sans dépasser un plafond bien défini par les textes. L’autre dérive constatée chez certaines radios est de parachuter un directeur étranger à la structure porteuse du projet.
La naissance de nombre de ces radios, on la doit autant au dynamisme du mouvement associatif qu’à des initiatives d’ONG et d’autres organismes de développement. De manière plus prosaïque, ici ou là, ces radios communautaires sont les excroissances d’un volet communication. C’est-à-dire que les ressources financières qui ont aidé à les créer proviennent de budget de communication d’ONG et autres institutions de développement à la base, qui ont voulu juste montrer un chemin aux associations partenaires de la communauté qui est la cible de leurs interventions. En fait d’associative, nombre de radios n’ont derrière elles qu’un promoteur privé qui cherche à éviter les rigueurs du paysage audiovisuel et la très cruelle réalité que vivent les radios commerciales dont certaines ont du mettre la clé sous le paillasson.
Se faire immatriculer radio communautaire serait-ce donc la plaque la plus sûr ? Peut - être. Du moins tant que l’environnement juridique aux contours mal définis s’y prête. Une manière de faire de la radio privée sans les inconvénients et les aléas d’une radio commerciale et payer une redevance minimale (cas du Sénégal) ou en être tout simplement exonéré (Niger). C’est pourquoi, de plus en plus, des opérateurs réclament une clarification des concepts et des contenus.
Pour finir, on ne peut pas parler des mutations du paysage médiatique sans faire allusion à la télévision. Après une décennie de pluralisme radiophonique, le médium télévisuel demeure presque sous le monopole de l’Etat. Cela, malgré l’avènement de chaînes étrangères comme TV5, CFI, Canal Horizon qui n’ont en rien modifié le caractère monolithique de la télévision nationale. Heureusement, on peut constater l’acceptation par l’Etat d’une récente expérience télévisuelle privée en dehors du giron étatique, à travers la 2S TV, Canal Info et Walf FM, mais il est encore tôt de tirer un bilan de cette nouvelle configuration du paysage télévisuel sénégalais.
Aujourd’hui tout comme hier pour la radio, les promoteurs privés ont longtemps attendu que l’Etat se décide à leur accorder les fréquences pour lancer des télévisions privées, à parti de 2003. Les pouvoirs publics n’ont apparemment pas tiré les leçons du bon comportement des radios privées qui, en dépit de la méfiance qu’elles ont suscité au début, ont prouvé qu’elles avaient bien leur place dans la société sénégalaise. L’Etat socialiste surtout a tardivement compris qu’il ne sert à rien de refuser d’autoriser la création de chaînes de télévisions privées au Sénégal. Tout comme pour la radio, il y a lieu de permettre aux citoyens sénégalais de regarder autre chose que ce que leur offre en ce moment la télévision nationale accaparée de tout temps par le pouvoir.
Avec la possibilité que les Sénégalais ont maintenant de capter Canal Info, Walf FM et certaines chaînes de télévisions étrangères, le refus des autorités de l’alternance d’accéder aux nombreuses demandes de création de télévisions privées qui sont sur la table du ministre chargé de l’audiovisuel paraît totalement déraisonnable.
Comme les radios commerciales, les télévisions privées auraient pour avantage d’amener la télévision nationale à améliorer ses prestations. Il est en effet étonnant que l’Etat permette assez tôt à des télévisions étrangères d’émettre au Sénégal tout en refusant ce même droit à ses propres ressortissants. Tout comme à l’époque des radios internationales, le raisonnement de l’Etat est le même à savoir que les télévisions étrangères diffusent des programmes produits en dehors du territoire national et qui ne peuvent pas avoir d’impact réel sur les populations. Cette attitude de l’Etat fait croire que les étrangers ont plus de droit au Sénégal que les Sénégalais eux-mêmes dans leurs propres pays.
En réalité et dans le fonds, cette position des gouvernants trouve son fondement explicatif dans le fait que la logique cathodique semble de plus en plus prendre de l’importance et les médias en général jouent un rôle moteur dans l’orientation de l’opinion publique, comme nous l’a enseigné la théorie de l’agenda, et dans leur capacité d’influer sur le comportement des citoyens et sur les mutations en cours. Mieux vaut donc pour les autorités sénégalaises opérer un effort d’adaptation à cette ère de mondialisation et surtout d’Internet, en allant dans le sens irréversible de la libéralisation pour être en phase avec l’image que le Sénégal s’est toujours donnée, celle de pays pilote, en matière de démocratie en Afrique.
