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La mort prématurée du Dr Tajudeen Abdul-Raheem, le jour de la commémoration de la Libération de l'Afrique 2009, a frappé de stupeur le monde panafricain. Cette sélection de cartes postales panafricaines montre quel brillant orfèvre des mots il fut.

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Food Rebellions! Food Rebellions! Crisis and the hunger for justice Eric Holt-Giménez & Raj Patel.

Food Rebellions! takes a deep look at the world food crisis and its impact on the global South and under-served communities in the industrial North. While most governments and multilateral organisations offer short-term solutions based on proximate causes, authors Eric Holt-Giménez and Raj Patel unpack the planet's environmentally and economically vulnerable food systems to reveal the root causes of the crisis.

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Pambazuka News 219 : Vérité et justice sur le génocide rwandais

Le journal électronique qui fait autorité est une plateforme de la justice sociale en Afrique.

Pambazuka news (Ed. française) ISSN 1753-6847

CONTENU: 1. Chroniques, 2. Plaidoyers & campagnes, 3. Arts & livres, 4. Droits humains, 5. Réfugiés & migration forcée, 6. Elections & gouvernance, 7. Développement, 8. Santé & VIH/SIDA, 9. Éducation, 10. Racisme & xénophobie, 11. Environnement, 12. Justice Alimentaire, 13. Média & liberté d'expression, 14. Nouvelles de la diaspora, 15. Conflits & urgences, 16. Internet & technologie




Sommaire de cette édition

CHRONIQUE : Enfin un peu de justice et vérité pour le Rwanda
PLAIDOYER & CAMPAGNES : Les ONG demandent la non-promulgation du Code de la famille au Mali.
ARTS ET LIVRES : Afrique : Ce que les musiciens retiennent de Césaria Evora.
DROITS HUMAINS : Côte d’Ivoire : La situation humanitaire mérite davantage d’attention.
REFUGIES ET MIGRATION : Afrique du Sud : Un projet pour recruter 50 000 ressortissants.
ELECTIONS ET GOUVERNANCE : Afrique du Sud : Mbeki de retour sur le devant de la scène.
CORRUPTION : Niger : Le carburant local profite de la crise au Nigéria.
DEVELOPPEMENT : Afrique : Construire le futur sans les vieillards
SANTE ET VIH SIDA : Afrique : La crise économique aura un impact sur la lutte contre le sida.
EDUCATION : Ethiopie : Les effets de la sécheresse et des inondations sur l’éducation.
RACISME ET XENOPHOBIE : Global : Pourquoi l’entraîneur est toujours blanc (ou presque).
ENVIRONNEMENT : Afrique : Les communautés mieux armées contre le changement climatique.
JUSTICE ALIMENTAIRE : Afrique : Des milliers de vies auraient pu être épargnées de la famine.
MEDIAS ET LIBERTE D’EXPRESSON : Soudan : Deux journaux privés suspendus depuis le début de l’année.
NOUVELLES DE LA DISPORA : Global : Laurent Gbagbo fortement ovationné à Atlanta.
CONFLITS ET URGENCE : Afrique : L’Ethiopie met en cause l’Erythrée dans la mort des touristes.
INTERNET ET TECHNOLOGIE : Kenya : Le gouvernement prévoit des mobiliser l’informatique en nuage.




Chroniques

Enfin, un peu de justice et de vérité pour le Rwanda

Gérald Caplan

2012-01-23

http://pambazuka.org/fr/category/features/79342

Qui a abattu l’avion du président Habyarimana, déclenchant ainsi le génocide au Rwanda en 1994 ? Un rapport de deux juges français apporte la solution définitive à ce mystère des plus controversés de la fin du 20ème siècle. Gerry Caplan examine ses implications, le tout à la lumière de l’extradition du génocidaire supposé, Léon Mugesera

Deux histoires rwandaises apparemment sans lien ont fait l’histoire et les grands titres des journaux ces dernières semaines. L’une était le résultat dramatique d’une enquête française selon laquelle des membres du gouvernement hutu d’avant le génocide et des militaires ont eu à abattre l’avion du président Juvenal Habyarimana, le 6 avril 1994, déclenchant le génocide qui a suivi quelques heures après. (Le président du Burundi était aussi passager de l’avion au destin funeste, comme le furent de hauts fonctionnaires rwandais). La deuxième histoire a été la décision du gouvernement canadien d’extrader, enfin, vers le Rwanda, un homme du nom de Léon Mugesera, accusé d’avoir incité les Hutus à massacrer les Tutsis, environ une année et demie avant que l’avion ne soit abattu. En fait les deux histoires sont étroitement liées.

La responsabilité pour "l’accident" d’avion a été l’objet de disputes acerbes dès le début. Ceci compte tenu du nombre impressionnant de menaces directes et explicites provenant des extrémistes hutus, qui avaient l’intention d’exterminer tous les Tutsis rwandais et de poursuivre toute personne qui refuserait de collaborer dans leur conspiration, y compris le président Habyarimana qui avait l’intention, après beaucoup de tergiversations, de procéder à un partage du pouvoir avec les rebelles du FPR, largement composés de Tutsis. Il semble donc plutôt évident de dire qui étaient les responsables de "l’accident" d’avion. En fait, la totalité du chapitre 9 du livre "Rwanda : the preventible genocide" est consacré à expliciter l’évidence connue de tous. Un jour, un massacre d’une dimension sans précédent serait perpétré par les extrémistes hutus.

La logique suggère que les extrémistes ont décidé d’assassiner Habyarimana qui cherchait l’apaisement, pour signifier le début de génocide. Et comme les évènements précédant le génocide pointaient du doigt les extrémistes hutus comme seuls coupables logiques, les évènements qui ont suivi l’attentat contre l’avion suggéraient fortement l’existence d’un plan soigneusement organisé et prêt à être mis en œuvre : les barrages routiers sont immédiatement apparus, le Premier Ministre et d’autres ministres modérés ont été assassinés, de même que des juges et des fonctionnaires supérieurs, la chasse systématique aux Tutsis a été lancé, des soldats gouvernementaux tuent dix soldats belges de la Mission des Nations Unies et tout au long de ces fait, la provocation de la radio de la haine, la Radio des Mille Collines, n’a pas cessé. Comment pouvait-il y avoir le moindre doute sur qui était les responsables du crash ?

Et c’est là qu’apparaît le cas de Léon Mugesera. Il a été le premier parmi les extrémistes hutus à appeler publiquement à l’extermination des Tutsis, contribuant ainsi à créer une atmosphère de haine et d’hystérie à l’encontre des Tutsis, permettant finalement aux conspirateurs de convaincre tant de Hutus ordinaires de perpétrer le génocide. Mugesera était un universitaire, un membre exécutif du parti gouvernemental et un démagogue. En octobre 1992, dans un discours devant une grande foule dans le Rwanda rural, il a appelé de façon répétée à l’extermination des Tutsis.

Faisant référence aux Tutsis qui ont échappé aux pogromes anti-Tutsis qui ont eu lieu au moment de l’indépendance de la Belgique, il déclara : " Nous ne répéterons pas l’erreur commise en 1959 de vous laisser vivre". En d’autres termes, tous les Tutsis auraient dû être tués afin qu’ils ne soient jamais plus une menace. En parlant des parents des enfants qui ont rejoint les rangs des envahisseurs du FPR, il demande :"Pourquoi ne les ont-ils pas exterminés ? Pourquoi ne les exterminent-ils pas tous ?"

Mugesera a compris comment déshumaniser subtilement les Tutsis : leur coller l’étiquette de "inyenzi" (cancrelats) et de contester leur existence en déclarant que ce sont des étrangers qui viennent d’Ethiopie et n’ont aucun droit de rester au Rwanda. "J’affirme, disait-il pour stimuler son audience hutue, que votre foyer est en Ethiopie et nous vous y renverrons par la rivière Nyabrongo (une des sources du Nil qui coule vers l’Ethiopie) afin que vous y parveniez plus rapidement".

Il se trouve que cette harangue a été enregistrée et a été plus tard diffusée dans tout le pays. Un court extrait peut être trouvé sur YouTube. C’est ce genre de discours et des centaines d’autres dans la même veine qui ont rendu crédible l’hypothèse selon laquelle l’avion d’Habyarimana a été abattu par des extrémistes qui marchaient sur les traces de Mugesera, las de Habyarimana, et prêt à activer la conspiration du génocide.

Mugesera lui-même a fui au Canada, et bien que condamné pour incitation à la haine il a trouvé des moyens légaux, des années durant, de résister à l’extradition qui devait l’amener à répondre de ses actes devant la justice du Rwanda. Maintenant, il semble qu’il ait épuisé les moindres possibilités de faire appel au Canada et va bientôt être de retour au Rwanda. Au cours du procès, la relation entre ces discours enflammés, exhortant au génocide, et l’avion abattu 17 mois plus tard, devrait se clarifier.

Toutefois, dès le début, avec leur cynisme coutumier et de façon subtile, les génocidaires, avec l’aide de la France, ont accusé tout le monde et n’importe qui pour le crash de l’avion : les soldats belges de la mission des Nations Unies, l’Ouganda et par-dessus tout le FPR et son commandant Paul Kagame. Mais dès le début, les motifs de Kagame et du FPR étaient obscurs. Qu’est-ce que le FPR aurait eu à gagner du chaos qui aurait inévitablement suivi, avec la féroce chasse aux sorcières livrées aux Tutsis par les Hutus qui allaient nécessairement suivre le meurtre d’Habyarimana ? Est-ce que cela avait le moindre sens de penser que Kagame a abattu l’avion précisément dans l’espoir qu’il y aurait un génocide contre son propre peuple, ce qui d’une façon ou d’une autre, bien qu’incompréhensible, permettrait au FPR de prendre le pouvoir ? Ces questions n’ont jamais reçu la moindre réponse raisonnable, ce qui n’a nullement empêché deux groupes de gens d’accuser Kagame d’avoir abattu l’avion.

Le premier groupe est composé de ceux qui, pour des raisons diverses, ont simplement nié le génocide. L’intérêt là était simple : si Kagame a abattu l’avion, alors il n’y avait pas de conspiration hutue organisée par des extrémistes hutus pour qui le signal du commencement était le crash de l’avion. Ce groupe comprend, entre autres, des génocidaires endurcis et leurs nombreux supporters blancs en Europe et dans certaines parties des Etats-Unis, avec des Nord Américains tordus de gauche qui croient que Kagame n’était rien d’autre qu’un instrument de l’impérialisme américain (voir mon article: the politics of denialism. Pambazuka News du 17. 06. 2010. no 486). Par exemple, Peter Erlinder, l’avocat américain et négationniste réputé, arrêté en 2010 lorsqu’il est apparu au Rwanda comme conseiller juridique de la candidate présidentielle incarcérée, Victoire Ingabire, a toujours affirmé que c’est Kagame lui-même qui a causé le massacre de 1994 (pas un génocide bien sûr, mais bien des massacres) en abattant l’avion de Habyarimana.

Le deuxième groupe a reconnu le génocide mais a manifesté tant d’hostilité à l’égard de toutes les actions du gouvernement de Kagame qu’il a fini par conclure qu’il devait également être responsable du crash de l’avion. Outre l’absence de motifs, il n’avait aucune preuve à l’exception des témoignages de membres vindicatifs ou d’éléments ayant quitté le FPR. Mais nombre de ces témoins, parmi les plus importants, se sont par la suite rétractés. Ce groupe comprenait des universitaires réputés comme René Lemarchand qui a écrit dans le chapitre Rwanda du livre de Totten et Parsons, "Century of Genocide" (3ème édition, 2009) qu’"il y avait de plus en plus de preuves que Kagame était l’acteur central du crash de l’avion". Néanmoins il n’a pas apporté un atome de preuve qui, en effet, n’existe pas.

Les deux groupes ont trouvé un soutien à leur position dépourvue de preuves, lorsqu’en 2006 le rapport d’un juge français, Jean-Louis Bruguière, accuse le président Kagame et plusieurs de ses aides d’avoir délibérément assassiné Habyarimana. Dans les annales des rapports mal ficelés, malhonnêtes, biaisés et sans aucune valeur, le rapport de Bruguière détiendra pour toujours la palme. Avec ce rapport, il a rejoint les rangs d’une grande partie de l’establishment officiel français, comprenant des politiciens et des hauts fonctionnaires qui ont systématiquement trahi le Rwanda au cours des deux dernières décennies, phénomène qui ne se termine que vers la fin 2010 lors du rapprochement entre les présidents Sarkozy et Kagame.

La liste des impairs et des gaffes de Bruguière laisse incrédule et ne peut guère avoir été juste le résultat d’une distraction. Il s’est basé sur les témoignages des déserteurs du RPF, ignorant leurs motivations personnelles, témoignages que la plupart ont rétracté, s’ils n’ont accusé Bruguière d’avoir complètement déformé leurs propos. Il ne s’est jamais rendu au Rwanda afin d’examiner le terrain d’où le projectile a été tiré et n’a pas eu le moindre entretien avec les officiels du FPR, y compris ceux qu’il accusait. Il a néanmoins fait le voyage jusqu’à Arusha, où il s’est rendu Tribunal Pénal International pour le Rwanda afin de s’entretenir avec ceux accusés de génocide et son rapport cite leurs témoignages incriminant le FPR. Parmi les accusés figurait Théoneste Bagosora, jugé coupable d’être l’un des principaux artisans, sinon le principal, de tout le génocide. Ce qui était clair dès la parution du rapport, c’est que Bruguière s’est disqualifié et discrédité. Ce qui n’a bien sûr pas empêché tous les négationnistes, qui vouaient à Kagame une haine implacable, d’accepter le rapport.

Le prochain épisode de cette extraordinaire saga s’est déroulé exactement deux ans plus tard, avec un rapport de la commission d’enquête mise sur pied par le gouvernement rwandais et qui avait pour tâche d’examiner le crash de l’avion présidentiel. Dans une critique du rapport Mutsinzi (who killed the president of Rwanda ? Pambazuka News, 21 janvier 2010. no 466) j’ai conclu qu’en dépit de ses faiblesses, la Commission a conclu avec autant de certitudes que possible que le FPR n’avait ni la capacité ni le motif, ni l’opportunité d’abattre l’avion, alors que les membres hutu, civils et militaires, avaient tous ces trois éléments.

La Commission a même sollicité la Defence Academy de Grande Bretagne pour une évaluation indépendante, concernant certaines questions logistiques, qui a corroboré ses conclusions. Je n’ai pas trouvé une raison pour laquelle l’Academy devrait pouvoir adopter une position biaisée en faveur du FPR. J’ai aussi prédit que ceux convaincus de la culpabilité du FPR resteront sur leurs positions, malgré le rapport Mutsinzi.

