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La verite cover La vérité aux puissants
Une sélection de cartes postales panafricaines

Tajudeen Abdul-Raheem

La mort prématurée du Dr Tajudeen Abdul-Raheem, le jour de la commémoration de la Libération de l'Afrique 2009, a frappé de stupeur le monde panafricain. Cette sélection de cartes postales panafricaines montre quel brillant orfèvre des mots il fut.

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PUBLIÉ PAR FAHAMU

FahamuPambazuka News (Pambazuka signifie levez-vous ou réveillez-vous en Kiswahili) est un outil pour le changement social progressif en Afrique. Pambazuka News est produit par Fahamu, une organisation qui utilise les technologies de la communication et de l’information pour couvrir les besoins des organismes et des mouvements sociaux qui aspirent à un changement social progressif.

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Ce site a été établi par Fahamu dans le but de réguliérement fournir des informations sur ce qui se passe au sein de l’Union Africaine. Dans l’immédiat, nous téléchargerons réguliérement des informations depuis le sommet de Khartoum à partir du 26 janvier 2006.
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Food Rebellions! Food Rebellions! Crisis and the hunger for justice Eric Holt-Giménez & Raj Patel.

Food Rebellions! takes a deep look at the world food crisis and its impact on the global South and under-served communities in the industrial North. While most governments and multilateral organisations offer short-term solutions based on proximate causes, authors Eric Holt-Giménez and Raj Patel unpack the planet's environmentally and economically vulnerable food systems to reveal the root causes of the crisis.

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Archives

Pambazuka News 217: 2012, année de la vérité et de la justice sur Sankara !

Le journal électronique qui fait autorité est une plateforme de la justice sociale en Afrique.

Pambazuka news (Ed. française) ISSN 1753-6847

CONTENU: 1. Chroniques, 2. RDC analyses, 3. Plaidoyers & campagnes, 4. Nécrologie, 5. Arts & livres, 6. Courrier, 7. Femmes & genre, 8. Droits humains, 9. Réfugiés & migration forcée, 10. Informations sur les pouvoirs émergents, 11. Elections & gouvernance, 12. Corruption, 13. Développement, 14. Santé & VIH/SIDA, 15. Éducation, 16. Racisme & xénophobie, 17. Environnement, 18. Justice Alimentaire, 19. Média & liberté d'expression, 20. Nouvelles de la diaspora, 21. Conflits & urgences, 22. Internet & technologie




Sommaire de cette édition

NOTE DE LA REDACTION
Dans l'édition de Pambazuka News diffusée hier jeudi 22 décembre, un article important sur le 62e anniversaire de la naissance de Thomas Sanakara, signé par Aziz Salmone Fall, a été omis. Nous le publions dans cette même édition n° 217 que nous vous faisons parvenir. Nous vous prions de nous excuser pour cette omission. Nos excuses aussi à l'auteur.

Nous vous rappelons aussi qu'avec ce dernier numéro de 2011, Pambazuka vous souhaite une bonne et heureuse année 2012. Notre prochaine édition paraître le lundi 2 janvier 2012.

Par ailleurs, votre journal ne vous est pas parvenu la semaine dernière, pour des raisons indépendantes de notre volonté. Nous vous prions de nous en excuser.
AVEC LES VOEUX DE LA REDACTION

CHRONIQUE : Pour que la vérité soit sur Sankara.
RDC ANALYSES : RD Congo : Au «Brésil africain» se joue l’avenir du continent.
PLAIDOYERS & CAMPAGNES : Appel urgent pour le financement du Conseil International du FSM.
NECROLOGIE : Cap Vert : Mort de la chanteuse Cesaria Evora.
ARTS ET LIVRES : Afrique : Ces héros honorés par Harubuntu.
COURRIER : Encore une leçon venue d’Amérique.
FEMMES ET GENRE : Afrique : Etude sur les femmes dans les instances politiques.
DROITS HUMAINS : Afrique du Sud : Un musée en mémoire des prisonniers politiques exécutés par pendaison.
REFUGIES ET MIGRATION : Global : Quête de terre promise en Israël pour les immigrants africains.
INFORMATIONS SUR LES POUVOIRS EMERGENTS : Global : L’Inde va intensifier ses importations pétrolières d’Afrique.
ELECTIONS ET GOUVERNANCE : Afrique : Un parlementaire sud-africain dénonce le hold-up électoral de Kabila.
CORRUPTION : Afrique : Nouvelle colonisation par l’achat de terres.
DEVELOPPEMENT : Afrique : 10 à 44% des Pib reposent sur le pastoralisme.
SANTE ET VIH SIDA : Afrique : La crise économique pourrait compromettre le recul du paludisme.
EDUCATION : Afrique : Lancement officielle de l’Université Panafricaine.
RACISME ET XENOPHOBIE : Global : Le nombre d’immigrés trop souvent exagéré.
ENVIRONNEMENT : Afrique : La sauvegarde du patrimoine génétique animal à l’étude.
JUSTICE ALIMENTAIRE : Algérie : Le futur alimentaire de l’Algérie reste incertain.
MEDIAS ET LIBERTE D’EXPRESSON : Afrique du sud : Enquête sur deux médias pour avoir placé des caméras près de chez Mandela.
NOUVELLES DE LA DIASPORA : Global : Les migrants africains envoient 40 milliards de dollars par an.
CONFLITS ET URGENCE : Côte d’Ivoire : Mise au pas des éléments incontrôlés par des FRCI.




Chroniques

62e Anniversaire de Sankara et 14 ans de lutte pour la vérité sur son assassinat

Aziz Salmone Fall

2011-12-23

http://pambazuka.org/fr/category/features/78911

Depuis quatorze ans le Comité International pour la Justice sur Sankara ne désarme pas dans sa quête de vérité sur l’assassinat de ce dernier, mais aussi pour que cesse cette impunité dans laquelle se perpétuent les assassinats des internationalistes. A l’occasion du 62e anniversaire de la naissance de Thomas Sankara, Aziz Salmone Fall revient sur les aveux et témoignages qui situent les responsabilités et corroborent les complicités autour de l’assassinat, le 17 octobre 1987, de celui qui a incarné l'espoir d’une véritable rupture d’avec l’ordre colonial en Afrique. Il rappelle aussi le sens de ses engagements et de son action politique.

Ce 15 Octobre 2011 marquait la 23ème commémoration de l’assassinat de Thomas Sankara premier président du Burkina Faso. Son présumé tombeau avait été vandalisé quelques jours plus tôt en toute impunité. Ses camarades célèbrent ce 21 décembre son anniversaire de naissance et savent combien sa présence en ce 21 ème siècle aurait pu être utile à l’Afrique. Néanmoins il demeure que son message et son œuvre restent toujours pertinents pour notre continent et le monde.

Thomas Sankara a incarné l'espoir d'un changement basé essentiellement sur la contribution des forces endogènes de ses concitoyens. Ce fut la dernière révolution africaine, interrompue dans le sang en 1987, alors qu'elle commençait à engranger des fruits prometteurs. A 37 ans, comme Che Guevara, Sankara rejoignait le panthéon des révolutionnaires. L'ancienne Haute –Volta, qu'il renomma Burkina Faso, est un pays enclavé, au développement extraverti et dépendant d'apports financiers internationaux, une formation sociale en quête permanente d'une autosuffisance alimentaire, une population active s'expatriant et confirmant la vocation historique de fournisseur régional de main d'œuvre bon marché, une élite qui conforte cet ordre, bref des caractéristiques d'un développement de type néo-colonial.

Thomas Sankara a, entre autres, privilégié l'agriculture et les paysans pour le sursaut national, voulu créer un marché intérieur de biens de consommation de masse accessibles et variés, tenté de satisfaire pour le plus grand nombre les besoins essentiels, contribué à l'émancipation de la femme et au changement des mentalités masculines, eu une gestion patriotique des deniers publiques, plaidé contre la dette et l'appauvrissement de l'Afrique en refusant la subordination qu'impose le système mondial et en appliquant un internationalisme agissant. Bref beaucoup d'initiatives radicales et contraires à la norme en vigueur dans le système mondial. Il s'aliéna vite tous les tenants locaux, régionaux et internationaux, notamment du pré carré françafrique.

L’assassinat de Sankara, en compagnie d’une dizaine de ses camarades, et la série de crimes politique qui ont suivi ont clos de façon sanglante une des dernières expériences révolutionnaires en Afrique. Le peuple du Burkina, la population africaine et la communauté internationale attendent toujours de savoir les circonstances de cet assassinat et leur responsable. Vraisemblablement un complot international et local a assassiné Sankara en compagnie d'une dizaine de ses camarades. Le certificat de décès argue d'une «mort naturelle» - en même temps que 12 collègues - et aucune explication des circonstances de leur mort n'a jamais été donné ; rien ne prouve le lieu exact de sa sépulture et aucune explication de son assassinat n'a jamais été donnée. Les présomptions pointent son meilleur ami, le ministre de la Justice de l'époque et actuel président du Burkina Faso, Blaise Compaoré, ainsi qu'un un réseau de soutiens extérieurs.

C’est dans ces circonstances que la famille Sankara et notre groupe ont pris une initiative historique. L’impunité érigée en système au Burkina a été grâce à elle ébranlée par quatorze années de la CIJS (Campagne Internationale Justice pour Sankara). On se souvient qu’après avoir épuisé tous les recours juridique au Burkina, son collectif juridique avait porté l’affaire au comité des droits de l’Homme de l’ONU. Ce dernier avait crée un précédent en Afrique et au sein de l’ONU en reconnaissant les violations de l’État parti :

«Le refus de mener une enquête sur la mort de Thomas Sankara, la non-reconnaissance officielle du lieu de sa dépouille et la non-rectification de l’acte de décès constituent un traitement inhumain à l'égard de Mme Sankara et ses fils, contraire a l’article 7 du Pacte. Par. 12.2 La famille de Thomas Sankara a le droit de connaître les circonstances de sa mort. (…) Le Comité considère que le refus de mener une enquête sur la mort de Thomas Sankara, la non-reconnaissance officielle du lieu de sa dépouille, et la non-rectification de l'acte de décès constituent un traitement inhumain à l'égard de Mme Sankara et ses fils…»

Mais Le comité des droits de l’Homme ne retenait pas expressément le droit d’enquête et n’exigea une compensation et une reconnaissance du lieu de sépulture. Paradoxalement le Burkina n’a apporté aucune preuve pour justifier le lieu de sépulture. La somme offerte en indemnisation à la famille totalisait 43 millions 445 000 francs CFA (soit 66 231,475 Euros, ou 65 000 $). Certains des experts ont estimé que cette somme était plus généreuse (soit 650 000 $ - 434 450 000 FCFA) et que l’État partie faisait montre de beaucoup d’effort en biffant le mot «naturelle» de l’odieux certificat de décès, qui prétendait qu’il était décédé de mort naturel. Malgré la rectification du chiffre par les avocats et l’évidence que le pèlerinage des Sankaristes au cimetière devant des tombes présumées ne pouvait servir de preuve, le Comité des droits de l’Homme a déclaré être satisfait en avril 2008 «aux fins du suivi de ses constatations et –qu’il- n’a pas l’intention d’examiner cette question plus en avant au titre de la procédure de suivi».

Mais la CIJS poursuit sa lutte contre l’impunité d‘autant plus que le Burkina a continué à accumuler d’autres violations, passibles de poursuites, tandis que de nouvelles révélations de protagonistes de ces sinistres évènements auraient dû l’amener à ouvrir une enquête ou à tout le moins à enfin officiellement donner sa version des faits. En effet dans des révélations inédites corroborant les propos du général Tarnue, déjà assignées en preuve par la CIJS, le sénateur Johnson du Libéria devant la commission de réconciliation a imputé le meurtre de Sankara au président Compaoré, à son régime et aux connivences avec l’ex-président Taylor. Ce dernier, contre-interrogé au tribunal pénal de La Haye le 25 août 2009, à la page 27602, a nié en alléguant qu’il était à ce moment aux arrêts au Ghana, mais se fourvoie sur la culpabilité de Compaoré dans son interrogatoire, avant de se retracter (J’étais encore enfermé en prison quand Blaise Compaoré les a tué - I was still locked up in jail when Blaise Compaore killed all - during the killing of Thomas Sankara, because I can't say he killed, but he didn't do it himself. I was in prison in Ghana… .
http://www.sc-sl.org/LinkClick.aspx?fileticket=prr6j5%2bbmsc%3d&tabid=160
Dans un documentaire de la RAI, « Ombre Africane » http://www.youtube.com/watch?v=ChDY4zbMHes&eurl=http://www.youtube.com/user/lhommeintegre&feature=player_profilepage#t=22
un autre libérien, le général Momo Jiba, qui fut garde de corps de Compaoré, abonde dans le sens de Tarnue et de Johnson apportant des éclairages inédits sur l’assassinat de Sankara et prétendant, devant une caméra cachée, que Compaoré a fait feu personnellement à cette tuerie et que ce coup d’État est un complot international ayant même bénéficié de l’appui de la CIA. Un autre journaliste, Keith Harmon Snow, dans une entrevue avec Norbert Zongo, son collègue depuis assassiné par le régime Compaoré, avait aussi rapporté une piste de l’implication du Mossad et de la CIA dans cet assassinat. http://www.allthingspass.com/journalism.php?jid=4

Tous ces témoins disent craindre pour leur vie et refusent de donner plus de donner plus de détail à cet affaire. Cette dernière, plus que jamais plaide pour que la vérité soit connue afin que les burkinabé puissent tourner la page de l’impunité.

Le président Compaoré, responsable présumé de ces assassinats a été récemment nommé médiateur de la crise en Guinée. Au micro de RFI, il déclare sans ciller : « Nous ne devons pas tolérer en Guinée qu’il y ait encore des discussions sur des personnes disparues dont on ne retrouve pas les corps ».
http://www.rfi.fr/actufr/articles/118/article_85342.asp

On n’a jamais retrouvé le corps de Thomas Sankara et c’est pourquoi une procédure de requête pour séquestration avait été introduite par Me Nkounkou et depuis lors demeure sans réponse des autorités.

Le collectif de la CIJS prenant au mot la décision onusienne attend toujours des autorités de prouver que le caveau présumé de Sankara est bien le sien. Le 15 octobre 2009, le Collectif juridique de la CIJS , (1) représenté par Me Nzeppa, a déposé une requête pour assignation ainsi qu’une ordonnance pour un relevé des empreintes génétiques du corps présumé de la sépulture, érigée par le gouvernement du Burkina Faso, devant être comparées avec celles prélevées sur deux enfants Sankara. Nous attendons toujours de l’État parti qu’il se prononce sur notre procédure, et il n’est pas exclu que l’acte de vandalisme contre le présumé tombeau de Thomas Sankara soit lié à notre procédure. Cette lutte contre l'impunité doit être menée. L'impunité perpétue les assassinats des internationalistes qui osent infléchir le développement de leur peuple vers ses besoins essentiels. Sankara a incarné un développement autocentré et panafricain, une rupture radicale avec les désordres antérieurs, mais aussi bien des mentalités et autres rigidités culturelles. Un projet qui a nécessité une adhésion populaire, un engouement des masses, un sens du sacrifice des couches possédantes… Bref un ensemble de conditions qui font de Thomas comme certains de ses illustres prédécesseurs panafricanistes, des visionnaires en avance sur leur peuple. Non pas que leur projet de société ne soit pas encore toujours valable. Il se trouve juste que l'indispensable alliance nationale et populaire, inhérente à toute rupture avec la compradorisation et la mondialisation capitaliste est un épisode vicieux, ou périssent bien des tentatives louables à travers le continent. L'erreur de Thomas fut peut être de croire ce processus d'alliances bien enclenché, mais aussi d'avoir sous estimé la frange réactionnaire qui complotait contre lui.

Récemment, une pétition de camarades français ont appelé à soutenir notre campagne et exigent de faire la lumière sur les agissements de la France dans l’affaire Sankara. Nous vous recommandons de la signer à l’occasion de l’anniversaire de naissance de Thomas Isidore Sankara !
En voici l’adresse
http://www.thomassankara.net/spip.php?article866

Dans une note de remerciement au GRILA et aux avocats, Mariam Sankara, veuve de Thomas Sankara, avait déclaré : «Vous êtes les pionniers de la défense de la mémoire de mon époux. Si beaucoup d’autres ont repris le flambeau, c’est grâce à vous. Vous avez le mérite et le courage d’avoir porté, ma quête de vérité sur l’assassinat de Thomas Sankara… cette phrase de Seneque l’illustre : «Ce n’est pas parce que c’est difficile que l’on n’ose pas. C’est parce que l’on n’ose pas que c’est difficile.»

Dans un message adressé à son peuple, Mariam Sankara, reprenant l’adage populaire, a insisté : «Quelle que soit la longueur de la nuit, le jour apparaitra». Elle continue à appeler, à l’unité, à la résistance et à la détermination, en rappelant combien le message et l’objectif de Sankara restent actuels. En Amérique Latine ou de nouvelles formes d’intégrations régionales ont cours résonne encore le Sommet Afrique-Amérique latine où Hugo Chavez du Venezuela avait longuement cité Sankara dans son discours de 1984 :

«Nous pourrions chercher des formes d’organisation meilleures, plus adaptées à notre civilisation, en rejetant de manière claire et définitive toute forme d’impositions externes, pour créer des conditions dignes, à la hauteur de nos ambitions. En finir avec la survie, nous libérer des pressions, libérer notre campagne de l’immobilisme médiéval, démocratiser notre société, éveiller les esprits à un univers de responsabilité collective, pour oser inventer le futur».

NOTE
1) Collectif Juridique de la CIJS : Me Nargess Tavassolian; Me Aissata Tall Sall;Me Jean Abessolo; Me Catherine Gauvreau; Me Charles Roach; Me Dieudonné Nkounkou; Me 'Gaston Gramajo;Me Ferdinand Djammen Nzeppa; Me John Philpot Me Vincent Valai; Me Neda Esmailzadeh; Me Patricia Harewood; Cabinet Sankara; Me William Sloan


* Aziz Salmone Fall est Coordonnateur est coordonnateur de la CIJS (Campagne Internationale Justice pour Sankara) et fondateur du Groupe de recherche et d’initiative pour la libération de l’Afrique (GRILA)

* Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka.org ou commentez en ligne sur le site de Pambazuka News


Pour que la vérité soit sur Sankara

2011-12-22

http://pambazuka.org/fr/category/features/78880


cc Azls
Le 27 octobre 2012, un quart de siècle sera passé depuis l’assassinat de Sankara. Malgré les témoignages qui accréditent un complot international, le silence des coupables et des complices continue jusqu'à présent d’entretenir le mystère. Mais la mobilisation demeure pour que l’année 2012, celle du 25e anniversaire de son assassinat, soit celle de la vérité et de la justice.

Le président Thomas Sankara aurait aujourd’hui 62 ans le 21 décembre s’il n’avait pas été assassiné par les hommes de Blaise Compaoré, l’actuel président du Burkina Faso et de Gilbert Diendéré, son actuel chef d’Etat Major particulier. Ce dernier a été élevé au rang de chevalier dans l’Ordre national de la légion d’honneur française lors d’un séjour en France en mai 2008.

Le président Thomas Sankara représentait l’espoir de tout un continent et il incarne aujourd’hui le modèle du dirigeant, résolu, intègre, courageux et créatif. Il dérangeait par ses prises de position sans concession contre les puissances occidentales, tandis qu’il mettait en place un nouveau mode de développement alternatif autocentré. Depuis, de nombreux témoignages accréditent la thèse d’un complot international (voir le dossier à l’adresse http://www.thomassankara.net/spip.php?article1104) .

Malheureusement tout semble fait pour empêcher qu’une enquête soit menée sur son assassinat, au Burkina, mais aussi dans les autres pays. Blaise Compaoré a été invité en novembre 2011 à la Cour Pénal Internationale pour parler de paix alors que des voix se sont élevées durant le procès de Charles Taylor devant le Tribunal Spécial sur la Sierra Léone, pour qu’il figure sur la banc des accusés, tandis que des lobbies puissants, en France et aux Etats Unis notamment, s’organisent pour défendre l’image de Blaise Compaoré sur la scène internationale. Et pour cause, ce sont deux pays cités par les témoins libériens comme ayant participé au complot contre le président Thomas Sankara.

Notre campagne de signatures a cependant permis le dépôt d’une demande d’enquête parlementaire à l’Assemblée nationale en juillet 2011 (voir à l’adresse http://www.thomassankara.net/spip.php?article1097) grâce notamment au soutien précieux de l’association SURVIE (http://www.survie.org)

Mais il faut augmenter la pression citoyenne sans laquelle la justice est impossible. L’année 2012 sera celle du 25e anniversaire de son assassinat. Elle doit être celle de la vérité et de la justice. Nous appelons les citoyens, les partis et associations à amplifier la campagne par de nouvelles initiatives publiques.

Mais sans attendre une enquête judiciaire, nous appelons les journalistes à se lancer dans des investigations, les historiens à se lancer dans de nouvelles recherche, les documentaristes à produite de nouveaux films, afin que l’on arrive enfin à connaitre toute la vérité sur l’assassinat de Thomas Sankara.

Nous appelons les élus, les membres de la commission des affaires étrangères, les candidats aux prochaines élections à se prononcer pour l’ouverture de l’enquête parlementaire.


* Les animateurs de la campagne Justice pour Sankara Justice pour l’Afrique

* Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka.org ou commentez en ligne sur le site de Pambazuka News


Justice pour Thomas Sankara Justice pour l’Afrique

2011-12-22

http://pambazuka.org/fr/category/features/78881


cc Cribb 10
L’exigence d’une enquête indépendante sur l’assassinat de Thomas Sankara se pose toujours, vingt-quatre ans après sa mort. Il s’agit d’une exigence de vérité, d’un devoir pour la communauté internationale, d’un droit pour la famille Sankara, d’«une nécessité pour l’avenir de ce continent qui ne saurait se construire avec une histoire amputée de la vérité sur un des épisodes majeurs de la fin du 20eme siècle». D’où cette pétition visant au moins 8000 signatures afin que lumière soit…

De nombreux témoignages, souvent en provenance d’anciens compagnons de Charles Taylor, mettent en cause Blaise Compaoré dans l’assassinat de Thomas Sankara, avec la complicité d’Houphouët Boigny, mais aussi de la France, de la CIA et d’autres personnalités africaines.

En avril 2006, le Comité des Droits de l’Homme de l’ONU, saisi par le Collectif Juridique de la Campagne internationale Justice pour Thomas Sankara (CIJS), au nom de la famille, donnait raison aux plaignants et demandait à l’Etat burkinabé d’élucider l’assassinat de Thomas Sankara, de fournir à la famille les moyens d’une justice impartiale, de rectifier son certificat de décès, de prouver le lieu de son enterrement, de compenser la famille pour le traumatisme subi et de divulguer publiquement la décision du comité.

Le 21 avril 2008, le Comité des droits de l’homme de l’ONU, en contradiction totale avec la décision précédente, a clos le dossier sans qu’une enquête n’ait été diligentée. Cette décision ne fait pas honneur à cette institution.

Au sein de la communauté internationale certains font mine de voir en Blaise Compaoré un homme de paix, lui qui, pourtant, est notoirement impliqué dans les conflits au Libéria, en Sierra Léone et dans des trafics d’armes et de diamants pour l’UNITA de Jonas Sawimbi alors sous embargo onusien, et plus récemment dans le conflit qui a déchiré la Côte d’Ivoire.

Cette même communauté internationale nous propose de nous apitoyer sur ce continent pourtant si riche qu’est l’Afrique, tout en travaillant à perpétuer son assistance et sa soumission. En réalité, les vraies raisons des difficultés du continent sont à chercher dans les réseaux internationaux qui fomentent les guerres et les assassinats pour conserver leur mainmise sur les richesses du continent, avec la complicité des pays occidentaux et de certains dirigeants africains.