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Wolton (Dominique) Penser la communication, éditions Flammarion 1997
Woodrow (Alain) Les Médias quatrième pouvoir ou cinquième colonne éditions du Felin 1996, 257 pages
* Moustapha Samb est maître-assistant au Centre d’Etudes des Sciences et Techniques de l’Information (CESTI) de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar
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Arts & livres
Sénégal : Projet d’opéra sur la fondation de l'empire du Mali
2008-09-10
http://fr.allafrica.com/stories/200809080990.html
Le romancier sénégalais Cheikh Hamidou Kane a annoncé le 7 septembre un projet de restauration, sous 'une forme artistique', de l'Empire du Mali. Depuis trois ou quatre ans un projet a été entrepris d'évoquer, sous une forme théâtrale ou sous forme d'un opéra ou d'un film, cette page de l'histoire du continent africain. Il va porter sur la fondation de l'empire du Mali au début du 13e siècle par l'empereur Soundiata Keïta', a dit l'écrivain
Zimbabwe
L'opposition aura la majorité des ministères
2008-09-12
http://fr.news.yahoo.com/rtrs/20080912/twl-zimbabwe-accord-bd5ae06.html
Les différentes forces d'opposition au Zimbabwe disposeront d'un ministère de plus que la Zanu-PF du président Robert Mugabe dans le futur gouvernement issu de l'accord de partage du pouvoir, a déclaré le 12 septembre un sénateur de l'opposition. Mugabe présidera ce gouvernement tandis que l'opposant Morgan Tsvangirai présidera, lui, le conseil des ministres, a précisé le sénateur David Coltart. Selon lui, 13 ministères seront attribués au Mouvement pour le changement démocratique (MDC) de Tsvangirai, trois iront à la faction dissidente du MDC à laquelle il appartient et 15 seront réservés à la Zanu-PF.
Moniteur de l'Union Africaine
Soudan : L'Union africaine va demander un sursis à l'ONU pour el-Béchir
2008-09-10
http://tinyurl.com/5fmyuo
L'Union africaine va demander à l'ONU de différer de possibles poursuites contre le président soudanais Omar el-Béchir pour des crimes de guerre présumés au Darfour, a affirmé le 8 septembre le président de l'UA. Le chef de l'Etat tanzanien, qui assure la présidence tournante de l'Union, a rencontré M. Béchir, contre qui le procureur de la Cour pénale internationale (CPI) a réclamé un mandat d'arrêt pour génocide, crimes de guerre et crimes contre l'humanité au Darfour.
Droits humains
Centrafrique : Bangui dénonce les ONG de défense des Droits de l'homme
2008-09-10
http://tinyurl.com/5ftsd4
Le ministère centrafricain de la Défense a dénoncé, le 3 septembre, le silence des défenseurs des Droits de l'homme face à des exactions imputées à l'Armée populaire pour la restauration de la démocratie (APRD) dans le nord-ouest du pays. Selon lui, les forces gouvernementales, qui avaient fait l'objet de nombreuses allégations dans les rapports de ces organisations, « sont aujourd'hui astreintes aux actions de légitime défense lors des embuscades dont l'initiative revient à la rébellion ».
Congo : Une plainte contre Sassou et son clan sera déposée au CPI
2008-09-11
http://www.congoplus.info/article_congoplus-4822.html
Le Collectif de la Diaspora congolaise de France et d'Europe (CDCFE) va présenter une plainte devant la Cour pénale Internationale (CPI) contre les autorités de Brazzaville, dont le président Denis Sassou-Nguesso, pour crimes contre l'humanité, torture et crimes de guerre. Des membres de son entourage sont également visés.
Global : Un ancien fonctionnaire de l'ONU condamné pour viols sur mineures en Afrique
2008-09-10
http://tinyurl.com/6caxra
Douze ans de prison ont été requis le 11 septembre au procès à Paris d'un ex-fonctionnaire de l'ONU, accusé des viols d'une vingtaine d'adolescentes lorsqu'il était en poste en Afrique, notamment en République démocratique du Congo (RDC). Les faits se sont passés lorsqu'il était en poste dans des pays africains entre 1998 et 2004. Agé de 44 ans, il avait nié les accusations à l'ouverture des débats, assurant n'avoir jamais dû recourir à la contrainte.
Tchad : L'opposant Ibni serait mort après son arrestation
2008-09-10
http://tinyurl.com/63rzzm
L'opposant Ibni Oumar Mahamat Saleh, disparu depuis le 3 février après l'attaque rebelle sur N'Djamena, est selon toute vraisemblance "décédé" après avoir été arrêté à son domicile par des militaires tchadiens, selon le rapport de la commission d'enquête rendu public le 3 septembre. Selon le rapport, "aucune information ou élément de preuve n'ont pu être obtenus sur le sort d'Ibni Oumar Mahamat Saleh, le seul des opposants politiques enlevés le 3 février à ne pas avoir réapparu. Les gens pensent qu'il serait désormais décédé".