Et la réaction n’a pas tardé. Pambazuka a publié dans le foulée une réponse insultante à mon essai, de la plume du Prof. Susan Thomson qui voulait faire savoir au monde à quel point mon écrit était "choquant", "incendiaire", "biaisé en faveur du FPR", "détestable" d’un point de vue académique et "dangereux et irréfléchi". Dans son livre « Remaking Rwanda », une collection d’essais co-édités, Lars Waldorf écrit sur un ton sarcastique que l’enquête Mutsinzi, "sans surprise", a trouvé que le crash de l’avion est le fait d’extrémistes hutus. Filip Reyntjens, détracteur belge infatigable de toute chose liée au FPR, a écrit une de ses longues et caractéristiques réfutations, infiniment détaillée, tant de mon essai que du rapport de la Commission Mutsinzi, avec son souci sans équivalent du détail et une connaissance approfondie de chaque aspect du cas, des plus minimes aux plus techniques. Réfutation dans laquelle il prouve, à sa propre satisfaction et à celle de ses fidèles anti-Kagame, qu’à peu près chaque mot écrit par la Commission Mutsinzi est un mensonge délibéré ou une distorsion.

Et maintenant vient le dernier épisode dans cette guerre critique, peut-être la dernière tentative pour apporter une réponse définitive à l’un des grands mystères du 20ème siècle défunt : qui a abattu l’avion d’Habyarimana pour déclencher le génocide de 1994 ? C’est le rapport de deux autres juges français, Marc Trevidic et Nathalie Poux, sur lequel ils ont travaillé pendant quatre ans, peu après Bruguière, qui dit clairement, dès le début, qu’ils n’avaient aucune intention de reprendre les accusations inqualifiables contre le FPR du juge Bruguière. Au contraire, leur position était de rechercher chaque élément concevable de preuve et en tirer leurs conclusions. Ce faisant, ils ont procédé à l’enquête la plus exhaustive, la plus professionnelle et la plus technique jamais menée sur le crash de l’avion.

En bref, leur rapport rejoint les principaux éléments du rapport rwandais de Mutsinzi, ce rapport tellement vilipendé. Linda Melvern, une des autorités sur le génocide et les évènements y relatifs, ne partage pas entièrement mon point de vue sur le rapport Mutsinzi. Pendant qu’elle jugeait les conclusions du rapport plausibles, elle redoutait encore et toujours que le monde ne sache jamais vraiment, sans doute aucun, quel parti a abattu l’avion. Mais elle a été convaincue par le rapport de Trevidic et Poux. Son appréciation du rapport, tel que paru dans le Guardian, est le suivant : " Après 18 ans, il a finalement été répondu à la question centrale de savoir qui était moralement responsable du déclenchement du génocide. En 400 pages détaillées, y compris les conclusions des six experts qui ont visité le site du crash en 2010, le rapport fournit des preuves scientifiques qu’alors que l’avion approchait les assassins attendaient aux confins du camps militaire de Kanombe - un camp hautement fortifié qui hébergeait les troupes d’élite française, unité connue sous le nom de Garde présidentielle - qui se trouve directement sous le couloir aérien. Ce camp sécurisé aurait été inaccessible au FPR, un point déjà souligné dans le rapport du gouvernement rwandais concernant le crash".

Trevidic et Poux n’ont pas nommé les extrémistes hutus responsables qui ont abattu l’avion d’Habyarimana. Quelqu’un doit le savoir, mais il est possible que le monde ne le sache jamais. Et le rapport ne parle pas non plus du rôle trouble que des fonctionnaires français ont pu jouer dans le crash. Mais ce n’est pas aussi important que la conclusion générale : le FPR n’aurait pas pu abattre l’avion et seuls les employés et les militaires gouvernementaux, qui pouvaient accéder au camp militaire de Kanombe, contrôlé par le gouvernement, auraient pu faire le coup.

Que va-t-il se passer maintenant ? Allons-nous voir un déluge d’excuses de la part de tout ceux qui, pendant deux décennies, ont accusé Kagame ? Hélas, inutile d’attendre cela ! Je suppose que le rapport permettra aux relations franco-rwandaises de s’aplanir , même si la France n’a jamais présenté d’excuses pour sa complicité dans le génocide ou pour avoir nié le génocide, ni même pour avoir contribué à perpétuer le mythe selon lequel Kagame est responsable du crash de l’avion. Mais c’est bien sûr le privilège du Rwanda de tolérer l’absence d’excuses.

Par-dessus tout, la vérité historique est finalement apparue clairement et de façon incontestable. La vérité a gagné. Les extrémistes hutus comme Léon Mugesera ont délibérément attisé une hystérie anti-Tutsis mortelle. Leur conspiration, qui visait à exterminer tous les Tutsis, a gagné en soutien aussi bien de la part des fonctionnaires gouvernementaux que des militaires. Lorsque le président Habyarimana a décidé qu’il n’avait pas d’autres choix que de mettre en œuvre les arrangements pour le partage du pouvoir avec le RPF, comme prévu par les Accords d’Arusha, l’heure de frapper était venue. Les extrémistes ont abattu l’avion présidentiel et le génocide a commencé


* Gérald Caplan est docteur en histoire africaine et a récemment publié "The Betrayal of Africa" – Texte traduit de l’anglais par Elisabeth Nyffenegger

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Rwanda : l’exigence de vérité sur le rôle de la France dans le génocide

Paul Martial

2012-01-23

http://pambazuka.org/fr/category/features/79343

C’est le troisième rapport publié sur l’attentat contre l’avion du président Habyarimana qui a déclenché le génocide rwandais. Le premier, établi par le juge français Bruguière, a été contredit par le rapport Mutsinzi du gouvernement rwandais. Le dernier, œuvre de juges d’instructions français, apporte un éclairage décisif sur un des faits les plus contestés et aux conséquences les plus dramatiques, de l’histoire de ces dernières années.

Le 6 avril 1994 deux missiles sont tirés. Le premier rate sa cible, le second touche le réservoir sous l’aile gauche et fait exploser le Falcon 50, piloté par un équipage français, où se trouvaient les présidents rwandais Juvénal Habyarimana et burundais Cyprien Ntaryamira. Quelques heures après, le génocide au Rwanda débutait, faisant un million de morts Tutsi, mais aussi des Hutu modérés.

Les résultats de l’expertise balistique demandée par les juges d’instructions Trévidic et Poux sont importants à plus d’un titre. D’abord, ils identifient clairement le lieu du tir des deux missiles. Il s’agit du camp militaire de Kanombe où était stationnée la garde présidentielle, fer de lance des extrémistes hutu qui refusaient toute concession au FPR, majoritairement tutsi, et notamment l’accord de paix d’Arusha. Ce camp militaire abritait aussi les coopérants militaires français. Ils avaient pour mission de former les éléments des Forces Armées Rwandaises (FAR). Dans les faits, ils encadraient et conseillaient les FAR pour contenir l’avancée du FPR.

Ensuite, l’expertise contredit totalement les résultats de l’enquête du juge Bruguière qui, à défaut de se rendre au Rwanda et d’interroger les témoins, s’est juste contenté de consigner des faux témoignages de rwandais et d’avaliser les manipulations. Le juge Bruguière, connu pour être un proche de Sarkozy, et candidat malheureux de l’UMP aux élections législatives de 2007, avait conclu que les tirs étaient partis de la colline de Masaka, pourtant sécurisée par l’armée rwandaise et, sur laquelle un commando FPR se serait infiltré, aurait perpétré l’attentat et serait reparti pour rejoindre sa base, elle aussi étroitement surveillée par les forces de l’ONU. Cette enquête avait débouché sur l’inculpation de neuf dirigeants du FPR.

Enfin, géomètres, acousticiens et experts en balistique ne font que confirmer, dans leur domaine, le déroulement historique du génocide. Les partisans du « Hutu Power », qui voyaient une trahison dans l’accord de Juvénal Habyarimana pour un partage du pouvoir avec le FPR, allaient s’emparer du pouvoir, après l’attentat contre le Fokker 50. La Garde présidentielle éliminera la Première ministre, Agathe Uwilingiyimana, et son escorte militaire belge, qui s’apprêtait à lancer un appel au calme à la radio nationale. Dans ce bras de fer entre hutu modérés et extrémistes, la France choisira et soutiendra dès le début et jusqu’à la fin le camp des génocidaires.

Ce rapport ne fait que conforter les soupçons qui pèsent sur les troupes françaises sur place. Sur la fourniture aux FAR de missiles SA16 utilisés dans l’attentat, en effet, il est établi que l’armée française en possédait, prélevés sur le stock de l’armée irakienne lors de l’intervention de 1991. Mais aussi sur le maniement de ces armes sophistiquées qui nécessitent une centaine d’heures de formations et d’entraînement. Il est peu probable que les FAR aient été en capacité de manier de telles armes. D’ailleurs, dans la guerre avec le FPR c’étaient les soldats français qui réglaient les tirs d’artilleries, les soldats de l’armée rwandaise se cantonnaient à la mise à feu.

Ces premiers pas vers la vérité battent en brèche les arguments des négationnistes en France qui ont repris la propagande des extrémistes hutu, attribuant l’attentat au FPR pour lui faire porter la responsabilité du déclenchement du génocide afin de mieux masquer les responsabilités de la France dans ce massacre.

Les partis de gauche doivent dès maintenant s’engager à créer une commission d’enquête parlementaire pour mettre en lumière les agissements de la France dans la politique du génocide au Rwanda. Ce qui traduirait une réelle volonté d’en finir avec les agissements délétères de la France en Afrique.


* Paul Martial au publié cet article dans afriquesenlutte.org

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Assassinat de Sylvanus Olympio le 13 janvier 1963 au Togo

Komla Kpogli

2012-01-23

http://pambazuka.org/fr/category/features/79344

Le 13 janvier 1963 survient le premier coup d’Etat en Afrique. Le président Sylvanius Olympio est assassiné et le processus d’une véritable indépendance du Togo se trouve brisé, presque deux ans, jour pour jour, après l’assassinat de Lumumba. Dans le précarré africain qui vit ses premières années d’indépendance, la Françafrique met en place ses stratégies meurtrières.

Le 27 avril 1960, le Togo, sous la direction de Sylvanus Olympio, proclama son indépendance après la tutelle française qui a suivi la colonisation allemande. Deux ans plus tôt, les populations du territoire du Togo avaient voté pour l’affranchissement de cette tutelle après une série de tentatives d’étouffement et de trucages électoraux opérés par l’administration française, qui ne voyait pas du tout d’un oeil favorable les démarches émancipatrices du peuple du Togo.

Pour retarder les choses ou les bloquer, la France avait estimé que le Togo lui devait 800 millions de francs. Ce qui, selon les autorités françaises, équivalait aux dépenses que la tutelle aurait coûté. M. Olympio, en homme avisé, comprit très tôt qu’un pays qui se proclame indépendant tout en étant "endetté" ne saurait être libre. Ainsi, consacra-t-il deux ans avec l’effort du peuple à travailler pour payer ces 800 million de francs et pour doter le pays de quelques infrastructures à la mesure de l’évènement à célébrer en 1960.

Mais la France n’entendait pas laisser faire. Le général De Gaulle, au pouvoir dans ces années-là, considérait que l’indépendance de ses territoires d’Afrique doit se faire dans le cadre qu’il aura défini. Et ce cadre doit garantir ses divers intérêts coloniaux. Cette vision des choses heurtait les convictions du peuple, de M. Olympio et ses amis pour qui l’indépendance du Togo devrait se caractériser par :

- une vision sociétale qui met les citoyens du Togo au centre de toutes les préoccupations et non les intérêts occidentaux,
- la rupture avec le franc CFA (Franc des colonies françaises d’Afrique) et une autonomie de battre monnaie,
- la construction d’infrastructures pour rendre viable l’économie togolaise notamment un port autonome à Lomé,
- la révision des contrats miniers, notamment celui sur le phosphate que la France exploitait gratuitement depuis de longues années déjà,
- l’absence de coopération militaire avec la France, car le Togo entendait construire une armée faite uniquement de gendarmerie et de police,
- le développement accéléré des secteurs clés à savoir : l’agriculture pour nourrir les populations, la santé et l’éducation.

La France voyait là de graves menaces. Après son opposition à la construction d’un port maritime à Lomé sous le prétexte que le Dahomey à côté en avait un en construction, la France voyait un danger encore plus grand qu’elle devrait juguler. Sylvanus Olympio voulait rompre avec le franc CFA et battre sa propre monnaie. A cet effet, il avait donc préparé avec la Banque de France un accord de rupture qui devait être signé le 15 janvier 1963. La menace se fit plus précise, lorsqu’après échec de toutes les tentatives françaises de le dissuader, allant des propositions les plus mirobolantes à la menace de mort, Sylvanus Olympio lança un appel d’offres d’émission qui fut remporté par l’Angleterre qui émettrait une nouvelle monnaie qui serait garantie par l’Allemagne.

La France voyant que rien n’arrêtait les indépendantistes du Togo, a décidé de mettre fin à la vie de l’homme qui pilotait la machine. Car si le Togo réalisait son projet monétaire, la toile de la Zone Franc que la France avait patiemment tissée autour de ses proies africaines aurait cédé et les proies pas totalement mort se seraient libérées. Et le plan de "l’indépendance-collaboration" aura vécu.

La France va se servir des seconds couteaux démobilisés en Algérie pour abattre Sylvanus Olympio. Le scénario est simple : la France va pousser ces soldats coloniaux, des tirailleurs sénégalais qui avaient combattu contre leur propre continent pour que vive le pouvoir colonial, à aller demander leur intégration dans l’armée nationale du Togo indépendant. La France était convaincue que Sylvanus Olympio, qui fut aux antipodes de ces tirailleurs et qui n’entendait pas avoir une armée de militaires, s’opposera à cette demande. Et ce fut le cas.

Le prétexte fut ainsi tout trouvé. Sylvanus Olympio était immédiatement dépeint comme un tyran dont la haine est orientée contre les gens du Nord, notamment les Kabyè. La nuit du 12 au 13 janvier 1963, la France lâcha ses caniches derrière le président Olympio, qui trouva refuge au sein de la résidence de l’ambassadeur des Etats-Unis d’Amérique. Ce dernier, Leon Pollada, informa aussitôt les autorités françaises, qui y ont envoyé les tueurs l’abattre, sous le patronage du commandant de la gendarmerie Georges Maîtrier.