Plus de 22 ans après son assassinat, Sankara, personnage historique, leader africain de premier plan, représente de plus en plus une référence, comme leader intègre, déterminé, créatif et courageux, précurseur de la lutte pour la défense de l’environnement et la révolution burkinabé est devenu un modèle de développement. Sankara a été assassiné parce qu’il dénonçait la dette odieuse et le diktat des puissances occidentales, mais aussi parce qu’il engageait une politique décidée dans son pays, orientée vers les besoins de son pays, pour la satisfaction des populations de son pays, tout en œuvrant pour le panafricanisme.

C’est pourquoi nous soutenons et appelons à soutenir les initiatives du collectif juridique du la CIJS qui, inlassablement, depuis plus de 12 ans, intente, des actions juridiques aux côtés de la famille Sankara.

Nous demandons l’ouverture des archives des pays que les témoignages désignent comme impliqués, à savoir principalement la France, les Etats Unis, mais aussi la Côte d’Ivoire, le Togo et la Libye.

Nous demandons que s’engage sans tarder une enquête indépendante sur l’assassinat de Thomas Sankara. Ceci est un devoir pour la communauté internationale, un droit pour la famille Sankara, une exigence pour la jeunesse d’Afrique, une nécessité pour l’avenir de ce continent qui ne saurait se construire avec une histoire amputée de la vérité sur un des épisodes majeurs de la fin du 20eme siècle. Nous appelons la jeunesse, les partis démocratiques, le mouvement social en Afrique et au-delà dans les pays du monde à continuer à se mobiliser pour que cette enquête fasse toute la lumière sur cet assassinat et pour que justice soit faite, ce qui serait un grand pas pour mettre fin à l’impunité en Afrique.


Pour signer l’appel
Vous devez remplir le formulaire qui se trouve sur le lien ci-dessous. Votre adresse mail ne sera pas rendue publique. Mais un mail y sera envoyé automatiquement par notre serveur à l’adresse mail que vous aurez donnée. Dans ce mail, vous trouverez un lien sur lequel vous devrez cliquer pour que votre signature soit confirmée.

http://www.thomassankara.net/spip.php?article866

Les premiers soutiens :
Associations : CADTM, SURVIE, Coalition des Alternatives Africaines Dette et Développement (CAD-Mali), ATTAC Afrique, CEDETIM, Investig’action, Observatoire de la dette dans la Globalisation, Mouvement des Indigènes de la République, Mouvement Citoyen Palestine, AFASPA, CONASIG (Comité National de Coordination des Activités des Sociétés Civiles au Cameroun), l’Etrange Rencontre, Mouvement des Sans Voix du Burkina, Mouvement des africains à Rome, Agir pour les droits de l’homme, Collectif Afrique de Lille, CETIM (Centre Europe - Tiers Monde), Mouvement de la Paix, MRAP (Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples), Association « Carlo Giuliani », Bellaciao, Association d’aide et de protection des groupes vulnerables/Burkina Faso, Fifanampiana malagasy / Comité de solidarité de Madagascar, Comité de soutien à la Refondation Démocratique de la Bolivie, SOS démocratie aux Comores, Jeunesse Unie pour la Démocratie en Afrique (J.U.D.A), Baraka, Presenza Corsa (Pruletariu)

Partis : Burkina : UNIR/PS, FFS, PAI, GDP ; France : NPA, Les Verts, PCF, Parti de Gauche, les Alternatifs, PRCF (Pôle de Renaissance Communiste en France) ; RND (Sénégal), Parti communiste du Québec, Partito della Rifondazione Comunista (Italie), MANIDEM (Cameroun), Parti SADI (Mali), Workers’ Party of Hungary 2006, Parti Communiste d’Espagne, Ligue Communiste Révolutionnaire (Belgique), Oscar Figuera González Secretario General del Partido Comunista de Venezuela (PCV) Diputado a la Asamblea Nacional

Syndicats : Solidaires (France), Syndicat National des Agents des Douanes du Niger SNAD (Niger ), Intersindical Canaria

Personnalités : Tiken Jah Fakoly, Eduardo Galeano (écrivain), Eva Joly, Didier Awadi, Balufu Bakupa-Kanyinda, Eli Domota, Cheick Fantamady Camara, Jean Ziegler, Alain Mabanckou (écrivain, prix Renaudot 2006), Didier Daeninckx (écrivain), Firoze Manji (Pambazuka News), Benjamin Dupuy (Directeur de Haiti-Progrés), Hama Arba Diallo, Benéwendé Sankara, José Bové, Nicole Borvo Cohen-Seat (présidente du groupe communiste, Républicain, Citoyen et des Sénateurs du Parti de Gauche au Sénat), Nicole Kiil-Nielsen (Vert députée européenne), Jean Paul Lecoq (député PCF), Guy-Patrice Lumumba, Tidiane N’Diaye, Blandine Sankara, Puis Njawé directeur du Messager décédé(Cameroun), Cheikh Oumar Cissoko, Maurice Freund (Directeur de Point Afrique), Gilles Lemaire, Sams’K Le Jah (musicien), Robin Shuffield (cinéaste), Thuy Tien Ho (cinéaste), Smockey (musicien), Eric Toussaint, Barry Aminata Touré, Fidel Toe (ancien ministre du Burkina), Brice Makosso (« Publiez Ce Que Vous Payez »), Enrico Dagnino (photojournaliste), Bruce Clark (artiste peintre), Gustave Massiah, Mohamed Challouf (cinéaste), Alain Lipietz, Abdoulaye Diallo (cinéaste), Rémi Rivière (Directeur de publication de Pays Basque Info), Moussa Demba Dembele, Hervé Taoko, Barry Ahmed Newton, Michel Collon, Camille de Vitry (documentariste), Houria Bouteldja, Francine Bavay (Vice Présidente Verte du Conseil Régional d’Ile de France), François Auguste, président du Conseil national du PCF et vice Président du Conseil Régional de Rhône Alpes, Antonio Lozano (écrivain), Jacques Jouet (écrivain), Joël Vernet (écrivain), Christophe Baroni (écrivain, psychanalyste), Comi Toulabor (chercheur), David Gakunzi, Dia Thierno Ibrahima (universitaire), Pollmann Christopher (universitaire), Aziz Salmone Fall (Politologue, Coordonnateur CIJS), Gisèle Rabesahala (ancienne ministre malgache de la Culture), Boswa Isekombe Sylvere (President du Reseau international pour les 5 cubains Afrique), Thomas Coutrot, Bernard Dreano, Silvestro Montanaro (Journaliste), Sabina Guzzanti (Realisatrice, Actrice), Luigi De Magistris (Député européen)...

Contacts : contactjusticepoursankara (at) gmail.com ; Solidaires/ CADTM Pointe-Noire, Congo Brazaville, jlemvo (at) yahoo.fr et solasso (at) yahoo.fr ; Comité Sankara, España, alozano956 (at) hotmail.com ; Collectif Sankara Ile de France, France,collectifthomsank (at) gmail.com ; Comité Sankara de Montpellier, France,comitesankara (at) yahoo.fr ; Comitato Italiano SankaraXX, Italie, sankara.italia (at) gmail.com ; Sankara Tribute (Washington), USA, Sankaratribute (at) yahoo.com ;Groupe Thomas Sankara de Liège, Belgique, pauline (at)cadtm.org ; GRILA, Groupe de recherche et d’initiatives pour la libération de l’Afrique, Canada, admin (at) grila.org ;ATTAC Togo, Togo, attactogo (at) yahoo.fr ; Arbeitskreis Panafrikanismus München (AKPM), Allemagne, sekretariat (at) panafrikanismusforum.net ; RAID ATTAC Tunisie, Tunisie, fatcham (at) yahoo.fr ; FNDP (forum national sur la dette et la pauvreté), Côte d’Ivoire, fndp11 (at) yahoo.fr ; RNDD ( Réseau National Dette et Développement), Niger, rnddniger (at) gmail.com ; Club Sankara du Sud-Ouest, Burkina, sanksudouest (at) yahoo.fr, CETIM (Centre Europe Tiers Monde), Suisse, cetim (at) bluewin.ch


* Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka.org ou commentez en ligne sur le site de Pambazuka News


62e anniversaire de la naissance de Sankara : L’UNIR/PS rappelle sa ligne politique

Bénéwendé S. Sankara

2011-12-22

http://pambazuka.org/fr/category/features/78879


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Ceci est une déclaration de l’Union pour la renaissance/ Parti sankariste (UNIR/PS), à l’occasion du 62e anniversaire de la naissance du président Thomas Sankara. Le parti saisit l’occasion pour rappeler sa ligne idéologique et politique.


Né le 21 décembre 1949, le président Thomas Isidore Noël Sankara aurait pu fêter ses 62 ans ce 21 décembre 2011. Il avait seulement 38 ans quand il a été assassiné. L’UNIR/PS, continuateur de l’œuvre du camarade président, voudrait, à cette occasion de la date anniversaire de la naissance du père de la révolution, rappeler l’exemplarité de la vie de l’homme d’Etat dont l’action politique restera pour toute l’Afrique un modèle et un chemin à suivre pour le progrès et l’épanouissement des peuples opprimés.

En effet, la pensée de Thomas Sankara et son parcours politique revisités en 2007 par les sankaristes du monde entier, à l’occasion du symposium international tenu à Ouagadougou, ont donné lieu à la naissance de l’UNIR/PS en tant que fusion des principales forces politiques sankaristes.

Conscient que sa chute est inévitable avec l’unité des sankaristes, le pouvoir de Blaise Compaoré qui, déjà en 2007, a tenté vainement de faire obstacle à la tenue du symposium international Thomas Sankara, a dû multiplier les intrigues, les tentatives de falsifications de l’histoire politique de notre pays, les dénigrements et les attaques directes et personnellement dirigées contre le président du parti. Ayant également lamentablement échoué sur ce terrain, il essaie une infiltration d’éléments pseudo-sankaristes dans les rangs de l’UNIR/PS. Démasqués et mis à l’écart aujourd’hui, l’UNIR/PS s’est renforcée dans sa cohésion et dans sa ligne politique dans le contexte d’une société en déconfiture, sans morale, et où les valeurs d’éthique et d’intégrité sont littéralement hypothéquées par des hommes politiques sans foi ni loi et où, au plan international, la barbarie des puissances impérialistes est le reflet de la grave crise financière qui montre les limites du capitalisme sauvage.

Cette situation, preuve d’un désarroi collectif, a fait naître légitimement, dans la conscience de notre vaillant peuple, l’idée selon laquelle un homme politique est a priori un vulgaire imposteur. Seul Thomas Sankara est cité comme l’unique cas d’exception dont l’intégrité, la probité, le courage, la charité et le don de soi ont fait que la postérité, qui a inscrit son nom dans l’histoire, retient de lui comme ayant été le président des pauvres pour qui il a donné sa vie.

C’est donc ce défi de perpétuer l’exemple atypique de l’action politique de l’homme que l’UNIR/PS a vu le jour avec la ferme conviction et la foi inébranlable que, démocratiquement, le peuple burkinabè qui reste attaché aux idéaux de Thomas Sankara imprimera sa marche irréversible sur le rythme de son histoire qui est confisquée depuis bientôt un quart de siècle par des hommes qui font que la politique est devenue l’art du mensonge, de la tricherie, du marchandage, du clientélisme et au pire des cas, de l’arbitraire, de la répression et de l’injustice inhérente à toute dictature, faisant ainsi que la politique est une chose où peu de gens honnêtes osent encore s’engager. Nombreux sont ceux qui préfèrent la fuir comme la peste.

Tel est malheureusement le visage de la démocratie dans le pays dit émergent de Blaise Compaoré, avec les passe-droits, les marchés publics octroyés à la belle-famille et aux amis, l’insécurité sur tous les plans, le chômage, les injustices sociales, la gabegie, les marginalisations de toutes sortes, etc., avec pour conséquence les crises à répétition obligeant nos braves populations désabusées à crier chaque jour leur ras-le-bol partout dans les secteurs et villages de tout le Burkina. De plus en plus, les citoyens veulent se faire justice et cela se constate dans tous les maillons de notre société, y compris le domaine du sport avec aussi des crises sans fair-play.

Cette situation objectivement insurrectionnelle a mis en émoi tout un système qui ne lésinera pas sur les moyens, même les plus cyniques et sauvages, pour résister à l’aspiration d’un changement fondamental exigé par notre peuple. La preuve par exemple est donnée par les réformes politiques et institutionnelles annoncées à travers le Conseil Consultatif sur les Réformes Politiques (CCRP) dont l’échec cuisant a été en réalité le fait de la contre- offensive active des vrais démocrates et patriotes qui, à l’unisson ont dit non à la révision de l’article 37 de la Constitution.

L’UNIR/PS voudrait ici féliciter et encourager cette société civile et cette opposition qui, avec lucidité, refusent courageusement de compromettre la démocratie au Burkina Faso. Notre parti les exhorte à converger leurs pertinentes positions en vue du renforcement des acquis de notre peuple.

Que nous soyons alors taxés pour cela de parti radical, nous en assumerons la pleine et entière responsabilité devant notre peuple, mais plus que jamais, nous sommes déterminés à avancer avec ce peuple dans sa quête d’un bonheur pour tous.

Voilà pourquoi l’UNIR/PS minimise les obstacles divers qui se dressent devant lui, pétri et nourri par la pensée de Thomas Sankara qui disait ceci devant ses bourreaux : « Tuez Sankara, des millions de Sankara naîtront ».

En revanche, à l’UNIR/PS, notre credo est fondamentalement d’élever le niveau de conscience politique et idéologique de nos militants à travers les structures du parti. D’ores et déjà, le Secrétariat exécutif national a instruit tous les coordonnateurs régionaux d’organiser des assemblées générales dans les 45 provinces afin d’évaluer la fonctionnalité des structures de base. Ensuite, il est conçu un programme de formation des militants avec une équipe de cadres formateurs du parti et cela, en marge des rencontres d’échanges que le président du parti aura notamment avec les femmes, les jeunes et les coordinations régionales.

Cette dynamique qui intervient après la totale restructuration du parti depuis son premier congrès constitutif de mars 2009 est une indication de la nature réelle de l’UNIR/PS qui est un parti, faut-il le rappeler, révolutionnaire de lutte de classes d’obédience sankariste dont les principes organisationnels excluent la trahison et l’indiscipline qui sont aux antipodes des valeurs de tolérance, de liberté et de démocratie.

Forts des leçons que nous tirons de la traîtrise du 15 octobre 1987 et fortifiés par l’histoire de notre peuple, nous nous sommes aguerris également des luttes multiformes qui nous ont souvent révélé la face hideuse cachée de certains hommes.

C’est pourquoi, la vie et l’œuvre du président Thomas Sankara sont notre bréviaire de tous les jours qui nous inspire et éclaire notre action politique au quotidien.

En choisissant un 21 décembre pour fonder l’UNIR/PS, il est clair qu’au-delà du symbolisme, des sankaristes se sont engagés à faire du parti l’œuf, le creuset de la convergence de toutes les luttes menées pour un Burkina Faso où le progrès n’est pas dans ces concepts creux et théoriques mais réside dans l’action concrète appuyée d’une volonté politique réelle qui ouvre au peuple une voie d’épanouissement, de liberté, de justice et de développement à travers une gouvernance qui avait fait de la chose publique la chose la mieux respectée sous la présidence du Camarade Thomas Sankara.

Comme on ne peut pas tuer les idées, l’UNIR/PS, en perpétuant la mémoire de Thomas Sankara, se positionne aussi comme une force alternative avec un projet de société adapté aux mutations et aux exigences du moment qui sont désormais la lutte de notre peuple pour le changement et pour une démocratie réelle et effective qui passe par le démantèlement du régime de Blaise Compaoré.


* Me Bénéwendé S. Sankara est président de l’UNIR/ PS

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Tunisie : Quelques enseignements d’une Révolution encore inachevée

Karim Trabelsi

2011-12-22

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cc A G
La révolution tunisienne est partie de là, un certain 17 décembre 2010, lorsqu’un jeune de Sidi Bouzid , Mohamed Bouazizi, s’immole par le feu devant le siège du gouvernorat, pour protester contre les autorités municipales qui lui interdisaient la possibilité d’utiliser un petit coin de la rue pour vendre des légumes. Un mois plus tard, la révolte populaire générée par l’incident aboutit à la chute de Ben Ali. Karim Trabelsi revient sur ces instants où la Tunisie a basculé et a commencé à se construire un nouveau destin.

Après plus de cinquante ans de dictature politique soutenue par un régime policier totalitaire, la Tunisie a fêté, le 14 janvier 2011, sa nouvelle indépendance, la deuxième depuis la libération du pays de la colonisation française en 1956. Cette date mémorable, devenue officiellement une journée de fête nationale, a en effet marqué l’événement des plus importants, sans doute, qu’a connus l’histoire du pays : La Révolution Populaire du 14 janvier. Certes, la Révolution tunisienne est aujourd’hui un chef d’œuvre inachevé, mais il en ressort, à mi-parcours, un certain nombre d’enseignements constatés à travers trois principaux faits :

- L’échec de tout un modèle de développement qui, illusionné par ses performances macroéconomiques, a trop sous-estimé l’exigence des réformes politiques.

- Le rôle décisif des nouvelles technologies de communication, particulièrement celui des réseaux sociaux sur Internet, dans la transmission quotidienne de l’information et l’organisation des manifestations.

- L’absence de « personnages leaders » et le rôle très marginal joué par les partis politiques qui, désormais, n’arrivaient pas à suivre le rythme très rapide de la Révolution et se trouvaient dépassés par un mouvement spontané et auto-organisé mené par la jeunesse tunisienne.

L’objet du présent article est une analyse de ces trois principaux enseignements faisant la singularité de la Révolution tunisienne qui laisse encore un champ vaste à une série d’interrogations jusqu’alors posées par les Tunisiens. Quels en étaient les facteurs et les acteurs ? Cette révolution, pouvait-elle être possible sans Facebook ? En l’absence de leadership révolutionnaire, quel fut le rôle des Organisations de la Société Civile, particulièrement celui de l’Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT) ? Quelles sont les menaces et les promesses du nouveau contexte politique actuel de l’après révolution ? Avant de tenter d’apporter des éléments de réponse à ces questions, revenons brièvement aux sources de cette Révolution qui, bien qu’imprévisible, est désormais une conséquence évidente d’un cumul d’abus d’ordres politique et économique pendant plus de vingt ans.

AUX SOURCES DE LA REVOLUTION

L’une des origines de la Révolution Tunisienne se trouvait dans la nature hégémonique du système politico-économique qui régnait depuis 1987. Système totalitaire, certes, mais à caractère très sophistiqué qui le distingue des dictatures classiques.

FACTEURS POLITIQUES
Contrairement à la majorité des dictateurs rejetant le modèle démocratique occidental, Ben Ali, entouré d’un grand nombre d’intellectuels conseillers, s’est toujours proclamé de la démocratie et a levé, pendant plus de 20 ans, le drapeau des Droits de l’Homme. Mais sur le terrain la réalité fut autre.

En effet, le paysage politique de la Tunisie avant la révolution se caractérise par l’omniprésence d’un seul parti politique : le Rassemblement Constitutionnel Démocratique (RCD), véritable machine de corruption, de clientélisme et de propagande pour le président. Autour du RCD, cinq autres partis d’opposition, très formels, sont complètement instrumentalisés dans ce mouvement à sens unique qui intégrait d’ailleurs la quasi-totalité des médias ainsi que les pouvoirs judiciaires. Quant à l’opposition « réelle », elle comporte seulement trois partis (1) qui, subissant une répression continue de la part du service de « la police politique », n’arrivaient pas à mobiliser les ressources humaines et financières nécessaires autour d’un projet politique alternatif, faute de moyens mais aussi d’accès aux médias. Enfin, l’opposition comprenait aussi des partis non reconnus dont une partie siégeait à l’extérieur.

Autour de ce système politique s’installait un mécanisme de corruption généralisée au profit de la famille de « Leila Trabelsi », femme du président, et de ses proches : privatisations, déclassement de terres publiques, commerce parallèle… La famille utilisait en effet tous les moyens et instrumentalisait toute l’administration publique pour assurer sa main mise sur tous les secteurs vitaux de l’économie tunisienne. Ainsi, cette contradiction frappante entre le discours politique et la réalité du terrain, a entres autres stimulé un sentiment généralisé de frustration et d’injustice qui commence, à partir de 2008, à s’extérioriser sous diverses formes . (2)

FACTEURS SOCIO-ECONOMIQUES
Pendant les dix dernières années, l’économie tunisienne réalisa des performances macroéconomiques. La croissance du PIB oscillait autour d’une moyenne de 5% par an et l’indicateur de développement humain (IDH) a connu, depuis 2000, une évolution très rapide, la plus élevée de tous les pays en voie de développement. Mais ces performances d’ordre global cachaient en réalité deux problèmes importants : un chômage élevé et des disparités régionales en termes de développement.

La croissance tunisienne, peu intensive en emploi et induite par des activités à très faible valeur ajoutée, n’arrivait pas en effet à réduire le taux de chômage élevé des jeunes diplômés. Selon la Banque Mondiale, ce taux atteignait la barre de 30% en 2008, soit plus du double du taux de chômage moyen, de l’ordre de 15%. Par ailleurs, le modèle de développement de la Tunisie est caractérisé par une marginalisation totale des régions de l’intérieur du pays - en matière d’investissement public et d’accès aux services sociaux - par rapport aux zones côtières. Ce ne fut pas donc un hasard que la Révolution soit partie de la jeunesse de ces régions défavorisées, jeunesse qui a été, à côté des acteurs syndicaux régionaux, un des grands acteurs de cette Révolution.

LES ACTEURS DE LA REVOLUTION

Tout a commencé le 17 décembre 2010 lorsqu’un jeune diplômé de la région de Sidi Bouzid , (3) Mohamed Bouazizi, s’immolait par le feu devant le siège du gouvernorat, protestant contre les autorités municipales qui lui interdisaient la possibilité d’utiliser un petit coin de la rue pour vendre des légumes. Plusieurs versions de l’incident ont circulé, mais quoi qu’il en soit, Bouazizi est devenu le symbole de cette révolution en évoquant, à la fois, les trois problèmes dont souffrait toute la Tunisie, à savoir le chômage des jeunes diplômés, le déséquilibre régional et les abus des autorités locales. L’incident du 17 décembre a été, en effet, une occasion en or pour les jeunes, les activistes syndicalistes et les opposants de tous genres pour déclencher un processus de protestation qui avançait à un rythme fou.

Les manifestations se succèdent devant les locaux de l’UGTT à Bizerte, Kairouan, Jandouba et devant le siège central de l’UGTT réclamant le droit au travail et la justice sociale. Les tribunaux ont connu aussi des rassemblements de la part des avocats. Toutefois, c’est le mouvement spontané mené par des jeunes de Sidi Bouzid, de Kasserine et de Siliana qui a été le plus décisif. La répression policière faisant plus d’une centaine de morts ainsi que les discours très menaçant de Ben Ali n’ont fait qu’amplifier ce mouvement des jeunes et accélérer son rythme. Au bout de deux semaines, les revendications sociales deviennent d’ordre politique et des dizaines de milliers de manifestants réclament la tête de Ben Ali jusqu’à sa fuite le soir du 14 janvier. Qui eut cru qu’un régime aussi puissant que celui de Ben Ali puisse disparaître en moins d’un mois ? La réponse n’est pas unanime, mais les observateurs se mettent d’accord sur le rôle caché de quelques « mains invisibles ».

LES JEUNES TUNISIENS ET LA « PRESSE ALTERNATIVE »

Pendant plus de 20 ans, le régime Ben Ali avait toujours une main mise forte sur les médias. Le ministère de la Communication dont la principale fonction consiste à contrôler la presse et à censurer les sites web indésirables, assumait bien ses responsabilités. Face à cette situation, les jeunes tunisiens utilisaient souvent les « proxis » pour partager des vidéos et des informations sur Internet. Pendant le mouvement révolutionnaire, Facebook devenait un espace privilégié d’échange et de débats entre jeunes. En moins d’une année, le nombre de facebookers tunisiens doublait atteignant plus d’un million et demi en octobre 2010, un véritable boom qui profitait également à des visages de l’opposition siégeant à l’étranger pour diffuser des discours et se faire connaître par les jeunes.