Réfugiés & migration forcée
Afrique : Les parents responsables de l’émigration de leurs enfants
2008-09-10
http://tinyurl.com/595ceh
Dissuader les jeunes d'Afrique de l'Ouest d'émigrer clandestinement vers le Nord est d'autant plus difficile que, souvent, leur famille continue de les y encourager, dans des communautés où le migrant reste survalorisé. Selon des chercheurs africains réunis à Dakar, dans le cadre d’un séminaire, la meilleure manière de faire face au phénomène est de recommander aux parents des migrants de décourager leurs enfants à risquer leur vie pour d'hypothétiques richesses.
Egypte : Les gardes-frontières tuent deux immigrants illégaux
2008-09-11
http://tinyurl.com/6bonbm
Les gardes-frontières égyptiens ont abattu le 9 septembre deux immigrants illégaux qui tentaient de se faufiler dans le territoire israélien. Un troisième immigrant clandestin a été blessé lorsque ce groupe d'immigrants africains a refusé de s'arrêter après avoir été repéré à l'ouest du terminal de Rafah par la patrouille frontalière égyptienne.
Global : Le nouveau décret sur l’immigration dénoncé
2008-09-11
http://www.afrik.com/article15170.html
Le décret de Brice Hortefeux, le ministre français de l’Immigration, dont la mise en application est prévue pour le mois de janvier 2009, fait l’effet d’une bombe. Outre la mise en place d’un processus de démantèlement des structures d’accompagnement des étrangers dans les Centres de rétention administrative, le texte prévoit de contraindre les associations à une clause de neutralité et de confidentialité.
Mauritanie : Des migrants subsahariens abandonnés dans le désert
2008-09-10
http://tinyurl.com/5pwq27
Les équipes espagnoles de Médecins du monde ont repéré, le 7 septembre, 16 migrants subsahariens au nord de la Mauritanie. Ils traversaient le désert et selon leurs déclarations appartiendraient à un groupe de 73 personnes, parti en embarcation de Nouadhibou pour les îles Canaries. Ce bateau serait resté à la dérive pendant 15 jours jusqu’à ce qu’il soit intercepté par les autorités marocaines et que les 40 survivants soient emprisonnés dans le pays. D’après leurs témoignages, les 33 personnes manquantes seraient décédées pendant la traversée.
Elections & gouvernance
Angola : Contexte économique difficile pour des élections
2008-09-11
http://tinyurl.com/3tdxd7
Pour la première fois depuis quinze ans, l’Angola a connu des élections des législatives le 5 septembre. Les dernières élections, en 1992, avaient débouché sur une reprise de la guerre civile. Ce scrutin parlementaire, remporté par le parti au pouvoir, le MPLA, constituait un test crucial pour ce pays qui présente la plus forte croissance économique au monde.
Gambie : Jammeh en guerre contre le trafic de drogue
2008-09-10
http://www.ferloo.com/spip.php?article1568
Le président Yaya Jammeh a déclaré, le 5 septembre, sa détermination à engager une lutte contre le trafic de drogue et les vols à main armée. « Nous ne tolérerons pas le vol à main armée et le trafic de drogues ; nous ne ne tolérerons, non plus, aucune forme de pédophilie », a-t-il déclaré. Il a par ailleurs soutenu que la Gambie est ouvert aux personnes de toutes les races et religions, mais a ajouté que cette marque d’hospitalité n’est possible que si les personnes qui entrent sur le sol gambien se conforment aux lois de ce pays.
Mauritanie : Le Sénat enquête sur la Fondation de l'ex-première dame
2008-09-10
http://tinyurl.com/6hk3e2
Le Sénat mauritanien a désigné une commission d'enquête sur la gestion et les modes de financement de la Fondation Khattou Mint Boukhary, dirigée par l'épouse de l'ex président Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, renversé par un putsch le 6 août dernier. Il s'agit d'une commission de sept sénateurs, formée le 3 septembre lors d'une séance plénière.
Mauritanie : Divergences entre partis favorables au putsch
2008-09-10
http://tinyurl.com/6xftgv
Des divergences sont apparues le 7 septembre, entre formations politiques mauritaniennes favorables au coup d’Etat, sur la question de la transition et ce qui devrait être l’attitude des militaires en direction des prochaines élections. Le Rassemblement des Forces Démocratiques (RFD, principal parti d’opposition en Mauritanie) et d’autres formations politiques, qui comme lui, ont accepté le putsch du 6 août dernier, sont divisés sur la définition d’une période de transition, de même que sur la possibilité pour les militaires au pouvoir, de se présenter aux élections.