Le matin du 13 janvier, à 7 h, M. Olympio fut abattu. Eyadéma Gnassingbé revendiqua publiquement l’assassinat (mais Eyadéma dira plus tard que ce n’était pas lui qui avait tiré sur le président, laissant croire à l’oeuvre d’une main française directe. Laquelle ? Quelques sources avaient évoqué le nom de Georges Maîtrier lui-même). Et la France officielle pleura de chaudes larmes de crocodile. Cet assassinat porte la marque de la France, car la mort du président Olympio fut annoncée par la radio France Inter à 6 h du matin, soit une heure à l’avance. Comme ce fut le cas avec le coup d’Etat contre Mamadou Tandja du Niger en février 2010, qui fut annoncé par Bernard Kouchner avant même sa réalisation sur le terrain.

La parenthèse autonomiste fut fermée ainsi dans le sang. Le 13 janvier 1963 a été décrété le jour de la fête de libération nationale. Cette fête macabre, célébrée, jusqu’à une date récente où elle a été ralentie, tous les ans, avec faste et grandioses défilés civilo-militaires, enregistrait toujours la participation des officiels français et d’autres pays aussi bien de l’Ouest que de l’Est à qui des décorations diverses sont accordées. Le territoire, depuis cette date, est plongé sous un régime militaro-policier et remis dans le bain franco-africain.

L’assassinat d’un premier président élu africain après l’assassinat un peu plus tôt du premier Premier ministre en la personne de Lumumba au Congo, signa ainsi le début de la fin de la marche de peuple africain vers son indépendance.
Le 19 septembre 2009, nous écrivions ceci dans une interview réalisée avec Camus Ali du « Lynx » : "En procédant à l’assassinat de Sylvanus Olympio, la France et les USA ont installé au Togo, par le truchement de soldats anti-indépendantistes, incultes et aliénés pro-colonialistes, le chaos. Ils ont semé le crime qui, en se reproduisant dans une impunité absolue, ne cesse de ronger l’âme de notre peuple. C’est en cela que la lutte pour notre affranchissement reste entière. Nos ancêtres l’ont commencée. Ils ont été écrasés. A nous de reprendre le flambeau en ayant la capacité de ne pas répéter certaines de leurs erreurs."

Pour finir, disons que le meilleur hommage que nous puissions rendre à tous ces martyrs africains, c’est, tout en tirant tous les enseignements de leurs oeuvres, de perpétuer leur combat pour l’avènement d’une Afrique totalement libérée, reconstruite et définitivement protégée contre toute agression coloniale.


* Komla Kpogli a publié cet article dans le site http://lajuda.blogspot.com

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Madagascar : Attention à l’électionnisme mora

Ndimby A.

2012-01-23

http://pambazuka.org/fr/category/features/79336

La crise politique qui secoue Madagascar depuis plusieurs années se cherche une issue dans le fonctionnement du jeu électoral. Mais ne risque-t-on pas de s’enfoncer dans une impasse plus grande encore, avec une élection qui écarte les adversaires dangereux pour ne laisser en lice qu’une opposition facile ? L’interdiction faite une nouvelle fois, le 22 janvier, à l’ancien président Marc Ravalomanana de rentrer de son exil en Afrique du Sud, éloigne encore une fois de l’apaisement.

Que ce soit pour les apparatchiks du régime hâtif ou pour les soi-disant Excellences diplomatiques, les élections ont été présentées la semaine dernière comme la porte de sortie de la crise. Sur le principe, tout le monde est d’accord. Toutefois, il serait utile de ne pas se verser dans un « électionnisme mora ». Appeler à faire des élections pour le plaisir de faire des élections, sans se soucier si le contexte est suffisamment apaisé pour les permettre, ne peut être que dangereux.

Dès le 28 juillet 2009, votre serviteur titrait un article ainsi : « Les bonnes questions font les bonnes réponses ». (1) Et il me semble qu’à présent, la question fondamentale sur laquelle il faut se pencher est celle-ci : dans la configuration politique actuelle, le régime hâtif est-il capable d’organiser lesdites élections de façon propre, fiable, et afin qu’elles donnent des résultats qui s’imposent à tous ?

Le passé ne plaide pas en faveur de Rajoelina et de sa clique, arrivés au pouvoir par la force et qui s’y maintiennent par la violence de la répression et de l’intimidation. De plus, de façon très concrète, le référendum du 17 novembre 2010 a été qualifié par la très respectable Commission nationale pour l’observation des élections (CNOE) comme étant « la pire élection qu’elle ait eu à observer ». La mise en place de la fameuse Commission électorale nationale indépendante (CENI) n’a donc rien apporté : normal, vu sa composition très discutable de vieilles planches prétendant constituer de nouveaux meubles. Aucune crédibilité donc pour la fanfaronnade de Rajoelina qui a publiquement, et sans rire, dit que le référendum de 2010 était le scrutin le mieux organisé de l’Histoire de la République à Madagascar. Avec ce pedigree peu flatteur, comment ce régime né d’un putsch militaro-civil pourrait-il prétendre à la moindre crédibilité en matière électorale ?

« Il est temps de redonner la parole au peuple », aime pérorer Andry Rajoelina. Mais diantre, pourquoi s’est-il alors permis de la lui enlever ? J’aimerai bien qu’il nous explique d’où vient son soudain respect du principe de scrutin au suffrage universel, alors qu’il n’a pas hésité à la fouler aux pieds il y a trois ans (remarque déjà effectuée le 9 juin 2011). Les gna gna de la Place de la démocratie et de la place du 13 mai n’étaient pas des élections. La foule de badauds qui s’y trouvaient n’était ni quantitativement ni qualitativement représentative des citoyens malgaches.

Par conséquent, si d’une part les élections sont nécessaires, alors que d’autre part, le régime de transition n’a ni la capacité ni la volonté de les organiser suivant les règles de l’art, quelle est la solution ? Sans doute il n’y a que deux réponses possibles. Primo, mettre l’organisation des élections hors de la portée des auteurs du coup d’État, car ceux-ci n’auront que deux idées en tête : se mettre en pole-position, et écarter tous les adversaires dangereux. Avec une telle mentalité, comment envisager qu’ils aient envie d’élections équitables ? Secundo, créer un cadre normatif pour que ce régime hâtif sans foi ni loi cesse d’adopter un comportement à mi-chemin entre le Chicago des années 30 et l’Afghanistan des Talibans. Cela implique le reformatage de la CENI (que nous demandons depuis sa création) ainsi que celui de la Haute cour constitutionnelle (HCC) : ces structures doivent être réellement indépendantes et neutres pour que la confiance s’instaure. Une HCC dont le passé se caractérise par des jugements en faveur de celui qui distribue les prébendes ne saurait être respectable.

Si pour les vrais démocrates, qualificatif que nous refusons d’emblée à tout putschiste, les élections au suffrage universel sont une condition nécessaire, il ne faut pas oublier qu’elles ne pourraient être une condition suffisante. En effet, il y a d’autres conditions telles que l’équité, l’inclusivité et la compétition. Une élection sans réelle compétition ne pourra être qu’une farce. Une élection qui écarte ceux qui veulent se présenter ne pourra être qu’une bouffonnerie. Si le candidat d’État s’arrange pour écarter au nom de prétextes fallacieux les adversaires dangereux, afin de ne se retrouver que face à des comparses ou des tocards, il ne peut y avoir compétition.

LE DOSSIER RAVALOMANANA

Parler de sortie de crise implique de parler d’élections équitables, et parler d’élections équitables ne pourra se faire en éludant le sujet de la candidature de Marc Ravalomanana. Revendiquer cela ne signifie aucunement être pro-Ravalomanana et encore moins avoir la volonté de voter pour lui. Une élection sans réelle compétition ne pourra être qu’une farce. Une élection qui écarte ceux qui veulent se présenter ne pourra être qu’une bouffonnerie. Si le candidat d’État s’arrange pour écarter au nom de prétextes fallacieux les adversaires dangereux, afin de ne se retrouver que face à des comparses ou des tocards, il ne peut y avoir compétition
Il y a sur ce sujet quatre points essentiels qu’il faut considérer par rapport à la résolution de la crise.

Primo, le procès du 7 février qui sert de prétexte pour écarter le président Ravalomanana n’était pas équitable : il n’a pas cité à comparaître les initiateurs de cette marche sur Ambohitsorohitra (MM. Rajoelina et Monja) ; et il n’a pas fait d’enquête sérieuse sur certains éléments, y compris balistiques, qui pourraient laisser penser qu’il y avait des armes du côté de la foule ; il n’a pas considéré les responsabilités des leaders qui ont amené la foule sur une zone rouge.

Secundo, il y a des gens qui sont sous le coup d’une condamnation judiciaire mais qui ont pourtant été autorisés à revenir au pays. Certains sont mêmes membres du gouvernement hâtif, avec une volonté affirmée de se présenter aux prochaines élections. Comment expliquer ce “deux poids deux mesures” ?

Tertio, un chef d’État écarté par la voie de la foule devrait avoir l’opportunité de se présenter devant les électeurs, afin que ceux-ci puissent réellement exprimer leur opinion sur le renversement dont il a fait l’objet.

Quarto, il y a des citoyens, normaux, honorables et qui payent leurs impôts, et qui ont envie de voter pour Marc Ravalomanana. Au nom de quoi les gros bras, les grandes gueules et les petites cervelles qui pullulent dans le régime actuel pourraient-ils ôter leur droit à ces citoyens, au nom d’une certaine pensée unique ?

Les manœuvres dilatoires pour écarter Marc Ravalomanana des élections ne montrent donc finalement que la crainte hâtive de deux choses. Primo, la crainte de l’envergure d’un candidat potentiellement dangereux, qui a encore des réseaux, qui possède des moyens, qui est encore présent dans l’imagerie populaire, et surtout qui peut capitaliser la grogne et le ressentiment croissant actuel. Secundo, la crainte du camouflet si jamais il faisait un score honorable, faisant ainsi voler en éclats et au grand jour le mythe du soutien populaire intégral à la Révolution orange, ainsi que le mythe « du rejet de Ravalomanana par toute la population malgache », selon l’argumentaire pour justifier le coup d’État.

Mais quel que soit le cas de figure, le dossier Ravalomanana s’annonce épineux pour le régime hâtif. Option 1 : l’autoriser à revenir et à se présenter. Option 2 : ne l’autoriser ni à revenir ni à se présenter. Option 3 : l’autoriser à revenir à condition de ne pas se présenter.

La première option est problématique, pour les raisons abordées précédemment. Les deux autres options sont également problématiques, car elles vont renforcer la fracture au sein de la société malgache, et développer la frustration : celle-ci sera un ferment pour la future crise, autant que la frustration des pro-Ratsiraka en 2002, et qui se sont empressés de manœuvrer pour soutenir un coup d’État dès qu’il y a eu une opportunité. Les frères Rapetou qui pensent donc que le dossier Ravalomanana est insignifiant par rapport à la sortie de crise font donc montre de légèreté [2].

LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE COMME BALISE ?

Dans les évocations de solutions possibles pour tenter de rendre un peu moins sales des élections qui ne pourront que l’être a priori si elles sont sous influence hâtive, beaucoup de monde pense que la solution viendra de l’étranger. Les uns parlent d’élections organisées par l’ONU ; d’autres demandent une observation internationale pour valider les résultats ; et d’autres encore demandent à ce que la communauté internationale fasse pression de manière plus forte pour obliger le pouvoir actuel à revenir à une pratique plus orthodoxe en matière de respect de la démocratie et des droits de l’homme. Foutaises, comme disait dans un temps pas si ancien mon ami Basile Ramahefarisoa.

Sur le premier point (élections organisées par l’ONU), je pense que ce serait dommage de ne pas chercher à mettre en valeur l’expertise de techniciens malgaches pour organiser des élections propres dans leur propre pays. Il y a eu quelques rares expériences positives qui ont été moins pires que les autres (par exemple 1996/1997). La clé a été un contexte institutionnel qui a permis une relative neutralité de l’organisation et du juge électoral. Par conséquent, tant que cette neutralité n’est pas garantie dans les faits, on pourra appeler l’ONU autant que l’on voudra, ce ne sera que du temps perdu.

Sur le deuxième point, je ne crois aucunement en la capacité des observateurs internationaux à assurer une observation correcte des élections à Madagascar. La plupart du temps, il y a des équipes de quelques observateurs, qui vont faire semblant de visiter quelques bureaux de vote, de préférence dans des villes et à leur proximité. L’avis de ces observateurs internationaux, tout « vazaha » qu’ils sont, n’est donc qu’un parfum très lointain de la réalité. Par conséquent, la seule solution est de renforcer les capacités des observateurs nationaux, qui sont les seuls capables de couvrir efficacement près de 18.000 bureaux de vote répartis sur tout le territoire.

Sur le troisième et dernier point, je ne crois pas à la capacité de la communauté internationale à faire pression. On a vu depuis trois ans son inefficacité à faire plier des dirigeants autocratiques pour leur faire adopter un comportement plus honorable. Puis, au mois de juin 2011, la Banque mondiale avait accordé un prêt dans le domaine de l’environnement, en agitant l’épouvantail de suspension en cas de non-amélioration de la situation dans le domaine des trafics de bois précieux. La communauté internationale a-t-elle encore la bêtise de se nourrir d’illusion sur sa capacité de pression, alors que les réseaux qui phagocytent la vie du pays sont de plus en plus étendus, et uniquement motivés par l’Intérêt supérieur de leur ration, au détriment de toute autre considération ?

J’ai longuement discuté sur Skype avec un diplomate il y a quelques jours. Face à mes critiques sur l’empressement de la communauté internationale à reconnaître le régime hâtif, alors que tant de sujets dans le débat de fond ne sont pas encore résolus, ce diplomate m’a en substance dit ceci : « vous avez tort de croire que nous sommes aveugles. Nous sommes conscients de tous les dérapages de ce gouvernement, et de ses tentatives pour nous faire avaler des couleuvres. Mais nous sommes également convaincus que le seul moyen de limiter les dégâts est de dialoguer avec les autorités de transition. Les sanctions ont échoué. On ne peut pas espérer des avancées en matière de médiation tout en pratiquant une politique de la chaise vide. En revenant à un dialogue politique de haut niveau, on se donne la possibilité d’avoir une voix au chapitre (a seat at the table), et de pouvoir influer un minimum sur la suite des événements ».

La reconnaissance mora qui se profile est donc motivée par le prétexte « d’empêcher de ». Dernière (bonne) question : qu’est-ce qui garantit à la communauté internationale que ça ne va pas plutôt « encourager à » ?