Ainsi, dans un pays où il n’y a pas de liberté de presse, les jeunes Tunisiens ont développé une nouvelle forme alternative de média qui a servi de « matière consistante » pour les chaînes télévisées, particulièrement pour Al Jazeera qui diffusait en boucle les vidéos amateurs des facebookeurs tunisiens. Une vidéo particulière a attiré le plus d’attention, celle de trois jeunes à l’hôpital de Kasserine sauvagement tués par des « snipers » d’une brigade spéciale de la police présidentielle. Le 10 janvier, ces images affreuses, faisant la une d’Al Jazeera, ont divulgué aux Tunisiens la vraie image du régime. Ce jour là, Ben Ali est devenu « Ben fini ».

C’est ainsi qu’une nouvelle forme de presse surgit des milieux des jeunes en Tunisie : témoignages, interviews, chansons, actualités, débats. En deux mots, Facebook était la voix et le regard de la révolution.

LE « COUP D’ETAT » DE L’UGTT

L’Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT) est l’unique centrale syndicale dans le pays. Jouissant d’une grande légitimité historique et d’un grand pouvoir de mobilisation, l’« Ittihad » (Union en arabe) est beaucoup plus qu’une Organisation de la Société Civile. Le rôle de l’UGTT est en effet très semblable à celui d’un parti politique. Cette particularité est vraisemblablement due à deux facteurs.

Le premier, d’ordre historique, est relatif à la grande contribution de l’UGTT à l’indépendance du pays en 1956. L’assassinat de son fondateur Farhat Hachad, en 1952, par les forces de la colonisation française, témoigne de la valeur de cette organisation et de son rôle politique qui dépassait largement les questions des revendications salariales. Ce rôle est consolidé à l’aube de l’indépendance lorsque l’UGTT occupait plus de la moitié des sièges à la première Assemblée constituante de la République. Successivement en 1978 et 1984, l’UGTT a été le leader de mouvements populaires protestataires qui ont déstabilisé le pays. Ainsi, la politisation actuelle du mouvement syndical n’est en fait qu’une forme de résurgence d’un ancien héritage historique.

Le deuxième est lié à la nature totalitaire du régime politique de Ben Ali qui n’a laissé aucun espace d’action ni d’expression pour l’opposition. Celle-ci utilisait souvent l’UGTT comme couverture institutionnelle et profitait du poids de l’organisation pour dire ce qui ne se dit pas ailleurs. C’est le cas des communistes, des islamistes, des nationalistes et aussi des partisans du pouvoir, qui s’infiltraient à l’UGTT pour, entre autres, atténuer l’ampleur des grèves. Ce facteur a fait de l’espace syndical une « mosaïque politique » qui a relativement éloigné l’UGTT de sa mission de base, mais qui fait en même temps sa richesse et sa particularité.

Beaucoup d’indices prouvent que Ben Ali avait bien en tête le danger potentiel que pourrait constituer l’UGTT et veillait à entretenir un compromis avec. Depuis plus de vingt ans, des rounds de négociations collectives triennales entre gouvernement, syndicats et patronats, se tenaient une fois les trois ans et aboutissaient à des augmentations salariales annuelles acceptables. Par ailleurs, le gouvernement prend en charge quelques procédures administratives relatives aux cotisations des adhérents de l’UGTT et continue à verser les salaires des fonctionnaires publics mis à disposition du travail syndical à temps complet. En contre partie, la centrale syndicale faisait souvent des concessions politiques dont le soutien à la candidature de Ben Ali aux présidentielles de 2009. Ce compromis « gagnant-gagnant » n’a pas empêché l’UGTT de sortir de la règle et prendre parfois des positions courageuses contre le gouvernement . (4)

S’agissant du contexte de la révolution, la quasi-totalité des manifestations depuis le 17 décembre partaient des locaux de l’UGTT. Ceci a laissé la centrale syndicale dans une situation inconfortable entre la pression des bases syndicales et la pression de l’Etat. Finalement, la première l’emporte : La commission administrative de l’UGTT approuve une série de grèves générales dans les régions dont celles de Sfax et Tunis respectivement le 12 et le 14 janvier. Par conviction ou sous pression de la base, peu importe, car le bureau exécutif de l’UGTT a laissé tomber son compromis avec le pouvoir. Le 12 janvier à Sfax, 100 000 manifestants se rassemblent devant le siège régional de l’UGTT réclamant la chute de Ben Ali et le jugement de la famille de sa femme. Le 14 janvier, des centaines de manifestants sortaient du siège central de l’UGTT pour se rassembler devant le ministère de l’Intérieur, symbole de l’Etat policier de Ben Ali. Quelques heures après, des jeunes de partout de la capitale, des parents avec leurs enfants, des personnalités publiques rejoignent la manifestation, sans doute la plus nombreuse de l’histoire du pays. Le soir même, Ben Ali s’enfuit.

UGTT, ISLAMISME ET L’APRES LA REVOLUTION

Après la désintégration du RCD et dans un contexte ou le pluralisme politique est encore dans son état embryonnaire, l’UGTT, encore politisée malgré elle, se trouvait comme seule structure organisée dans le pays pouvant servir d’un organisme de veille politique et de contre poids face au gouvernement provisoire. C’est ainsi que l’UGTT a mis en œuvre, en collaboration avec d’autres organisations de la société civile et quelques partis politiques, le Conseil Supérieur pour la Protection de la Révolution. Encadrant des séries de rassemblements à la Place El Kasbaa à Tunis et dans d’autres régions, l’UGTT, via ce conseil, arrivait deux fois à changer la composition du gouvernement provisoire.

Ce rôle politique pratiqué par l’UGTT a suscité une campagne agressive contre le secrétaire général, Abdessalam Jrad, accusé de corruption et d’abus de pouvoir et surtout de mettre les bâtons dans les roues en contraignant le retour de la stabilité au pays. Les avis divergent sur ce point, mais une chose est sûre : l’UGTT jouera, en tant qu’unique structure mobilisatrice pour le moment, un rôle décisif lors des (…) échéances électorales. Bien évidemment, ceci mettait mal à l’aise beaucoup de monde.

Depuis le 14 janvier 2011, presque toutes les grandes organisations du pays sont discréditées : Le RCD, l’Union du patronat (UTICA), l’Union des agriculteurs (UTAP), l’Union de la femme. L’UGTT quant à elle continue à résister grâce principalement à son fonctionnement démocratique qui légitime ses structures indépendamment des divergences et des conflits internes. (…) La campagne anti-UGTT commence à s’atténuer, fait qui coïncide curieusement avec la montée en flèche du mouvement islamique et la reconnaissance officielle de plusieurs partis politiques d’inspiration religieuse dont le fameux « Ennahda » et son leader Rached Ghannouchi. Les Tunisiens commencent à observer des indicateurs sociaux très sérieux qui prouvent une tendance à l’islamisation : étudiantes portant des « burquas », des barbus sortant des mosquées, des salles de prière à l’intérieur des universités. L’islamisme politique est là, et il risque sérieusement, selon certains, de remettre en cause les acquis de la République notamment ceux relatifs aux droits de la femme et aux libertés individuelles. Face à cette tendance qui n’est encore qu’à son début, les défenseurs des valeurs républicaines commencent petit à petit à prendre conscience que l’UGTT est actuellement la seule force qui pourrait contrecarrer les islamistes. Affaire à suivre.

AU-DELA DE LA REVOLUTION TUNISIENNE

La révolution tunisienne est encore inachevée, elle arrive quand même à s’exporter et devient un modèle à suivre pour les peuples des pays arabes. En Egypte, des similitudes frappantes sont constatés par rapport au cas tunisien. Toutefois, l’inspiration religieuse y était relativement présente étant donné le grand poids politique du parti des « frères musulmans » et l’influence spirituelle des chefs religieux (les imams). Ce ne fut pas le cas de la Révolution tunisienne durant laquelle aucun slogan religieux n’a été levé par les manifestants.

La Tunisie a inspiré l’Egypte, certes, mais ce dernier connaît déjà depuis trois ans une dynamique sociale et politique, une société civile indépendante commence à s’imposer, une presse se libère peu à peu des attaches du pouvoir politique... Bref, beaucoup d’indices montrent que le pays est relativement prêt pour la démocratie et que la fin de l’histoire s’annonce heureuse.

Le cas de la Lybie est complètement différent. L’idée d’un Etat islamique est en effet tout à fait possible en l’absence de société civile et de partis politiques qui pourraient jouer le rôle de locomotive pour un peuple encore mal initié à la citoyenneté. Les débats futurs sur l’avenir de la Lybie se compliquent surtout après l’intervention militaire étrangère. Un discours commence à faire du bruit : La coalition internationale contre Kaddafi n’a qu’un seul objectif, le pétrole. Pour les détenteurs de ce discours, le même scénario que celui de l’Irak est entrain de se reproduire, sinon « si l’occident s’occupait tant de nous, pourquoi se taisait-il lorsque Israël tuait les enfants à Gaza ? » se demandent-ils.

Révolutions en Tunisie, en Egypte, en Lybie, au Yémen, au Bahreïn et à la Syrie et qui sait quels seront les prochains ? L’année 2011 va certainement ouvrir la voie vers d’autres « contagions tunisiennes ».


* Karim Trabelsi est économiste Uuniversitaire, membre du Conseil National de la Fédération de l’Enseignement Supérieur (UGTT, Tunisie), il est Coordonateur Général de la Coalition sur la Banque Africaine de Développement.

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Les urgences pour la gauche africaine

2011-12-22

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L’année qui s’achève a été celle de nombreux soulèvements populaires à travers le continent. Les démocraties artificielles ayant fini de faire illusion, les populations ont exprimé leur quête de justice sociale à travers des révoltes qui ont déstabilisé ou secoué des pouvoirs. C’est dans ce contexte que Le Forum du Réseau de la gauche africaine s’est retrouvé à Bamako pour se définir de nouveaux engagements.

Les luttes politiques en Afrique à la veille des indépendances, qu’elles soient armées ou non, ainsi que les luttes sociales syndicales de cette même période, ont été menées sous la bannière ou l’influence idéologique du marxisme léniniste. Les indépendances africaines ne se sont pas déroulées au même moment et n’ont pas pris la même forme sur le continent.

La plupart des pays africains ont accédé à l’indépendance dans les années 1960, laissant derrière d’autres en guerre ouverte contre le colonisateur. Les pays ayant choisi l’idéologie marxiste-léniniste ont activement participé au combat pour l’accession à l’indépendance des autres. Le mouvement marxiste-léniniste est resté vivace dans les luttes qui regroupaient les progressistes, les révolutionnaires et des communistes.

Au pouvoir, ces régimes progressistes ont entrepris des actions salvatrices dans leur pays, avec le soutien des pays socialistes et communistes de l’époque. Mais leurs limites idéologiques et les rapports de forces des impérialistes eurent raison de leur lutte pour les destituer du pouvoir ou vider leur lutte de son contenu politique et économique profitables au peuple.

Ces régimes progressistes, nationalistes, ayant chuté ou ayant tourné le dos à leur programme anti impérialistes, ont été supplantés par des régimes libéraux, totalitaires réprimant systématiquement les mouvements et partis véritablement révolutionnaires marxistes-léninistes. Ces organisations furent contraintes à la clandestinité ou à la semi clandestinité. L’organisation des masses est devenue difficile, mettant à l’ordre du jour le combat pour les libertés démocratiques bourgeoises. Cette lutte fut longue opiniâtre et complexe. Les différentes répressions qui s’abattaient prioritairement sur les militants marxistes-léninistes et le marxisme, devenaient progressivement aveugles s’étendant aux différents courants de la bourgeoisie compradore au pouvoir lié à l’impérialisme.

Le champ de la lutte pour les libertés démocratiques bourgeoises s’élargit également, renforcé par le laxisme des régimes en place qui s’adonnaient au détournement des deniers publics, à la liquidation des secteurs stratégiques des économies, à la mise des Etats sous tutelle de l’oligarchie financière, des multinationales à travers le fameux programme d’ajustement structurel du couple FMI/BM. Les conséquences dramatiques de ces politiques ont été des ferments aux coups d’Etat, à l’éveil des mouvements syndicaux et sociaux prônant l’idéologie marxiste-léniniste comme seule capable de libérer les masses laborieuses. Une véritable effervescence s’emparait de l’Afrique au moment où la trahison des dirigeants du mouvement communiste international en Union soviétique et dans les pays de l’Est poussait les peuples dans la rue. L’impérialisme venait de triompher dans ces pays, balayant ainsi ce qui restait du socialisme.

En Afrique, prenant la mesure des contestations politiques et sachant le rôle joué par les activistes de gauche dans l’éveil des consciences populaires, l’impérialisme somma ses suppôts à accepter les revendications populaires et les cadrer dans les libertés bourgeoises et la démocratie-bourgeoisie. Les conférences nationales, les fora se multiplièrent, aboutissant partout à l’instauration du multipartisme, à la ténue d’élections pluralistes, à la multiplication des journaux et des associations, bref à ce qui est appelé désormais Société Civile.

Cette ouverture politique ou cet élargissement de la démocratie bourgeoise permit à l’impérialisme et à la bourgeoisie compradore à lui asservie de reprendre l’initiative, de se donner une nouvelle virginité sans que le fondement de la démocratie impérialiste soit remis en question. C’est dans ce contexte que les élections sont organisées, marquées par la toute puissance de l’impérialisme qui, à travers le FMI /BM, l’OMC et ses multinationales, imposent le PAS qui exige aux Etats africains de libérer les mouvements des capitaux, baisser les impôts sur les sociétés étrangères à l’importation, réduire les interventions publiques dans l’économie, miser sur les investissements privés en flux pour assurer le développement des infrastructures, etc.

Les conséquences de ces politiques ont anéanti l’industrialisation des pays africains, assujetti l’agriculture, extraverti complètement l’économie africaine pour les intérêts du capital international. Ces politiques sont alors responsables du chômage endémique, de la précarité de l’état nutritionnel, sanitaire et de l’accroissement de l’obscurantisme et de l’analphabétisme en Afrique.

Les partis compétissent dans une telle atmosphère. Les élections sont contrôlées par les puissances financières, internationales et locales qui ont pignon sur les programmes politiques. Les partis font recours à l’argent, chacun avec sa ruse, son compromis voire sa compromission. Pour les partis de gauche, la clarté du programme, l’adhésion des masses à un tel programme ne suffisent plus pour assurer la victoire. D’ailleurs les masses désaffectent les urnes, convaincues que les élections n’apporteront pas la réponse attendue. En cas de sursaut des masses populaires pour assurer la victoire d’un parti aux idées et comportements de gauche, trois situations au moins se présentent :

- Les fraudes massives des pouvoirs dégénérant en affrontements plus ou moins meurtriers,

- Le parti une fois au pouvoir, est contraint par les forces étrangères et le jeu interne à tourner dos à son programme. Il devient un instrument de répression de son peuple,
- Le parti reste fidèle à sa ligne, les puissances financières le bloquent et il finit par perdre le pouvoir car incapable de réaliser son programme.


L’impérialisme qui signifie le monopole, donc antithèse de la démocratie, prétend donner des leçons de démocratie aux peuples et régimes qui veulent vivre hors de leur exploitation et de l’exploitation de l’homme par l’homme. Il viole ses principes démocratiques et républicains annoncés.

LA NECESSITE DE L’ORGANISATION

Prenant la mesure de la situation, la gravité des interventions impérialistes, les initiatives des fondateurs du Forum du réseau de la gauche africaine visent à répondre à ces préoccupations. Les expériences menées par la rencontre de la gauche africaine tenue à Ouagadougou en 2008-2010 renforcent la première rencontre d’ALNEF (African Left Network Forum – Forum du Réseau de la Gauche Africaine) tenue à Johannesburg. Les partis ayant décidé de regrouper ces expériences dans un seul forum, conçoivent l’ALNEF comme une « plateforme de concertation et de mobilisation des partis de la gauche africaine, dans l’objectif de mieux assurer le succès de leur combat pour de meilleures conditions de vie des peuples africains ».

Dans ces conditions l’ALNEF œuvrera pour :

- Développer un lien efficace et efficient de structuration avec les progressistes africains ;

- Partager avec les uns et les autres ce que nous faisons et comment nous le faisons ;
- S’informer mutuellement sur les activités et programmes ;

- Se conseiller ou se concerter sur les voies et moyens d’appui mutuel ;

- Construire un réseau progressiste africain en Europe

- Explorer toutes les possibilités pour développer des projets de coopération avec les progressistes en Afrique.

* Ce texte est introductif à la 3ème Conférence du Forum du réseau de la gauche africaine (ALNEF), organisé à Bamako (http://bit.ly/vAohfm)

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Frantz Fanon : Un militant anticolonialiste engagé au service des peuples

Alla Kane

2011-12-22

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cc Peta-de-Artlan
Le 6 décembre dernier, le cinquantenaire de la disparition de Fanon était célébré pour magnifier l’engagement militant de l’homme, mais surtout montrer combien son œuvre littéraire, soubassement se son action politique, est demeurée actuelle. Alla Kane conforte cette actualité de la pensée d'un homme qui disait justement : « Une société qui accule ses membres à des solutions de désespoir est une société non viable, une société à remplacer. »

20 juillet 1925-6 décembre 1961 ; 36 ans. Une vie très courte mais immensément bien remplie. Officiellement Frantz Fanon a consacré 5 ans à la cause de la lutte armée de l’avant-garde du peuple algérien qu’était le Front de Libération National de l’Algérie (FLN). En réalité il en a consacré beaucoup plus. Car déjà bien avant l’officialisation de son engagement, il abritait et cachait des éléments du FLN, formait des infirmiers pour le maquis et fournissait des locaux pour des rencontres secrètes. Il servait également d’agent de liaison en transmettant informations, armes et autres matériels.

Jusqu’à la fin de sa vie il a fait preuve d’un engagement total et sans faille pour la cause de la lutte armée du peuple algérien pour son indépendance nationale. Aussi bien au plan pratique qu’au plan théorique. Il réfléchissait sur tout et se préoccupait constamment de tout ce qui pouvait avoir un impact sur les objectifs stratégiques du mouvement d’ensemble qui se confondait désormais avec sa propre vie.

Les raisons de cet engagement profond, il les donne lui-même en ces termes dans une lettre envoyée un mois avant sa mort, à l’un de ses amis, Roger Taib : « Nous ne sommes rien sur terre, si nous ne sommes pas d’abord l’esclave d’une cause, celle des peuples et celle de la justice et de la liberté. Je voudrais que vous sachiez que lorsque les médecins m’ont condamné, j’ai encore pensé, quoique dans le brouillard, au peuple algérien, aux peuples du Tiers monde, et si j’ai tenu le coup c’est grâce à vous. »

Il est encore plus explicite dans sa lettre de démission de son poste de médecin-chef de l’hôpital psychiatrique de Blida-Joinville adressée au ministre résident, Gouverneur général de l’Algérie en 1956. Il y tient, entre autres, ces propos : « Pendant près de trois ans je me suis mis totalement au service de ce pays et des hommes qui l’habitent. Je n’ai ménagé ni mes efforts ni mon enthousiasme.»

« Mais que sont l’enthousiasme et le souci de l’homme si journellement la réalité est tissée de mensonges, de lâchetés, de mépris de l’homme ? »
« J’ai mesuré avec effroi l’ampleur de l’aliénation des habitants de ce pays. »

« Le statut de l’Algérie ? Une déshumanisation synthétisée »

« Les évènements d’Algérie sont la conséquence logique d’une tentative avortée de décérébraliser un peuple. »

« Une société qui accule ses membres à des solutions de désespoir est une société non viable, une société à remplacer. »

« Depuis de longs mois ma conscience est le siège de débats impardonnables. Et leur conclusion est la volonté de ne pas désespérer de l’homme, c’est-à-dire de moi-même. »

Ainsi son engagement a été la conclusion d’un long processus de réflexion et de maturation axé essentiellement sur l’étude et l’observation des conditions de vie du peuple algérien et au-delà de l’ensemble des peuples du Tiers monde.

Son double statut d’homme de couleur et de ressortissant d’un pays colonisé dans les conditions d’existence des peuples colonisés de la période de l’immédiat après-guerre a placé Fanon dans un poste d’observation privilégié avec un angle de vue de 360 degrés. Sa profession de psychiatre, les leçons de philosophie qu’il a suivies et les échanges qu’il a eus avec de grands philosophes de son temps n’ont fait que renforcer sa curiosité intellectuelle et l’acuité de son œil d’observateur.

A côté des forces alliées il a participé aux combats de la seconde Guerre mondiale. Libéré de l’armée, il regagne son pays, la Martinique, pour soutenir la campagne électorale d’Aimé Césaire, candidat de la liste communiste pour la première Assemblée nationale de la 4e République. Son séjour en France durant ses années d’études à la Faculté de médecine de Lyon lui a permis de vivre l’enfer du racisme qui était réservé à la communauté noire. Ses contacts, observations et vécus ont inspiré son œuvre célèbre : « Peau noire, masques blancs ». Son expérience en France l’a poussée à cette conclusion : « Le sud américain est pour le nègre un doux pays à côté des cafés de Saint-Germain. »
Dès sa prise de fonction de chef d’une division de l’hôpital psychiatrique de Blida-Joinville en Algérie il affronte les thèses de l’école d’Algérie dirigée par Antoine Porot. Celles-ci reposaient essentiellement sur l’affirmation selon laquelle « l’indigène nord-africain dont le cortex cérébral est peu évolué, est un être primitif dont la vie essentiellement végétative et instinctive est surtout réglée par le diencéphale. L’Algérien n’a pas de cortex, ou pour être plus précis, il est dominé, comme chez les vertébrés inférieurs par l’activité du diencéphale ».

A ces thèses justificatrices de la colonisation par les Blancs, êtres supérieurs, Fanon réplique en affirmant que «c’est bien plutôt la colonisation qui entraine une dépersonnalisation, qui fait de l’homme colonisé un être « infantilisé, opprimé, rejeté, déshumanisé, acculturé, aliéné propre à être pris en charge par l’autorité colonisatrice. »

Ainsi Fanon a été durant toute sa vie adulte du côté de la justice, de la liberté et de la vérité. Jusqu’à la fin de sa vie, son engagement militant pour la cause des opprimés n’a souffert d’aucun relâchement. Alliant la théorie à la pratique, il s’est donné sans compter à la cause de la libération nationale du peuple algérien. Comme en attestent ces propos tenus par Simone de Beauvoir dans ses mémoires, racontant une rencontre de Sartre avec Fanon à Rome, en août 1961, six mois avant sa mort : « Nous retrouvâmes Sartre pour déjeuner. La conversation dura jusqu’à 2 heures du matin. Je la brisai le plus poliment possible, en expliquant que Sartre avait besoin de sommeil. Fanon en fut outré. « Je n’aime pas les gens qui s’économisent. » dit-il à Lanzmann qu’il tint éveillé jusqu’à 8 heures du matin. Comme les Cubains, les révolutionnaires algériens ne dorment pas plus de 4 heures par nuit. »

Son engagement militant anticolonialiste est avéré et ne souffre d’aucune contestation. Il n’a pas été vain. Sa production théorique a accompagné son engagement pratique et constitue un éclairage de haute facture pour la connaissance de toutes les forces en présence sur le terrain aussi bien en ce qui concerne leurs forces que leurs faiblesses. Il a été d’un apport décisif dans la théorie de la lutte anticolonialiste de son temps. Il a pioché toutes les poches du champ de la lutte révolutionnaire du peuple algérien et au-delà de celle des peuples du tiers monde.