Mauritanie : L’oppostion rejette toute idée de concertation avec la junte au pouvoir
2008-09-10
http://tinyurl.com/6kxrjp
Le FNDD, une alliance de cinq partis politiques opposée au coup d’Etat militaire du 6 août dernier en Mauritanie, a exprimé son refus d'entrer en concertation avec le nouveau pouvoir. La déclaration du front est une réponse à l’annonce de la tenue prochaine des Etats généraux de la démocratie en vue de trouver une solution de sortie de crise, faite le 6 septembre par le Premier ministre.
Sénégal : Un ministre passible de la Haute cour de justice
2008-09-12
http://tinyurl.com/3nr8aq
Le président Abdoulaye Wade a déclaré qu’un de ses anciens ministres est passible de la Haute Cour de justice et sera traduit devant cette juridiction. Ce dernier, ancien ministre des Transports aérien et proche du chef de l’Etat sénégalais, est accusé dans une affaire de mise à sac de journaux dont les écrits sont jugés sévères contre le pouvoir en place. Après leur arrestation, les coupables, qui ont été condamnés par la justice, ont désigné le ministre comme étant le commanditaire de leurs actes.
Zambie : Le gouvernement poursuivra la politique de feu Mwanawasa
2008-09-11
http://tinyurl.com/5mc4f7
Le président zambien par intérim, Rupiah Banda, a réaffirmé l'engagement du gouvernement à poursuivre la vision de développement et de l'économie du feu le président Levy Mwanawasa. Dans son discours radio-télévisé à la nation, M. Banda, devenu président par intérim après le décès du président Mwanawasa le mois dernier, a rappelé que l'administration de l'ancien président a réintroduit le développement national planifié qui remet l'accent sur la gestion économique.
Développement
Afrique : La réduction de la pauvreté difficile à réaliser selon l'Onu
2008-09-12
http://tinyurl.com/4eoe36
L'Afrique aura du mal à atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) visant à réduire la pauvreté d'ici à 2015, a averti jeudi le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, qui a appelé le monde à redoubler d'efforts pour l'aider. Les huit objectifs, approuvés par les dirigeants du monde en 2000, sont la réduction de moitié de l'extrême pauvreté à l'horizon 2015 par rapport à ses niveaux de 1990, le recul des grandes pandémies, de la mortalité infantile et de l'illettrisme.
Afrique : Le Nigeria redevient premier producteur de pétrole du continent
2008-09-10
http://tinyurl.com/583oxm
Le Nigeria redevient le premier producteur de pétrole en Afrique, après des mois de lutte contre des activistes du Delta du Niger qui se sont dernièrement attaqués aux installations de production de la compagnie Royal Dutch Shell. Les statistiques fournies par le Journal africain du pétrole indiquent que la production du Nigeria à la fin du mois de juillet 2008 a augmenté de 400 000 bpj pour atteindre 1,92 million de barils par jour (bpj), par rapport à 1,88 million de bpj en juin.
Afrique : L’impact de la dette écologique sur le développement
2008-09-11
http://tinyurl.com/6dmhlz
''L'Afrique est connue comme l'une des parties les plus riches du monde lorsqu'il s'agit des ressources naturelles, pourtant elle est également la région la plus pauvre'', a déclaré Charles Mutasa, directeur exécutif du 'African Forum and Network on Debt and Development. Selon lui, 'la dette écologique causée par l'exploitation des ressources naturelles joue un rôle crucial dans ce scénario''.
Ethiopie : Alerte à l'insécurité alimentaire
2008-09-10
http://tinyurl.com/6lvrft
En dépit des interventions soutenues du gouvernement éthiopien et de ses partenaires humanitaires, la hausse globale des cours et les pénuries des denrées alimentaires de base contribuent à l'insécurité alimentaire critique et au taux de malnutrition élevé constaté dans les régions orientale et australe du pays. Le secrétaire général adjoint et coordonnateur des secours d'urgence de l'ONU, a visité le pays cette semaine pour évaluer les interventions humanitaires entreprises par les agences onusiennes.
Kenya : Annonce d’un projet ferroviaire régional ambitieux
2008-09-10
http://tinyurl.com/5sg4mm
Le gouvernement kenyan a dévoilé le 8 septembre un projet ferroviaire ambitieux pour mettre son réseau ferroviaire aux normes internationales, augmenter la capacité de chargement et accélérer le transport fret dans toute l'Afrique de l'Est. Selon le ministre du Transport, le projet impliquera la construction d'un nouveau réseau ferroviaire répondant aux normes internationales avec une largeur de rail de 1,4 mètre.