Ps : Il me semble que le problème peut se résumer en une phrase. Si Rajoelina se présente alors que Ravalomanana est empêché de le faire, l’élection aura toujours une image d’inéquité et ses résultats seront contestés. Si les deux se présentent, le perdant refusera toujours les résultats, appellera à la fraude et et ses résultats seront contestés. La seule solution pour des élections apaisées est donc qu’aucun des deux ne se présente.

Le Grand Hâtif avait déjà annoncé publiquement son intention de ne pas se présenter. Mais actuellement, ses “stratèges” (lol) se creusent les méninges (re-lol) pour faire admettre sa candidature malgré cette promesse. Au hit-parade des idées foireuses : il n’est plus tenu par cet engagement car la communauté internationale ne l’avait pas reconnu à l’époque, comme c’était prévu en contrepartie. Qu’on se le dise : son engagement en public était clair (y compris devant les caméras de France 24), et à aucun moment ne faisait état de conditionnalités.

Notes
1) http://fijery.wordpress.com/2009/07/28/les-bonnes-questions-font-les-bonnes-reponses/

[2] Il faudra s’attendre à entendre certains braire de bon coeur et de bon matin qu’aborder la question de la candidature de Marc Ravalomanana comme mesure d’apaisement incontournable et condition de la réconciliation signifie le soutenir, ou être téléguidé par lui.


* Ndimby A. tient un blog : http://fijery.wordpress.com

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Débat ouvert sur l’exception de la diversité de l’Afrique

Amady Aly Dieng

2012-01-23

http://pambazuka.org/fr/category/features/79335

Sarkozy l’a dit dans son Discours de Dakar et il n’est pas seul à considérer l’Afrique comme un continent existant en dehors de l’Histoire. Huntington, aussi, n’est pas loin de le penser. On note ainsi un travestissement de l’histoire de l’Afrique noire par rapport aux évolutions du monde, comme tendance intellectuelle courante. Un livre de A. J. Mbem y répond.

La dévaluation de l’image de l’Afrique dans les relations internationales est telle, malgré la montagne de vérités historiques désormais définitives sur l’existence en Afrique de civilisations prestigieuses, que Samuel Huntington, dans «Le Choc des civilisations» (Odile Jacob, 2000), plus d’un siècle après la thèse hégélienne d’une Afrique existant de tout temps hors de l’Histoire, affirme sans nuance qu’il serait excessif de parler d’une civilisation africaine : «A l’exception de Fernand Braudel, la plupart des grands spécialistes ne reconnaissent pas la spécificité d’une civilisation africaine… Dans toute l’Afrique dominent de fortes identités tribales, mais les Africains développent aussi un sentiment d’identité africaine, de sorte que l’on peut penser que l’Afrique subsaharienne pourrait s’assembler pour former une civilisation distincte dont le centre de gravité serait l’Afrique du Sud.»

Dans l’esprit du politologue américain, qui ne doute pas un instant du sérieux de ses recherches historiques, ni de ses critères d’évaluation des civilisations, l’Afrique est un bazar culturel dans lequel il est peu probable d’identifier un ciment de valeurs partagées, une communauté de destin. Fort évocateur à cet égard, le paragraphe que son essai consacre à la « civilisation africaine (la seule civilisation évoquée dans son texte par des caractères en italique) est le seul dont l’identité lui semble largement contestable.

Ce travestissement de l’histoire de l’Afrique noire est une tendance intellectuelle courante lorsqu’il s’agit de faire une lecture globale des évolutions du monde. A Samuel Huntington qui pense c’est à partir de l’Afrique du Sud actuelle que l’on pourrait « peut-être » parler de civilisation africaine, A.J. Mbem a raison de rappeler que les mouvements historiques qui se déroulent (1) en Afrique noire depuis le Moyen Age ne se font pas en marge des enjeux géopolitiques mondiaux.

Depuis les invasions des côtes orientales par les conquêtes arabes jusqu’à la pénétration portugaise au 15e siècle, depuis la traite négrière arabe jusqu’à la traite négrière atlantique, cette Afrique-là, actrice ou victime, participe à l’histoire du capitalisme qui répand sa logique sur la planète. Les rencontres entre les différentes civilisations, de l’islamisation à la christianisation du monde, toutes ces mondialisations antérieures à la globalisation actuelle des concepts et des outils ne se firent pas sans elle. L’Afrique fut bien avant la Traite négrière impliquée à divers égards sur la scène internationale, avec quelques-unes de ses grandes aires de civilisation. Mais jamais comme puissance rétorquent ceux qui, même en Afrique, pensent que, considérée comme entité historique consciente de soi, notamment depuis qu’elle tente de s’affirmer au sein de l’architecture géostratégique imposée à Berlin en 1884, cette Afrique-là ne fut jamais qu’à la marge des grands choix.

Cette Afrique subsaharienne assumera simultanément, dans la pensée et l’action, son projet politique. Naîtront alors des lectures de son passé, des narrations historiennes, des formulations diverses du politique qui continuent de dominer le débat sur son identité et sa mémoire, notamment dans cette Afrique dite noire.

Les thèses de Senghor, Cheikh Anta Diop et Joseph Ki Zerbo sont examinées munitieusement et de façon critique. Il est reproché à Cheikh Anta Diop d’avoir daté la naissance du mythe nègre au moment de la rencontre de l’Afrique noire avec les explorations portugaises au 15e siècle. Son archéologie dudit mythe passe sous silence les relations de l’Afrique au Sud du Sahara avec le monde arabe, avant sa rencontre avec l’Europe. A. J. Mbem, dans son ouvrage, souligne le silence de Cheikh Anta Diop sur la traite négrière arabe qui s’est déroulée 7 siècles avant la traite négrière transatlantique. Il rappelle l’argumentaire de Ibn Kaldun, dans le «Discours sur l’Histoire universelle», sur la bestialité du Nègre.

Prisonnier en 1591 après l’occupation du Songhoy par les Marocains, Ahmet Baba, érudit musulman de Tombouctou, interpelle le Sultan sur les raisons injustifiées de l’asservissement dont il fait l’objet. Dans sa critique, l’érudit musulman de Tombouctou remonte aux racines mythiques de la traite des Noirs, notamment la malédiction de Cham que ses coreligionnaires invoquent au même titre que certains chrétiens du Moyen Age européen.

Résumant en quelques lignes la traite négrière arabo-berbère dans un ouvrage de plusieurs centaines de pages, Joseph Ki Zerbo sous-estime cette séquence malheureuse au prétexte que géographes et historiens arabes ont laissé sur l’Afrique noire de précieux témoignages pour la connaissance historique (cf. «Histoire de l’Afrique noire», Hatier, Paris, 1978).

A. J. Mbem se montre critique à l’égard de la «négritude égyptienne» soutenue par Cheikh Anta Diop. Ce dernier, après avoir évoqué l’éventail de populations métissées qui coexistent dans la Vallée du Nil depuis l’aube des grandes dynasties pharaoniques, conclut ainsi : «Le fonds de la population égyptienne était nègre à l’époque prédynastique». Cette référence se retrouve déjà chez Senghor, mais cette fois s’agissant de l’Egypte ancienne, avec une «lecture négro-africaine» des phénomènes historiques, la propension de certains courants de pensée à vouloir colorier de noir tous les faits de civilisation qui ont pour théâtre historique l’Afrique, même ceux qui relèvent du «Phénomène Humain» (Teilhard de Chardin, Le Seuil, Paris).

Une Egypte «ethniquement homogène», c’est-à-dire nègre de part en part, aurait créé une civilisation aux apports exclusivement nègres sans mélange ethnique ni influence extérieure. L’auteur souligne d’emblée que les arguments proprement historiques dans cette assertion pourtant capitale sont contestables. Ils relèvent même davantage du formalisme logique que de la déduction factuelle. Son affirmation est faiblement motivée par de véritables données empiriques tirées de la Vallée du Nil et qui convergeraient toutes vers la thèse d’une civilisation égyptienne aux composantes exclusivement nègres.

Ceux qui lisent, la plume à la main, Cheikh Anta Diop, ceux qui lisent les publications les moins suspectes de complaisance sur l’Egypte ancienne, savent que, dans ses heures de gloire, non loin du Nil, vivent des populations négroïdes qui ne sont pas des Egyptiens. C’est pourquoi les politiques hégémoniques des Pharaons n’épargnent ni les Libyens, ni les Nubiens. La race n’a jamais été le ferment spirituel de la conscience historique entre Egyptiens.

Ce livre d’André Julien Mbem, Camerounais diplômé de philosophie, ouvre un débat intéressant avec ceux qui veulent réduire la prodigieuse diversité de l’Afrique en un monolithe culturel. Il mérite d’être lu et discuté comme y invite l’auteur.

NOTES
Mythes et réalités de l’identité culturelle africaine – L’Harmattan 2005, 175 Pages


* Amady Aly Dieng est économiste, ancien fonctionnaire de la Banque centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Bceao)

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Ong : Perversion de la solidarité

Lyonel Trouillo

2012-01-23

http://pambazuka.org/fr/category/features/79340

Deux ans après le tremblement de terre qui a ravagé Haïti, presque rien n’a changé dans les conditions de vie des populations. On a parlé de centaines de millions de dollars d’aide, les ONG ont afflué en masse mais leur « règne » n’a été qu’une succession de projets bidons pour justifier d’une présence, voire d’une existence sans ancrage sur le réel.

Les touristes, touristes partis
Le village petit à petit
Retrouve face à lui-même
Sa vérité et ses problèmes
Les touristes, touristes partis
Jean Ferrat

Les unes s’en vont. Il n’y a plus d’argent. Elles vont chercher ailleurs malheur plus profitable. Les autres cherchent les moyens de rester. Au bout de deux ans de remplacement de la politique publique haïtienne par le règne des ONG, les conditions de vie de l’ensemble de la population ne se sont pas améliorées. Au contraire. Puisque l’aide immédiate apportée par la logique compassionnelle – même quand dans certains cas elle a été efficace – laisse la population encore plus dépendante qu’avant.

La logique compassionnelle a remplacé la logique structurante, et les fonds dépensés par les ONG n’ont pas permis d’asseoir une politique qui transformerait le long terme vers un meilleur avenir. Les ONG, dans l’obsession apparente du présent, tuent la pensée de l’avenir. Elles ont besoin d’un état de crise permanent.

Aujourd’hui, comme elles ont du mal à convaincre de l’existence d’une situation de crise, l’argent leur vient moins vite. D’où la fuite vers l’ailleurs. Mais comme leur personnel a pris l’habitude du bonheur individuel en Haïti – on les entend parfois dire qu’ils « s’éclatent», « s’épanouissent » - certaines s’ingénient à « penser » de nouveaux programmes pour rester. « Le lien mère – enfant » ; « l’aide psychologique», les « programmes sociaux ».

Aujourd’hui, tout le défi qui se pose aux ONG, c’est de trouver des programmes, les uns plus bidons que les autres, qui pourraient justifier leur présence. Et l’une des astuces est de faire comme si elles travaillaient de concert avec des ONG haïtiennes.

Mais c’est sans doute partir du mauvais bout que de commencer une analyse du fonctionnement et des effets des ONG internationales dans les pays où elles sévissent. Il conviendrait de partir des pays d’origine et de faire une sociologie du personnel des ONG, en se rappelant le vieil adage « qu’on ne peut juger un homme (ou une institution) sur l’idée qu’il (ou elle) se fait de lui-même ».

Le sociologue haïtien Hérold Toussaint affirmait récemment que l’une des richesses d’Haïti consistait à permettre à des gens qui ne trouvaient ni sens ni bonheur à leur vie dans leur pays d’origine de venir se (re)faire une santé. Selon l’expression de l’écrivain haïtien Jean Euphèle Milcé, il s’agit bel et bien d’une nouvelle catégorie de « travailleurs immigrés». Ils partent pour la plupart pour les mêmes raisons que les Haïtiens partent vers l’Amérique du Nord. Pour la plupart, ils bénéficient d’un statut social supérieur à celui qu’ils avaient dans leur pays d’origine, ils gagnent pour la plupart un salaire supérieur à celui qu’ils gagnaient dans leur pays d’origine.

Mais à la différence du travailleur immigré haïtien s’installant dans un pays occidental, ils ne sont pas obligés d’apprendre la langue du pays d’accueil, de payer des taxes à l’Etat. Ils constituent des ghettos de riches qui fonctionnent à huis clos.

Dans le concret, parmi les effets de la présence des ONG, la hausse des prix des loyers dans la zone métropolitaine, la désertion des établissements scolaires par les maîtres du secondaire qui préfèrent un contrat de quelques mois en tant que cadres d’une ONG à leur modeste salaire de professeur ; le débauchage des cadres haïtiens ; l’installation de la culture de la dépendance ; l’affaiblissement du pouvoir décisionnel de l’Etat soumis aux influences, parfois au diktat des bailleurs et « partenaires » ; une circulation monétaire et une hausse des prix non conformes à l’économie réelle; la perte de « l’autorité discursive » par les Haïtiens, ce qui se dit d’Haïti à l’étranger, la perception générale du réel haïtien étant en majorité le produit des propos rapportés et des données établies par les
ONG.

D’autres feront l’analyse concrète et le relevé des réussites et échecs de « l’action » des ONG en Haïti. Tel programme d’assainissement des eaux aura réussi, tel autre aura échoué. D’autres établiront l’usage réel des fonds dépensés en Haïti par les ONG : quelle somme est allée aux dits bénéficiaires, quelle somme a payé les salaires, quelle somme est allée aux stratégies de visibilité.

Moi, je m’arrêterai à deux choses. Seules les ONG et il n’en est pas beaucoup – qui répondent à des demandes clairement formulées par les Haïtiens participent de la transformation de la société. Les autres me font penser à un vers de Mahmoud Darwich : « il est du loisir de Colomb le libre de trouver les Indes dans n’importe quel pays ».

Il y a les quelques uns qui écoutent, appuient, apprennent et aident. Et il y a ceux qui, prétextant des morts causés par le séisme du 12 janvier 2010, et au nom de vivants pas très loin de la mort, sont venus chercher leurs Indes. On connaît l’histoire à laquelle donne naissance l’arrivée de Colomb et des Espagnols à l’île d’Hispaniola. Au bout de quelque temps, quand il n’y eut plus d’or, ils partirent ailleurs chercher de nouvelles Indes.


* Lyonel Trouillot est écrivain, cet article est paru dans le dossier consacré par FAL Magazine à Haïti deux ans après le tremblement de terre.