C’est en cela que cette commémoration du 50e anniversaire de la disparition de Fanon nous interpelle tous et plus particulièrement nous qui nous réclamons de la gauche. Cette gauche qui est investie de la responsabilité historique de poursuivre le combat qui est loin d’être terminé et qui se déroule dans des conditions autrement plus complexes et dont les chemins ont nécessairement besoin des lumières de la théorie capables de les dégager des méandres de la mondialisation qui est aujourd’hui la référence universelle qui brouille les pistes de l’action continuatrice de la libération des peuples anciennement colonisés.

Ce brouillage nous empêche aujourd’hui de bien identifier l’ennemi pour pouvoir mettre en œuvre les stratégies et tactiques appropriées pouvant garantir la victoire. Quels sont nos ennemis à l’intérieur et à l’extérieur ? Question qui nous interpelle avec insistance et nous renvoie à Frantz Fanon dont nous célébrons le 50e anniversaire de la disparition. Comme lui, nous devons faire usage de la théorie pour dégager clairement les voies de la pratique devant nous mener à la victoire définitive sur l’ennemi clairement identifié.


* Alla Kane a fait cette communication lors de la célébration des 50 ans de la mort de Fanon, organisée à Dakar le 10 décembre 2011.

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Madagascar : La majorité silencieuse, c’est pas nous

Patrick Rakotomalala

2011-12-22

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cc T A
Au-delà de la démocratie à bâtir et à consolider pour Madagascar, c’est d’une nation malgache à construire dont il est surtout question. Pour Patrick Rakotomalala, cela se fera «si nous éprouvons notre capacité de résistance et si nous assumons pleinement notre revendication de justice».

Les trois ans de cette interminable crise à Madagascar en ont éreinté plus d’un de ces militants et indignés de la première heure, épuisés de ces conflits qui se sont propagés jusqu’au sein de leurs propres familles, ballottés comme ils l’ont été, eux et l’ensemble des Malgaches, des sempiternels « I will be back soon » de l’un aux incohérences de l’autre, des espoirs déçus de règlements (de compte ou de crise), à l’écoeurement face à l’incompétence et l’incurie de ces “politiciens” qui ont galvaudé le sens des mots « politique », « démocratie », «peuple», « nation ».

Les “engagés” de l’extérieur dont l’action critique dénoncée par des « hey, t’arrête de nous faire suer avec tes rhétoriques à deux balles sur ta démocratie et ton développement », en sont, pour certains, venus à remettre en question la légitimité et la portée leurs interventions. Ils se sont dit qu’il était temps de cesser de théoriser et de critiquer, parce que d’autres urgences plus vitales étaient là à prendre en compte et à traiter. C’est aussi face à cette urgence que nombre de militants de l’intérieur, confrontés à l’insécurité galopante, au chômage, aux pénuries, aux délestages, à une administration défaillante et à une économie en berne, se sentent trop épuisés et trop sollicités par un quotidien de plus en plus difficile à vivre, pour arriver encore à élever la voix.

SE TAIRE, C’EST OBERER LE FUTUR

Mais faut-il attendre que les choses aillent mieux pour reprendre la parole qui a été volée ? Et pour aussi difficiles que soient à vivre les réalités économiques et sociales de ce pays en déliquescence, on doit réaliser que se taire pour ne traiter QUE l’urgence c’est probablement obérer le futur, en déléguant le soin de bâtir ce futur à tous ceux dont nous nions la compétence et la légitimité. Si nous ne croyons pas aux capacités ou simplement à la moralité de ceux là, avons-nous le droit de nous résigner et de nous taire ? Bien évidemment non. Nous aurions à assumer sinon ce crime de « non-assistance à patrie en danger ».

Si on doit rêver l’émergence d’une Nation malgache et d’une nouvelle démocratie, notre plus grand ennemi dans la situation actuelle, dans cet immense foutoir, n’est pas le président de la Haute Autorité de Transition (PHAT. Ce ne sont pas non plus les hommes prétendument « politiques », sinistres d’Etat et dépités désassemblés, qui déterminent depuis trois ans leur « présence » sur la scène « politique » sur la base de transactions, conspirations sordides, petits arrangements entre adversaires d’aujourd’hui et faux amis de demain pour le partage de miettes et de prébendes du pouvoir. Ce ne sont pas plus les représentants fantasmés de puissances étrangères défendant leurs intérêts sur d’obscurs et abscons registres géopolitiques et géostratégiques. Ce ne sont pas - même pas - les profiteurs de toutes sortes qui gravitent autour d’un pouvoir plus ou moins légitime. Nous sommes nous même notre plus grand ennemi, dans notre silence, notre résignation : « On n’y peut rien de toutes façons, c’est comme ça, ce sera toujours comme ça. Les profiteurs, les ambitions, les égoïsmes, les abus de pouvoirs, les arbitraires sont le lot commun de notre pays et on n’y changera plus rien. »

EN FINIR AVEC NOTRE SINISTROSE

L’énoncé envers leurs compatriotes par certains Malgaches eux-mêmes, de manière schizophrène (« les malgaches et les hommes politiques malgaches en particulier c’est tous des nuls, veules, égoïstes et on ne s’en sortira pas… ») reflète de manière désespérante un « nous sommes nous-mêmes nuls, veules et égoïstes ».

S’il est urgent de nous demander ce qui nous rassemble au lieu de nous déchirer sur ce que nous croyons nous différencier, il est temps aussi d’en finir avec cette sinistrose systématique, avec ce complexe qui fait de notre sous développement une fatalité. Nous gâchons le formidable potentiel de notre Nation à force de ce pessimisme installé de manière malsaine, à force de ce cynisme qu’il est de bon ton d’afficher, prétendument paré d’un réalisme de salon. Autosuggestion de la perte de maîtrise de notre avenir !

La répression et l’arbitraire, la patrimonalisation de l’Etat, la manipulation érigée en système de gouvernement, la politique politicienne et ses petits et sordides arrangements ne sont pas des caractéristiques du seul Etat Malgache. L’actualité de notre « reny malala » de référence ou les scandales économico-pipolo-politiques de ces démocraties dites développées l’illustre encore aujourd’hui.

ET NOUS GUERIR DE NOS COMPLEXES …

On doit ainsi encore le répéter : il faut cesser de se flageller. Les modèles et les systèmes politiques « équilibrés » des grandes démocraties se sont bâtis sur la durée. Ces prétendument « modèles » de démocraties se sont établis aux prix de siècles de guerres civiles et de religion, de guerres de conquêtes, de révolutions sanglantes, de luttes et de répressions sociales qui ont forgé des vœux de « jamais plus » souhaités répétitivement à chaque conflit. La répression et l’arbitraire exercés par la coercition d’Etat ont lentement amené les individus à forger leur capacité de résistance.

Il reste cependant évident que cette capacité de résistance des sociétés à la violence et à l’injustice se forge bien plus lentement que la résignation et la soumission au pouvoir coercitif. Le besoin de survie prend souvent le pas sur ce besoin d’affirmation/revendication qui s’exprimerait dans l’indignation et la révolte ouverte (l’adhésion de masses fanatisées au discours du démagogue révolutionnaire est une autre affaire).

EN APPELER A NOTRE RESPONSABILITE INDIVIDUELLE…

C’est pourtant sur cette résistance, ces luttes sociales que se dessinent les ruptures idéologiques sur lesquelles se bâtiront les oppositions, les projets alternatifs, les alternances démocratiques, mais aussi les solidarités qui construisent une identité nationale. Elles fondent l’émergence des contre-pouvoirs indispensables aux équilibres sociétaux. La constitution d’une véritable société civile à la fois productrice d’idées, de thèses, d’idéologies, de discours et de programmes politiques, mais aussi régulatrice des dérives est à ce prix.

La construction de la nation malgache se fera donc si nous éprouvons notre capacité de résistance et si nous assumons pleinement notre revendication de justice. S’il nous faut de l’opiniâtreté, il nous faut aussi de la patience et de l’humilité. Notre avenir a besoin de temps.

Quand on entend certains professer que notre solution à court terme serait une dictature « éclairée », ou d’autres se prendre à rêver un modèle de développement à la chinoise qui se passerait du respect des libertés fondamentales, il faut s’inquiéter de ces solutions à l’emporte-pièce importées, comme les précédentes, dans la facilité. Aucune solution ne sera immédiate et aucune voie idéale ne se dessinera spontanément

Il faut ainsi en appeler à notre responsabilité individuelle parce qu’il est vain d’attendre l’émergence spontanée de ces personnages fabuleux qui sauront accomplir seuls tous les miracles attendus. Ceux qui définiront leur quête du pouvoir par la réalisation d’une ambition pour le pays et non pas pour eux-mêmes. Ceux qui nous tiendront les discours rêvés, discours de courage, de vérité et de responsabilité, qui sauront arbitrer justement entre la légitime revendication des masses populaires, le lobbying des groupes de pression, les privilèges des nantis, les surenchères des démagogues et les manigances politiciennes, ceux là c’est à nous même de les faire naître. On y mettra 5 ans, 10 ans, 15 ans peut-être. Mais ils apparaîtront bien à un moment. Il nous appartient ici d’aider et de préparer ou pas les générations futures à les faire émerger.

Que nous soyons au pays ou, à plus forte raison, que nous soyons à l’extérieur, il nous faut donc rester debout. Pousser et partager tous les « coups de gueule » quand on le jugera nécessaire. Agir véritablement dans le sens de nos idées chaque fois qu’on le pourra… Militer. Voter. Analyser et Vérifier. Informer et former. Echanger. Débattre. Ecrire. Agir encore. Bâtir. Lancer des projets. Investir et financer. Organiser. Se regrouper. Soutenir… L’acte politique est quotidien. Affirmons toujours plus au jour le jour notre citoyenneté et notre responsabilité… ou taisons nous à jamais. Ce n’est là que question d’ambition et de responsabilité sur l’avenir et sur la puissance future d’une nation malgache.

« Peut être sommes nous devant l’une de ces occasions de l’Histoire où un peuple voit s’offrir à lui un destin d’autant plus grand que ses épreuves ont été pires. Mais nous ne saurions soutenir nos droits, ni accomplir nos devoirs si nous renoncions à devenir puissants… ». Bien à vous tous.


* Patrick Rakotomalala (Lalatiana Pitchboule) a publié ce texte dans
madagoravox.wordpress.com
Ps : J’ai écrit ce papier en pensant à une amie, militante qui s’épuise pour sauver l’emploi de ses 20 collaborateurs quand, en plus de subir dans son entreprise des formes de racket fiscal , elle vient de se faire « braquer » par des hommes armés et cagoulés qui sont partis en emportant une partie de son matériel de production…

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Comment la spoliation de l’Afrique a causé le déclin de l’Occident rentier

Jean-Paul Pougala

2011-12-22

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cc B d P
Ayant longtemps vécu des rentes de l’esclavage et de la colonisation, l’Occident a structuré son économie et bâti les ressorts de sa croissance sur la prédation des ressources des pays « captifs ». Aujourd’hui que la donne change et que l’Afrique se libère en se tournant vers les pays émergeants, l’économie occidentale découvre qu’elle a « été minée depuis l’origine et pour 400 ans par une rente qui ayant trop duré lui a fait bâtir sa fortune sur une sorte de sable mouvant », écrit Jean-Paul Pougala.

En 22 mois, les pays de l'Union Européenne qui utilisent l'Euro ont fait 17 rencontres au sommet pour sauver la monnaie unique, l'Euro, sans y parvenir. On s'attendrait naturellement que le magot de la longue spoliation de l'Afrique par l'Occident lui permette aujourd'hui de payer ses dettes et de se mettre hors de portée des spéculations boursières. Il n'en est rien. Il est incontestable que la déportation des Noirs d’Afrique pour aller travailler comme esclavages en Europe et en Amérique a beaucoup aidé pour l’édification de la structure économique de l’Occident. Et c’est là le paradoxe. Parce que c'est aussi cette pratique qui a contribué à miner et à fragiliser son envol industriel. Si l’Occident s’était développé sans recourir à cette main d’œuvre gratuite elle serait plus forte aujourd’hui. C’est justement cette pratique qui l’a fragilisé, surtout lorsqu’on sait qu’elle n’en avait pas besoin.

Avec ou sans les esclaves venus d’Afrique, les Etats-Unis d’Amérique se seraient développés de la même manière. Avec ou sans esclaves africains, l’Europe se serait développée de la même manière et peut-être même plus. Elle se serait passée du cacao, du café, etc. Mais le fait de se passer d’une tablette de chocolat ou d’une tasse de café ne change rien sur le devenir d’une civilisation.

Le père de la science économique moderne, l’Ecossais Adam Smith, écrivait que « l'expérience de tous les temps et de tous les pays s'accorde, pour démontrer que l'ouvrage fait par des mains libres revient définitivement à meilleur compte que celui qui est fait par des esclaves. » Il disait ainsi qu’au-delà de l’immoralité de l’esclavage, il y trouvait aussi une stupidité économique. En effet, à bien y regarder, on peut dire avec précision que l’esclavage et la colonisation ont fragilisé économiquement l’Occident plutôt que le rendre fort ; le recours à une position de rente a faussé les règles de jeu du marché parce qu’il y avait un acteur (l’Occident) qui est arrivé déjà avantagé puisqu’il pouvait recourir à une main d’œuvre gratuite.

L'ESCLAVAGE ET LA COLONISATION DES AFRICAINS A AFFAIBLI L'OCCIDENT

Imaginez d'avoir dans votre château, 20 employés de maison pour assurer le jardinage, la cuisine, le pressing, la vaisselle, la propreté des locaux, le repassage, etc. Et tout cela gratuitement, sans que vous payiez le moindre centime. Grâce à ces esclaves, vous aurez un très haut niveau de vie, mais qui au fond n'est qu'artificiel, parce qu'il vient du fait que ces esclaves ne sont pas en mesure de se rebeller et de revendiquer leurs droits, leur paie pour les services qu'ils vous rendent. Le jour où, ils commenceront à fréquenter les voisins, à communiquer avec d'autres semblables, ils prendront conscience de leur état et lorsqu'ils auront la force et le courage de mettre fin à cet état de subordination, pour maintenir le même niveau de vie, vous serez obligé d'emprunter de l'argent pour payer les esclaves d'hier et le processus de surendettement et donc de faillite est enclenché. C'est la situation de l'Europe aujourd'hui et qui vient en partie aussi d'Afrique, au fur et à mesure que l'Afrique se libère grâce surtout aux immenses investissements des capitaux chinois, qui permettent aux Africains de prendre conscience de l'ampleur des conséquences même mentales de leur esclavage passé et présent qu'ils ont subi.

Il y a eu certes cette longue avance technologique de l'Occident sur toute la planète, avance purement virtuelle ne reposant sur aucun fondement concret solide. Et comme on pouvait s’y attendre, cette position de rente, c’est-à-dire d’avantage non mérité, a poussé leurs bénéficiaires à dormir sur leurs lauriers, convaincus que le monde était immuable, statique. Ils étaient convaincus que l’Asie serait toujours comme ils l’ont défini eux-mêmes, que ce soit la Chine ou l’Inde, un « géant endormi », que l’Afrique resterait pour toujours uniquement un réservoir de matières premières. Grave erreur de calcul, puisque toutes les autres régions du monde qui ont été victimes de ce marché truqué d’avance par le premier arrivé, ont eu une double rage pour rivaliser en imagination afin de corriger cette distorsion. Et lorsqu’ils y parviennent, ils sont mis sur une rampe de lancement que rien ne semble arrêter. Et c’est ce qui justifie qu’ils se développent plus vite, sur des bases plus solides que le premier arrivé qui, habitué à ne tenir debout que grâce aux artifices, est balayé très vite au premier vent contraire. C’est ce qui explique que c’est l’économie occidentale qui a été minée depuis l’origine et pour 400 ans d’une rente qui ayant trop duré lui a fait bâtir sa fortune sur une sorte de sable mouvant. Et au premier vrai vent venu d’Asie en attendant celui qui arrivera d’Amérique du Sud et d’Afrique, c’est tout l’édifice qui est en train de basculer.

CONCLUSION

L’esclavage et la colonisation de l'Afrique ont été incontestablement des éléments perturbateurs dans la vision que les Occidentaux se font du monde. Ces deux faits graves ont été comme une lentille déformante qui ont privé presque tout l’Occident de la perception réelle d’un monde qui était en train de changer autour d’eux, à leur insu. Pour l'histoire, les pays Européens qui avaient bénéficié du Plan Marshall du président Américain Truman en 1948, consistant en un prêt de 100 milliards de dollars américains, n'ont jamais pu rembourser que 20 milliards, c'est-à-dire 20% seulement.


* Jean-Paul Pougala est un écrivain camerounais, analyste géostratégique

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RDC analyses

RD Congo : Au « Brésil africain » se joue l’avenir du continent

Jooneed Jeeroburkhan

2011-12-22

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La présidentielle qui vient de consacrer la réélection de Joseph Kabila en Rd Congo n’a pas suscité grand intérêt sur le continent. Or,dans ce pays aux ressources naturelles immenses pillées à l’excès et en proie à une constante instabilité, se joue une partie de «l’avenir du continent», selon Jooneed Jeeroburkhan.

Maurice fait partie de l’Afrique ? Il est même membre de l’Union africaine ? Près d’un tiers de Mauriciens sont d’origine africaine? Une proportion plus grande se considère politiquement africaine? Maurice se voit comme un pont entre l’Afrique et l’Asie? On ne le dirait pas, à en juger par l’incroyable silence public à Maurice autour des élections charnières et mouvementées dans ce « Brésil africain » qu’est la République démocratique du Congo (RDC).

Rien ou presque dans nos médias, grands et petits, aucun débat dans nos « cafés » dits « littéraires », aucune discussion au sein de nos partis politiques, même de gauche, aucun propos de nos dirigeants ou opposants, même pas un souhait de réussite pour ce scrutin à hauts risques dans ce pays martyr d’entre tous.

Et pourtant, ce qui s’est passé cette semaine en RDC n’est rien de moins que la propagation fulgurante des flammes du « Printemps arabe » jusqu’aux Grands lacs africains, loin au sud du Sahara. Et cela le jour même où l’Égypte votait – lors d’élections qui, elles, ne sont pas passées inaperçues à Maurice, fort curieusement.

UNE AFRIQUE TAILLABLE ET CORVÉABLE

Pays modèle d’une Afrique taillable et corvéable aux souhaits des colons nordistes, depuis le Congrès de Berlin de 1885, le Congo a été propriété personnelle de Léopold II, roi des Belges, jusqu’à 1908, sous le nom facétieux, voire diabolique, d’ « État libre » ! Car les Congolais, hommes, femmes et enfants, étaient, eux, tout sauf libres. Déracinés de leurs villages et évangélisés pour être toujours plus soumis et plus productifs (hévéa, ivoire, etc.), ils sont atrocement mutilés quand ils ne sont pas massacrés.

Le classique d’Adam Hochschild, « King Leopold's Ghosts » (Mariner Books, 1999), traduit sous le titre « Les fantômes du roi Léopold : La terreur coloniale dans l'État du Congo, 1884-1908 » (Tallandier, 2007) est une lecture obligatoire pour comprendre cette folie qui porta l’entreprise coloniale au paroxysme de l’horreur – et qui a eu son pendant chez nous sous la forme du Code noir.

En butte aux critiques d’humanistes britanniques, le roi, à la veille de sa mort, légua « sa » colonie à son pays, la Belgique, en 1908. Le Congo belge accéda à « l’indépendance » en 1960. Mais Patrice Lumumba, premier ministre élu et patriote résolu, était renversé et assassiné, ses restes dissous dans de l’acide.

DE MOBUTU A KABILA, VIA LE RWANDA

La sécession du Katanga, la guerre civile et l’intervention de l’ONU ont débouché en 1965 sur le coup d’État du colonel Joseph Désiré Mobutu, proche des États-Unis. Mégalomane, il régna sur le Congo pendant plus de 30 ans, se remplissant les poches et surtout permettant aux multinationales minières du Nord de piller le pays et d’amasser des fortunes colossales.

C’est autour des années 1990 déjà que débute le « Printemps congolais ». La Guerre froide est finie, l’apartheid s’écroule, un vent de « Conférences nationales souveraines » balaie l’Afrique. Mais l’Occident a d’autres plans : il faut trouver un remplaçant durable à Mobutu pour continuer de piller le Congo en toute quiétude.

En octobre 1990, les Tutsis rwandais, exilés depuis 1959 dans les pays anglophones voisins, rentrent au Rwanda les armes à la main avec le soutien des États anglo-saxons, qui ont comme supplétifs dans la région l’Ouganda et le Burundi. La guerre au Rwanda se termine sur le génocide de 1994 et la prise du pouvoir par le FPR (Front patriotique rwandais, tutsi) à Kigali. Les Hutus, majoritaires mais défaits, se réfugient massivement au Congo voisin. Dès lors, épaulé par les armées ougandaise et burundaise, le FPR se lance au Congo dans une « chasse aux génocidaires » - et en profite pour aller installer Laurent-Désiré Kabila au pouvoir à Kinshasa en 1997. Mobutu, cancéreux, se réfugie au Maroc où il meurt en exil la même année.

UN MAURICIEN DANS LES GUERRES DE PILLAGE

Les élections au Congo, présidentielles et législatives à la fois, prennent tout leur relief sur cette toile de fond : avant même de prendre le pouvoir à Kinshasa, Kabila était contraint de signer d’importantes concessions minières à des multinationales des États Unis, du Canada et d’Europe, qui finançaient la guerre.

Un Mauricien, Jean Raymond Boulle, apparaît dans le paysage : ex-employé de De Beers dans le secteur du diamant au Zaïre, il est en 1996 patron d’American Mine Fields (AMF), acquise en Arkansas où Bill Clinton était gouverneur. Il obtient de Kabila pour 1 milliard de dollars de concessions minières, et il a été épinglé par les experts de l’ONU dans leurs multiples rapports sur les guerres de pillage au Congo.

On est en pleine privatisation de guerres de pillage, avec des armées de mercenaires comme Executive Outcomes (EO) et Defense Systems Limited (DSL). Quand Kabila décide en 1998 de bouter les armées étrangères hors du Congo, il doit se tourner vers ses voisins d’Afrique australe. La guerre durera cinq ans et fera au bas mot cinq millions de morts.

KABILA FILS ET LA TUTELLE DE L’ONU

Kabila est assassiné en 2001. Son fils Joseph, 30 ans, est installé au pouvoir, soutenu par 20 000 Casques bleus de l’ONU. Sous ce régime de tutelle, les parties congolaises, dont celles appuyées par l’Ouganda, le Rwanda et le Burundi, vont s’entendre en 2003 sur un pacte de gouvernement menant en 2006 aux premières élections libres depuis celle de Lumumba en 1960. Joseph Kabila gagne les élections, remportant la présidence et réunissant une « majorité présidentielle » au Parlement. Mais aux yeux de beaucoup de Congolais, sinon la majorité, l’élection est gravement entachée. Le fait que les puissances occidentales l’avalisent rend les Congolais encore plus méfiants.

En réalité, une lourde équivoque pèse sur le Congo de Kabila. Il a grandi en Tanzanie et il manie surtout l’anglais et le swahili. Les Indiens, Pakistanais et Bangladeshis anglophones dominent au sein des Casques bleus de l’ONU, et sont plus proches du FPR et de l’Ouganda anglophones que des Congolais eux-mêmes, qui les voient comme une armée d’occupation.

Étienne Tshisekedi, vieux nationaliste né en 1932 et l’un d’une petite poignée de diplômés secondaires formés par les Belges avant l’indépendance, avait boycotté les élections de 2006. Les guerres de pillage ont continué dans l’est du pays. Il a fallu les pressions d’une coalition de députés de la société civile pour forcer Kabila à réviser le Code minier dans l’intérêt national.