Ouganda : Découverte du plus grand gisement de pétrole
2008-09-10
http://tinyurl.com/57nvp3
Le plus grand gisement pétrolifère ougandais, avec un taux d'écoulement de 14.364 barrils de pétrole par jour, a été découvert dans le Bassin d'Albert près de la frontière avec la République démocratique du Congo. Selon une compagnie d'exploration pétrolière dans la région, les résultats des essais ont été réussis avec un test de production record dans un puits de pétrole jamais foré dans le pays.
Tchad : La Banque Mondiale se retire du secteur pétrolier
2008-09-11
http://tinyurl.com/4algrj
Si les bons comptes font les bons amis, c’est que la réciproque est vraie. Le gouvernement tchadien l’a appris à ces dépens. Producteur de pétrole depuis 2003, le Tchad devrait toucher entre 2 et 6 milliards de dollars pour les vingt-cinq prochaines années grâce au pétrole. Mais Ndjaména a dû rembourser, le 5 septembre dernier, les 66 millions de dollars qu'elle devait encore à la Banque Mondiale dans ce projet. Et pour cause, l'institution financière a annoncé le 9 septembre avoir mis fin à son accord d'aide au développement des infrastructures pétrolières du Tchad.
Santé & VIH/SIDA
Afrique : Un nouveau vaccin contre la méningite introduit en 2009
2008-09-10
http://tinyurl.com/5ny3ka
Les ministres de la santé de plusieurs pays africains touchés par la méningite se sont engagés le 4 septembre à introduire un nouveau vaccin prometteur contre la méningite qui menace des millions de personnes dans 25 pays, annonce l'Organisation mondiale de la santé (OMS). A 40 cents ($0.40) la dose, le vaccin produit une réaction immunitaire plus efficace que l'actuel vaccin, chez l'adulte comme chez le nourrisson.
Global : Le Brésil aide le Mozambique à produire des médicaments contre le sida
2008-09-10
http://tinyurl.com/5r27ot
Le ministre brésilien des Affaires étrangères, Celso Amorim, et son homologue mozambicain, Oldemiro Baloi, ont signé le 4 septembre des accords de coopération qui permettront au Mozambique d'obtenir l'assistance du Brésil dans l'étude et la production de médicaments contre le sida. Selon ces accords, le Brésil va ouvrir un office de la Fondation de l'Institut Oswaldo Cruz (Fiocruz) à Maputo, où les médicaments contre le sida seront produits pour les pays africains.
Global : L'Afrique se joint à la campagne "Premier défi global" de l'OMS
2008-09-10
http://tinyurl.com/6kwbdc
Les ministres de la Santé de 39 pays africains se sont engagés à prendre part à la campagne de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) destinée à assurer la sécurité des patients dénommée "Premier défi global". Pour se joindre à cette campagne, les ministres ont signé le 3 septembre une déclaration d'engagement à Yaoundé, au Cameroun, engageant leurs pays à prendre certaines mesures afin de réduire les infections nosocomiales à travers des actions concrètes.
Global : Mobilisation générale contre le paludisme
2008-09-10
http://tinyurl.com/6dv7qe
Des responsables et experts internationaux se sont retrouvés à Paris le 9 septembre pour faire avancer la lutte contre le paludisme, qui fait plus d'un million de morts par an. La rencontre, qui veut contribuer à "faire du paludisme une maladie du passé", est organisée par les Amis du Fonds mondial Europe, association présidée par l'ex-ministre française de la santé Michèle Barzach, pour qui "contrôler l'épidémie en tant que fardeau sanitaire et économique est à portée de main".
Maroc : Alerte de la FAO sur la peste des petits ruminants
2008-09-10
http://www.yabiladi.com/article-societe-2709.html
Alors que le Maroc annonçait la maîtrise de l'épidémie de la peste des petits ruminants, voilà que la FAO lance un signal d'alarme. L’’organisme international estime que la situation est sans précédent au Maroc et que si rien n’est fait, la catastrophe va se propager d’avantage pour atteindre le sud de l’Europe. L’épidémie de la peste des petits ruminants et une infection virale dangereuse. La maladie se propage alors à l’intérieur de l’animal, lui causant la mort une semaine seulement après contamination.
Zimbabwe : Des journalistes séropositifs pris en charge par leur syndicat
2008-09-10
http://www.irinnews.org/fr/ReportFrench.aspx?ReportId=80195
Le Syndicat des journalistes du Zimbabwe (ZUJ), qui représente les journalistes dans le pays, a lancé un programme pour fournir des médicaments antirétroviraux (ARV) à ses membres séropositifs. Selon le coordinateur national du ZUJ, le syndicat avait identifié des experts médicaux pour prescrire des ARV conformément aux directives gouvernementales et que les médicaments seraient disponibles gratuitement pour les membres de l’organisation et leur famille proche.