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Célébrations et critiques de l’ANC lors de son centenaire

Réflexions sur le plus vieux mouvement de libération africain

Danny Schechter

2012-01-23

http://pambazuka.org/fr/category/features/79337

Un groupe qui a combattu le pouvoir avant de devenir le pouvoir et, dans certains cas, d’être séduit par le pouvoir. Voilà ce qu’est l’ANC au moment de célébrer son centième anniversaire le 8 janvier dernier. Une nouvelle croisade contre la corruption, la démagogie et l’hypocrisie est requise, le concernant.

L’invitation m’est parvenue par courrier électronique, invitant "CDE Danny Schechter" à la cérémonie commémorant le centième anniversaire du Congrès National Africain d’Afrique du Sud dans le Free State (ANC). Malheureusement, en cette période déprimante j’ai dû envoyer mes regrets, l’invitation n’étant pas assortie d’un billet d’avion.

Pour les non-initiés, CDE signifie "camarade", une désignation qui dans ce pays est largement associée aux mouvements communistes, un terme souvent utilisé par les membres de l’armée américaine et même par les militants d’Occupy Wall Street.

Le dictionnaire que j’ai consulté le définit comme un terme subversif de la gauche, ce qu’il n’est évidemment pas.

"Camarade [ kämrad ; kärd] : nom. Un compagnon qui partage ses propres activités ou un membre d’une même organisation. Egalement compagnon d’armes, un autre soldat ou membre des forces armées. Un autre membre du parti socialiste ou communiste. (souvent une forme de titre comme dans Camarade Lénine)"

Les membres de l’ANC ou des membres de mouvements de libération du monde entier utilisent le terme camarade en signe de reconnaissance ou d’affection. Dans ce sens j’étais fier d’être sur la liste des invités de l’ANC, sans doute parce que pendant 30 ans j’ai bataillé contre l’Apartheid et j’ai milité en Afrique du Sud et en Amérique comme écrivain, cinéaste. J’ai également fait partie de l’équipe qui a produit Sun City, le hit anti-Apartheid faisant appel à de nombreux artistes et d’autre matériel éducationnel.

J’étais impliqué dans la lutte sud africaine jusqu’au cou depuis l’époque où je faisais partie des mouvements pour les droits civiques au début des années’ 60’, l’époque où j’étais fraîchement diplômé à Londres. Au milieu des années’ 60’ j’ai visité le pays de l’Apartheid au cours d’une "mission" soutenue par l’ANC, en tant que fondateur de l’Africa Research Group à Cambridge (MA) comme écrivain free lance et ensuite comme producteur et cinéaste indépendant. J’ai produit 5 films. En Afrique du Sud, j’ai travaillé avec une compagnie sud africaine. Ma compagnie Globalvision a produit une série télévisée, « South Africa Now », de 156 épisodes, pour la période allant de 1987 à 1991. C’est une immersion prolongée et comme me l’a dit l’écrivain et poète lauréat sud-africain, Mazisi Kunene, j’ai acquis le droit de faire entendre mes préoccupations même si je ne suis pas né " au pays bien-aimé"


UNE HISTOIRE DU MILITANTISME

L’ANC, fondée en 1912 par des exilés à Harlem, New York (à peu près à la même époque où est née le National Association for the Advancement of Coloured People (NAACP)), a mené l’un des plus long combat pour l’indépendance en Afrique. Elle est passé par plusieurs étapes. D’abord comme mouvement confessionnel, une élite qui faisait du lobbying, un mouvement nationaliste non-violent qui a fait alliance avec les Indiens, les gens de couleur, les Blancs progressistes y compris des Afrikaners et des communistes. L’ANC s’est transformé en mouvement de lutte et de résistance armées dès lors que la porte aux changements non violents a été brutalement fermée par les Blancs nationalistes qui, sur la base du racisme colonial britannique, ont imposé l’Apartheid, une pratique qui consistait à déplacer des communautés, à réglementer les forces de travail avec des laissez-passer et par la répression violente.

En réaction, l’ANC a élaboré une stratégie en quatre points, centrée sur la lutte armée menée par des exilés, l’insurrection urbaine dans les townships afin de rendre le pays ingouvernable, un militantisme anti-Apartheid mondial et du lobbying agressifs auprès des Nations Unies, des fédérations de sport et autres organes internationaux. Ses défenseurs engagés et impressionnants et ses représentants ont sillonné la terre entière pour obtenir des fonds et pour faire connaître la situation en Afrique du Sud.

A l’extérieur du pays, le mouvement a été conduit par Olivier Tambo, qui était l’associé dans l’étude d’avocat de Nelson Mandela. L’ANC avait des alliances dans les pays voisins, notamment au Mozambique, au Zimbabwe et en Zambie et a travaillé de concert avec les combattants pour l’indépendance en Angola et en Namibie.

En Afrique du Sud de nombreux dirigeants importants comme Mandela ont été arrêtés et envoyés dans la prison draconienne de Robben Island où il était attendu qu’ils meurent. Des milliers d’autres ont été arrêtés lors de rudes batailles contre la police et l’armée. Des légions ont sacrifié leur vie comme le combattant de la Conscience noir, Steve Biko, ou des rivaux dans le PAC et Unity Movement. Nombreux sont ceux qui sont morts ou ont été tués, ont subi la torture, ont été séparés de leur famille et ont enduré des temps très difficiles.

Finalement, après que l’économie sud africaine ait été mise sous pression par des sanctions et après que l’armée ait subi une défaite majeure face aux Cubains et aux combattants de la solidarité africaine en Angola, Pretoria n’a eu d’autre choix que de libérer Mandela et ses camarades et de commencer un processus de négociations qui a mené aux premières élections démocratiques du pays, quatre ans plus tard. Nelson Mandela est devenu président en 1994

NOUVEAU DEFI

C’était il y a 20 ans. L’ANC qui a promis une vie meilleure pour tous a dû faire face à un nouveau combat, encore plus difficile : celui de tenir ses promesses en fournissant des services, en construisant des maisons, en créant de l’emploi et en transformant le pays qui connaît la plus forte disparité du monde entre les riches et les pauvres. Là, les 99,9% étaient les otages du 0,1% Un groupe qui a combattu le pouvoir, qui a pris le pouvoir et qui dans certains cas a été séduit par le pouvoir et la corruption. Le résultat était prévisible et une leçon pour les révolutionnaires du monde entier.

Certains dans l’ANC ont pensé "c’est maintenant notre tour" de profiter des richesses du pays. "Si nous nous laissons éblouir par ce qui brille, m’a averti Joe Slovo, l’un des dirigeants de l’ANC lors d’un entretien le premier jour des élections, c’en est fait de nous". S’il avait vécu, il ne serait pas aujourd’hui un homme heureux en voyant les cooptations et les compromissions de ses camarades.

Regrettablement, les uns ont quitté et les autres sont venus. Le pays qui voulait être connu comme "la Nation Arc en Ciel" a révélé un aspect sombre en même temps que des progrès impressionnants et indéniables. Toutefois, l’ANC a perdu son aura bénéfique et dans certains cas, sa stature morale, après que quelques dirigeants proéminents soient devenus millionnaires et que les programmes destinés à rendre leur pouvoir aux Noirs ont été entachés de népotisme en même temps que d’une inefficience qui rappelle le temps de l’Apartheid avec sa phrase " Lets make a plan" (Faisons un plan.)

Il semble qu’un nouveau scandale surgit chaque jour. En même temps il y a de nombreux piliers de l’ANC qui restent fidèles aux valeurs du mouvement. Il faut dire à son crédit que la presse sud africaine dit les choses comme elles sont. Un certain nombre de situations sont réversibles. De nombreux militants manifestent pour des réformes de ce qu’ils appellent "le nouvel Apartheid". Les traditions de l’ANC sont vivantes bien que pas nécessairement à l’intérieur de l’ANC. Une nouvelle croisade contre la corruption, la démagogie et l’hypocrisie est nécessaire

On peut espérer que cet anniversaire soit le temps de la réflexion. Celle-ci doit commencer en reconnaissant que l’ANC n’a pas produit un ordre nouveau à elle seule. L’ANC doit reconnaître la contribution des responsables religieux comme Desmond Tutu et des dirigeants civiles de toutes les communautés. Il doit saluer les mouvements de solidarité qui ont contribué à disqualifier l’Apartheid et ses partisans, y compris des multinationales et des politiciens américains.

Bon centième anniversaire ANC ! Longue vie à tous vos dirigeants et supporters et mes remerciements sincères pour m’avoir permis, à moi, un Américain sympathisant, d’accéder à votre processus interne et pour les grandes leçons sur ce qui est requis pour effectuer le changement. J’ai reçu tellement plus que je n’ai pu donné et je suis fier d’avoir été à vos côtés chaque fois que j’ai pu.


* Danny Schechter est un analyste politique et le rédacteur de Mediachannel1.org. Il est l’auteur de "Crimes of our time" – Texte traduit de l’anglais par Elisabeth Nyffenegger

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Nigeria : Arrêt des subventions sur le carburant et déferlante de protestation

Le conflit entre les syndicats et la société civile

Fidelis Allen

2012-01-23

http://pambazuka.org/fr/category/features/79341

Les manifestations anti-gouvernementales contre la hausse des prix du carburant ont bien réussi au Nigeria, malgré les allégations de brutalité policière à l’encontre des protestataires. Mais les syndicats semblent incapables de faire entendre la voix de la population dans une partie du pays

"Les syndicats ont été achetés. Ils se sont compromis. Nous, la société civile de Rivers State, pensions pouvoir travailler avec les syndicats, mais ils se sont compromis dans Rivers State. Comment peut-on dire qu’on proteste si on entre là-dedans avec nonchalance ? C’est un manque de sérieux. C’est si évident", note Célestin Akpobari de la Ogoni Civil Society Platform en réponse à mes questions concernant les protestations contre l’annulation par le gouvernement fédéral des subventions sur le pétrole subventionné et qui entre en vigueur le 9 janvier. Les dissensions entre la société civile et le Nigeria labour Congress (NLC) et le Trade Union Congress (TAC), concernant les stratégies dans la lutte actuelle contre l’augmentation du prix du carburant résultant de l’abolition des subventions, sont déjà apparentes. Lagos, Kaduna, Abuja et d’autres localités ont enregistré d’énormes manifestations, tandis que Port Harcourt, Rivers State où, à l’heure qu’il est, le NLC et le TUC sont accusés de compromissions, ont été en reste.

Actuellement le Nigeria produit 2,6 millions de barils de pétrole par jour, principalement raffiné à l’étranger, ses quatre raffineries étant malades de la corruption, de la sous-utilisation et de défaillances techniques. Ce qui ne laisse qu’une mauvaise option qui consiste à importer du carburant largement subventionné. Les Nigérians ont longtemps attendu que le gouvernement répare les raffineries, alors que des licences ont été octroyées à des investisseurs pour opérer des raffineries privées qui raffinent le brut localement pour satisfaire des besoins locaux qui se montent à 300 000 barils par jour.

Avec ce niveau de consommation quotidien et la capacité des installations de raffinage au Nigeria qui est de 445 000 barils par jour, il serait possible de répondre à la demande locale de 3,5millions de litres par jour. Les besoins locaux auraient certainement pu être satisfait pour un coût minimal si les raffineries fonctionnaient à plein rendement. Mais le gouvernement s’est mis à subventionner l’importation de carburant, un processus déclaré corrompu.

Le gouvernement fédéral insiste sur la nécessité de procéder à des économies afin de se consacrer au bien-être de tous les Nigérians et qu’il est aussi nécessaire d’aborder le problème de la corruption du marché du carburant en abolissant les subventions. Le résultat est que les prix ont flambé, passant de 65 nairas à environ 140 et 180 nairas. Ceci a un impact considérable sur les pauvres, dans la mesure où le prix du carburant affecte le prix des transports, l’accès à la nourriture, etc., dont les prix sont liés à celui du carburant. Dorénavant incapables de subvenir à leurs besoins avec leur maigre revenu, devant payer deux à trois fois plus chers les matières premières, les Nigérians sont descendus dans la rue.

Le NLC et le TUC, à l’avant-garde des protestions dans de nombreux Etats ou alliés avec la société civile, semblent ne pas avoir rencontré un grand succès dans certains Etats, selon les militants. Dans le cas de Rivers State, des groupes de la société civile ont des difficultés collaborer avec le NLC et le TUC, simplement sur la base d’une perception que les syndicats seraient vendus au gouvernement de cet Etat. Mais selon un militant de la société civile, "les dirigeants des syndicats officiels qui mènent ces protestations se sont soumis à l’influence des intérêts et forces politiques en ne collaborant pas directement avec la société civile et en acceptant, le 10 janvier, de disperser la manifestation suite au discours du gouverneur de l’Etat à Gouvernment House à Port Harcourt". Un journaliste de Port Harcourt, Steve Obodkwe, avec qui j’étais en contact à propos de cette affaire, affirme qu’au contraire l’arrêt du travail et la fermeture des bureaux d’un gouvernement très bien établi et d’organisations privées sont autant de signes de l’impact des protestations.

L’arrivée tardive des membres et des dirigeants du NLC et du TUC lors des manifestations du premier et du deuxième jour dans la ville a grandement mécontenté certains des agents de la société civile. Comme ils le disaient, ce manque de sérieux de la part des syndicats n’est pas au profit de la masse des pauvres gens de l’Etat de Rivers State. Dans l’Etat de Bayelsa, les membres du NLC et du TUC étaient absents de la rue et se sont contentés de discuter dans leurs locaux avant de s’en aller. Comme cela fût discuté lors d’une réunion sur la stratégie tenue par des militants de la société civile dans les locaux de Social Action à Orominike Close, D-Line Port Harcourt, le 10 janvier, après la manifestation, le gouverneur et le président de l’Etat de Rivers State semblent avoir eu recours à la cooptation afin de frustrer les manifestants de l’Etat de Bayelsa et Rivers State. Il semble que les syndicats sont incapables de donner à la population un moyen d’expression dans certaines parties du pays. Dans l’intervalle, les manifestations ont bien réussi dans de nombreuses parties du pays malgré les nombreuses allégations de brutalités policières et de décès de protestataires.

La question de l’augmentation du prix du carburant résultant de l’annulation des subventions est suffisamment sérieuse pour générer la colère des Nigérians, y compris du Barreau dont les membres ont promis des services légaux gratuits à tous ceux qui souffrent injustement de la protestation nationale. Pour les pauvres, la mesure signifie une grande chute dans l’abîme de la misère. La protestation est une lutte pour la survie et a une signification bien plus importante qu’une simple réaction à la politique du gouvernement.