« Changer de régime » avec Tshisekedi

Aussi, le scrutin de 2011 (du 28 novembre) allait donner aux Congolais l’occasion de « changer de régime », de se débarrasser de la tutelle étrangère et de doter leur pays d’un État voué au développement national. Et Tshisekedi, malgré ses 79 ans et sa santé chancelante, était cette fois candidat à la présidence.

Le samedi 26 novembre, Tshisekedi a rassemblé à Kinshasa une telle foule que Kabila, qui manie tous les instruments du pouvoir, a décidé d’annuler son propre meeting, et a fait bloquer Tshisekedi à l’aéroport de Ndjili pendant 8 heures ! Il y a eu au moins trois morts en ville, mais la messe était dite.

La journaliste belge Colette Braekman, proche du pouvoir, écrit sans hésiter sur son « Carnet » du journal Le Soir, de Bruxelles, que l’issue du vote ne fait pas de doute, même si les résultats ne seront connus que le 6 décembre. Ambassadeurs et observateurs internationaux faisaient déjà la file hier sous l’auvent devant la maison de Tshisekedi à Limete, un vieux quartier résidentiel de Kinshasa, écrivait-elle.

AU CONGO SE JOUE L’AVENIR DE L’AFRIQUE

Bien sûr, de nouvelles magouilles sont possibles, et c’est peut-être le camp Kabila qui criera cette fois à la fraude, car fraude il y a eu, depuis le non enregistrement d’électeurs jusqu’aux bureaux de vote introuvables, en passant par la pénurie de matériel, la découverte de ballots de bulletins pré-marqués pour Kabila, les attaques armées contre des votants, et d’autres violences – le tout alors que la Commission électorale dite « indépendante » était dirigée par Daniel Ngoy Mulunda, un homme de confiance de Kabila.

Au Congo-Kinshasa se joue l’avenir de toute l’Afrique. Alors que l’Empire déploie l’AFRICOM, pousse le Kenya à guerroyer en Somalie, et s’emploie à détourner le Printemps arabe en sa faveur en jouant la carte islamiste, les Congolais renouent avec la ferveur démocratique de la « Conférence nationale souveraine » d’il y a 20 ans.

Il s’agit d’un pays de 2,3 millions de Km carrés, grand comme les deux-tiers de l’Europe de l’ouest, avec 72 millions d’habitants. Il dispose d’importantes ressources minières, dont le coltan qui est indispensable au téléphone cellulaire. Mais il a aussi un potentiel agricole et hydraulique énorme qui le rendrait capable de nourrir et d’électrifier tout le continent. D’où son surnom de « Brésil africain ».

Mais il faut d’abord que les Congolaises et Congolais reprennent contrôle de leur pays et installent un État fort qui mette les ressources nationales au service du développement. C’est ce qu’ils ont voulu faire en allant voter le 28 novembre.


• Jooneed Jeerooburkhan est un des fondateurs du Mouvement Militant Mauricien (MMM) – Ce texte est paru dans Mauritius Times.

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Message des intellectuels katangais aux Congolais

Léon Sandambi Kampeu

2011-12-22

http://pambazuka.org/fr/category/DRCanalysis/78876

Devant la forfaiture électorale qui a porté Kabila au pouvoir et les risques de violence qui se dessinent, des intellectuels katangais tiennent à se démarquer. Non seulement des fraudes électorales notées dans leur région, mais aussi «du leadership katangais unidimensionnel actuel représenté par Joseph Kabila» ses proches.

Nous, intellectuels katangais de la Diaspora euro-américaine ; convaincus de notre capacité critique et de notre indépendance d’esprit ; préoccupés par la crise politique postélectorale en RDC qui ternit l’image de tous les Katangaises et Katangais ; convaincus que la vérité peut libérer les consciences chargées et restaurer la confiance entre différentes ethnies congolaises ;

Publions la déclaration suivante :

1. Nous confirmons sur la base des informations venant de nos familles et de nos amis que les résultats de la présidentielle ont été manipulés pour donner la victoire à celui qui ne le méritait pas. La très grande majorité des Katangais se dissocie de la fraude et la dénonce par notre voix. En conséquence, nous invitons nos compatriotes à rejeter les résultats de la présidentielle et à ne pas ostraciser collectivement les Katangais ;

2. Nous confirmons qu’une Commission électorale parallèle dirigée par Katumba Mwanke et Kyungu wa Kumwanza a été mise en place depuis le 17 août 2011. Elle a siégé jour et nuit dans une résidence connue de tous près de la villa du docteur Ilunga Ndjoloko, au quartier du Golf à Lubumbashi. Cette commission a géré au jour le jour plus de cinq millions de bulletins pré cochés au nom du candidat numéro 3. Elle les a distribués par avion jet aux gouverneurs des provinces. Pour avoir tenté de dénoncer l’existence de cette commission parallèle, Hubert Kamwila Nswana de Kowezi a été exécuté froidement sur ordre de Kyungu wa Kumwanza. Cet acte nous rappelle les autres meurtres commandités par le même individu : Steve Nyembo, Benoît Kyoni, Luc Lukonde, l’ambassadeur Sampassa, etc.

3. Nous dénonçons le leadership katangais unidimensionnel actuel représenté par Joseph Kabila, Katumba Mwanke, Masangu, Ngoy Mulunda et Kyungu wa Kumwanza. Ces individus sont à leur propre service, pas à celui de tous les Katangais. Nos compatriotes doivent en tenir compte dans leur jugement, souvent sans discernement, sur les Katangais. Comme tous les Congolais, les Katangais souffrent de manque d’électricité, d’eau potable, de nouvelles épidémies, d’absence de salaire, d’insécurité, de faim, etc.

4. Nous attirons l’attention de nos sœurs et frères kasaïens sur leurs propres responsabilités dans différents incidents qui émaillent nos relations depuis 1961. En effet, lors des récents incidents malheureux de Kamina, certains Kasaïens se sont plus à insulter les Katangais sans jamais s’en prendre aux leurs qui, par leur silence, participent au complot visant la déstabilisation des communautés katangaise et kasaïenne. Pourquoi le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, lui-même Kasaïen, n’a pas condamné ces incidents ; pourquoi le secrétaire général du PPRD, parti au pouvoir, et président de l’Assemblée nationale, lui-même Kasaïen, n’a pas réagi ? Pourquoi, le rapporteur du Sénat et propriétaire du journal Le Potentiel, lui-même kasaïen, n’a pas levé le petit doigt ?

Sans excuser ces crimes de droit commun, nous pensons que le premier ennemi du Kasaïen et le Kasaïen lui-même. Nous, intellectuels katangais, avons le courage de dénoncer ceux qui prétendent être des nôtres, nos compatriotes kasaïens doivent faire de même contre Boshab, Lumanu, Mende, Pius Muabilu, Mutinga, Ngoyi Kasanji, Raymond Tshibanda qui sont les architectes des malheurs des Congolais, toutes provinces et ethnies confondues.

Pour l’amour de la RDC, nous avons ainsi dit et distribué la présente déclaration le 20 décembre 2011.

Les signataires
- Léon Sandambi Kampeu, Luxembourg (Luxembourg)
- Evariste Kinyama, Lille (France)
- Bruno Sambwa, Rome (Italie)
- Nsenga Mwenge, Bruxelles (Belgique)
- Umba Fungwa, Lausanne (Suisse)
- Oscar Kayumba, Munich (Allemagne)
- Hilaire Yav, Montréal (Canada)
- Gaston Kazembe, Washington (USA)
- Louis Kandal Tshining, La Haye (Pays-Bas)
- John Mulimbi, Londres (Grande Bretagne)


Jacob Zuma sera-t-il victime de la fraude électorale en RDC avant Joseph Kabila ?

2011-12-22

http://pambazuka.org/fr/category/DRCanalysis/78882

Le «hold up électoral» qui a encore porté Joseph Kabila au pouvoir relève de complicités actives ou silencieuses au niveau international. Le président sud-africain Jacob Zuma est, entre autres, accusé de compromission, alors que la communauté internationale fait montre d’une attitude passive qui constitue une licence à la fraude et aux violences post-électorales.

La Fraude électorale devant laquelle les grandes puissances et les multinationales essaient de fermer l’œil en RDC fera plusieurs victimes car le peuple congolais qui l’a découverte ne veut pas lâcher prise. La pièce maîtresse de cette fraude électorale jamais vue, même sous la dictature mobutienne, reste le remplissage des bulletins de vote en faveur de Joseph Kabila en Afrique du Sud, la commande de deux cargos de bulletins de vote deux jours après la fin des élections et leur dispatching sur Lubumbashi, Goma et Kinshasa.

L’explication du Pasteur Ngoy Mulunda qu’il s’agissait d’une livraison prévue de longue date n’était pas convaincante, dans la mesure où ces bulletins destinés à l’incinération avaient été dispatchés en trois endroits différents, lesquels endroits sont considérés comme les centres névralgiques de la fraude électorale de 2011.

La correspondance ci-dessous d’un combattant congolais de l’Afrique révèle d’autres éléments pouvant être versés au contentieux électoral en cours. L’existence des institutions indépendantes en RSA aide ainsi le peuple congolais à découvrir l’ampleur non seulement de la fraude électorale mais aussi la complicité internationale dans la crise qui sévit en RDC depuis 1996. Pour avoir pris en témoins les médias indépendants sud-africains, les Congolais vivant en Afrique du Sud ont déjà internationalisé le contentieux électoral congolais au point que Jacob Zuma, président de la RSA, risque d’être la première victime de la fraude électorale de la CENI bien avant son commanditaire, Joseph Kabila Kabange, le président sorti ou sortant de la RDC.

JACOB ZUMA, PRESIDENT SUD-AFRICAIN
« Nous avons dévoilé l’implication du gouvernement de l’Afrique du Sud dans l’affaire du Congo. Je tiens à vous signaler que nous avons été surpris dans la soirée par une unité spéciale envoyée par le président Zuma pour nous chasser et nous arrêter. Certes, plusieurs d’entre nous avaient été arrêtés mais on vient de les libérer car nous avons appelé la télévision nationale SABC1 et la deuxième Chaine la plus suivie d’ici « ETV » lors des émeutes.

A peine, les spéciales éditions étaient passées sur ces 2 chaines, des avocats sont venus à notre secours et nous avons étés libérés.

Pourquoi le président Zuma a-t-il agit de la sorte?

Voici la vérité : après notre manifestation du 5 décembre 2011 devant la place de l’ANC, c’est-à-dire Luthuli House, Zuma s'est rendu en RDC le 6 décembre pour rencontrer Joseph Kabila, afin de lui faire part de la situation. Hier, dans la journée, le Democratic Alliance, un parti politique opposant à l’ANC, avait convoqué une réunion parlementaire d’urgence pour siéger sur le dossier de notre revendication sur le sol sud-africain.

Des vérités sont entrain de sortir et je vais vous le dire tout haut : pour que l’Armée sud-africaine puisse sortir de la RSA pour l’étranger, il faut l’aval du parlement.

Mais voici ce que le Président Zuma a fait avec Kabila. Pour des intérêts personnels, Zuma a falsifié le protocole du parlement et a envoyé 4000 soldats sud-africains à l’insu du parlement. Les mercenaires sud-africains qui sont au Congo sont des soldats indisciplinés que l’armée avait soit mis aux arrêts soit renvoyés de l’armée. Zuma sur demande de Kabila, les a repris et envoyés au Congo pour une prime de guerre de 3000 dollars chacun jusqu’à l’investiture de Kabila au pouvoir.

Pourquoi Zuma se rend-il au Congo chaque semaine ?

Négocier les minerais du Congo pour son compte personnel avec Kabila. Zuma a beaucoup d’avoirs chez nous que le parlement et le gouvernement sud-africains ne connaissent pas. Les faux bulletins pré-remplis de Kabila ont été faits sur ordre de Zuma, Kabila et Ngoy Mulunda, d’après le chef de l’’imprimerie qui a été convoquée au parlement pour interrogatoire.

Kabila et Zuma sont des partenaires d’affaires sur nos mines auprès des gros acheteurs sud-africains et internationaux. En d’autres termes, Zuma est un commissionnaire de vente de minerais pour Kabila. Convoquer au Parlement, Zuma n’a pas su se défendre correctement et a 2 semaines pour venir se défendre sinon il sera destitué du pouvoir. Voilà la raison de sa colère sur nous aujourd’hui.

Mes frères et sœurs congolais (es), n’arrêtons pas le travail car la boîte de pandore du Congo est prêt à s’ouvrir. Ce qui était caché commence à sortir. Kabila vend notre pays à pièces détachées. Ingetaaaa ! »
JM Mukanya

Qui sont les autres complices de la fraude électorale en RDC ?

L’International Crisis Group a déjà pointé son doigt accusateur sur la MONUSCO comme probable deuxième complice dans le hold-up électoral congolais. La MONUSCO aurait en effet commis un péché par omission ou par le fait de laisser faire une fraude en se cachant sous une fausse reconnaissance de la souveraineté de la CENI.

La MONUSCO peut se défendre du fait qu’elle n’ait pas reçu mandat de certification des résultats comme l’ONUCI en Côte d’Ivoire. Mais sa reconnaissance brusque de la souveraineté des institutions congolaises contraste avec la prolongation de sa mission en RDC, même quand le gouvernement congolais lui demande de partir.

La MONUSCO tombe ainsi dans l’ambigüité historique qui entoure l’interprétation du respect de la souveraineté d’un Etat définie à Westphalie (Allemagne) en 1648. Après le massacre des Juifs sous Hitler, l’épuration ethnique du Kosovo, le double génocide rwandais de 1994, la communauté des grandes puissances (qu’on appelle faussement internationale) avait stipulé que, dorénavant, pour des raisons humanitaires, la souveraineté d’un Etat dirigé par un dictateur qui tue ses propres citoyens, n’était plus inviolable. On appela cela «intervention humanitaire» pour éviter un autre Auschwitz, Kosovo, Rwanda, etc.

Dans la logique de l’intervention humanitaire militaire, aucun chef d’Etat démocratiquement élu (Hitler était aussi élu démocratiquement), aucune armée nationale et aucune police nationale, n’aura plus jamais « une licence d’un Etat pour tuer légalement ses citoyens » (David Rief, « A bed for the night », 218). Le philosophe Habermas, grand critique de la notion westaphalienne de l’inviolabilité de la souveraineté de l’Etat, alla jusqu'à dire qu’une stricte adhésion à la doctrine classique de l’inviolabilité de la souveraineté de l’Etat reviendrait à accepter la maxime selon laquelle les victimes peuvent être abandonnées à la merci des bandits.

Depuis le déclenchement du conflit congolais, juste après le double génocide rwandais, l’impression est que les Congolais sont abandonnés à la merci des génocidaires. La souveraineté de l’Etat congolais est souvent brandie pour expliquer l’inaction des grandes puissances devant 8 millions des morts. Ce silence est l’exemple parfait de l’exceptionnalisme du conflit congolais. L’intervention humanitaire militaire n’a jamais eu lieu. Au contraire, les Congolais continuent d’être tués sous les tentes des humanitaires, respectant à la lettre les traités de Westphalie en RDC. Il a fallu que le leader libyen, Kaddhafi, menace de tuer les manifestants contre son pouvoir, pour que l'ONU, les Etats-Unis, la France, l'Angleterre, etc., activent leur artillerie lourde jusqu'au renversement du régime de Kaddhafi. Mais en RDC, les tueurs tels Bosco Ntaganda, Laurent Nkunda, John Numbi, Bwambale Kakolele, Joseph Kabila, Charles Bisengimana, etc. gardent leurs licences de tuer les civils congolais.

Aucune grande puissance n’a encore condamné la violence postélectorale avec ses multiples morts à Ndjili, Masina, Selembao, Kimbanseke, Prison de Ndolo, Mbuji-Maji, Bukavu, Kaseghe (Lubero), Beni, Kasindi, Lubumbashi, etc. Quand est-ce que les mêmes lois internationales, telles celles portant sur des élections crédibles, s’appliqueront-elles en RDC ? Les grandes puissances vont-elles se cacher derrière la souveraineté de l’Etat congolais pour accorder une licence de tuer à la Garde présidentielle, les Fardc, la PNC ? (BLO)


* Ce texte a été publié dans le site Congo Tribune

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Plaidoyers & campagnes

Appel urgent pour le financement du Conseil International du FSM

2011-12-22

http://pambazuka.org/fr/category/advocacy/78884

La crise financière que connaît le Forum Social Mondial constitue désormais une menace à la survie du mouvement, à travers ses structures d’organisation. Devant l'urgence, des appels de fonds sont lancés pour maintenir le fonctionnement du Bureau du FSM.

Le financement nécessaire au bon fonctionnement du Processus du Forum Social Mondial (FSM), à travers son Conseil International (CI) pose un grave problème. Au cours de nombreuses réunions précédentes du Conseil international du FSM, été soulignée la priorité de l’existence et de la continuité du Bureau du FSM, pour le processus même du FSM et le travail du CE et des commissions du CI.

Le Bureau du FSM a joué un rôle important, crucial même, à promouvoir un contact permanent du FSM dans l’organisation des réunions du CI, tout en assurant la conservation de la mémoire du processus dès ses origines.

Tous savent que les donateurs principaux du processus FSM, incluant un soutien prioritaire au Bureau du FSM et également le financement des initiatives des commissions entre 2009 et 2011, ont fermé le robinet du fait de leurs propres problèmes financiers. Quelques organisations membres du CI qui, jadis, ont pu soutenir financièrement le Bureau et le processus, ne fut-ce que partiellement ou en des circonstances précises, ne peuvent plus le faire.

La situation précaire dans laquelle se trouve le Bureau, qui prévaut depuis deux ans, s’est aggravée car le maintien des activités n’est possible que jusqu’en novembre 2011.

Les membres du CI, présents à la réunion de Dhaka des 23 au 25 novembre 2011 ont décidé à l’unanimité de proposer ce qui suit aux membres du CI :

1 - Le Bureau doit être considéré pour ce qu’il est : une responsabilité collective du Conseil international. Responsabilité et dépenses doivent donc être partagées. Tous les membres du CI, à compter de janvier 2012, devront verser une cotisation annuelle de 500 dollars.

Les organisations membres qui se trouveraient dans l’incapacité de ce faire devront écrire au CI en sollicitant la révision de leur situation. Le CI, en tenant compte de cette révision faite par la Commission d’Expansion, pourra ajuster la cotisation obligatoire. Les organisations qui ne paieraient pas leurs cotisations annuelles pendant deux réunions consécutives du CI perdraient leur appartenance au CI.

2 - Les Comités d’organisation de tous les forums mondiaux, thématiques et régionaux reverseront 25% des frais d’inscription pour répondre aux dépenses de fonctionnement du Bureau du FSM et si possible au budget du processus FSM pour assurer les initiatives des commissions du CI.

Les Comités d'organisation qui ne peuvent pas contribuer au pourcentage requis doivent écrire au CI demandant un réexamen de sa situation et le CI, après l’examen par la Commission d'expansion, pourra ajuster sa contribution en conséquence.

3. Pour 2011, le CI réuni à Dhaka appelle tous les membres du CI à effectuer un don d’urgence de 200 dollars pour soutenir le bureau et lui permettre de régler la crise à court terme. Les fonds de fonctionnement du Bureau seront épuisés fin novembre 2011.

NOTE : Le budget annuel de fonctionnement du Secrétariat du FSM s’élève à 144,000 $ (c’est-à-dire 12,000 $ par mois).


Des photos pour la cause sahraouie

2011-12-22

http://pambazuka.org/fr/category/advocacy/78883

Des centaines de combattants et militants sahraouies croupissent dans les geôles marocaines. Une campagne est lancée pour permettre à ce peuple, le dernier à décoloniser encore en Afrique, de continuer à crier et à lutter pour défendre ses droits.

A l'heure où le monde regarde l'année 2011 comme celle d'un monde en lutte, n'oublions pas qu'un peuple opprimé depuis 36 ans, meurtri par un occupant marocain, se bat toujours pour exister, être reconnu du monde dans cette petite partie d'Afrique du Nord appelée le Sahara Occidental, le dernier pays d'Afrique à décoloniser.

Ce combat pour l'indépendance du peuple sahraoui est le combat de tous ceux qui se battent contre l'oppression, pour la paix, les droits de l'homme, mais plus que jamais il a un sens pour nous Français, quand le seul maillon qui retient cette injustice internationale vient de notre gouvernement enlacé dans ses liens économiques et historiques avec l'occupant.

Octobre 2010 : un gigantesque campement à Laâyoune, la capitale su Sahara Occidental occupé, de 20 000 sahraouis sous 8000 tentes, revenant au désert, leur terre mère, pour revendiquer leur droits élémentaires. Un démantèlement violent de l'armée marocaine, 450 prisonniers torturés et encore 22 prisonniers, miltants des droits de l'homme qui croupissent dans les geôles marocaines sans inculpation ni procès à Salé... Ce sont là les premiers « indignés » et nous ne pouvons les oublier.

Proportionnellement, imaginez 1,5 millions d'indignés français former un campement aux abord de Paris! Que ferions nous ?

Nous ne pouvons accepter. Nous nous devons de réagir, les moyens de se battre existent. C'est donc en appui à la campagne "Ecrire pour les libérer" (http://ecrirepourlesliberer.com/) que les associations AARASD et CORELSO se sont associées avec TotasproD (mouvement indépendant de créations d'outils de communications pour les peuples en lutte) pour vous proposer des images inédites du campement pacifique de Gdeym Izik, naissance du vent de révolte dans le monde arabe, événement historique dans la lutte du peuple sahraoui pour son droit inaliénable à l'autodétermination.

Ces 22 photographies inédites sont à la vente, pour ne pas oublier, et pour soutenir.

Acheter ces photos, c'est 50% du prix d'achat qui va au soutient des prisonniers attendant un jugement à croupir en prison dans des conditions intolérables, c'est participer à la dénonciation des aberrations du gouvernement marocain:

Les familles des prisonniers ont loué un appartement à coté de la prison, à 1000 km de chez eux, pour être présents aux quelques minutes de visites permises par semaine, aidons les.

Des militants des droits de l'homme doivent voyager sur divers événements et rencontres pour crier leurs droits, aidons les.

Des militants pour la lutte du peuple sahraoui mènent des campagnes de communication menées dans divers pays, aidons les.

Acheter une photo est plus qu'un acte de soutient. Vous posséderez également une pièce unique de qualité, car chaque photo est limitée à 20 tirages, numérotée et poinçonnée avec son certificat de vente, signés par le photographe sous le process de Digigraphie.

Les fêtes de fin d'année approchent, pensez y...

le lien vers les photos : http://bit.ly/tUGDHL


* AARASD, CORELSO et TotasproD.
"Un peuple uni ne sera jamais vaincu"

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Ce que la France officielle peut faire pour Madagascar

Faraniaina Ramarosaona

2011-12-22

http://pambazuka.org/fr/category/advocacy/78888

Cette lettre a été postée sur le site web www.elysee.fr le 6 décembre, 10h05 GMT environ. J'ai écrit cette lettre comme un citoyen tunisien, avant janvier 2011, écrirait à M. Sarkozy, alors que le président de la République française s'apprêterait à recevoir M. Ben Ali, président "élu" de la Tunisie. Accordons à cette lettre autant d'impact qu'il est possible d'avoir avec la France officielle. Elle nous semblait indispensable à écrire.

Monsieur le Président de la République française,

Vous allez recevoir M. Andry Rajoelina, dit président de la Transition de Madagascar demain mercredi 7 décembre.

M. Rajoelina est un produit de M. Ravalomanana, ce président élu qui a commis autant de fautes graves de gouvernance que d'avancées dans certains secteurs à Madagascar et qui a favorisé finalement l'accession de manière brutale du premier au pouvoir.