Éducation
Burundi : Flambée des prix des fournitures scolaires
2008-09-10
http://tinyurl.com/6k2rbv
Les prix des fournitures scolaires connaissent une flambée sans précédent à la veille de la rentrée scolaire 2008-2009, le 15 septembre courant, sur les marchés de Bujumbura, la capitale du Burundi. Un cahier de 100 feuilles, qui revenait à moins de 500 Francs burundais (un dollar = 1.190 Francs burundais), l'année dernière, se vendait le 4 septembre à plus de 700 Francs burundais…
Centrafrique : Le taux d’analphabétisme atteint 67%
2008-09-10
http://tinyurl.com/577ydx
Le taux d’analphabétisme est à peu près de 67% en Centrafrique, selon le ministre centrafricain délégué auprès du ministre de l’Education nationale. Chez les femmes en milieu rural, il est de plus de 75%. Ce fort taux d’analphabétisme est justifié par le fait que «les services éducatifs n’atteignent pas encore un grand nombre d’enfants en âge d’être scolarisés».
Côte d’Ivoire : Blé Goudé passe son diplôme de 3ème cycle
2008-09-11
http://tinyurl.com/4splsn
Le leader des Jeunes patriotes en Côte d’Ivoire, Charles Blé Goudé, a soutenu un mémoire de DESS (en communication politique, le 2 septembre dernier. Son travail porte sur « Le rôle des médias dans la crise politico-militaire en Côte d’Ivoire de 1999 à 2007». Sous le coup de sanctions de l’ONU, Charles Blé Goudé ne pouvait se déplacer. Les professeurs se sont rendus à Abidjan pour écouter le « général de la rue ».
Somalie : Les enseignants en grève pour manifester contre l’insécurité
2008-09-10
http://tinyurl.com/6b2x38
Dans le cadre d’une manifestation de trois jours contre l’insécurité et les attentats ciblant les établissements scolaires à Mogadiscio, la plupart des écoles ont fermé et des milliers d’enfants ne vont plus en classe, selon les habitants de la région. « Près de 90 pour cent des établissements primaires et secondaires de Mogadiscio participent à la grève », a expliqué le porte-parole d’ une organisation qui chapeaute les réseaux éducatifs de la ville, qui a organisé la manifestation.
Environnement
Global : L'Europe et le Ghana s'engagent contre le trafic illégal de bois
2008-09-10
http://tinyurl.com/6p8q5r
L'Union européenne et le Ghana viennent de signer, début septembre, un accord pour lutter contre les filières illégales du bois issues de ses forêts tropicales. C'est le premier accord de ce type signé entre l'Europe et un pays producteur. Concrètement, le Ghana s'engage à la mise en place d'un système de traçabilité de sa production à horizon 2010. L'Europe renforcera de son côté ses contrôles aux frontières.
Kenya : Incroyable mais vrai, il a neigé !
2008-09-10
http://www.meteo-world.com/news/index-2160.php
Le 3 septembre il a neigé au Kenya, un pays ou la température annuelle moyenne est d’environ 28°C. Le neige est tombée près de Nyahururu, à environ 200 km de Nairobi. Le phénomène paraît tellement incroyable pour les habitants, que les écoles ont été fermées afin de permettre aux enfants de s’amuser. Seul problème, c’est que les services météorologiques du pays ont indiqué que ceci n’était pas de la neige, mais de la grêle qui n’a pas fondu en raison des basses températures.
Média & liberté d'expression
Nigéria : Un journaliste américain libéré après dix jours d’interrogatoire
2008-09-10
http://www.rsf.org/article.php3?id_article=28469
Reporters sans frontières a appris la libération définitive, le 9 septembre 2008, du cinéaste et journaliste indépendant américain Andrew Berends, après dix jours d’interrogatoire par les forces de sécurité nigérianes. Il avait été arrêté à Port-Harcourt, le 31 août. Plusieurs sénateurs américains, dont Hillary Clinton, avaient adressé une lettre au président nigérian demandant sa libération immediate.
Plaidoyers & campagnes
Global : Déclaration d'Abidjan relative à la Déclaration de Paris sur l'efficacité de l'aide
2008-09-11
http://www.pambazuka.org/fr/category/advocacy/50453
Nous, membres d’associations de femmes de Côte d’Ivoire réunies à Abidjan, le 20 août 2008 à l’invitation du Wildaf Côte d’Ivoire, adhérons à la déclaration de Lomé des femmes de l’Afrique de l’Ouest sur l’efficacité de l’aide et l’égalité des sexes.