De toute façon, pendant que la société civile dans des Etats comme celui de Lagos, Ibadan et d’autres semble avoir bien réussi avec une très bonne organisation, le manque de ressources et de mobilisation effective semble avoir affecté le momentum pour des manifestations persistantes dans certains groupes après la première journée de protestation, comme dans le cas de Rivers State. Les communautés locales et le secteur informel sont plutôt tièdes à la perspective des manifestations. Certains préfèrent rester chez eux et regarder les développements à la télévision, pour peu qu’il y ait de l’électricité qui est un luxe immense dans de nombreuses parties de Port Harcourt, y compris dans le quartier où je vis avec ma famille. On a de l’électricité soit par un mini générateur soit on reste dans l’obscurité pendant des semaines, jusqu’à ce que les autorités préposées se présentent. Auquel cas on aura du courant pendant 2 heures, au mieux 5 heures par jour.

L’augmentation du prix du carburant signifie que les citoyens seront privés d’électricité la majeure partie du temps. Les denrées alimentaires, les transports, les frais scolaires des enfants et les loisirs sont maintenant devenus terriblement coûteux. Par exemple, le tarif dans la ville de Port Harcourt, qui était 50 nairas pour un parcours, est passé à 100-200 nairas, un développement qui annonce des désastres.

L’annulation des subventions sur le carburant, source de plus de difficultés pour la population, est aussi inopportune que les subventions allouées des années durant à une industrie pétrolière toxique. Non seulement cette mesure fait clairement partie des projets néolibéraux de la Banque Mondiale et du Fond Monétaire International qui visent à davantage intégrer les pays en voie de développement dans l’ordre capitaliste, mais encore elle sert les intérêts sous-jacents des pays développés qui s’efforcent d’atteindre des résultats négatifs pour les pauvres qui sont complètement négligés dans ce projet. La logique d’années de subventions à une industrie aussi toxique que l’industrie pétrolière est complètement ignorée, et d’aucuns croient que le pétrole n’a jamais été subventionné au Nigeria. Le pétrole est responsable de l’actuelle crise climatique ainsi que des dommages sévères à l’environnement immédiat ou aux écosystèmes du Delta du Niger.

De toute façon, il est des gens de la société civile pour qui l’abolition des subsides pétroliers n’est pas la même chose que l’augmentation du prix du pétrole. Du moins, Célestin Akpobari du Social Action a-t-il clairement formulé les choses, lorsqu’il a dit que l’abolition des subsides pétroliers aurait pu être gérée différemment en ce qui concerne le calendrier si le gouvernement avait pris la peine de consulter les différentes parties intéressées (…)


* Fidelis Allen, PhD, enseigne à la School for Development Studies, à l’université de KwaZulu-Natal, à Durban en Afrique du Sud. – Texte traduit de l’anglais par Elisabeth Nyffenegger

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Plaidoyers & campagnes

Les ONG demandent la non-promulgation du Code de la famille

 au Mali

2012-01-23

http://pambazuka.org/fr/category/advocacy/79338

En 2010, une pression des milieux religieux faisait reculer le gouvernement malien dans son projet d’adoption d’un Code de la famille favorable à la promotion et à la protection des droits des femmes. Le 16 janvier dernier un nouveau texte a été promulgué par le président malien, qui revient sur l’essentiel des dispositions du premier Code. Des ONG se mobilisent et dénoncent.

Lettre ouverte au Président de la République du Mali



Votre Excellence, Monsieur le Président de la République, 



La Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH), l'Association malienne des droits de l'Homme (AMDH), l'Espace d'Echange et de Concertation des femmes du Mali et l'Union interafricaine des droits de l'homme (UIDH) expriment leur profonde préoccupation concernant le texte du Code de la famille, adopté par l'Assemblée nationale malienne le 2 décembre 2011, en deuxième lecture.



Ce code, qui était censé corriger les discriminations et améliorer le statut de la femme malienne et des enfants maliens, en réduisant les inégalités et en harmonisant les lois internes avec les conventions régionales et internationales ratifiées, représente un vrai recul en matière de droits humains des femmes et des enfants. Nos organisations soulignent la non-conformité de ce texte avec les principes garantis par la Constitution malienne, ainsi qu'avec les obligations internationales du Mali.

Nous nous adressons ainsi à vous, Monsieur le Président, afin de vous demander la non-promulgation de ce texte discriminatoire.

En effet, l'article 2 de la Constitution du Mali prévoit que « tous les Maliens naissent et demeurent libres et égaux en droits et en devoirs. Toute discrimination fondée sur l'origine sociale, la couleur, la langue, la race, le sexe, la religion et l'opinion politique est prohibée ». Or, plusieurs dispositions du nouveau Code vont à l'encontre du principe de non-discrimination garanti par la Constitution. A titre d'exemple, l'article 311 du Code dispose aujourd'hui que "la femme doit obéissance à son mari" et selon l'article 314, l'homme est considéré comme l'unique chef de famille. De plus, l'article 282 consacre l'âge légal de mariage à 16 ans pour les filles et à 18 ans pour les hommes.



Nos organisations soulignent que le Code adopté par l'Assemblée nationale, s'il était promulgué en l'état, romprait l'égalité entre Maliens et Maliennes consacrée par la Constitution. Par ailleurs, le texte irait à l'encontre des obligations internationales du Mali consacrées, notamment par son adhésion à la Convention des Nations unies sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, ratifiée en 1985, le Protocole à la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples relatif aux droits des femmes, ratifié en 2005, ainsi que la Convention des Nations unies relative aux droits de l’enfant, ratifiée en 1990.

Par ailleurs, nos organisations notent que le délai de promulgation, fixé à 15 jours selon l'article 40 de la Constitution, est déjà largement dépassé.



Compte tenu de ces éléments, de votre rôle de garant de la Constitution et conformément à l'article 40 de la Constitution malienne, nous vous demandons, Monsieur le président, de ne pas promulguer le nouveau Code en l'état, afin de permettre la mise en place d'un code de la famille respectueux à la fois des normes constitutionnelles et internationales. Une telle décision est indispensable au respect des droits humains des femmes maliennes et honorerait la République du Mali.



Nous avons confiance dans votre volonté de promouvoir les droits des femmes maliennes et comptons sur vous pour éviter tout recul à cet égard. 


Nous vous prions d’agréer, Monsieur le président de la République, l’expression de notre haute considération.


* Mme Souhayr Belhassen, présidente de la FIDH, Me Moctar Mariko, président de l'AMDH, Me Kadidia Sangaré Coulibaly, L'Espace d’Echange et de Concertation des Femmes du Mali, Me Brahima Koné, président de l'UIDH

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Arts & livres

Afrique : Ce que les musiciens retiennent de Césaria Evora

2012-01-22

http://tinyurl.com/7jmf3qo

Césaria Evora sonne, dans la bouche des chanteurs réunis le 14 février à Dakar pour lui rendre hommage, à travers un concert, comme le nom d’une chanteuse internationale, d’une diva de la musique cap verdienne, mais surtout d’un exemple pour l’Afrique en général et le Cap Vert en particulier... Tout son combat, c’était pour valoriser davantage l’Afrique. A travers sa personne et sa musique, elle a fait découvrir son pays natal qui est le Cap Vert.


Afrique du Sud : La vie de Mandela adaptée en série télévisée

2012-01-22

http://tinyurl.com/7ku3vwp

Trois entreprises des loisirs uniront leurs efforts pour adapter en série télévisée la vie de l'ex-président sud-africain Nelson Mandela. Cette série de six heures intitulée « Madiba » couvrirait six décennies, racontant la direction de M. Mandela à la tête du Congrès national africain, son emprisonnement à Robben Island et son élection triomphale en tant que premier président noir d' Afrique du Sud à la suite du premier scrutin démocratique du pays en 1994. Deux des autobiographies de M. Mandela, "Conversations with Myself" et "Nelson Mandela by Himself", seront utilisées comme documents de référence pour le scénario.


Sénégal : Une plasticienne primée en Egypte

2012-01-22

http://tinyurl.com/6orsope

La ville Egyptienne de Luxor a abrité, du 25 décembre 2011 au 8 janvier 2012, la 4éme édition d'un symposium international, une manifestation artistique qui regroupe les artistes peintres les plus distingués à travers le monde. A l'issue de l'exposition générale et individuelle, le jury a décerné le Meilleur prix de la Créativité à la Sénégalaise Aïssatou Dieng, artiste décoratrice et plasticienne. Elle a présenté deux tableaux diptyques (système d'assemblage de tableaux communs).





Droits humains

Côte d'Ivoire : La situation humanitaire mérite davantage d'attention

2012-01-22

http://tinyurl.com/72npavz

Neuf mois après la crise postélectorale en Côte d'Ivoire, la situation sécuritaire et politique s'est progressivement améliorée dans la majeure partie du territoire, permettant le retour de personnes déplacées internes et de réfugiés, a noté le 16 janvier le Représentant spécial du Secrétaire général de l'ONU dans ce pays. Mais pour l'ONUCI, l'assistance humanitaire aux populations les plus vulnérables reste une priorité absolue, y compris la protection des civils, la restauration des moyens de subsistance, le retour volontaire et la réintégration.


Global : L’homme qui pansait les tortures

2012-01-22

http://tinyurl.com/8y8tkqo

Survivant des prisons éthiopiennes, Mulugeta Abai a mis près de 20 ans avant de raconter son histoire. Aujourd’hui directeur du Centre canadien pour les victimes de torture, il aide à son tour ceux qui souffrent de séquelles physiques et psychologiques. Depuis sa création en 1977, l’organisme a reçu plus de 18.000 hommes et femmes de 123 pays différents. Des réfugiés pour la plupart, venus d’Ethiopie, d’Erythrée, de Somalie, mais aussi des Afghans, des Irakiens, des Iraniens ou encore des immigrés d’Amérique du Sud.





Réfugiés & migration forcée

Afrique du Sud : Un projet pour recruter 50000 ressortissants étrangers

2012-01-22

http://tinyurl.com/866q5hg

Le directeur général des Affaires intérieures sud-africaines a déclaré que Pretoria projetait de recruter 50 000 "ressortissants étrangers très qualifiés". M. Apleni a également déclaré que le gouvernement aidera les universitaires et étudiants étrangers à obtenir facilement des permis de travail et d'étude. D'après le projet, l'Afrique du Sud s'engage à régulariser le séjour en Afrique du Sud de tous les ressortissants zimbabwéens sans papiers. A ce jour, le département a reçu 275762 demandes de permis de travail, d'étude et d'affaires.


Ethiopie : Un programme de villagisation qui déracine les populations

2012-01-22

http://tinyurl.com/7fhcn46

Human Rights Watch (HRW), a demandé aux autorités éthiopiennes de mettre fin à leur programme de 'villagisation', qui entraîne le déplacement forcé des populations locales vers de nouveaux villages. Dans le cadre de ce programme, le gouvernement éthiopien est en train de déplacer de force environ 70.000 personnes appartenant à des groupes de population autochtones de la région de Gambela, dans l'Ouest du pays. Ceci entraîne des déplacements forcés, la perte des moyens de subsistance, la détérioration de la situation alimentaire et les violations actuellement perpétrées par les forces armées à l'encontre des personnes concernées.





Elections & gouvernance

Afrique du Sud : Mbeki de retour sur le devant de la scène

2012-01-22

http://tinyurl.com/75o6kz4

L'ancien président sud-africain, Thabo Mbeki, a fait un retour spectaculaire sur le devant de la scène, trois ans après son éviction par le Congrès national africain (ANC, au pouvoir). M. Mbeki avait été démis de ses fonctions présidentielles en septembre 2008, après une longue querelle politique et juridique avec son vice-président, Jacob Zuma. Il y a une semaine, M. Mbeki a été accueilli par un tonnerre d'applaudissements quand il est apparu aux célébrations du 100-ème anniversaire de l'ANC à Bloemfontein. Le leader de la Ligue de la Jeunesse de l'ANC, Julius Malema, qui avait joué un rôle déterminant dans la disgrâce de M. Mbeki, lui a lancé un appel pour qu'il revienne sur la scène politique.


Cap-Vert : L'aéroport international de Praia baptisé Nelson Mandela

2012-01-22

http://tinyurl.com/7ub8y9z

Le gouvernement capverdien a décidé de donner le nom de Nelson Mandela à l'aéroport international de Praia (AIP), en hommage à l'ex-président sud-africain. Praia espère que sa décision poussera les jeunes Capverdiens à s'intéresser plus à l'histoire du continent, "particulièrement à la chute du régime odieux de l'apartheid". M. Mandela, prix Nobel de la paix en 1993, est âgé de 93 ans. Il ne paraît plus en public en raison de son fragile état de santé et réside depuis juillet 2011 à Qunu (sud de l'Afrique du Sud), le village de son enfance.


Côte d’Ivoire : Des dérives totalitaires sans précédent

2012-01-22

http://www.sanfinna.com/?p=30062

Voilà sept mois qu’Alassane Ouattara, soutenu par la « communauté internationale », est devenu le président de la Côte d’Ivoire au détriment de Laurent Gbagbo et au terme d’une crise qui aura vu le pays se déchirer. Si l’inculpation de Gbagbo par la CPI a été largement médiatisée, la situation en Côte d’Ivoire est passée sous silence. L’ordre et la tranquillité sont pourtant loin d’être revenus.


Egypte : Les islamistes remportent plus des deux tiers des sièges de députés

2012-01-22

http://tinyurl.com/6v6szn4

Le parti de la liberté et de la justice (PLJ), issu des Frères musulmans, se taille la part du lion avec 235 sièges sur les 498 en lice, soit 47% environ, lors de ce scrutin qui s'est tenu en plusieurs phases depuis le 28 novembre. Le parti fondamentaliste salafiste Al-Nour arrive en deuxième position, avec 121 sièges (environ 24%). Le parti libéral Wafd a eu quelque 9% des sièges. Le Bloc égyptien, coalition de partis libéraux laïcs, obtient 7% des députés dans cette élection considérée comme la plus ouverte depuis le renversement de la monarchie en 1952. Dix sièges de députés supplémentaires, non-élus, doivent encore être pourvus par le chef du Conseil militaire qui dirige le pays, le maréchal Hussein Tantaoui.