Ce serait vous insulter que de vous informer de l'infréquentabilité (terme employé par votre conseiller Rémi Maréchaux en mai 2009 et qui est bien approprié) de M. Rajoelina arrivé au pouvoir par un coup d'Etat (vous avez été le premier à l'affirmer vers mars 2009) et son équipe, depuis bientôt 3 ans : jamais Madagascar ne s'est détérioré aussi vite sur le plan économique, social et environnemental, avec une perte de repères préjudiciable pour les habitants.

Respectueusement, en tant que citoyenne de Madagascar : prenez garde ainsi que le soutien que vous lui apportez depuis le début de cette crise ne revienne en boomerang à la France elle-même à terme.

Ce que la France officielle peut faire pour Madagascar est de montrer de l'objectivité et de l'impartialité dans nos affaires nationales, comme l'Union Européenne fait depuis le début de cette crise, en étant prudente : ce qui n'est certainement pas le cas à ce jour.

Car cette posture objective permettrait aussi à Madagascar d'avoir un avenir sain et stable : quel avenir a Madagascar d'être dirigé à l' heure actuelle par quelqu'un qui a commis un coup d'Etat ? Quel avenir stable, après cet exemple ? Serait-ce que la France souhaite à et pour Madagascar ? Nous sommes en droit de nous poser cette question en toute honnêteté...

En tous les cas, je vous remercie infiniment de nous permettre de vous écrire.


Bien respectueusement,
Madame Faraniaina Ramarosaona
6 Décembre 2011

PS : j'ai été reçue par M. Rémi Maréchaux, conseiller du Président de la République, en mai 2009 à l'Elysée, grâce aux amis de la société civile française, après hésitation je l'avoue de ma part. Je remercie encore M. Maréchaux de son accueil.


Madagascar : Ne pas avaliser l’impunité, l’anarchie et la prébende

Lalao Randriamampionona

2011-12-22

http://pambazuka.org/fr/category/advocacy/78889

Le 7 décembre dernier, Nicolas Sarkozy recevait André Rajoelina. Dans la contexte de crise politique que connaît Madagascar, la société civile malgache a tenu à interpeller au président français sur les exigences de sortie de crise pour un pays qui, « depuis le coup d’Etat du 17 mars 2009, se trouve dans un Etat de non-droit où règne la « raison du plus fort », favorisant «l’impunité, l’anarchie et la prébende à tous les niveaux».

Lettre ouverte à Sarkozy
En raison des liens historiques séculaires qui existent entre le peuple malgache et le peuple français, et du positionnement particulier du gouvernement français aux différentes étapes de la crise malgache actuelle, nous, les organisations de la société civile malgache, signataires de cette lettre ouverte, avons l’honneur de vous exposer notre point de vue sur l’évolution du processus de sortie de crise actuelle à Madagascar.

Depuis le coup d’Etat du 17 mars 2009, caractérisé par une prise de pouvoir anticonstitutionnelle, Madagascar se trouve dans un Etat de non-droit où la « raison du plus fort » règne, favorisant l’impunité, l’anarchie et la prébende à tous les niveaux dont les aspects les plus criants sont :

- La violation des droits civils et politiques : interdiction des manifestations de l’opposition, fermeture des radios et télévisions privées non favorables au pouvoir, arrestations arbitraires,…

- Le pillage à grande échelle des richesses forestières et minières en complicité avec certaines grandes puissances,

- La non prise en compte de l’orthodoxie financière dans la gestion des finances publiques,

- La recrudescence du copinage, de la corruption, du népotisme dans la nomination des membres du Conseil Supérieur de la Transition (CST) et du Congrès de la Transition (CT)

Alors que ceux qui ont accédé actuellement au pouvoir au nom du « changement » et de la « révolution », vivent dans l’opulence ostentatoire, la grande majorité de la population se débat dans la misère inimaginable :

- 75,6% de la population malgache sont en dessous du seuil de la pauvreté (-1$ par jour) selon le rapport des Nations Unies de juillet 2011

- Le secteur privé est à bout de souffle. Selon le Syndicat des Industriels de Madagascar (SIM), 210 000 emplois sont supprimés et 884 entreprises obligées de se déclarer en faillite ou en chômage technique depuis 2009.

Excellence,
La Feuille de route, sous la médiation de la Troïka, signée le 17 septembre 2011 par dix entités politiques établies par le Dr Simaõ, présente des incohérences et ne reflète ni l’esprit ni les décisions des chefs d’Etat de la SADC réunis à Sandton les 11 et 12 juin 2011. Mis à part l’article 20, cette feuille de route a repris en totalité celle du Dr Simaõ. Aussi bien dans son interprétation que dans son application, elle devient un objet de blocage du respect des principes de consensualité, d’inclusivité et de neutralité, mais aussi un objet de conflit, compte-tenu du surpouvoir attribué au président de la HAT, ce qui est contraire aux formes républicaines de l’équilibre des pouvoirs. Il est évident qu’étant désignés par le président de la HAT, les « parlementaires » ne peuvent pas jouer librement leur rôle de contre-pouvoir.

Par ailleurs, malgré la mise en place du nouveau gouvernement et des institutions CT et CST, certaines dispositions majeures et prioritaires prévues dans la feuille de route ne sont pas traduites en acte jusqu’à présent, telles :

- La non application des mesures d’apaisement à savoir, la libération des prisonniers politiques, le retour de tous les exilés, l’ouverture des radios et télévisions de l’opposition, le libre accès de tous aux médias publics,…

- Le non respect des critères « juste et équitable », de provenance politique, d’équilibre régional et de genre, dans la répartition des sièges des différentes institutions actuellement mises en place (gouvernement, CST, CT),

- La monopolisation de la gestion de la transition par les seuls partis politiques signataires de la Feuille de route, dont la majorité n’a aucune base légitime, conduit à l’exclusion (Cf. l’analyse de la CNOSC dans son rapport n° 4 pour le Sommet des chefs d’Etat de la SADC à Gaborone et Sandton),

- La désignation par le Président de la HAT des parlementaires sans consulter les avis de la population des régions.

En outre, nous soulignons les éléments essentiels suivants :

- L’élargissement pléthorique et injustifiable des membres de CST et de CT, nécessitant des dépenses colossales, face à la misère de la majorité du peuple malgache,

- Le refus manifeste des responsables des « forces de l’ordre » et du Ministère de la Justice de prendre en compte la Feuille de route.

Excellence,
Malgré l’accord commun sur les principes de consensualité et d’inclusivité dans la résolution de la crise malgache, certains pays et organisations de la Communauté internationale ont biaisé dans l’application de ces principes, contribuant directement ou indirectement à la persistance actuelle de la situation conflictuelle.

De même, malgré l’affirmation de la nécessité du dialogue malgacho-malgache et du rôle essentiel de la société civile dans la résolution de la crise malgache, ces principes n’ont pas été respectés dans les faits. Il n’y a jamais eu une coordination étroite entre les médiateurs internationaux et la médiation nationale en dépit des appels incessants de la CNOSC.

En conclusion,
- Le processus actuel ne peut sortir durablement Madagascar de la crise malgré les apparences et les déclarations de certaines entités au pouvoir ainsi que de pays et organismes étrangers. Les conditions de réussite n’étant pas réunies, ce processus ne mènera pas aux élections transparentes, libres et crédibles, acceptées par tous. Au contraire, les germes de la résurgence et de l’amplification des tensions politiques et d’explosion sociale ne cessent de croître.

- Seul le retour au dialogue malgacho-malgache entre les différentes parties prenantes, avec la participation de toutes les forces vives de la Nation, pourra mettre en place un cadre apaisé, instaurer les bases d’une transition véritablement consensuelle et inclusive en vue de la refondation de la République et la sortie de Madagascar des crises cycliques à travers la tenue des élections crédibles et acceptée par tous, et la réconciliation nationale.

Excellences, nous vous prions d’agréer l’expression de notre haute considération.

Antananarivo, le 7 décembre 2011

* Lalao Randriamampionona, André Rasolo, Aristide Velompnahy, Serge Zafimahova (Coordination Nationale des Organisations de Société Civile (CNOSC), Georges Ruphin (Conseil des Anciens de la CNOSC), Patrick Zakariasy (ORIMBATO - Association des Gardiens des valeurs traditionnelles), C. Raheriharimahefa G. Ramesoelina (Coalition des Organisations de la Société Civile), Marie Francine Kidja (Fédération pour la Promotion Féminine et Enfantine (Protocole de la SADC sur le Genre), Mahamoudou Ndriandahy (Alliance des Organisations de la Société Civile)

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Nécrologie

Cap-Vert : Mort de la chanteuse Cesaria Evora, la "diva aux pieds nus"

2011-12-18

http://tinyurl.com/cc8xudt

La chanteuse capverdienne Cesaria Evora, appelée la "diva aux pieds nus", est morte le 17 décembre dans un hôpital du Cap-Vert. Agée de 70 ans, la chanteuse internationalement célèbre, est morte dans son île natale de Sao Vicente, près de trois mois après avoir décidé d'abandonner la scène, car elle était très affaiblie. Elle souffrait depuis longtemps de problèmes de santé et avait subi ces dernières années plusieurs interventions chirurgicales, dont une opération à coeur ouvert, en mai 2010.





Arts & livres

Afrique : Ces héros honorés par Harubuntu

2011-12-18

http://tinyurl.com/c32h6lj

C’est dans une ambiance très festive que les cinq lauréats de la quatrième édition du concours Harubuntu ont reçu le prestigieux prix, à Bruxelles. Ces porteurs d’espoirs et créateurs de richesses Africains œuvrent au quotidien pour aider au développement du continent. Des personnalités exemplaires qui agissent avec peu de moyens mais font la différence. Le blogueur ivoirien Israël Gebo a été distingué dans la catégorie communication pour avoir créé avenue225. Ce blog communautaire est devenu un espace d’expression entre des jeunes de plusieurs régions qui racontent les réalités que vivent leurs concitoyens. Le jeune blogueur veut ainsi montrer à travers des articles, reportages, vidéos, «la Côte d’Ivoire telle qu’elle est » et non pas celle fabriquée par les médias dans le pays.


Afrique : Ki-Zerbo, pilier de l'histoire africaine

2011-12-18

http://tinyurl.com/87o27ny

Le 4 décembre 2006, Joseph Ki-Zerbo disparaissait. Je me souviens encore de cette émission «Apostrophes» où pour la première fois Bernard Pivot invitait un parterre d'écrivains africains et pas des moindres. Le programme touchant à sa fin, le présentateur, de façon un peu facétieuse, a demandé à Joseph Ki-Zerbo qui évidemment était du nombre, si sans la colonisation, ce dernier serait aujourd'hui historien. «Historien ?», a repris Ki-Zerbo, «Non, petit-fils d'historien probablement!». Il disait souvent, «nan lara, an sara»: «si nous nous couchons, nous sommes morts». Le lundi 4 décembre 2006, il ne s'est pas couché, il n'est pas mort, il a tout simplement rejoint l'Histoire.


Cameroun : Atangana Mebara se livre ses secrets dans un livre

2011-12-18

http://tinyurl.com/7av38sh

L’ancien secrétaire général de la présidence de la République, Jean-Marie Atangana Mebara, 57 ans, incarcéré à la prison centrale de Yaoundé depuis le 6 août 2008, vient de publier un ouvrage intitulé «Lettres d’ailleurs». Dévoilements préliminaires d’une prise de l’Epervier au Cameroun». «Lettres d’ailleurs», comme son nom l’indique, est une série de sept lettres et autant de chapitres que l’auteur adresse à un certain nombre de personnes et de personnalités. Dans cet ouvrage plein d’anecdotes et de documents inédits sur l’affaire de l’avion présidentiel, ou la tentative d’assassinat du chef de l’Etat, etc.


Egypte : L'incendie de l'Institut d'Egypte est une catastrophe

2011-12-22

http://tinyurl.com/cloyvzt

Des manifestants ont pénétré le18 décembre, dans le bâtiment encore fumant de l'Institut d'Egypte, incendié la veille, pour en extraire des manuscrits anciens, dont une partie était brûlée. Le ministre de la culture a qualifié ce sinistre de "catastrophe pour la science", et annoncé la "formation d'un comité de spécialistes de la restauration des livres et des manuscrits quand les conditions de sécurité le permettront". L'Institut a été fondé en 1798 lors de l'expédition en Egypte de Napoléon Bonaparte, dans le but de faire progresser la recherche scientifique. Il abritait quelque 200 000 ouvrages, certains rarissimes, relatifs notamment à l'histoire et à la géographie de l'Egypte.





Courrier

Encore une leçon venue d’Amérique latine

Ababacar Fall «Barros»

2011-12-22

http://pambazuka.org/fr/category/letters/78891

Une nouvelle organisation régionale vient de voir le jour en Amérique Latine. Elle vient s’ajouter à d’autres initiatives qui tendent à rompre les liens de vassalité avec le Nord,

Il vient de se passer un événement capital, à Caracas, presque inaperçu dans la quasi-totalité des capitales africaines : La création de la communauté des États Latino-Américains (CELAC). Il faut dire que les initiatives qui se déroulent dans le continent sud-américain sont dignes d'attention. Auparavant il y a eu, sous l'impulsion de Cuba et du Venezuela, la fondation de l'Accord Bolivarienne des Amériques (ALBA), suivi de la mise sur pied du Traité de Commerce entre les Peuples (TPC).

Peuples (dans son acception défense de ses intérêts effectifs), voila le mot absent des traités et autres protocoles de multitudes d’organisations politiques ou économiques de domination (OEA, ALENA, ZELA) basées en Amérique, presque mortes de leur belle mort (OTAN, Union Européenne). Mais aussi des organisations de soumission, vassales de celles du Nord, tels que les ACP, la CEDEAO, l’UEMOA.

Il faut dire que les chefs d’Etats d’Amérique du Sud, notamment les président Hugo Chavez, Evo Morales, Raul Castro, déploient beaucoup d’efforts pour rapprocher nos deux continents : Afrique-Amérique du Sud. Par deux fois s'est tenue la conférence Afrique-Amérique latine, à Abuja et à Caracas. Mais on ne sent aucun frémissement du coté africain. La bride de la Françafrique, en est-elle la cause ? Ou est-ce l’abandon de la défense de la part des chefs d’Etats de la notion de souveraineté et d’indépendance.


* Ababacar Fall Barros est membre du Groupe International pour la Libération de l’Afrique

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Femmes & genre

Afrique : Etude sur les femmes dans les instances politiques

2011-12-18

http://tinyurl.com/7c8l9mp

Les jeunes femmes sont faiblement représentées dans les instances politiques en Afrique de l'ouest francophone, indique une étude menée conjointement par le Centre de recherche sur les politiques sociales (CREPOS) et l’association Afriques Créatives et publiée le 15 décembre à Dakar. Entamée en janvier 2011, l'étude a été menée dans quatre pays de la sous-région, Sénégal, Burkina Faso, Mali et Togo. En Afrique de l’ouest francophone, les femmes représentent quantitativement moins de 20 % des décideurs politiques.


Mali : Le nouveau Code de la famille mis à l’index

2011-12-18

http://tinyurl.com/d74ane9

Le 2 décembre 2011, l’Assemblée nationale malienne a adopté un texte qui, au contraire, perpétue les discriminations. Selon le nouveau Code, « la femme doit obéissance à son mari » et l’homme est consacré comme unique chef de famille (« puissance paternelle »). L’âge légal du mariage est de 18 ans pour l’homme et de 16 ans pour la femme. Par ailleurs, dans certains cas, le mariage peut être autorisé à partir de 15 ans. En outre, le mariage religieux est désormais juridiquement reconnu. Le nouveau code viole gravement les obligations internationales du Mali, consacrées par la Convention des Nations unies sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDAW), ratifiée en 1985.


Tunisie : Femmes, élues... et attendues

2011-12-18

http://tinyurl.com/7crr34o

Parité oblige, les femmes présentes à la nouvelle Assemblée constituante tunisienne sont nombreuses, en particulier au sein du parti islamiste Ennahdha. C'est en effet le seul groupe parlementaire d'importance qui, avec 39 femmes sur 89 élus, s'approche de la parité. Le récent dérapage de Souad Abderrahim, seule élue non voilée d'Ennahdha, a cependant donné du grain à moudre à ceux qui soupçonnent le parti de ne pas être aussi ouvert qu'il le prétend. Tailleur-pantalon et brushing impeccable, elle a fait un parcours sans faute jusqu'au lendemain des élections, quand elle qualifia les mères célibataires d'"infamie pour la société tunisienne" et s'est dite hostile à l'idée que la loi puisse "protéger leurs droits". Elle s'est, depuis, efforcée d'atténuer son propos, sans convaincre.





Droits humains

Afrique du Sud : Un musée en mémoire des prisonniers politiques exécutés par pendaison

2011-12-22

http://tinyurl.com/c7p3kv6

Le président sud-africain, Jacob Zuma, a officiellement ouvert un musée à la mémoire de tous les prisonniers politiques exécutés à la potence de la prison centrale de Pretoria durant l’apartheid. Parmi ces derniers figure Solomon Mahlangu, un cadre de Umkhonto we Sizwe, condamné à mort par pendaison le 2 mars 1978. Le musée veillera à préserver l’histoire du pays et devrait jouer un rôle dans le processus de cicatrisation en vue de faciliter l’unité et la cohésion sociale.


Afrique : La polygamie redevient «in»

2011-12-18

http://tinyurl.com/7sgf8q4

Dans plusieurs pays d'Afrique noire, la polygamie regagne du terrain. «S’il n’est que de vous nourrir, une seule femme suffit». Cette citation tirée des Contes d’Amadou Koumba de Birago Diop n’est pas parole d’évangile sur le continent africain où voir un homme marié à plusieurs femmes ne choque pas. La polygamie, autorisée par l’Islam sous certaines conditions, est également acceptée par les religions traditionnelles. Mais de plus en plus, la polygamie gagne du terrain dans des milieux intellectuels ou politiques dans certains pays d’Afrique subsaharienne.


Libye : Vers une enquête sur les «crimes» de l’Otan

2011-12-22

http://tinyurl.com/d5o7e27

La Russie a demandé le 19 décembre une enquête approfondie sur la mort de civils libyens lors des bombardements menés par l’Otan, ayant abouti au renversement du régime de Mouammar Kadhafi. Dans un communiqué publié le 20 décembre, l’Otan a indiqué être disposée à enquêter sur la mort de civils dans des raids menés au cours de la guerre en Libye, tout en précisant n’avoir été saisie d’aucune plainte ou demande en ce sens des nouvelles autorités libyennes.


Global : La Chine réfute les accusations de "pillage de terres" en Afrique

2011-12-18

http://tinyurl.com/cedx89o

La Chine a réfuté le 8 décembre les accusations selon lesquelles elle aurait acheté des terres en Afrique, appelant à faire plutôt des efforts "concrets" pour aider au développement agricole sur le continent africain d'une manière durable. Plutôt que de s'approprier des terres en Afrique, la Chine a apporté autant d'assistance technique que possible afin d'aider à y développer l'agriculture et à renforcer la capacité du continent à utiliser ses ressources naturelles et faire face à des enjeux tels que le changement climatique et la sécurité alimentaire, souligne-t-on à Pékin. Cette année, la Chine a fait don de 443,2 milliards de yuans (70 millions de dollars) en céréales et en fonds aux pays de la Corne africaine souffrant de la famine, soit le don le plus important fait par la Chine depuis 1949.


Global : Une Sud-Africaine exécutée par la Chine

2011-12-18

http://tinyurl.com/76ebuy3

Janice Linden, citoyenne sud-africaine de 38 ans a été exécutée, le 12 décembre 2011, en Chine. Elle fait partie de la centaine de personnes exécutées chaque année en Chine pour trafic de drogue. L'appel du président sud-africain Jacob Zuma adressé aux dirigeants chinois d'épargner la jeune femme n'y a rien fait. La Haute Cour de Guangdong et la Cour Suprême de Pékin ont toutes deux rejeté les appels de la jeune femme, qui avait été condamnée en première instance en 2009 pour trafic de drogue. Le gouvernement sud-africain a affirmé que cette éxecution n'affecterait pas les relations diplomatiques avec la Chine.


Mali : Les enfants exploités dans les mines d'or

2011-12-18

http://tinyurl.com/cb4r9wh

Entre 20.000 et 40.000 enfants travaillent dans les mines d'or artisanales au Mali, troisième producteur en Afrique de ce métal précieux, estime l'organisation Human Rights Watch (HRW) dans un rapport rendu public le 6 décembre à Bamako. Beaucoup d'entre eux utilisent "du mercure, une substance toxique, pour séparer l'or du minerai. Le mercure attaque le système nerveux central et s'avère particulièrement nocif pour les enfants. Selon HRW, la plupart des enfants mènent leurs activités aux côtés de leurs parents ou de proches pour améliorer les revenus de la famille en vendant l'or aux commerçants locaux, d'autres tentent de travailler seuls, s'exposant à l'exploitation et à des abus. Environ 4 tonnes d'or artisanal sont exportées par le Mali chaque année notamment vers la Suisse et les Emirats arabes unis, pour une valeur estimée à 218 millions de dollars (plus de 162 millions d'euros).


Rwanda : Rejet de sa demande de libération provisoire de Ingabire

2011-12-22

http://tinyurl.com/bwvqpvc

La Cour Suprême de Kigali a rejeté le 16 décembre la demande de la libération provisoire de la leader de l’opposition rwandaise Victoire Ingabire Umuhoza, en raison des lourdes accusations à son encontre, notamment de terrorisme et de négation génocide. Après avoir vécu 17 ans aux Pays-Bas, Victoire Ingabire était rentrée au Rwanda en Janvier 2010 pour enregistrer son parti politique Forces démocratiques unifiées (FDU), en vue de se présenter comme candidate à l’élection présidentielle d’août 2010. Elle a ensuite été arrêtée en octobre 2010 et est toujours détenue dans l’attente du verdict de son procès.


Tchad : Projet d’amélioration des conditions de détention

2011-12-18

http://tinyurl.com/cvu2cpx

Selon le ministre tchadien de la Justice, les occupants de la maison d’arrêt de Ndjaména seront transférés ailleurs et que les conditions de détention seront améliorées dans tout le pays. Contenant actuellement 1.500 à 1.600 prisonniers (soit plus du triple de ses capacités réelles), la maison d’arrêt de Ndjaména, elle est jugée par le ministre non conforme aux normes sécuritaires, sanitaires ou architecturales. Le 26 novembre dernier, des geôliers ont ouvert le feu sur des détenus à la maison d’arrêt de Bongor, à quelques 200 kilomètres au sud de la capitale. Deux de ces prisonniers, qui ne réclamaient que de la nourriture et de l’eau potable, ont été abattus et six autres blessés.





Réfugiés & migration forcée

Global : Quête de terre promise en Israël pour les immigrés africains

2011-12-22

http://tinyurl.com/7tdr7qr

Israël devient une destination privilégiée d'Africains en quête d'une vie meilleure et qui n'hésitent pas à risquer leur vie en traversant le désert du Sinaï. Le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou annonçait le 11 décembre la construction d’un nouveau rempart, non pas contre les roquettes palestiniennes, mais contre les immigrés clandestins venus d’Afrique subsaharienne. Selon la police locale, chaque mois, près de 1.000 migrants africains passeraient clandestinement la frontière israélienne avec l’Egypte, longue de 250 kilomètres.


Global : Les donateurs annoncent 482 millions de dollars pour les réfugiés

2011-12-18

http://tinyurl.com/7qynurm

Les gouvernements donateurs se sont engagés aujourd'hui à verser 482 millions de dollars en 2012 pour les opérations de l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés visant à aider les déracinés et les apatrides dans le monde entier. Parmi les plus de 43,7 millions de personnes déracinées et les 12 millions d'apatrides dans le monde, près de 33,9 millions de personnes bénéficient de la protection et de l'assistance du HCR. L'Afrique subsaharienne demeure la principale bénéficiaire de l'aide du HCR, à hauteur de 45,6% des besoins totaux de 2012.