Après avoir débattu sur la Déclaration de Paris,
Notons que :
- Les OSCs qui ont pris part aux consultations du GC-SC estiment qu’il faut des mécanismes pour garantir l’expression de toute une gamme de point de vue, notamment ceux des organisations féminines,
- La femme n’a pas été prise en compte dans ladite déclaration,
- L’aide publique ne tient pas compte spécifiquement de la femme qui représente pourtant 50 % de la population ivoirienne,
- Les statistiques permettant d’avoir des indicateurs fiables sur le genre et l’aide publique sont inexistants,
- La Déclaration de Paris n’a pas été vulgarisée alors que la Côte d’Ivoire compte parmi les pays qui en 2005 ont adhéré à ladite déclaration,
- La société civile et particulièrement les organisations féminines ne sont pas associées au processus de l’aide publique leur permettant de faire un bon suivi,
Sommes persuadées que :
- L’aide ne peut être efficace que si la femme qui représente 50% de la population ivoirienne participe à la répartition de ladite aide,
- La Déclaration de Paris peut permettre une meilleure prise en compte de l’aide à l’endroit des populations et spécifiquement des femmes.
- La société civile, notamment les organisations féminines doivent participer aux prises de décisions concernant l’aide publique et ce pour le bien être des populations,
- Une société civile forte est un atout qui vaut la peine de développer dans le cadre des efforts de la société pour se transformer et approfondir les pratiques démocratique capables d’accommoder et de soutenir des visions concurrentes et des opinions dissidentes.
En conséquence,
En ce qui concerne l’appropriation
- La formation de tous les acteurs d’évaluation de la participation de la femme à l’aide publique notamment les statisticiens,
- L’implication des femmes pour un meilleur leadership gouvernemental dans les stratégies et politiques nationales de développement,
- Le renforcement des capacités des femmes pour une meilleure connaissance des questions de planification et de budgétisation selon le genre,
- La prise de mesures pour encourager la participation des femmes.
En ce qui concerne l’alignement
- La prise en compte des besoins réels de la population féminine dans le cadre des documents de stratégie de réduction de la pauvreté (DSRP)
En ce qui concerne l’harmonisation
- L’unification des procédures des donateurs et leur publication pour une meilleure accessibilité de l’aide,
- L’harmonisation des documents d’évaluation de l’aide par les donateurs.
En ce qui concerne la gestion axée sur les résultats
- Les études d’impact sur les populations avant, pendant et après l’aide doivent être effectuées,
- L’insistance sur l’appropriation locale et démocratique, la diversité locale et l’égalité entre les sexes.
En ce qui concerne la responsabilité mutuelle.
- Le suivi particulier des pays partenaires et des donateurs, leur responsabilité mutuelle étant engagée,
- La publication régulière des activités, des fonds débloqués par les différentes parties.
Demandons :
- Un appui multiforme pour le renforcement des capacités et la vulgarisation des différents documents en rapport avec l’aide publique,
- Un coordinateur étatique de la Déclaration de Paris en rapport avec le réseau de femmes chargé de la bonne application de ladite Déclaration.
SIGNATAIRES
Structures : Noms et prénoms du représentant
ONG GFM3 : FANNY Fatou
UNIFEM : Paulette BEAT SONGUE
WANEP-CI : DATTE Marie Yvonne
AFJCI : TOKPA Constance
WOPININ WOGIRI : TOURE Moussa
SABARY : TOURE MARIAMA
MIFeD-CI : DOH Martine Françoise
MIFeD-CI : DIANE Epse KALLO
WILDAF-CI : KONAN Eugénie
WILDAF-CI : BITTY-KOUYATE Christiane
MIFeD-CI : BLE SERY VERONIQUE
AFJCI : KOFFI Marie Chantal
PLAYDOO-CI : TIMITE Matoma
PFG : Carine ASSAMOI
WILDAF-CI : GUIDY Simone
AFJCI : Suzanne KOUAME
MIFeD-CI : GUEHI Gertrude Prisca
REJELCI : Emilie BASSIN
AFJCI : Me DIALLO SISSOKO Geneviève
MIFeD-CI : KOUASSI CHACHI Henriette
CRAEF-CI : DAGROU-TANOH Florence
EDE : DR ELIANE EKRA
RIOF : MADY ANNICK
FEDCI : BERTE HAFIZA
En présence de Monsieur ANGBOMON Jean-Marie, Chef du Service Cellule Genre à la Direction de l’Egalité et de la Promotion du Genre du Ministère de la Famille, de la Femme et des Affaires Sociales.