Guinée-Bissau : Election présidentielle anticipée le 18 mars

2012-01-22

http://tinyurl.com/86aehdg

Le président bissau-guinéen par intérim a fixé au 18 mars la date de l'élection présidentielle anticipée que son pays doit organiser à la suite du décès du chef de l'Etat Malam Bacaï Sanha. Avec un consensus atteint à la suite des différentes consultations avec les acteurs politiques, le président de la République par intérim pense que les conditions politiques et légales sont réunies" pour le scrutin. Malam Bacaï Sanha, qui avait été élu président en juillet 2009 pour un mandat de cinq ans, est décédé le 9 janvier dernier à Paris. Raimundo Pereira, président de l'Assemblée nationale, est devenu chef de l'Etat par intérim à la suite de ce décès. Selon la Constitution bissau-guinéenne, il dispose d'un délai de 60 jours pour organiser une présidentielle.


Kenya : Quête de missions diplomatiques sur les marchés émergents

2012-01-22

http://tinyurl.com/7q3hmnz

Le Kenya donnera la priorité à l'établissement de nouvelles missions diplomatiques sur les marchés émergents, du fait qu'il cherche à équilibrer les destinations de ses exportations avec les volumes substantiels destinés à l'Union européenne. La décision de donner la priorité aux relations diplomatiques avec les marchés émergents était également basée sur le nouveau plan du pays de poursuivre une diplomatie orientée à l'économie. Au cours de la dernière décennie, le Kenya a été attaché à établir des relations plus solides avec le Brésil, la Russie, l'Inde, la Chine, l'Afrique du Sud, tout en cherchant à devenir un pays à revenu intermédiaire d'ici 18 ans, par le biais du plan Vision 2030.


Liberia : Ellen Johnson Sirleaf a prête serment

2012-01-22

http://tinyurl.com/88n94o8

Ellen Johnson Sirleaf, première femme élue d'Afrique en 2005 et prix Nobel de la paix 2011, a été investie le 16 janvier pour un second mandat à la tête du Liberia, avec l'assurance que ses opposants, qui contestaient sa réélection, reconnaissent désormais son pouvoir. Mme Sirleaf, 73 ans, a été réélue sans gloire le 8 novembre (90,7% des voix), lors d'un scrutin boycotté par son principal rival Winston Tubman, après la répression d'une manifestation d'opposants qui avait fait au moins deux morts. Mais elle entame son nouveau mandat sous un bon signe, car dimanche, M. Winston Tubman lui a apporté son soutien.


Madagascar : l’ancien président Ravalomanana forcé de rebrousser chemin

2012-01-22

http://tinyurl.com/75xglap

L’avion transportant l’ancien président malgache Marc Ravalomanana n’a pu atterrir le 21 janvier dans la Grande Ile, et est retourné en Afrique du Sud où il vit en exil depuis trois ans. Selon un porte-parole de l’ex-président, les autorités malgaches ont fermé l’espace aérien national pour l’empêcher de retourner dans son pays. Ce dernier avait promis de rentrer malgré le risque d’être arrêté à son arrivée. Ravalomanana avait été condamné par contumace à la prison à perpétuité pour la mort de dizaines de partisans de l’opposition tués par la sécurité présidentielle en 2009, avant le coup d’Etat qui l’a renversé.


Rd Congo : Tshisekedi annonce la formation d'un gouvernement

2012-01-22

http://tinyurl.com/7mof5vc

M. Etienne Tshisekedi, autoproclamé "président élu" de la République démocratique du Congo après la publication des résultats de l'élection présidentielle des 28, 29 et 30 novembre dernier a annoncé qu'il va former son gouvernement. Le président national de l'UDPS a affirmé qu'il est obligé de former un gouvernement sur la base de la nécessité et l'urgence et de gouverner par ordonnance jusqu' à la mise en place des institutions élues sur la base d'un véritable recensement de la population et l'organisation des élections à tous les niveaux.


Afrique : Un Sénégalais nommé vice-président pour la région Afrique de la BM

2012-01-22

http://tinyurl.com/72hlrph

L’ancien ministre sénégalais de l’Economie et des Finances, Makhtar Diop, a été nommé vice-président de la Banque mondiale (BM) pour l’Afrique. M. Diop va prendre fonction en mai, en remplacement du Nigérian Obiageli Ezekwesili, dont le départ a été annoncé par le président de la BM, Robert Zoellick. M. Diop qui est entré à la Banque mondiale par la Région Afrique, en janvier 2002, en tant que directeur des opérations pour le Kenya, l’Erythrée et la Somalie, avait dû quitter son poste d’économiste au siège du Fonds monétaire international (FMI) à Washington pour devenir ministre de l’Economie et des Finances du Sénégal, entre 2000 et 2001, dans le premier gouvernement issu des élections de l’an 2000.


Tchad : Deby Itno épouse la fille du chef des janjawid

2012-01-22

http://tinyurl.com/6svc6zf

Le président tchadien Idriss Deby Itno a épousé le 20 janvier la fille du chef présumé de la milice janjawid au cours d'une cérémonie à laquelle a assisté le président soudanais, Omar el-Béchir, accusé de crimes de guerre au Darfour. En 2003, des rebelles du Darfour se sont soulevés contre Khartoum et se sont retrouvés confrontés aux janjawid soutenus par le gouvernement, entraînant une guerre qui a fait au moins 300 000 morts selon l'ONU. Khartoum parle de 10.000 morts. La Cour pénale internationale a ouvert une enquête pour "génocide". Six suspects, dont le président Béchir sont actuellement poursuivis dans le cadre de l'enquête de la CPI sur le génocide au Darfour.





Développement

Afrique : Construire le futur sans les vieillards

2012-01-22

http://tinyurl.com/6qhn5lz

Professeur d'Histoire à l'Université Columbia aux Etats-Unis, le Sénégalais Mamadou Diouf estime qu'on ne peut pas compter sur le pouvoir gérontocratique pour penser le futur. Pour lui, il faut qu'il y ait une révolution culturelle et mentale pour avancer. C'est ce qu'il laisse entendre dans un entretien réalisé en marge de l'atelier régional de partage des résultats de recherche du projet sur la participation politique des jeunes femmes d'Afrique de l'Ouest francophone organisé par l’Association Afriques Créatives.


Afrique : Croissance moyenne de 5,5% en 2011

2012-01-22

http://tinyurl.com/756neja

L'Afrique a réalisé de bons résultats économiques en 2011 avec une croissance moyenne de 5,5 à 6%, s'est félicité le 16 février à Tripoli le président de la Commission de l'Union africaine (UA), Jean Ping. Les nouvelles sont plutôt bonnes pour ne pas dire excellentes au moment où le monde entier passe par une période difficile, a déclaré à M. Ping, qui effectuait sa première visite en Libye après la chute du régime de Mouammar Kadhafi.


Afrique : Un apport encore trop faible à la science

2012-01-22

http://tinyurl.com/84w2bfc

En matière de recherche scientifique, les Etats Unis sortent du lot avec 1,4 million d’articles publiés entre 2005 et 2009. Toute l’Afrique réunie, pendant ce temps, ne produit même pas les 2 % des publications mondiales par an. Ce qui démontre que l’apport de l’Afrique dans la recherche mondiale demeure très marginal en dépit des potentialités énormes dont elle regorge. C’est le constat amer reflété dans le discours du virologue de renommée internationale, Pr Souleymane Mboup, à l’occasion de la cérémonie d’ouverture du premier atelier francophone de rédaction d’articles scientifiques qui s’est tenu à Dakar.


Bénin : Adoption d’un plan triennal pour booster l'économie

2012-01-22

http://tinyurl.com/6oetojx

Le gouvernement béninois a mis en place un programme ambitieux de relance de l'économie en vue d' accélérer le rythme de création de la richesse et doubler le taux de croissance en le faisant passer à 8% au moins à partir de 2013 dans la perspective d'une réduction de moitié de notre taux actuel de pauvreté qui est de 35% contre une moyenne de 50% au plan africain. D'un coût global d'environ 659 milliards de francs CFA (environ 1,25 milliard de dollars), ce plan de relance met l'accent sur quatre secteurs à savoir la relance agricole, le secteur éducation, le développement local et les infrastructures. le taux de croissance moyen de l’économie béninoise sur la dernière décennie, est de 3,8% contre un rythme de progression démographique de 3,25%, soit une croissance faible de 0,5% du Produit intérieur brut (PIB) par tête.


Côte d'Ivoire : Les paysans recommandent la création d'une police agricole

2012-01-22

http://tinyurl.com/7gzworo

Les membres de l'Association nationale des paysans de Côte d'Ivoire (ANAPACI) ont recommandé le 16 janvier la création d'une police agricole pour veiller sur le respect des prix des produits fixés par l'Etat. Au lieu de 1 000 F CFA (1,3 euro) annoncé à titre indicatif, le cacao est acheté au prix de 600 F ou 650 F CFA (1 euro) le kilogramme bord champ par les pisteurs indélicats. Les produits agricoles constituent le pilier de l'économie de la Côte d'Ivoire qui dispose d'énormes potentialités naturelles. Depuis plusieurs décennies, la Côte d'Ivoire occupe le rang de premier producteur mondial de cacao. Plusieurs maux dont les chantages sur les prix et les détournements de fonds minent la filière, et les nouvelles autorités du pays se sont résolus à assainir le secteur en vue de lui donner toute sa portée économique.


Côte d’Ivoire : Le trafic du bois toujours actif

2012-01-22

http://tinyurl.com/7gdxqd9

Déjà en proie à de multiples défis, le gouvernement ivoirien est également confronté au trafic du bois. Cette filière frauduleuse ne cesse pas de se développer. Ainsi, depuis le début de l’année, les saisies ne font que s’enchaîner. Il y a quelques jours, le ministre en charge des Eaux et des Forêts a dû effectuer un déplacement vers le port de San Pedro, où 30 conteneurs de 40 pieds de bois de vèine venaient d’être saisis, alors que la cargaison s’apprêtait à prendre le large. Rien qu’en ce début d’année, les autorités du secteur parlent de 500 mètres cubes déjà saisis. Et, à cause de l’exploitation illégale, la forêt ivoirienne est passée de 16 millions d’hectares dans les années 1960 à 3 millions d’hectares aujourd’hui.


Gabon : Emergence discrète d'une classe moyenne

2012-01-22

http://tinyurl.com/7uhlj5h

Un tiers des Africains font partie maintenant des classes moyennes, en essor grâce à deux décennies de croissance économique et une certaine réduction des inégalités, selon un rapport de la Banque africaine de développement (BAD). Au Gabon, 75% de la population est considérée comme appartenant à la classe moyenne, 37% de façon stable, selon ce rapport. Alors que le secteur privé offre surtout des emplois non qualifiés et mal rémunérés, la classe moyenne est issue principalement des 70.000 employés de la fonction publique, en particulier des fonctionnaires supérieurs avec un salaire tournant autour de 500 euros par mois.


Global : L'ONU salue une évolution positive de l'Afrique de l'ouest

2012-01-22

http://tinyurl.com/7267tkd

Le représentant spécial du secrétaire général et chef du Bureau des Nations Unies pour l'Afrique de l'Ouest, Saïd Djinnit, a indiqué le 16 janvier, lors d'une séance d'information tenue au Conseil de sécurité, que la situation en Afrique de l'Ouest avait continué d'évoluer de façon positive depuis juillet 2011. Il a néanmoins rappelé les diverses menaces sécuritaires qui pèsent sur la sous-région, parmi lesquelles les activités du groupe Boko Haram au Nigéria, la piraterie dans le golfe de Guinée, les conséquences de la crise libyenne, le trafic de drogues et l'instabilité liée aux élections. Le représentant spécial a également souligné les conséquences du trafic de drogues et de la criminalité organisée sur la stabilité sous-régionale et les institutions étatiques.


Niger : Le carburant local profite de la crise au Nigeria

2012-01-22

http://tinyurl.com/7uhhuql

Depuis le 1er janvier, le Niger vend des produits pétroliers raffinés localement. Mais, ceux-ci subissent la concurrence du carburant frelaté, provenant habituellement du Nigéria voisin. Un commerce de contrebande mis à mal par la crise liée aux prix des hydrocarbures, qui prévaut actuellement dans le pays le plus peuplé d’Afrique. Mais, le temps que l’administration du Nigéria décide d’annuler la subvention sur le carburant, les choses ont profondément changé. Le litre de carburant frelaté a dépassé la barre des 700 FCFA (1,4 dollar), devenant, du coup, hors de prix. Ainsi, les consommateurs nigériens n’ont pas eu d’autres choix que de se rabattre sur les produits de la Société Nigérienne des Produits Pétroliers (SONIDEP). Ce qui a fait les affaires du Trésor nigérien.


Tanzanie : Perspectives de croissance moins encourageantes

2012-01-22

http://tinyurl.com/7k44sd8

La « Standard Chartered Bank » prévoit des indicateurs macroéconomiques assez faibles pour la Tanzanie cette année. Selon le département de recherche de la banque, l’économie nationale va croître de 6,7%. Ceci vient contredire la prévision du gouvernement qui laissait entendre que l’économie tanzanienne devrait croître de 7%. Toutefois, l’institution bancaire tanzanienne envisage un affaiblissement supplémentaire du Shilling (monnaie locale) par rapport au dollar en 2012 et pendant les deux années suivantes. De son côté le Fond Monétaire International qui prévoyait une croissance de 7,5% et un taux d’inflation à 5,5% en 2012 vient de revoir ses projections.


Zimbabwe : Objectif atteint en matière d'inflation en 2011

2012-01-22

http://tinyurl.com/79p8xs7

Le Zimbabwe a réussi à atteindre son objectif en matière d'inflation pour l'année 2011, en clôturant l'année sur un taux d'inflation de 4,9%, d'après les chiffres récemment publiés par l'Agence nationale des statistiques du Zimbabwe. Pour l'année 2012, il est annoncé un taux d'inflation inférieur à 5%, grâce à l'augmentation de la production du secteur manufacturier et à la stabilité politique et économique qui règne dans le pays. En 2009, le pays a connu une période d'hyperinflation menant à une grave dévaluation du dollar zimbabwéen, une crise qui a été résolue par l'abandon du dollar zimbabwéen et son remplacement par le dollar américain.





Santé & VIH/SIDA

Afrique : La crise économique aura un impact sur la lutte contre le sida

2012-01-22

http://tinyurl.com/7gheg77

La crise économique aura un impact sur le financement des programmes de lutte contre le VIH/sida dans la région d'Afrique occidentale et centrale, a averti le 19 janvier à Genève un responsable de l'Onusida. Dans 22 pays d'Afrique sub-saharienne le taux d'infection a diminué de plus de 30% entre 2001 et 2009. Mais les conflits en Afrique ne facilitent pas la lutte. Les déplacements des populations dans de grands pays tel la RDC compliquent les efforts déployés pour réduire le taux de nouvelles infections. Les cinq pays de la région où la prévalence est la plus élevée sont le Cameroun (5,3%), la République centrafricaine (4,7%), la Côte d'Ivoire (3,4%), le Gabon (5,2%) et le Nigeria (3,6%).