Informations sur les pouvoirs émergents

Global : L'Inde va intensifier ses importations pétrolières d'Afrique

2011-12-18

http://tinyurl.com/76f82u4

L'Inde intensifiera ses importations de pétrole et de gaz d'Afrique par le biais de joint- ventures, afin de réduire sa dépendance à une région particulière. L'Afrique représente plus d'un cinquième des importations pétrolières de l'Inde, avec au premier rang le Nigeria, qui est le deuxième fournisseur d'or noir de ce pays derrière l'Arabie saoudite. Le Nigeria vend environ 10 milliards de dollars de produits pétroliers à l'Inde chaque année. Les importations africaines de pétrole brut ont augmenté d'environ 22 millions de tonnes par an au cours de la période 2004- 2005, pour atteindre plus de 35 millions de tonnes en 2010-2011.





Elections & gouvernance

Afrique : Un parlementaire sud-africain dénonce le hold up électoral de Kabila

2011-12-18

http://tinyurl.com/7oszru2

«L’Afrique du Sud ne doit pas reconnaître Kabila comme président de la RDC », affirme Kenneth Mubu, parlementaire sud-africain et membre de l’opposition (DA), dans une lettre adressée à son gouvernement le 11 décembre 2011. « Plus de 2.000 bureaux dans le bastion de l’opposition congolaise n’ont pas été pris en compte. Il y avait incroyablement un taux élevé dans les provinces favorables au président sortant, alors que la moyenne partout était de 59%. La moyenne pour les autres parties du pays était de 59% », aurait-il ajouté.


Afrique : Climat sociopolitique relativement stable en zone CEMAC

2011-12-22

http://tinyurl.com/d4l2v5s

D'un pays à l'autre, le climat sociopolitique au sein de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC), dominé par trois scrutins présidentiels, trois élections législatives et un référendum constitutionnel, a laissé percevoir une relative stabilité en 2011 où les régimes en place ont accentué leur domination, jugent les analystes. Verrouillage de la Constitution, verrouillage des organes chargés de la gestion des élections, mais aussi utilisation scandaleuse des ressources publiques en période électorale. Résultat : les pouvoirs en place, Paul Biya au Cameroun, Idriss Deby Itno au Tchad, François Bozizé en RCA, se sont maintenus en renforçant même leur domination.


Algérie : Des barricades contre les partis islamistes

2011-12-18

http://www.afrik.com/article24303.html

Le gouvernement algérien a adopté le 6 décembre une nouvelle loi sur les partis visant à interdire le retour du Front islamique du salut sur la scène politique. Alors que le pouvoir annonce une réforme-clé, d’autres parlent d’une restriction du champ d’action de l’opposition. Aujourd’hui dissous, le FIS est accusé d’avoir mené des actes de violences dans les années 1990, qui ont fait 60 000 à 150 000 morts. Cette décision a été critiqué par le chef historique du FIS dissous, Abassi Madani, réfugié à Doha, capitale du Qatar.


Gabon : L’opposition appelle à ne pas reconnaitre le scrutin

2011-12-22

http://www.afrik.com/article24390.html

Les leaders des partis de l’opposition ayant refusé de participer aux législatives du 17 décembre dernier ont invité le 20 décembre le peuple gabonais et la communauté internationale à ne pas reconnaitre ledit scrutin. Le président du CDJ, Jules Aristide Bourdès Ogouliguendè, l’un des tenants du boycott, a estimé que les députés élus au cours de cette élection n’auront aucune légitimité du fait du taux d’abstention très élevé, sans apporter les preuves.


Gambie : Des billes pour voter

2011-12-18

http://tinyurl.com/cqtp4qm

En Gambie, exprimer son suffrage avec des billes, c'est très simple. Dans le bureau de vote, l'électeur est introduit dans une salle isolée des regards où sont placés trois bidons de métal sur le flanc desquels ont été peints les trois candidats en lice. A l'intérieur du bidon percé d’un trou, un tuyau canalise la bille jusqu'à une sonnette de bicyclette. Ding ! En la heurtant, le son caractéristique informe les assesseurs présents dans la pièce d'à côté que le votant a voté. Pour plus de sûreté, tous les vélos sont interdits dans un rayon de 500 mètres les jours de vote : on ne sait jamais, une confusion est vite arrivée. L'avantage du système, fait-on valoir du côté du gouvernement, c'est qu'il est très économique. Les bidons sont indestructibles et le stock de billes n'est pas prêt de tarir. Taïwan a fait don à la Gambie de 1,5 million de billes de verre, solide matériau électoral qui risque de porter encore et encore Yahya Jammeh au pouvoir, jusqu'à la consommation des temps électoraux.


Global : Les Etats-Unis et l'ONU lèvent des sanctions contre la Libye

2011-12-18

http://tinyurl.com/cydjl9t

Les Etats-Unis et le Conseil de sécurité des Nations unies ont levé le 16 décembre une grande partie des sanctions imposées à la Libye à l'époque du régime du dirigeant Mouammar Kadhafi, une mesure destinée à aider le pays à se reconstruire selon la Maison Blanche. Cette mesure "libère tous les fonds gouvernementaux et de la banque centrale (libyenne) se trouvant sous juridiction américaine, avec quelques exceptions limitées", selon la Maison Blanche. En effet, "les avoirs de la famille Kadhafi et d'anciens membres du régime Kadhafi aux Etats-Unis restent gelés".


Global : Visite "historique" du président sud-soudanais en Israël

2011-12-22

http://tinyurl.com/c2ha44n

Le président sud-soudanais Salva Kiir a effectué le 20 décembre en Israël une visite éclair de 24 heures, la première du chef de cet Etat nouvellement indépendant, qualifiée "d'historique" par le président Shimon Pérès. L'Etat hébreu n'entretient pas de relations avec le Soudan, qu'il accuse de servir de base à des militants islamistes. Israël a, en revanche, soutenu activement le mouvement de guérilla du Sud, principalement chrétien, en lutte durant des décennies contre le gouvernement musulman nordiste.


Guinée-Bissau : Tensions politiques en autour d’une succession de Bacaï

2011-12-18

http://tinyurl.com/cn4l3b6

Officiellement, le président bissau-guinéen, Malam Bacaï Sanha, va mieux. Selon les services de la présidence, il serait même sorti de l'unité de soins intensifs de l'hôpital du Val de Grâce à Paris où il est soigné. Mais à Bissau, les ennuis de santé du président provoquent une certaine agitation politique. Si officiellement la classe politique se tait, en réalité, chacun se prépare à une succession difficile. En ligne de mire, le Premier ministre Carlos Gomes et son proche allié, le président de l'Assemblée nationale, Raimundo Pereira. Les deux hommes appartiennent à la même aile du PAIGC. En cas de décès du président Sanha, c'est Raimundo Pereira qui devrait assurer l'intérim. Une perspective inacceptable pour l'opposition.


Liberia : L'ONU reconduit pour un an ses sanctions

2011-12-18

http://tinyurl.com/c6lbkax

Le Conseil de sécurité des Nations unies a reconduit pour un an ses sanctions à l'encontre du Liberia, incluant l'interdiction de voyager, le gel des avoirs d'anciens alliés de l'ex-président Charles Taylor et un embargo partiel sur des armes. Le Conseil de sécurité note certes «des progrès accomplis dans la stabilisation sur l'ensemble du territoire (comme) la tenue des élections présidentielles et législatives» en octobre et novembre derniers. Mais il juge que la mise en oeuvre de ses recommandations «n'a pas avancé» et il «exige du gouvernement libérien qu'il fasse tous les efforts nécessaires pour honorer ses obligations».


Mauritanie : Etablissement d’une Commission électorale nationale indépendante

2011-12-18

http://tinyurl.com/cvdynam

Une Commission électorale nationale indépendante (CENI), avec le statut d’une institution permanente, est crée en Mauritanie, a annoncé le 7 décembre un communiqué du Conseil des ministres. La CENI est présentée comme "une institution permanente complètement indépendante disposant d’un budget voté par le parlement et qui a la charge de conduire l’ensemble des opérations liées aux scrutins électoraux".


Rd Congo : Vers une cohabitation à la zimbabwéenne?

2011-12-18

http://tinyurl.com/c5fqadv

La réélection de Jospeh Kabila est très contestable. Mais les partisans de Tshisekedi n'ont d'autre choix que d'accepter la défaite de leur favori. La solution du gouvernement d’union n’est certes pas la panacée. Elle est même une option boiteuse, et de surcroît injuste, puisqu’elle permet le maintien au pouvoir d’un dirigeant qui, visiblement, a perdu des élections. Mais parfois, il s’agit du moindre mal, surtout quand l’opposition risque de faire massacrer ses partisans. On a vu qu’au Kenya et au Zimbabwe, le partage du pouvoir, sans avoir réglé définitivement la crise, a tout de même permis un apaisement et évité des morts supplémentaires.


Rd Congo : Kabila investi malgré la contestation

2011-12-22

http://tinyurl.com/7geqwub

Trois semaines après avoir été élu président de la République à l’issue d’un scrutin émaillé de nombreuses irrégularités, Joseph Kabila, 40 ans, a prêté serment le 20 décembre dans une capitale congolaise maintenue sous haute surveillance, après les violences de ces dernières semaines. Parmi les chefs d’État invités, seul Robert Mugabe, avait fait le déplacement jusqu’à Kinshasa.


Rd Congo : Kabila va prêter serment le 20 Décembre 2011

2011-12-18

http://tinyurl.com/cr32uge

La Cour suprême de justice a fait d’une pierre deux coups. Dans une première audience, elle a déclaré non fondée la requête en annulation des résultats du scrutin présentée par Vital Kamerhe au nom de l’Opposition. Dans une deuxième audience, elle a confirmé les résultats provisoires de la présidentielle publiés par la CENI le 9 décembre dernier. De leur côté, les chefs d’Etat de l’Ouganda, du Kenya, de la République centrafricaine, de la Tanzanie et de la Zambie se sont retrouvés à Kampala. Ils ont passé en revue la situation politique en République démocratique du Congo après les élections du 28 novembre. Au terme de cette rencontre, ils ont reconnu l’élection du président Joseph Kabila Kabange et invitent les autres adversaires politiques congolais à reconnaître les résultats publiés par la CENI.


Rd Congo : Les Etats Unis critiquent l'élection

2011-12-18

http://tinyurl.com/cq3oqzr

Les Etats-Unis ont estimé que les élections présidentielles en République Démocratique du Congo ont été “gravement entachées” d’irrégularités. L’administration Obama dit cependant ne pas savoir encore si ces irrégularités ont pu influer sur le résultat du scrutin dont le président sortant, Joseph Kabila, a été déclaré le vainqueur. La porte-parole du ministère américain des Affaires Etrangères précise que les Etats-Unis sont parvenus à cette conclusion sur la base des déclarations faites par différentes missions d’observateurs internationaux et locaux, sur la base aussi des propres observations de l’ambassade américaine à Kinshasa, de celles faites par d’autres représentations diplomatiques en RDC et par des organisations non gouvernementales comme le Carter Center.


Sénégal : Les Etats Unis craignent des «troubles» liés à la présidentielle

2011-12-18

http://tinyurl.com/c42zsrd

Les Etats-Unis d’Amériqueviennent de lancer officiellement une alerte en direction de leurs ressortissants et ont demandé à leurs officiels d’éviter tout voyage « non essentiel » vers le Sénégal en raison des risques « de troubles » dans le pays à la veille « de la présidentielle du 26 février 2012 ». Dans la même note, il est indiqué que les citoyens américains résidant au Sénégal doivent vérifier qu’ils ont leur passeport et ceux des membres de leurs familles en règle, pour parer toute éventualité. Ce genre d’alerte est souvent émis par le département d’Etat à destination des citoyens, américains, mais dans la plupart des cas, il s’agit dans des pays où sévissent des conflits ouverts ou dans des pays ou des groupes hostiles aux Etats-Unis menacent les intérêts ou les ressortissants américains.


Sénégal : "Y'en a marre" sort une chanson contre la candidature de Wade

2011-12-22

http://tinyurl.com/cynv89k

"Y'en a marre", un mouvement de jeunes sénégalais créé notamment par des rappeurs, a présenté le 21 décembre une chanson contre la candidature du président Abdoulaye Wade à l'élection présidentielle de février 2012. La chanson est intitulée "Faux ! Pas forcer", un jeu de mots pour appeler le président Wade à éviter de "forcer" pour se présenter en 2012, "un faux pas" qui ferait trébucher le Sénégal, selon ses auteurs.


Tunisie : Marzouki annonce la vente aux enchères des palais présidentiels

2011-12-18

http://tinyurl.com/6vkjjub

Le nouveau président tunisien Moncef Marzouki a annoncé le 16 décembre la mise en vente des palais présidentiels en Tunisie, à l'exception de celui de Carthage, et la restitution des pièces archéologiques aux musées nationaux. Les revenus de la vente seront dédiés à la promotion de l'emploi, alors que la Tunisie souffre d'un taux de chômage qui pourrait dépasser les 18% à la fin de l'année. Des dizaines de palais présidentiels sont disséminés à travers le pays.


Tunisie : Moncef Marzouki ou le pari de la cohabitation avec les islamistes

2011-12-18

http://tinyurl.com/7d9cj57

Le nouveau président tunisien Moncef Marzouki a pris ses quartiers le 13 décembre au palais présidentiel de Carthage. Dans un contexte social et économique tendu -croissance nulle et taux de chômage supérieur à 18% en 2011-, Marzouki va affronter une situation difficile, compliquée par son alliance contre nature avec les islamistes du parti Ennahda, grands vainqueurs des élections du 23 octobre.





Corruption

Afrique : Nouvelle colonisation par l’achat de terres

2011-12-18

http://tinyurl.com/c5txvv4

Les pays étrangers qui achètent des terres agricoles en Afrique pour assurer leur approvisionnement en nourriture sont coupables d'une nouvelle forme de colonisation, dénonce la ministre sud-africaine de l'Agriculture. Mme Joemat-Pettersson cite en exemple le nouvel Etat du Soudan du Sud où, a-t-elle affirmé, près de 40% des terres ont déjà été vendues à des intérêts étrangers. Ils apportent leur propre main-d'oeuvre, ils apportent leur propre matériel, leurs semences. Ils utilisent le sol du pays hôte et ensuite ils s'en vont, a-t-il ajouté, sans souhaiter nommer les pays auxquelles elle faisait référence. L'Afrique du Sud a lancé une initiative avec l'Union africaine pour amener tous les pays à établir un registre de gestion des terres.


Algérie : Décret présidentiel contre la corruption

2011-12-18

http://tinyurl.com/c4wwljo

Le président algérien Abdelaziz Bouteflika a signé le 8 décembre un décret relatif à la composition, à l'organisation et aux modalités de fonctionnement de l'Office central de répression de la corruption (OCRC). L'OCRC, placé sous la direction du Parquet, est chargé d'effectuer des recherches et des enquêtes en matière d'infraction de corruption. Il disposera d'officiers de police judiciaire dont la compétence s'étend à tout le territoire national. Par ailleurs, Bouteflika a instruit le gouvernement à faire aboutir le programme de coopération entre l'organe de prévention de la corruption et l'Union européenne (UE).





Développement

Afrique : 10 à 44 % des PIB reposent sur le pastoralisme

2011-12-18

http://tinyurl.com/cv3593h

Présent partout en Afrique, le pastoralisme s’impose comme le mode de vie dominant dans certaines régions africaines. En concurrence avec les autres activités anthropiques, ce mode d’existence est aujourd’hui menacé. Il représente, pourtant, un pilier des économies africaines, alimentant les marchés locaux, régionaux et internationaux de façon substantielle. Le « Cadre pour une politique du pastoralisme en Afrique » s’est fixé comme objectif de contribuer à l’intégration et l’implication complète des pasteurs, hommes comme femmes, dans les plans de développement régionaux et nationaux.


Afrique : Dix ans qui ont tout changé

2011-12-18

http://tinyurl.com/89n85jx

Il y a 10 ans, l'hebdomadaire britannique The Economist qualifiait l'Afrique de «continent sans espoir». Dans sa dernière livraison, il fait acte de contrition. Les occasions d'affaires y sont tout aussi intéressantes qu'en Asie, écrit-il. Selon les dernières statistiques, une douzaine de pays sur 54 atteindront des taux de croissance de plus de 6% cette année. Les taux de mortalité et d'analphabétisme sont en baisse, la campagne de lutte au sida sauve des vies, la classe moyenne devrait atteindre 100 millions d'Africains en 2015, c'est-à-dire environ 10% de la population, ayant chacun un revenu annuel de 3000 $. Les pays africains trouvent chaque jour de nouveaux marchés en dehors de l'Occident.


Afrique : Les islamistes à l'épreuve du bikini

2011-12-18

http://tinyurl.com/7bk32gd

Résumons: le tourisme représente au Maroc 14% du PIB en 2010. Pour l’Egypte, c’est 11,5% soit 12,6 milliards de dollars la même année. Pour la Tunisie, c’est 7% du PIB. Au Maroc, les islamistes ont obtenu 107 des 395 sièges du parlement aux dernières élections. En Tunisie Ennahda a raflé 41,47% des sièges. En Egypte, les Frères musulmans totalisent 36,62% des voix au scrutin de listes et les salafistes les talonnent avec 24,36% des voix. Toutefois l’islamisme et le tourisme sont-ils compatibles ? La question est de mise et c’est sur l’épreuve du bikini que les barbus sont attendus pour prouver leur bonne foi et leur doctrine modérée sur le modèle de l’AKP turc.


Afrique : Le groupe français L’Oréal s’étend

2011-12-18

http://tinyurl.com/7vu7bku

Après l’ouverture en septembre d’une filiale au Nigéria, L’Oréal a inauguré cette semaine sa nouvelle filiale kenyane qui doit servir de base pour le développement de ses activités en Afrique de l’Est, notamment en Ouganda, en Tanzanie, au Rwanda, au Burundi et en Éthiopie. Selon L’Oréal, ces régions représentent un marché dynamique avec de très nombreux consommateurs potentiels et devraient donc constituer des éléments importants de la stratégique du groupe visant conquérir un milliard de nouveaux consommateurs dans les 10 à 15 prochaines années. Pour assurer sa réussite dans cette zone, L’Oréal mise sur son expertise concernant les peaux et cheveux africains.


Afrique : Les deux faces d’une réalité économique

2011-12-18

http://tinyurl.com/799e87q

L’observation des performances économiques de l’Afrique n’envoie guère de signes alarmants. Les économies du continent semblent s’être mieux sorties de la crise qu’on ne l’attendait. La croissance du produit intérieur brut de l’Afrique est estimée à 5% en 2011, contre 4.7% en 2010. Les chiffres montrent en effet que le taux de chômage pour les jeunes se situe à 23.7%. Mais, on estime que plus de 70% des personnes en Afrique subsaharienne vivent avec moins de deux dollars par jour, contre un peu plus de 15% pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord. La famine s’est également aggravée en 2010.


Côte d’Ivoire : Découverte d’un gisement pétrolier

2011-12-18

http://tinyurl.com/c55wlef

Trois compagnies pétrolières ont annoncé la découverte d’un gisement pétrolier en Côte d’Ivoire la semaine dernière. Faisant partie du bloc pétrolifère CI-401, il se situe à 93 km au sud-est d’Abidjan. Il s’agit d’un gisement offshore. La compagnie pétrolière américaine Vanco et ses partenaires, la compagnie russe Lukoil et la Société Nationale d’Opérations Pétrolières de la Côte d’Ivoire (PETROCI), ont rendu public leur trouvaille le 7 décembre dernier. Actuellement, la Côte d’Ivoire, avec ses 50 000 barils par jour d’avant la crise postélectorale, ne fait pas partie des principaux producteurs de pétrole en Afrique à l’instar du Nigéria (plus de 2 millions de barils par jour), de l’Angola (plus d’un million de barils par jour) ou de la Guinée Equatoriale (300 000 barils par jour).


Cameroun : Prévision d’une hausse de 50% de la production pétrolière

2011-12-18

http://tinyurl.com/7q2cnkm

Un responsable de la Société nationale des hydrocarbures (SNH) vient d’annoncer que le Cameroun pourrait produire quelque 36,5 millions de barils de pétrole l’an prochain, soit l’équivalent de 100 000 barils par jour. Si cette prévision se respectait, le pays réaliserait une hausse de plus de 50% au-dessus de l’estimation qu’avait faite le gouvernement dans son budget pour 2012. Quant à l’année 2011, le responsable ajoute qu’elle était prévue à 55.000 barils par jour mais elle devrait atteindre 65.000 barils par jour. Notons que la production pétrolière, bien qu’étant faible, reste le principal produit exporté par le pays.


Ethiopie : Les fragilités d'un champion africain

2011-12-18

http://tinyurl.com/75ddart

Politiquement et économiquement fermé, l'Éthiopie affiche une forte croissance depuis 2004. L’année 2011 ne fera pas exception. Mais avec une pauvreté persistante, un taux de chômage élevé et une inflation galopante, ces bons résultats peuvent-ils durer ? Selon la Banque mondiale, après une progression de 8,8 % en 2010, le PIB devrait afficher cette année une hausse de 10,1 % . Une performance bien supérieure à celle de l’Afrique de l’Est dans son ensemble, avec une croissance moyenne attendue de 6,7 %.Le tableau n’est toutefois pas aussi idyllique qu’il y paraît. Dans ce pays qui a connu en 1984-1985 une grave famine, le spectre de la faim est toujours très présent. Pour ne rien arranger, les prix des denrées alimentaires et des autres produits de base ont doublé en cinq ans.


Global : La recolonisation de l’Afrique est-elle en marche ?

2011-12-18

http://tinyurl.com/bt5k2jq

En Afrique, le temps du conflit ouvert entre Londres et Paris semble révolu. Plutôt que de se battre entre eux, les Occidentaux ont une nouvelle priorité : empêcher les Chinois d'accroître leur influence sur le continent. Et si les vieilles puissances coloniales sont occupées à se repartager l’Afrique, c’est désormais sous la tutelle de Washington. Aujourd’hui, après l’imbroglio zaïrois, où les intérêts français et américains étaient encore concurrents, les visées géostratégiques des Etats-Unis, de la France et de la Grande-Bretagne sont apparemment convergentes. Au point que l’on peut voir les Français intervenir en soutien du Kenya en Somalie, zone traditionnellement dévolue à Londres, qui y reste très active.


Global : L'Europe va réorienter son aide vers les plus pauvres

2011-12-18

http://tinyurl.com/blweful

L'Europe va recentrer son aide au développement sur les pays les plus pauvres au détriment de 19 pays émergents comme la Chine, le Brésil ou l'Inde, qui ne bénéficieront plus à l'avenir de ses fonds de lutte contre la pauvreté et avec lesquels elle entend traiter d'égal à égal. A partir du nouveau budget pluriannuel européen (2014-2020), 19 pays à revenu intermédiaire ne seront plus éligibles aux fonds d'aide au développement européens (au moins 57,5 milliards d'euros). Dans l'ensemble, les propositions sont saluées par les ONG, qui appellent les Etats à accepter d'augmenter les fonds alloués au développement en ces temps de crise.


Malawi : La production des fruits dope la croissance économique

2011-12-18

http://tinyurl.com/88be6k5

Selon un récent rapport conjoint de l’Institut International d’Agriculture Tropicale et du Réseau de Développement pour l’Afrique Australe, l’amélioration de la production et la commercialisation des bananes et des mangues pourraient fortement contribuer à la croissance économique du Malawi. Les bananes et les mangues sont des cultures importantes au Malawi, non seulement pour leur rentabilité, mais également parce qu’elles garantissent une sécurité alimentaire.