Nouvelles de la diaspora
Global : Obama domine Mc Cain à travers le monde
2008-09-10
http://tinyurl.com/5qsvv8
Le candidat démocrate à la présidentielle américaine, Barack Obama, est le préféré des habitants de 22 pays, selon un sondage publié le 9 septembre par la BBC World Service et réalisé auprès de 22 000 personnes. L'avance de Barack Obama sur son rival républicain, John McCain, va de neuf points de pourcentage en Inde à 82 points au Kenya. En moyenne, sur les 22 pays concernés, Obama est préféré par 49% des personnes interrogées, contre 12% pour McCain. Près de 40% des sondés n'ont pas d'opinion.
Conflits & urgences
Afrique : Trois millions d'enfants en danger de mort dans la Corne de l'Afrique
2008-09-10
http://fr.allafrica.com/stories/200809090425.html
La situation semble s'aggraver dans la Corne de l'Afrique. Les conflits qui sévissent dans la région, la sécheresse et l'augmentation des prix des denrées alimentaires ne sont pas sans conséquence sur ses populations. Et le dernier rapport de l'UNICEF, paru le 5 septembre, en fait un constat effrayant. Trois millions d'enfants sont en danger de mort ou risquent de tomber gravement malades.
Côte d’Ivoire : Huit morts dans un conflit intercommunautaire
2008-09-10
http://www.linternationalmagazine.com/article5294.html
Huit personnes ont été tuées à l’arme blanche et une vingtaine d’autres blessées le 5 septembre, dans un conflit entre deux communautés, dans la région de Bondoukou (420 km au nord-est d’Abidjan). Le drame est parti d’une rumeur faisant état de l’assassinat d’un ressortissant de la communauté Lobi par l’autre communauté, les Koulango.
Ethiopie : Des fermiers désespérés mangent leurs semences
2008-09-10
http://www.irinnews.org/fr/ReportFrench.aspx?ReportId=80198
Martne Harja avait préparé son lopin de terre de trois quarts d’hectares. Mais lorsque les pluies ont refusé de tomber et ses sept enfants se sont retrouvés sans rien à manger. «Je n’ai eu d’autre choix que de manger les 25 kilos de graines de haricot que j’avais mis de côté l’année dernière », a-t-elle raconté. « J’ai préparé ma terre pour semer lorsque les pluies tomberaient de nouveau [mais] je savais que je ne pourrais pas me procurer de semences ». Pour elle comme pour des milliers d'autres personnes, la situation est devenue dramatique en Ethiopie
RD Congo : La paix semble insaisissable dans l'est
2008-09-10
http://tinyurl.com/68lm8t
Nouveaux combats entre rébellion et armée, manifestations contre les Casques bleus, fermeture de poste-frontière, la tension monte dans l'est de la République démocratique du Congo, où, malgré la présence de l'ONU, la paix semble de plus en plus "insaisissable". Le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) de Nkunda a confirmé les combats, mais accusé l'armée congolaise de lancer les hostilités.
RD Congo : Les armes tonnent de nouveau à Goma
2008-09-10
http://www.lobservateur.bf/spip.php?article8986
De nouveau, Laurent Nkunda, ce général dissident tutsi du Congrès national pour la défense du peuple, fait parler de lui. En septembre 2007, à la même date presque, ses partisans se sont heurtés aux forces armées de la RD Congo. Environ deux centaines de personnes avaient été tuées. L’ONU a alors joué sa partition en dépêchant à Kinshasa son secrétaire général adjoint aux Affaires humanitaires et coordonnateur des secours d’urgence. Le constat est là et amer : sa médiation n’a pas fait mouche. Les armes ont troublé, la semaine dernière, la quiétude des habitants de Kastiru, au nord de Goma.
Internet & technologie
Afrique du Sud : Lancement d’un site contre la pédopornographie
2008-09-10
http://www.linternationalmagazine.com/article5329.html
Le ministère sud-africain de l’Intérieur a lancé un site web contre la pornographie infantile et a invité les citoyens à signaler tous les sites contenant des images pédopornographiques, afin de juguler le phénomène. "Les personnes signalant ce genre d’incidents resteront anonymes, et les informations reçues seront transmises à la police pour des investigations plus approfondies, ce qui amènera à la fermeture du site pédopornographique et à l’arrestation de ses concepteurs", a déclaré le ministre délégue des Affaires intérieures, Malusi Gigaba.
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Fahamu – Réseaux pour la Justice Sociale
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ISSN 1753-6839

EDITORIAUX DE PAMBAZUKA NEWS 2004