Afrique : La redoutable évolution du cancer

2012-01-22

http://tinyurl.com/8ykgyoe

Le paludisme et le sida font oublier que le cancer fait aussi des ravages sur le continent. Or sa progression y est des plus alarmantes. Une bataille sanitaire de grande ampleur doit s'engager d'urgence, qu'aucun pays ne peut gagner seul. Si des mesures de prévention ne sont pas prises d'urgence, l’OMS prévoit que, d'ici à 2030, entre 800 000 et 1,6 million de nouveaux cas de cancer et entre 500 000 et 1,2 million de décès par an (soit 20 % de la charge de morbidité du continent) seront enregistrés en Afrique.


Global : Bonne nouvelle dans le traitement du pian

2012-01-22

http://tinyurl.com/87tlgw3

Les conclusions qui indiquent que le pian, une maladie tropicale négligée, peut être traité avec une efficacité identique par une dose unique d’antibiotiques administrée par voie orale ou par l’injection de pénicilline actuellement recommandée, ont conduit l’OMS à organiser une réunion qui abordera la question de la manière d’éradiquer cette maladie. Une étude réalisée sur cette maladie bactérienne de la peau, qui entraîne des mutilations et des invalidités chroniques chez dix pour cent des sujets infectés, est la plus importante de ces 50 dernières années.


Rd Congo : 8 000 cas de choléra le long du fleuve Congo

2012-01-22

http://tinyurl.com/6my2sj6

L'épidémie de choléra qui sévit dans quatre provinces situés le long du fleuve Congo depuis l'année dernière demeure une préoccupation sanitaire majeure pour les autorités congolaises et les partenaires humanitaires. Au 8 janvier 2012, 8 092 cas dont 436 décès ont été enregistrés au Bandundu, à l'Equateur, dans la Province Orientale et la ville de Kinshasa. Ces derniers temps, d'inquiétantes flambées ont été notées à Bunia, Geti, Lita et Tchomia, localités situées dans le district de l'Ituri en Province Orientale où 519 cas dont 22 décès ont été enregistrés, du 5 décembre 2011 au 15 janvier 2012. A Kinshasa 32 cas ont été enregistrés durant la première semaine de l'année ; la ville a enregistré près de 351 cas en décembre.





Éducation

Ethiopie : Les effets de la sécheresse et des inondations sur l’éducation

2012-01-22

http://tinyurl.com/7zj435s

Certaines régions de l’Ethiopie sont encore sous le choc des effets de la sécheresse, d’inondations ou d’un conflit récents, voire une combinaison des trois ; cette situation s’est traduite, selon certains responsables, par une augmentation du nombre d’enfants qui abandonnent leurs études. Au moins 385 000 enfants d’âge scolaire ont besoin « cette année d’une assistance éducative d’urgence », selon la directrice de la communication de l’UNICEF en Ethiopie.





Racisme & xénophobie

Global : Pourquoi l'entraîneur est toujours blanc (ou presque)

2012-01-22

http://tinyurl.com/78tzzem

Dans le petit monde du football, les Africains sont partout. Joueurs, bien sûrs, mais aussi capitaines ou supporters, plus rarement présidents de club… Mais pas entraîneurs. Quand ils sont en première division, les Africains sont dans l'ombre d'un Européen, à l'image de Pape Fall (adjoint à Caen), Rachid Maatar (directeur du centre de formation de Nancy), Ibrahim Tanko (adjoint à Cologne) ou Michael Emenalo (adjoint à Chelsea). Même le Brésil, pays métissé par excellence, est concerné.





Environnement

Afrique : Les communautés mieux armés contre le changement climatique

2012-01-22

http://tinyurl.com/78swmxj

Voici une bonne nouvelle pour les pays africains. Désormais ils peuvent savoir ce que la météo leur réserve jusqu'en 2100, et par conséquent prévoir l'impact du changement climatique sur leurs communautés. Ainsi d'ici la mi-2012 déjà, les premières données climatiques pour des personnes qui vivent dans un rayon de 50 kilomètres devraient être disponibles pour toute l'Afrique. A terme, c'est sur chaque ville et village d'Afrique que des données seront établies. A terme les données et autres statistiques seront traduites en réalités tangibles et exploitables par les communautés. Des experts du Bénin, du Burkina Faso, d'Éthiopie, du Ghana, du Kenya, du Malawi, du Niger, du Nigeria, du Sénégal, d'Afrique du Sud, du Swaziland, d'Ouganda, de Zambie et du Zimbabwe analyseront les données.


Afrique du Sud : Une clôture de 150 km pour protéger les rhinocéros

2012-01-22

http://tinyurl.com/7w7j3a6

Deux services gouvernementaux sud-africains ont entamé le 16 janvier les discussions pour la reconstruction d'une clôture frontalière entre le parc national de Kruger en Afrique du Sud et le Mozambique, dans une tentative pour enrayer le braconnage de rhinocéros. Le directeur exécutif du SANparks a déclaré que la clôture envisagée serait électrifiée mais pas à un niveau mortel. La plupart des braconniers capturés sont des ressortissants du Mozambique, même si quelques Sud-africains ont aussi été impliqués. L'Afrique du Sud compte environ 22 000 rhinocéros, soit environ 80 % de la population mondiale de rhinocéros.





Justice Alimentaire

Afrique : Des milliers de vies auraient pu être épargnées de la famine

2012-01-22

http://tinyurl.com/7qega74

Des milliers de vies et des millions d'euros auraient pu être épargnés si la communauté internationale avait réagi à temps, dès les premières alertes, à la famine dans l'est de l'Afrique, selon un rapport des ONG Oxfam et Save the Children publié le 18 janvier à Londres. D'après ces ONG, les premières alertes ont été données dès août 2010, mais il a fallu attendre juillet 2011 avant qu'une réponse à grande échelle soit apportée. Le taux de malnutrition avait alors largement dépassé le seuil d'urgence dans certaines parties de l'Afrique de l'Est et la crise faisait déjà l'objet d'une large couverture médiatique.





Média & liberté d'expression

Soudan : Deux journaux privés suspendus depuis le début de l’année

2012-01-22

http://tinyurl.com/7b23kds

L’année 2012 commence au Soudan dans le même esprit que les précédentes : par des actes de censure. Dans ce pays qui dispose pourtant d’un paysage médiatique divers et d’une certaine liberté de parole, les autorités de Khartoum multiplient les mesures pour réduire au silence les publications qui les dérangent. En l’espace de deux semaines, deux journaux indépendants et d’opposition, Alwan et Raï al-Shaab, ont été fermés par les forces de sécurité sans la moindre explication. Outre la fermeture des locaux du quotidien, 15000 copies du journal avaient été confisquées chez l’imprimeur par des officiers de la NISS.





Nouvelles de la diaspora

Global : Laurent Gbagbo fortement ovationnée à Atlanta

2012-01-22

http://tinyurl.com/87cfu39

La célébration du Martin Luther King Day, cette année, dans sa ville natale d’Atlanta en Géorgie, a enregistré la participation de plusieurs organisations de résistants africains qui ont apporté un cachet particulier à la fête. «Arrêtez de bombarder l’Afrique», « la lutte des Africains ne s’arrêtera que si l’Afrique est libérée totalement», «libérez Gbagbo», «Gbagbo rappelle MLK», «Comme MLK, Gbagbo a lutté contre l’injustice ». Tels sont les messages qu’on pouvait lire sur les écriteaux avec en prime la photo de Laurent Gbagbo que brandissaient des Camerounais, des Sénégalais, des Congolais, des Maliens, des Ivoiriens, etc.





Conflits & urgences

Afrique : L'Ethiopie met en cause l'Erythrée dans la mort de touristes

2012-01-22

http://tinyurl.com/6t3dqzl

Le gouvernement d'Addis-Abeba a accusé l'Erythrée voisine d'avoir formé et armé un groupe d'assaillants qui ont tué cinq touristes européens dans la région de l'Afar, dans le nord de l'Ethiopie. Les rares étrangers qui s'aventurent généralement dans la région très inhospitalière de l'Afar sont des chercheurs, des travailleurs humanitaires ou de rares touristes souhaitant découvrir la dépression de Danakil, l'un des endroits les plus chauds de la planète avec ses anciennes mines de sel et sa chaîne de volcans. L'Afar est réputé être un repaire pour des rebelles éthiopiens qui régulièrement franchissent la frontière en provenance de l'Erythrée.


Afrique : Thabo Mbeki dit «Non au nouvel impérialisme !»

2012-01-22

http://tinyurl.com/7ofqlnw

L’ancien chef de l’Etat sud-africain a profité d’une conférence à l’université de Makerere pour dénoncer une fois de plus les interventions brutales des Occidentaux en Afrique, destinées selon lui à capter le pétrole et les ressources naturelles du continent. Il a appelé à renforcer l’Union africaine et à rendre audible la voix de l’Afrique dans le monde. Thabo Mbeki a levé le voile sur les véritables motivations des interventions musclées des Occidentaux en Libye et en Côte d’Ivoire en s’appuyant sur un livre publié en 2007 par le Conseil américain aux Relations extérieures (CFR) intitulé «Au delà de l’humanitaire : une approche stratégique de l’Afrique».


Libye : Les armes chimiques non déclarées de Kaddafi

2012-01-22

http://tinyurl.com/79ldhqn

L’Organisation pour l'interdiction des armes chimiques a confirmé le 20 janvier que le stock d’armes retrouvées par les nouvelles autorités libyennes était bien constitué d’armes chimiques non déclarées. Le 28 novembre 2011, le CNT avait signalé officiellement à l'OIAC avoir trouvé ce que les nouvelles autorités pensaient être des armes chimiques, tout un stock qui n'avait pas été déclaré par l'ancien régime. En 2004, la Libye de Kaddafi rejoint l'Organisation, qui siège à La Haye. Il lui restait cependant à éliminer 11,5 tonnes de gaz moutarde, soit 45% de son stock initial, lorsque la rébellion s'est déclenchée en février.


Mali : L'armée repousse des rebelles touaregs

2012-01-22

http://tinyurl.com/7k48syg

Des affrontements ont éclaté le 17 janvier dans le nord du Mali entre l'armée et des Touaregs, les premiers depuis le retour de centaines de ces ex-rebelles armés, qui avaient été accueillis par le leader libyen Mouammar Kadhafi et avaient combattu à ses côtés avant sa chute. L'armée a renforcé sa présence dans le nord du Mali, en concentrant plusieurs centaines d'hommes à Tinzawaten, localité située à la frontière avec l'Algérie. Des centaines de Touareg lourdement armés sont rentrés après le conflit ayant abouti à la chute de Mouammar Kadhafi l'an dernier. Certains ont intégré le processus de paix offert par le gouvernement du président malien Amadou Toumani Touré, mais d'autres sont toujours retirés dans les montagnes du désert.


Mali : Les Touaregs poursuivent leurs attaques

2012-01-22

http://tinyurl.com/6m9zpgk

Des rebelles touaregs appuyés par d'anciens soldats libyens de l'armée de Mouammar Kadhafi ont poursuivi le 18 janvier leurs attaques contre des localités du nord du Mali. Ils se sont dirigés vers les villes d'Aguelhok et de Tessalit, près de la frontière algérienne, après avoir tenté la veille de prendre Menaka où ils ont été repoussés par les forces maliennes soutenues par des hélicoptères de combat. Les voisins et partenaires du Mali s'inquiètent de voir ces régions désertiques, où opèrent également les islamistes d'Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), devenir une zone de non droit totalement incontrôlée.


Nigeria : 6 dirigeants de Boko Haram arrêtés

2012-01-22

http://tinyurl.com/7cd29tc

La secte islamiste a multiplié ces derniers mois les attaques contre les forces de sécurité et contre les chrétiens dans plusieurs régions du Nigeria, notamment le jour de Noël. L'armée nigériane a annoncé le 18 janvier qu'elle avait arrêté à Maiduguri six membres dirigeants de la secte islamiste Boko Haram qui a revendiqué de nombreuses attaques meurtrières au Nigeria. Boko Haram, dont on sait peu de choses, semble compter plusieurs factions ayant différents objectifs, dont une ayant de forts liens politiques et une autre avec une idéologie islamiste forte. Certains craignent des liens avec la branche maghrébine d'Al-Qaïda.


Nigeria : Au moins 121 morts dans des attaques de Boko Haram

2012-01-22

http://tinyurl.com/7edqbuf

La Croix Rouge nigériane qui évacuait le 21 novembre les cadavres des rues à Kano, le 21 janvier, a déclaré en avoir compté jusqu'à présent 121, alors qu'un couvre-feu de 24 heures a été décrété par les autorités locales. Ces violences surviennent dans un contexte de multiplication d'attaques attribuées à Boko Haram qui a notamment revendiqué des attentats meurtriers le jour de Noël. Selon la police, à Kano, ce sont huit sites qui ont été visés le 20 janvier par des assauts "coordonnés": des bureaux de la police, des services de l'immigration et la résidence d'un responsable de la police.


Nigeria: La grève générale suspendue

2012-01-22

http://tinyurl.com/6por8ce

Les syndicats nigérians ont annoncé le 16 janvier la «suspension» de la grève générale d'une semaine provoquée par la hausse du prix de l'essence peu de temps après l'intervention des forces de sécurité à Lagos contre plusieurs centaines de personnes voulant manifester. Pour la première fois depuis le début du mouvement lancé le 9 janvier, des soldats armés se sont déployés et ont érigé des barrages aux points stratégiques de la capitale économique du Nigeria. Le dispositif militaire a été mis en place alors que le président Jonathan faisait une première concession, en annonçant une baisse de 30% du prix de l'essence pour tenter de stopper le mouvement.





Internet & technologie

Kenya : Le gouvernement prévoit de mobiliser l'informatique en nuage

2012-01-22

http://tinyurl.com/87fmfvz

Le gouvernement kenyan a annoncé être en négociation avec quelques entreprises du secteur privé pour déterminer comment il pourrait recourir à l'informatique en nuage (cloud computing) pour offrir certains services gouvernementaux en ligne et augmenter sa capacité de stockage. Ce plan prévoit d'intégrer le centre de données du gouvernement et ouvert récemment avec des technologies d'informatique en nuage pour réduire les frais d'achat de nouveaux serveurs et assurer des interactions plus rapides avec ses concitoyens. L'informatique en nuage consiste essentiellement à se faire fournir des services informatiques par une tierce partie.





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