Tanzanie : Un service financier accessible au monde rural

2011-12-18

http://tinyurl.com/88cy8jg

Plusieurs entreprises et institutions de la Tanzanie ont décidé de fonder leurs opérations dans des centres urbains, car il est très difficile de fournir des services (et surtout financiers) aux ménages à faibles revenus agriculteurs dans les zones rurales. Cependant une institution tanzanienne, le « Kilimanjaro Coopérative Bank » a essayé de mettre en place un service bancaire dans les zones rurales afin d’atteindre les communautés défavorisées du pays. L’institution tanzanienne assure la mobilisation de l’épargne et le prêt au public. Elle agit donc à la fois comme une société coopérative et comme une banque et est ainsi considérée comme la seule banque coopérative après la dissolution de la banque nationale coopérative.


Zimbabwe : La Stanbic Bank vole au secours des jeunes

2011-12-18

http://tinyurl.com/7av38sh

La Stanbic Bank du Zimbabwe a mis en place une structure pour soutenir des projets de jeunes entrepreneurs du pays. Pour arriver à cette fin, elle a mis en réserve près de 20 millions de dollars. Le groupe bancaire a discuté des modalités d’installation de prêts aux jeunes avec les fonctionnaires du ministère du Développement de la jeunesse. Cependant l’homme d’Etat zimbabwéen a tenu à préciser que la décision des banques ne remettra nullement en cause la politique d’indigénisation mis en place par le gouvernement.


Zimbabwe : Le pouvoir justifie la restitution des ressources aux Zimbabwéens

2011-12-18

http://tinyurl.com/bty22q9

La Zanu-PF, le parti du président Mugabe réuni en congrès, a produit un document justifiant la restitution des ressources naturelles à leurs " vrais propriétaires", les Zimbabwéens. Une loi, présentée comme un acte de décolonisation économique, impose depuis 2011 aux sociétés étrangères ou à leurs filiales de soumettre un plan organisant la cession de 51% de leur capital à des Zimbabwéens noirs d’ici 2015. Elle vise les entreprises valorisées 500.000 dollars ou plus, en particulier les sociétés minières et financières. Le Premier ministre Morgan Tsvangirai, a estimé que la loi d’indigénisation découragerait les investissements et pourrait ne bénéficier qu’aux amis du président.





Santé & VIH/SIDA

Afrique : La crise économique pourrait compromettre le recul du paludisme

2011-12-18

http://tinyurl.com/85nu8eg

Le paludisme continue de tuer à grande échelle : 655 000 personnes ont succombé à la maladie en 2010, principalement en Afrique, selon le tout dernier rapport de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) rendu public le 13 décembre 2011. Pour autant la situation s'est améliorée ces dernières années. Ainsi la mortalité a diminué de 25% depuis l'an 2000 au niveau mondial et atteint même 33% en Afrique. Des avancées réelles qui pourraient être compromises notamment par la crise économique mondiale.


Afrique : L'expérience d'Israël pour lutter contre le SIDA

2011-12-18

http://tinyurl.com/c5f77jf

Selon un communiqué publié conjointement le 5 décembre par le gouvernement américain et les Nations Unies, un programme de circoncision de plusieurs millions d'hommes sur le continent africain va être mis en œuvre au cours des cinq prochaines années. C'est à une délégation médicale israélienne, qui a effectué un séjour de deux semaines à travers divers pays d'Afrique, qu'il est revenu de fournir à l'ONU un rapport sur la question de la "circoncision de masse", en se fondant sur l'expérience de la population masculine d'Israël. De nombreuses études publiées ces dernières années montrent que l'ablation du prépuce peut réduire de 60% les risques de contamination. Jusqu'à présent, quatorze Etats africains ont déjà adopté les directives de l'OMS, en matière de circoncision.


Afrique : Un vaccin contre le virus Ebola efficace à 80 % sur des souris

2011-12-18

http://tinyurl.com/bo2dz66

Des chercheurs américains assurent avoir mis au point un vaccin contre le virus Ebola, une maladie mortelle très contagieuse, qui s'est révélé efficace à 80 % sur des souris, selon leurs travaux publiés dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences. Pour ce faire, ils ont prélevé une protéine de l'enveloppe du virus Ebola, l'ont mélangée à un anticorps reconnaissant la protéine, utilisant des plants de tabac génétiquement modifiés pour produire le vaccin. Le premier cas d'Ebola a été décelé en 1976 au Zaïre, actuelle RDC. Depuis, environ 1 850 cas ont été recensés, pour plus de 1 200 décès, selon l’OMS.


Rd Congo : Cris d’alarme des professionnels du sexe et des PVVIH

2011-12-18

http://tinyurl.com/cfm33px

Le «Centre IST Matonge» à Kinshasa (RDC) pourrait fermer ses portes faute de ressources si aucune mesure urgente n’est prise par les autorités congolaises et les partenaires au développement. Tirant la sonnette d’alarme en particulier sur la situation difficile des personnes vivant avec le VIH en Rd Congo, le Bureau des affaires humanitaires des Nations Unies indique que «les femmes professionnelles du sexe sont le groupe le plus touché dépassant les 15 % de l’ensemble des malades, suivies des femmes déplacées de guerre (7,6 pour cent) et des femmes militaires (7,8 pour cent), des camionneurs (3,3 pour cent) et des miniers (2,4 pour cent)». La fermeture du centre jettera des milliers de malades de SIDA et des malades portant des IST sur la rue.





Éducation

Afrique : Lancement officiel de l'Université Panafricaine

2011-12-22

http://tinyurl.com/bszwva6

L’Université Panafricaine (UPA) a été officiellement lancée le 14 décembre 2011, à Addis Abeba, siège de l'Union Africaine. L'évènement transforme ainsi un concept et un vieux rêve en réalité, celle de créer des pôles d'excellence dans le domaine de l'économie du savoir pour former des cadres dans les disciplines dont le continent a le plus besoin aujourd'hui pour son développement. Il s'agit, entre autres, de l'Energie, l'Environnement, l'Innovation, la Gouvernance, la Technologie, les Sciences de l'Espace, l'Eau, etc. Un ambitieux programme qui devra se réaliser à travers cinq pôles régionaux spécialisés chacun dans son domaine de prédilection.


Global : Un Polonais gagne le prix de la thèse d'études africaines

2011-12-18

http://tinyurl.com/blrs47e

L'étudiant polonais Michael Stasik a remporté le Prix de la thèse d'études africaines 2011 (Africa Thesis Award 2011) du Centre d'études africaines de Leyde, aux Pays-Bas. La thèse gagnante traite de la culture musicale et sociétaire à Freetown, la capitale de la Sierra Leone. L'objectif du Prix de la thèse Afrique est d'encourager les étudiants faisant des recherches et écrivant sur l'Afrique sub-saharienne et de promouvoir l'étude de cultures et de sociétés africaines.





Racisme & xénophobie

Global : Le nombre d'immigrés trop souvent exagéré

2011-12-18

http://tinyurl.com/6nfm9m7

La résistance mondiale contre les migrants est principalement basée sur des préjugés négatifs découlant des débats sur l'immigration, révèle le nouveau rapport de l'Organisation mondiale pour les migrations (OIM) basé à Genève. À titre d'exemple, le rapport cite le nombre d'immigrés en Italie. En 2010, ils représentaient de 7 % de la population italienne mais les sondages d'opinion indiquent que les Italiens évaluent à 25 % le nombre d'immigrés vivant dans le pays. Aux États-Unis en 2010, les sondages ont montré que le public américain pensait que les immigrés représentaient 39 % de la population alors qu'ils étaient en réalité 14 %.


Global : L’Italie s’interroge après l’assassinat de deux Sénégalais

2011-12-18

http://tinyurl.com/7zlt38z

L'Italie s'interroge sur le geste d'un militant d'extrême droite qui a tué, le 13 décembre, deux vendeurs ambulants sénégalais sur deux marchés de Florence, oscillant entre la thèse de l'acte isolé d'un déséquilibré et des comparaisons avec la tuerie d'Oslo. Contre la thèse de l'acte isolé, un journal rappelle le pogrom anti-Roms déclenché à Turin après l'annonce d'un viol inventé par une Italienne de 16 ans: une horde déchaînée avait mis le feu à un camp de Roms dans la banlieue de la métropole piémontaine. Face à cette tragédie, la classe politique s'est montrée unanime pour condamner "la folie raciste et xénophobe d'un geste isolé".





Environnement

Afrique : La sauvegarde du patrimoine génétique animal à l’étude

2011-12-18

http://tinyurl.com/85neqaz

Les pays de l'Afrique de l'Ouest et du Centre explorent, en réunion consultative d'experts ouverte le 14 décembre à Lomé, le renforcement de leurs politiques d'élevage et de la formulation des projets d'élevage pour une meilleure exploitation dorénavant des ressources génétiques animales locales. La préoccupation des pays de l'Afrique de l'Ouest et du Centre part du constat d'une baisse continue de la diversité des ressources génétiques animales spécifiques de ces régions. Il est noté que, sur les vingt dernières années, plus de 10 % des races animales bien connues ont disparu tandis que 15 % sont menacées d'extinction.


Afrique du Sud : Abandon progressif des ampoules à incandescence

2011-12-18

http://tinyurl.com/d4ltzwr

L’Afrique du Sud abandonnera progressivement les ampoules à incandescence, pour passer à un éclairage efficient en énergie et pour contribuer ainsi à la lutte contre le changement climatique. L’abandon progressif de l’éclairage inefficient est l’une des façons les plus rapides, faciles et efficaces d’économiser de l’énergie et de lutter contre le changement climatique. L’électricité pour l’éclairage représente près de 20% de la production totale d’électricité dans le monde et 6% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, d’après l’Agence Internationale de l’Energie.


Guinée : La forêt de Kakimbo menacée de disparition

2011-12-18

http://tinyurl.com/89aqs2l

Il y a une trentaine, voire une vingtaine d’années auparavant, la forêt de Kakimbo abritait encore une biodiversité dont les animaux, insectes, chenilles, fourmis, champignons et plantes multiples et variées, avaient fait d'elle une forêt classée et protégée. De nos jours, c'est une triste et lamentable forêt qui attend la destruction finale. La biodiversité a disparu. C'est une forêt chauve et sèche, qui ne garde plus d'humidité qui existe et qui n'entretient plus le microclimat d'autrefois qui faisait d’elle le poumon de Conakry. Sa superficie était de 117 hectares, mais de nos jours, il ne reste que 14 hectares.





Justice Alimentaire

Algérie : Le futur alimentaire de l’Algérie reste incertain

2011-12-18

http://tinyurl.com/7agada6

L’Algérie importe, chèrement, 75% de ses besoins alimentaires. Sa « sécurité alimentaire » est assurée par les recettes pétrolières lesquelles pourraient devenir plus incertaine dans 25 ans. Le défi est de travailler à réduire la dépendance autant des recettes pétrolières que des marchés étrangers. Surtout que l'un et l'autre risquent de traverser de grosses zones de turbulences du fait de la crise budgétaire que connaît l'Europe.


Global : Appel à l'aide pour le Sahel face à la crise alimentaire

2011-12-18

http://tinyurl.com/bwgnbkv

Des agences de l'ONU ont lancé un appel à l'aide d'urgence le 9 décembre en faveur du Sahel, où la situation alimentaire ne cesse de se dégrader. Pour sa part, l'Unicef a annoncé la préparation d'un grand plan d'intervention dans huit pays du Sahel pour 2012 où plus d'un million d'enfants seront cette année-là menacés par la malnutrition. Cette aide ne comprend pas seulement de la nourriture mais aussi des programmes de santé, la fourniture d'eau potable, ainsi que des aides pour la protection et l'éducation des enfants déplacés avec leurs familles.


Soudan du Sud : Un tiers de la population bientôt touché par la famine

2011-12-18

http://tinyurl.com/cmruabw

Environ un tiers de la population du Soudan du Sud, indépendant depuis juillet, va être touché par une "tempête de la faim", a averti le 15 décembre le Programme alimentaire mondial (PAM). L'agence de l'ONU est en train d'augmenter ses opérations pour pouvoir venir en aide à 2,7 millions de personnes souffrant d'un manque de nourriture et affectées par les violences. Les agences de l'ONU ont prédit une pénurie de céréales et un manque d'environ 400 000 tonnes l'an prochain dans un pays qui a besoin de produire un million de tonnes de nourriture par an.





Média & liberté d'expression

Afrique du Sud : Enquête sur deux médias pour avoir placé des caméras près de chez Mandela

2011-12-18

http://tinyurl.com/8yc39ep

La police sud-africaine a annoncé le 15 décembre avoir ouvert une enquête pouvant déboucher sur des poursuites pénales contre deux agences de presse internationales qui avaient installé des caméras de surveillance à proximité de la maison de Nelson Mandela dans son village du sud-est de l'Afrique du Sud, a annoncé la police sud-africaine. Ces caméras "étaient en contravention avec la loi sur les lieux stratégiques nationaux". "Toutes les résidences présidentielles sont considérées comme des lieux stratégiques. De santé très frêle, Mandela est retourné dans sa maison de Qunu, dans la province du Cap oriental pour son 93e anniversaire en juillet, et semble disposé à y rester, "pour de bon", dit-on. Son décès sera un événement de portée planétaire et les médias internationaux se préparent en conséquence.


Algérie : Une chaîne de télé liée aux islamistes va être lancée

2011-12-18

http://tinyurl.com/d7t7cr9

La chaîne satellitaire Al Magharibia, basée au Royaume-Uni et liée au Front islamique du salut (FIS) algérien, a annoncé qu'elle s'apprêtait à diffuser ses programmes en Afrique du Nord. Al Magharibia est la deuxième chaîne liée aux islamistes radicaux algériens à apparaître en autant de mois, alors que le FIS espère pouvoir imiter les succès électoraux d'autres partis islamistes en Afrique du Nord. Al Magharibia a précisé que les programmes seraient diffusé plusieurs heures par jour en arabe, berbère et français, avec 80% du contenu destiné à l'Algérie. La Tunisie, le Maroc et la Libye seront également couverts.


Egypte : Le blogueur Maikel Nabil Sanad condamné à deux ans de prison

2011-12-18

http://tinyurl.com/7g7nvkx

Le blogueur égyptien Maikel Nabil Sanad a été condamné à deux ans de prison ferme et une amende de 200 livres égyptiennes (soit environ 30 dollars) pour "insulte au Conseil suprême des forces armées". Le blogueur, âgé de 26 ans, est en prison depuis son arrestation, le 28 mars 2011, suite à la publication d'un article sur son blog intitulé "Le peuple et l'armée n'ont jamais été une seule main". Il est en grève de la faim depuis plus de cent jours. La semaine dernière, il avait refusé de présenter des excuses publiques à l'armée. Il demeure le premier prisonnier de conscience depuis la chute du régime d'Hosni Moubarak.


Rwanda : Kagame rejette les accusations sur le meurtre d'un journaliste

2011-12-18

http://tinyurl.com/7svh5e2

Le président rwandais Paul Kagame a rejeté le 12 décembre des allégations selon lesquelles son gouvernement était derrière l'assassinat à Kampala, la capitale ougandaise, au début du mois d'un journaliste rwandais critique de son régime. Charles Ingabire, 32 ans, éditeur du site internet Inyenyeri News, a été tué dans un bar près de l'université de Makerere à Kampala, début décembre par un agresseur non identifié. Inyenyeri News est lié à une formation d'opposition, le Parti du peuple rwandais. Le journaliste avait fui le Rwanda pour l'Ouganda il y a quelques années pour des raisons politiques et il avait depuis été plusieurs fois attaqué à Kampala.





Nouvelles de la diaspora

Global : Les migrants africains envoient 40 milliards de dollars par an

2011-12-18

http://tinyurl.com/d85hhrp

Le nombre de migrants africains hors du continent a maintenant atteint le cap des 30 millions, avec la moitié d'entre eux vivant en Europe, et ils ont envoyé chez eux plus de 40 milliards de dollars l'année dernière seulement, a indiqué l'Organisation internationale des migrations (OIM). Cependant, en 2010, 64% de la migration sub-saharienne a été infrarégionale et liée à l'emploi, dirigée principalement vers les pays comme le Burkina Faso, le Kenya et l'Afrique du Sud, selon le rapport. Le document indique que les flux de migrations en Afrique occidentale pourraient être le meilleur exemple d'un tel penchant intrarégional, avec plus de 70% des mouvements au sein de la sous-région, et en Afrique australe et orientale. En revanche, la grande majorité soit 90% des migrants d'Afrique du Nord voyagent vers des pays hors de la région.


Sénégal: Condamnation du meurtre de Sénégalais en Italie

2011-12-18

http://tinyurl.com/7av38sh

Le gouvernement sénégalais et la Ligue sénégalaise des droits de l’homme (LSDH) ont réagi le 14 décembre après le meurtre de deux Sénégalais en Italie. Le gouvernement sénégalais a notamment exprimé son indignation et sa détermination à faire toute la lumière sur ce meurtre de deux marchands ambulants sénégalais par un membre de l’extrême droite italienne le 13 décembre à Florence, en Italie. Outre les deux morts, d’autres Sénégalais ont été blessés par le meurtrier, dont un dans un état grave. Le meurtrier, identifié sous le nom de Gianluca Casseri, 50 ans, s’est suicidé, suite son encerclement par la police florentine.





Conflits & urgences

Côte d'Ivoire : Mise au pas des éléments incontrôlés des FRCI

2011-12-22

http://tinyurl.com/bpg3kwt

Six personnes sont mortes entre les 17 et 18 décembre à Vavoua, dans l'ouest de la Côte d'Ivoire, à la suite d'altercations entre la population et des éléments des FRCI - les Forces républicaines de Côte d'Ivoire. Les circonstances de ces incidents meurtriers restent floues. Après plusieurs actes violents impliquant les FRCI ces derniers mois, les autorités ont décidé de réagir.


Égypte : Le goût d'amertume d'une révolution inachevée

2011-12-22

http://tinyurl.com/bw2deck

Le peuple égyptien demande le transfert du pouvoir des militaires aux civils. En réponse, la violence à leur encontre s'accentue. C'est une vidéo insoutenable, le symbole en grandeur nature de l'usage répété de la force par l'armée égyptienne contre les manifestants. Sous les coups de bâton d'un essaim de soldats en uniforme, une femme s'effondre au sol. Traînée sur la chaussée par son long manteau noir, elle échoue torse nu dans son soutien-gorge bleu, le ventre écrasé par les bottes de ses bourreaux.


Egypte : Les islamistes en conflit avec l'armée sur la Constitution

2011-12-18

http://tinyurl.com/ctv4vzj

L'armée égyptienne a annoncé le 8 décembre qu'un "conseil consultatif" allait commencer à préparer la rédaction de la Constitution, malgré la farouche opposition des Frères musulmans pour qui cette prérogative revient au Parlement, en passe d'être dominé par les islamistes. Sans attendre cette annonce, les Frères musulmans ont vivement dénoncé la volonté de l'armée d'utiliser le gouvernement, dont elle a la tutelle, et ce conseil consultatif non élu pour "marginaliser" le Parlement. La confrérie a annoncé qu'en conséquence elle refusait de participer à ce conseil consultatif.


Egypte : Nouveaux heurts au Caire, une centaine de blessés

2011-12-18

http://tinyurl.com/7p62dul

Une centaine de personnes ont été blessées le 16 décembre dans des heurts entre manifestants hostiles au pouvoir militaire et soldats au Caire, au milieu des premières législatives de l'après-Moubarak dominées par les formations islamistes. Les accrochages avaient commencé très tôt dans la matinée, après qu'un manifestant en sang a raconté avoir été arrêté et frappé par des soldats, provoquant la colère de ses camarades, selon des témoins. Les manifestants campent depuis le 25 novembre devant le siège du gouvernement pour protester contre la nomination de Kamal el-Ganzouri, un ancien Premier ministre de M. Moubarak, pour diriger le gouvernement.


Global : Conflit de la pêche entre le Maroc et l'UE

2011-12-18

http://tinyurl.com/d4ecn24

Les bateaux de pêche européens avaient jusqu'au 14 décembre à minuit pour quitter les eaux territoriales marocaines. Rabat a fait preuve de fermeté après le vote du parlement de Strasbourg. Les députés européens ont refusé de proroger l'accord de pêche qui lie le Maroc à l'Union européenne. Une majorité a estimé que cet accord n'était pas légitime car il lésait les intérêts des habitants du Sahara occidental, au large duquel se trouvent les zones les plus poissonneuses. Le Maroc occupe le Sahara occidental ancienne colonie espagnole jusqu'en 1975. Dans ce différend c'est l'Espagne qui a plus à perdre. Quant au Maroc, ce sera un manque à gagner de 36 millions d'euros.


Libye : Inquiétudes devant la prolifération des armes

2011-12-18

http://tinyurl.com/cfdt4kj

La question du désarmement des milices libyennes toujours actives, notamment à Tripoli, est " beaucoup plus complexe qu’il n’y paraît " mais les groupes armés devraient être bientôt démilitarisés, a affirmé le Premier ministre libyen. Le 7 décembre, des dizaines de Tripolitains ont manifesté contre la prolifération des armes dans la capitale libyenne et la recrudescence de violences impliquant les milices qui ont combattu contre les forces de l’ex-régime de Maammar El Gueddafi fin août mais sont restées à Tripoli.


Lybie : La mort de Kadhafi pourrait être un crime de guerre

2011-12-18

http://tinyurl.com/ctndu4y

La mort de l'ancien dirigeant libyen Mouammar Kadhafi pourrait être un crime de guerre, a estimé le 15 décembre à New York, le procureur de la Cour pénale internationale (CPI) Luis Moreno Ocampo. En fuite depuis la chute de Tripoli, à la fin d'août, Le colonel Kadhafi avait été tué le 20 octobre à Syrte, dans des circonstances encore floues, par des rebelles libyens après avoir été capturé. Luis Moreno Ocampo a par ailleurs précisé que les autorités libyennes informeront le CPI le 10 janvier sur un éventuel transfèrement à La Haye, où siège la Cour, de l'un des fils de Kadhafi, Saïf Al-Islam, arrêté le mois dernier.


Rwanda : Les affrontements font des milliers de déplacés

2011-12-22

http://tinyurl.com/cqz4lh6

Des milliers d’habitants continuaient, le 21 décembre, à fuir leurs villages dans le groupement Waloa Yungu, en territoire de Walikale, à plus de 100 Km à l’est de Goma. Ils fuient les affrontements qui opposent depuis plus de deux semaines les FDLR à un groupe d’autodéfense local appelé « Guides ». Ces déplacés sont concentrés, pour la plupart, autour des bases des casques bleus de la Monusco. Selon les sources administratives locales, les déplacés amassés autour des bases des casques bleus ne reçoivent aucune assistance. D’autres ont rejoint des familles d’accueil.


Sénégal : Mort de huit militaires en Casamance

2011-12-22

http://tinyurl.com/c5kjgfh

Huit militaires de l’armée sénégalaise ont trouvé la mort le 20 décembre lors d’une intervention contre les rebelles indépendantistes dans le département de Bignona en Casamance. La Casamance, constituée des régions de Kolda, Sédhiou et Ziguinchor, est le théâtre d’affrontements ayant fait plusieurs centaines de morts, civils et militaires, depuis décembre 1982, en dépit de la signature de nombreux accords de paix. Une aile dissidente du Mouvement des Forces démocratiques de Casamance (MFDC, rébellion indépendantiste) a décidé de se transformer en parti politique à l’issue d’un congrès à Ziguinchor.





Internet & technologie

Nigéria : Lancement réussi d’un nouveau satellite de communication

2011-12-22

http://tinyurl.com/7e3oxrt

Le satellite de communication nigérian NigComSat-1R a été lancé avec succès à Xichang, en Chine, a annoncé le directeur de la Nigerian Communications Satellite Limited (NigComSat Ltd), Timasaniyu Ahmed-Rufai. Peu après la réussite de son lancement, le président nigérian, Goodluck Jonathan, l’a qualifié de nouveau grand pas en avant du pays vers le développement d’une société moderne basée sur la connaissance. Au début de l’année, deux satellites nigérians — NigeriaSat-2 et NigeriaSat X — ont été lancés en Russie et doivent servir à des fins sécuritaires et de surveillance des catastrophes.





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